Ms A
A história de uma florzinha branca
A 2r J.M.J.T
A 2r J.M.J.T.
Jésus
Jesus
MANUSCRIT A
MANUSCRITO A
Histoire printanière d'une petite fleur blanche écrite par elle-même et dédiée à la Révérende mère Agnès de Jésus
História primaveril de uma florzinha branca escrita por ela mesma e dedicada à Reverenda Madre Inês de Jesus
C'est à vous, ma Mère chérie, à vous qui êtes deux fois ma Mère, que je viens confier l'histoire de mon âme ... Le jour où vous m'avez demandé de le faire, il me semblait que cela dissiperait mon coeur en l'occupant de lui-même, mais depuis Jésus m'a fait sentir qu'en obéissant simplement je lui serais agréable ; d'ailleurs je ne vais faire qu'une seule chose : Commencer à chanter ce que je dois redire éternellement «Les Miséricordes du Seigneur!!!»...
É a vós, minha Madre querida, a vós que sois duas vezes minha Mãe, que venho confiar a história de minha alma... No dia em que me pedistes que o fizesse, parecia-me que isso dissiparia meu coração, ocupando-o consigo mesmo, mas depois Jesus me fez sentir que, obedecendo simplesmente, eu lhe seria agradável; aliás, não vou fazer senão uma única coisa: Começar a cantar o que devo repetir eternamente «As Misericórdias do Senhor!!!»...
Avant de prendre la plume, je me suis agenouillée devant la statue de Marie (celle qui nous a donné tant de preuves des maternelles préférences de la Reine du Ciel pour notre famille), je l'ai suppliée de guider ma main afin que je ne trace pas une seule ligne qui ne lui soit agréable. Ensuite ouvrant le Saint Evangile, mes yeux sont tombés sur ces mots : «Jésus étant monté sur une montagne, il appela à Lui ceux qu'il lui plut; et ils vinrent à Lui.» (St Marc, Chap. III, v. 13). Voilà bien le mystère de ma vocation, de ma vie tout entière et surtout le mystère des privilèges de Jésus sur mon âme... Il n'appelle pas ceux qui en sont dignes, mais ceux qu'il lui plaît ou comme le dit St Paul : «Dieu a pitié de qui Il veut et Il fait miséricorde à qui Il veut faire miséricorde. Ce n'est donc pas l'ouvrage de celui qui veut ni de celui qui court, mais de Dieu qui fait miséricorde.» (Ep. aux Rom. chap. IX, v. 15 et 16). Longtemps je me suis demandé pourquoi le bon Dieu avait des préférences, pourquoi toutes les âmes ne recevaient pas un égal degré de grâces, je m'étonnais en Le voyant prodiguer des faveurs extraordinaires aux Saints qui l'avaient A 2v offensé, comme St Paul, St Augustin et qu'Il forçait pour ainsi dire à recevoir ses grâces ; ou bien en lisant la vie de Saints que Notre-Seigneur s'est plu à caresser du berceau à la tombe, sans laisser sur leur passage aucun obstacle qui les empêchât de s'élever vers Lui et prévenant ces âmes de telles faveurs qu'elles ne pouvaient ternir l'éclat immaculé de leur robe baptismale, je me demandais pourquoi les pauvres sauvages, par exemple, mouraient en grand nombre avant d'avoir même entendu prononcer le nom de Dieu... Jésus a daigné m'instruire de ce mystère. Il a mis devant mes yeux le livre de la nature et j'ai compris que toutes les fleurs qu'Il a créées sont belles, que l'éclat de la rose et la blancheur du Lys n'enlèvent pas le parfum de la petite violette ou la simplicité ravissante de la pâquerette... J'ai compris que si toutes les petites fleurs voulaient être des roses, la nature perdrait sa parure printanière, les champs ne seraient plus émaillés de fleurettes...
