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Ms A

Primeira época: Alençon (1873–1877)

Je viens, ma Mère, de résumer en peu de mots ce que le bon Dieu a fait pour moi, maintenant je vais entrer dans le détail de ma vie d'enfant ; je sais que là où tout autre ne verrait qu'un récit ennuyeux votre coeur maternel trouvera des charmes...

Acabo, minha Madre, de resumir em poucas palavras o que o bom Deus fez por mim, agora vou entrar nos pormenores de minha vida de criança; sei que, onde qualquer outra pessoa veria apenas um relato enfadonho, vosso coração materno encontrará encantos...

Et puis les souvenirs que je vais évoquer sont aussi les vôtres puisque c'est près de vous que s'est écoulée mon enfance et que j'ai le bonheur d'appartenir aux parents sans égaux qui nous ont entourées des mêmes soins et des mêmes tendresses. Oh ! qu'il daignent bénir la plus petite de leurs enfants et lui aider à chanter les miséricordes divines !...

E depois, as lembranças que vou evocar são também as vossas, pois foi junto de vós que se passou minha infância, e tenho a felicidade de pertencer aos pais sem iguais que nos cercaram dos mesmos cuidados e das mesmas ternuras. Oh! dignem-se eles abençoar a menor de suas filhas e ajudá-la a cantar as misericórdias divinas!...

Dans l'histoire de mon âme jusqu'à mon entrée au Carmel je distingue trois périodes bien distinctes ; la première malgré sa courte durée n'est pas la moins féconde en souvenirs ; elle s'étend depuis l'éveil de ma raison jusqu'au départ de notre Mère chérie pour la patrie des Cieux.

Na história de minha alma até minha entrada no Carmelo, distingo três períodos bem distintos; o primeiro, apesar de sua curta duração, não é o menos fecundo em lembranças; estende-se desde o despertar de minha razão até a partida de nossa Mãe querida para a pátria dos Céus.

A 4v Le Bon Dieu m'a fait la grâce d'ouvrir mon intelligence de très bonne heure et de graver si profondément en ma mémoire les souvenirs de mon enfance qu'il me semble que les choses que je vais raconter se passaient hier. Sans doute, Jésus voulait, dans son amour, me faire connaître la Mère incomparable qu'Il m'avait donnée, mais que sa main Divine avait hâte de couronner au Ciel !...

A 4v O Bom Deus me concedeu a graça de abrir minha inteligência muito cedo e de gravar tão profundamente em minha memória as lembranças de minha infância que me parece que as coisas que vou contar aconteceram ontem. Sem dúvida, Jesus queria, em seu amor, fazer-me conhecer a Mãe incomparável que Ele me dera, mas que sua mão Divina tinha pressa de coroar no Céu!...

Toute ma vie le bon Dieu s'est plu à m'entourer d'amour, mes premiers souvenirs sont empreints des sourires et des caresses les plus tendres !... mais s'Il avait placé près de moi beaucoup d'amour, Il en avait mis aussi dans mon petit coeur, le créant aimant et sensible, aussi j'aimais beaucoup Papa et Maman et leur témoignais ma tendresse de mille manières, car j'étais très expansive. Seulement les moyens que j'employais étaient parfois étranges, comme le prouve ce passage d'une lettre de Maman «Le bébé est un lutin sans pareil, elle vient me caresser en me souhaitant la mort: «Oh! que je voudrais bien que tu mourrais, ma pauvre petite Mère!...» on la gronde, elle dit : «C'est pourtant pour que tu ailles au Ciel, puisque tu dis qu'il faut mourir pour y aller.» Elle souhaite de même la mort à son père quand elle est dans ses excès d'amour ! »

Toda a minha vida o bom Deus se comprouve em cercar-me de amor, minhas primeiras lembranças estão marcadas pelos sorrisos e pelas carícias mais ternas!... mas, se Ele colocara junto de mim muito amor, também o pusera em meu coraçãozinho, criando-o amoroso e sensível, por isso eu amava muito Papai e Mamãe e lhes demonstrava minha ternura de mil maneiras, pois era muito expansiva. Só que os meios que eu empregava eram às vezes estranhos, como prova este trecho de uma carta de Mamãe: «O bebê é um diabrete sem igual, ela vem me acariciar desejando-me a morte: “Oh! como eu queria que tu morresse, minha pobre Mãezinha!...” Ralham com ela, e ela diz: “Mas é para tu ires para o Céu, já que dizes que é preciso morrer para ir lá.” Do mesmo modo deseja a morte ao pai quando está nos seus excessos de amor!»