Antes de tomar a pena, ajoelhei-me diante da imagem de Maria (aquela que nos deu tantas provas das maternais preferências da Rainha do Céu por nossa família), supliquei-lhe que guiasse minha mão, a fim de que eu não traçasse uma só linha que não lhe fosse agradável. Depois, abrindo o Santo Evangelho, meus olhos caíram sobre estas palavras: «Tendo Jesus subido a um monte, chamou a Si os que lhe aprouve; e eles vieram a Ele.» (S. Marcos, cap. III, v. 13). Eis aí o mistério da minha vocação, da minha vida inteira e sobretudo o mistério dos privilégios de Jesus sobre minha alma... Ele não chama os que são dignos, mas os que lhe apraz, ou, como diz São Paulo: «Deus tem piedade de quem Ele quer e faz misericórdia a quem Ele quer fazer misericórdia. Não é, pois, obra daquele que quer nem daquele que corre, mas de Deus que faz misericórdia.» (Ep. aos Rom., cap. IX, v. 15 e 16). Durante muito tempo me perguntei por que o bom Deus tinha preferências, por que todas as almas não recebiam um grau igual de graças, eu me admirava ao vê-Lo prodigalizar favores extraordinários aos Santos que o tinham A 2v ofendido, como São Paulo, Santo Agostinho, e que Ele forçava, por assim dizer, a receber suas graças; ou então, lendo a vida de Santos que Nosso Senhor se comprouve em acariciar do berço ao túmulo, sem deixar em seu caminho obstáculo algum que os impedisse de elevar-se a Ele, e prevenindo essas almas com tais favores que elas não podiam empanar o brilho imaculado de sua veste batismal, eu me perguntava por que os pobres selvagens, por exemplo, morriam em grande número antes mesmo de terem ouvido pronunciar o nome de Deus... Jesus dignou-se instruir-me sobre esse mistério. Ele pôs diante de meus olhos o livro da natureza, e compreendi que todas as flores que Ele criou são belas, que o esplendor da rosa e a brancura do Lírio não tiram o perfume da pequena violeta nem a simplicidade encantadora da margarida... Compreendi que, se todas as florzinhas quisessem ser rosas, a natureza perderia seu adorno primaveril, os campos já não seriam esmaltados de florinhas...
Ainsi en est-il dans le monde des âmes qui est le jardin de Jésus. Il a voulu créer les grands saints qui peuvent être comparés aux Lys et aux roses ; mais il en a créé aussi de plus petits et ceux-ci doivent se contenter d'être des pâquerettes ou des violettes destinées à réjouir les regards du bon Dieu lorsqu'Il les abaisse à ses pieds. La perfection consiste à faire sa volonté, à être ce qu'Il veut que nous soyons...
Assim acontece no mundo das almas, que é o jardim de Jesus. Ele quis criar os grandes santos, que podem ser comparados aos Lírios e às rosas; mas criou também outros menores, e estes devem contentar-se em ser margaridas ou violetas destinadas a alegrar os olhares do bom Deus quando Ele os abaixa a seus pés. A perfeição consiste em fazer a sua vontade, em ser o que Ele quer que sejamos...
J'ai compris encore que l'amour de Notre-Seigneur se révèle aussi bien dans l'âme la plus simple qui ne résiste en rien à sa grâce que dans l'âme la plus sublime ; en effet le propre de l'amour étant de s'abaisser, si toutes les âmes ressemblaient à celles des Saints docteurs qui ont illuminé l'Eglise A 3r par la clarté de leur doctrine, il semble que le bon Dieu ne descendrait pas assez bas en venant jusqu'à leur coeur ; mais Il a créé l'enfant qui ne sait rien et ne fait entendre que de faibles cris, Il a créé le pauvre sauvage n'ayant pour se conduire que la loi naturelle et c'est jusqu'à leurs coeurs qu'Il daigne s'abaisser, ce sont là ses fleurs des champs dont la simplicité Le ravit... En descendant ainsi le Bon Dieu montre sa grandeur infinie. De même que le soleil éclaire en même temps les cèdres et chaque petite fleur comme si elle était seule sur la terre, de même Notre-Seigneur s'occupe aussi particulièrement de chaque âme que si elle n'avait pas de semblables ; et comme dans la nature toutes les saisons sont arrangées de manière à faire éclore au jour marqué la plus humble pâquerette, de même tout correspond au bien de chaque âme.
Compreendi ainda que o amor de Nosso Senhor se revela tanto na alma mais simples, que em nada resiste à sua graça, quanto na alma mais sublime; com efeito, sendo próprio do amor abaixar-se, se todas as almas se parecessem com as dos Santos doutores que iluminaram a Igreja A 3r com a claridade de sua doutrina, parece que o bom Deus não desceria bastante baixo vindo até o coração delas; mas Ele criou a criança, que nada sabe e só faz ouvir fracos gritos, Ele criou o pobre selvagem, que para se conduzir só tem a lei natural, e é até os corações deles que Ele se digna abaixar-se, são essas as suas flores do campo, cuja simplicidade O encanta... Descendo assim, o Bom Deus mostra sua grandeza infinita. Assim como o sol ilumina ao mesmo tempo os cedros e cada florzinha como se ela estivesse sozinha na terra, assim também Nosso Senhor se ocupa de cada alma tão particularmente como se ela não tivesse semelhantes; e, como na natureza todas as estações estão dispostas de modo a fazer desabrochar no dia marcado a mais humilde margarida, assim também tudo corresponde ao bem de cada alma.
Sans doute, ma Mère chérie, vous vous demandez avec étonnement où je veux en venir, car jusqu'ici je n'ai rien dit encore qui ressemble à l'histoire de ma vie, mais vous m'avez demandé d'écrire sans contrainte ce qui me viendrait à la pensée ; ce n'est donc pas ma vie proprement dite que je vais écrire, ce sont mes pensées sur les grâces que le Bon Dieu a daigné m'accorder. Je me trouve à une époque de mon existence où je puis jeter un regard sur le passé ; mon âme s'est mûrie dans le creuset des épreuves extérieures et intérieures ; maintenant comme la fleur fortifiée par l'orage je relève la tête et je vois qu'en moi se réalisent les paroles du psaume XXII. (Le Seigneur est mon Pasteur, je ne manquerai de rien. Il me fait reposer dans des pâturages agréables et fertiles. Il me conduit doucement le long des eaux. Il conduit mon âme sans la fatiguer... Mais lors même que je descendrai dans la vallée de A 3v l'ombre de la mort, je ne craindrai aucun mal, parce que vous serez avec moi, Seigneur !...) Toujours le Seigneur a été pour moi compatissant et rempli de douceur... Lent à punir et abondant en miséricordes !... (Ps. CII, v. 8) Aussi, ma Mère, c'est avec bonheur que je viens chanter près de vous les miséricordes du Seigneur... C'est pour vous seule que je vais écrire l'histoire de la petite fleur cueillie par Jésus, aussi je vais parler avec abandon, sans m'inquiéter ni du style ni des nombreuses digressions que je vais faire. Un coeur de mère comprend toujours son enfant, alors même qu'il ne sait que bégayer, aussi je suis sûre d'être comprise et devinée par vous qui avez formé mon coeur et l'avez offert à Jésus !...
Sem dúvida, minha Madre querida, vós vos perguntais com espanto aonde quero chegar, pois até aqui nada disse ainda que se pareça com a história de minha vida, mas vós me pedistes que escrevesse sem constrangimento o que me viesse ao pensamento; não é, pois, minha vida propriamente dita que vou escrever, são meus pensamentos sobre as graças que o Bom Deus se dignou conceder-me. Encontro-me numa época de minha existência em que posso lançar um olhar sobre o passado; minha alma amadureceu no crisol das provações exteriores e interiores; agora, como a flor fortalecida pela tempestade, levanto a cabeça e vejo que em mim se realizam as palavras do salmo XXII. (O Senhor é meu Pastor, nada me faltará. Ele me faz repousar em pastagens agradáveis e férteis. Ele me conduz suavemente ao longo das águas. Ele conduz minha alma sem a fatigar... Mas, ainda que eu desça ao vale da A 3v sombra da morte, não temerei mal algum, porque vós estareis comigo, Senhor!...) Sempre o Senhor foi para mim compassivo e cheio de doçura... Lento para punir e abundante em misericórdias!... (Sl. CII, v. 8) Por isso, minha Madre, é com felicidade que venho cantar junto de vós as misericórdias do Senhor... É só para vós que vou escrever a história da florzinha colhida por Jesus, por isso vou falar com abandono, sem me preocupar nem com o estilo nem com as numerosas digressões que vou fazer. Um coração de mãe sempre compreende o filho, mesmo quando ele só sabe balbuciar, por isso estou certa de ser compreendida e adivinhada por vós, que formastes meu coração e o oferecestes a Jesus!...