(Ici TH rajoute un feuillet 5 r°/v°)

[Aqui Teresa acrescenta uma folha 5 r°/v°]

A 5r Le 25 Juin 1874 alors que j'avais à peine 18 mois, voici ce que maman disait de moi : «Votre père vient d'installer une balançoire, Céline est d'une joie sans pareille, mais il faut voir la petite se balancer; c'est risible, elle se tient comme une grande fille, il n'y a pas de danger qu'elle lâche la corde, puis quand ça ne va pas assez fort, elle crie. On l'attache par devant avec une autre corde et malgré cela je ne suis pas tranquille quand je la vois perchée là-dessus. «Il m'est arrivé une drôle d'aventure dernièrement avec la petite. J'ai l'habitude d'aller à la messe de 5h.1/2, dans les premiers jours je n'osais pas la laisser, mais voyant qu'elle ne se réveillait jamais, j'ai fini par me décider à la quitter. Je la couche dans mon lit et j'approche le berceau si près qu'il est impossible qu'elle tombe. Un jour j'ai oublié de mettre le berceau . J'arrive et la petite n'était plus dans mon lit ; au même moment j'entends un cri, je regarde et je la vois assise sur une chaise qui se trouvait en face de la tête de mon lit, sa petite tête était couchée sur le traversin et là elle dormait d'un mauvais sommeil car elle était gênée. Je n'ai pas pu me rendre compte comment elle était tombée assise sur cette chaise, puisqu'elle était couchée. J'ai remercié le Bon Dieu de ce qu'il ne lui est rien arrivé, c'est vraiment providentiel, elle devait rouler par terre, son bon Ange y a veillé et les âmes du purgatoire auxquelles je fais tous les jours une prière pour la petite l'ont protégée ; voilà comment j'arrange cela... arrangez-le comme vous voudrez !... »

A 5r Em 25 de junho de 1874, quando eu tinha apenas 18 meses, eis o que mamãe dizia de mim: «Vosso pai acaba de instalar um balanço, Celina está com uma alegria sem igual, mas é preciso ver a pequena balançar-se; é de rir, ela se segura como uma menina grande, não há perigo de que solte a corda, depois, quando não vai bastante forte, ela grita. Amarram-na pela frente com outra corda e, apesar disso, não fico tranquila quando a vejo empoleirada lá em cima. «Aconteceu-me uma aventura engraçada outro dia com a pequena. Tenho o costume de ir à missa das 5h1/2, nos primeiros dias eu não ousava deixá-la, mas, vendo que ela nunca acordava, acabei por me decidir a deixá-la. Deito-a na minha cama e encosto o berço tão perto que é impossível que ela caia. Um dia esqueci de pôr o berço. Chego, e a pequena já não estava na minha cama; no mesmo instante ouço um grito, olho e a vejo sentada numa cadeira que ficava em frente à cabeceira da minha cama, sua cabecinha estava deitada no travesseiro e ali ela dormia um sono ruim, pois estava mal acomodada. Não consegui entender como ela tinha caído sentada naquela cadeira, já que estava deitada. Agradeci ao Bom Deus por não lhe ter acontecido nada, é verdadeiramente providencial, ela devia ter rolado para o chão, seu bom Anjo velou por isso, e as almas do purgatório, às quais faço todos os dias uma oração pela pequena, a protegeram; eis como eu explico a coisa... explicai-a como quiserdes!...»

A la fin de la lettre maman ajoutait : «Voilà le petit bébé qui vient me passer sa petite main sur la figure et m'embrasser. Cette pauvre petite ne veut point me quitter, elle est continuellement avec moi; elle aime beaucoup à aller au jardin A 5v mais si je n'y suis pas elle ne veut pas y rester et pleure jusqu'à ce qu'on me la ramène... » (Voici un passage d'une autre lettre) : «La petite Thérèse me demandait l'autre jour si elle irait au Ciel. Je lui ai dit que oui, si elle était bien sage; elle me répond: «Oui, mais si je n'étais pas mignonne, j'irais dans l'enfer... mais moi je sais bien ce que je ferais, je m'envolerais avec toi qui serais au Ciel, comment que le Bon Dieu ferait pour me prendre ?... tu me tiendrais bien fort dans tes bras ? » J'ai vu dans ses yeux qu'elle croyait positivement que le Bon Dieu ne lui pouvait rien si elle était dans les bras de sa mère... «Marie aime beaucoup sa petite soeur, elle la trouve bien mignonne, elle serait bien difficile car cette pauvre petite a grand peur de lui faire de la peine. Hier j'ai voulu lui donner une rose sachant que cela la rend heureuse, mais elle s'est mise à me supplier de ne pas la couper, Marie l'avait défendu, elle était rouge d'émotion, malgré cela je lui en ai donné deux, elle n'osait plus paraître à la maison. J'avais beau lui dire que les roses étaient à moi, «mais non, disait-elle, c'est à Marie...» C'est une enfant qui s'émotionne bien facilement. Dès qu'elle a fait un petit malheur, il faut que tout le monde le sache. Hier ayant fait tomber sans le vouloir un petit coin de la tapisserie, elle était dans un état à faire pitié, puis il fallait bien vite le dire à son Père ; il est arrivé quatre heures après, on n'y pensait plus, mais elle est bien vite venue dire à Marie : «Dis vite à Papa que j'ai déchiré le papier.» Elle est là comme un criminel qui attend sa condamnation, mais elle a dans sa petite idée qu'on va lui pardonner plus facilement si elle s'accuse. »

No fim da carta, mamãe acrescentava: «Aí está o bebezinho que vem passar a mãozinha no meu rosto e me beijar. Esta pobre pequena não quer de modo algum deixar-me, está continuamente comigo; gosta muito de ir ao jardim, A 5v mas, se eu não estou lá, não quer ficar e chora até que a tragam de volta para mim...» (Eis um trecho de outra carta): «A pequena Teresa me perguntava outro dia se iria para o Céu. Eu lhe disse que sim, se ela fosse bem comportada; ela me responde: “Sim, mas se eu não fosse boazinha, iria para o inferno... mas eu sei bem o que faria, sairia voando contigo, que estarias no Céu, como é que o Bom Deus ia fazer para me pegar?... tu me segurarias bem forte nos teus braços?” Vi em seus olhos que ela acreditava positivamente que o Bom Deus nada podia contra ela se estivesse nos braços de sua mãe... «Maria gosta muito da irmãzinha, acha-a muito engraçadinha, seria bem exigente, pois esta pobre pequena tem muito medo de lhe causar desgosto. Ontem quis dar-lhe uma rosa, sabendo que isso a faz feliz, mas ela se pôs a suplicar-me que não a cortasse, Maria o tinha proibido, ela estava vermelha de emoção, apesar disso eu lhe dei duas, e ela não ousava mais aparecer em casa. Por mais que eu lhe dissesse que as rosas eram minhas, “mas não, dizia ela, são de Maria...” É uma criança que se emociona muito facilmente. Assim que faz um pequeno estrago, é preciso que todo mundo saiba. Ontem, tendo feito cair sem querer uma pontinha do papel de parede, ficou num estado de dar pena, depois era preciso contar bem depressa ao seu Pai; ele chegou quatro horas depois, ninguém pensava mais nisso, mas ela veio bem depressa dizer a Maria: “Conta depressa ao Papai que eu rasguei o papel.” Fica ali como um criminoso que espera a condenação, mas tem na sua cabecinha a ideia de que vão perdoá-la mais facilmente se ela se acusar.»