Il me semble que si une petite fleur pouvait parler, elle dirait simplement ce que le Bon Dieu a fait pour elle, sans essayer de cacher ses bienfaits. Sous le prétexte d'une fausse humilité elle ne dirait pas qu'elle est disgracieuse et sans parfum, que le soleil lui a ravi son éclat et que les orages ont brisé sa tige, alors qu'elle reconnaîtrait en elle-même tout le contraire. La fleur qui va raconter son histoire se réjouit d'avoir à publier les prévenances tout à fait gratuites de Jésus, elle reconnaît que rien n'était capable en elle d'attirer ses regards divins et que sa miséricorde seule a fait tout ce qu'il y a de bien en elle... C'est Lui qui l'a fait naître en une terre sainte et comme toute imprégnée d'un parfum virginal. C'est Lui qui l'a fait précéder de huit Lys éclatants de blancheur. Dans Son amour, Il a voulu préserver sa petite fleur du souffle empoisonné du monde ; à peine sa corolle commençait-elle à s'entr'ouvrir que ce divin Sauveur l'a transplantée sur la montagne du Carmel où déjà les deux Lys qui l'avaient entourée et doucement bercée au printemps de sa vie répandaient A 4r Leur suave parfum... Sept années se sont écoulées depuis que la petite fleur a pris racine dans le jardin de l'Epoux des vierges et maintenant trois Lys balancent auprès d'elle leurs corolles embaumées ; un peu plus loin un autre lys s'épanouit sous les regards de Jésus et les deux tiges bénies qui ont produit ces fleurs sont maintenant réunies pour l'éternité dans la Céleste Patrie... Là elles ont retrouvé les quatre Lys que la terre n'avait pas vus s'épanouir... Oh ! que Jésus daigne ne pas laisser longtemps sur la rive étrangère les fleurs restées dans l'exil ; que bientôt la branche de Lys soit complète au Ciel !
Parece-me que, se uma florzinha pudesse falar, diria simplesmente o que o Bom Deus fez por ela, sem tentar esconder seus benefícios. Sob o pretexto de uma falsa humildade, não diria que é desgraciosa e sem perfume, que o sol lhe roubou o brilho e que as tempestades lhe quebraram a haste, ao passo que reconheceria em si mesma exatamente o contrário. A flor que vai contar sua história alegra-se por ter de publicar as delicadezas inteiramente gratuitas de Jesus, reconhece que nada nela era capaz de atrair seus olhares divinos e que só a sua misericórdia fez tudo o que há de bom nela... Foi Ele quem a fez nascer numa terra santa e como que toda impregnada de um perfume virginal. Foi Ele quem a fez preceder de oito Lírios resplandecentes de brancura. Em Seu amor, Ele quis preservar sua florzinha do sopro envenenado do mundo; mal sua corola começava a entreabrir-se, esse divino Salvador a transplantou para a montanha do Carmelo, onde os dois Lírios que a tinham cercado e docemente embalado na primavera de sua vida já espalhavam A 4r seu suave perfume... Sete anos se passaram desde que a florzinha criou raízes no jardim do Esposo das virgens, e agora três Lírios balançam junto dela suas corolas perfumadas; um pouco mais longe, outro lírio desabrocha sob os olhares de Jesus, e as duas hastes benditas que produziram essas flores estão agora reunidas para a eternidade na Celeste Pátria... Lá elas reencontraram os quatro Lírios que a terra não vira desabrochar... Oh! digne-se Jesus não deixar por muito tempo na margem estrangeira as flores que ficaram no exílio; que em breve o ramo de Lírios esteja completo no Céu!
1 de 15 · índice