[4v°, suite]

[4v°, continuação]

J'aimais beaucoup ma chère marraine. Sans en avoir l'air, je faisais une grande attention à tout ce qui se faisait et se disait autour de moi, il me semble que je jugeais des choses comme maintenant. J'écoutais bien attentivement ce que Marie apprenait à Céline afin de faire comme elle ; A 6r après sa sortie de la Visitation, pour obtenir la faveur d'être admise dans sa chambre pendant les leçons qu'elle donnait à Céline, j'étais bien sage et je faisais tout ce qu'elle voulait ; aussi me comblait-elle de cadeaux qui, malgré leur peu de valeur, me faisaient beaucoup de plaisir. J'étais bien fière de mes deux grandes soeurs, mais celle qui était mon idéal d'enfant, c'était Pauline... Lorsque je commençais à parler et que Maman me demandait «A quoi penses-tu?» la réponse était invariable «A Pauline!...» Une autre fois, je faisais aller mon petit doigt sur les carreaux et je disais «J'écris: Pauline!...» Souvent j'entendais dire que bien sûr Pauline serait religieuse ; alors sans trop savoir ce que c'était, je pensais : «Moi aussi je serai religieuse.» C'est là un de [mes] premiers souvenirs et depuis, jamais je n'ai changé de résolution !... Ce fut vous, ma Mère chérie, que Jésus choisit pour me fiancer à Lui, vous n'étiez pas alors auprès de moi, mais déjà un lien s'était formé entre nos âmes... vous étiez mon idéal, je voulais être semblable à vous et c'est votre exemple qui dès l'âge de deux ans m'entraîna vers l'Epoux des vierges... Oh ! que de douces réflexions je voudrais vous confier ! Mais je dois poursuivre l'histoire de la petite fleur, son histoire complète et générale, car si je voulais parler en détail de mes rapports avec «Pauline», il me faudrait laisser tout le reste !...

Eu amava muito a minha querida madrinha. Sem dar a perceber, prestava muita atenção a tudo o que se fazia e se dizia ao meu redor, parece-me que julgava as coisas como agora. Escutava bem atentamente o que Maria ensinava a Celina, a fim de fazer como ela; A 6r depois que ela saiu da Visitação, para obter o favor de ser admitida em seu quarto durante as lições que dava a Celina, eu era bem comportada e fazia tudo o que ela queria; por isso ela me cumulava de presentes que, apesar do pouco valor, me davam muito prazer. Eu tinha muito orgulho das minhas duas irmãs mais velhas, mas aquela que era o meu ideal de criança era Paulina... Quando eu começava a falar e Mamãe me perguntava: «Em que estás pensando?», a resposta era invariável: «Em Paulina!...» Outra vez, eu passava o dedinho pelas vidraças e dizia: «Estou escrevendo: Paulina!...» Muitas vezes ouvia dizer que com certeza Paulina seria religiosa; então, sem saber muito bem o que era isso, eu pensava: «Eu também serei religiosa.» Essa é uma de minhas primeiras lembranças, e desde então nunca mudei de resolução!... Fostes vós, minha Madre querida, que Jesus escolheu para me dar a Ele como noiva, vós não estáveis então junto de mim, mas já se formara um laço entre nossas almas... vós éreis o meu ideal, eu queria ser semelhante a vós, e foi o vosso exemplo que, desde a idade de dois anos, me atraiu para o Esposo das virgens... Oh! quantas doces reflexões eu gostaria de vos confiar! Mas devo prosseguir a história da florzinha, sua história completa e geral, pois, se eu quisesse falar em pormenor de minhas relações com «Paulina», teria de deixar todo o resto!...

Ma chère petite Léonie tenait aussi une grande place dans mon coeur. Elle m'aimait beaucoup, le soir c'était elle qui me gardait quand toute la famille allait se promener... Il me semble entendre encore les gentils refrains qu'elle chantait afin de m'endormir... en toute chose elle cherchait le moyen de me faire plaisir aussi j'aurais eu bien du chagrin de lui causer de la peine.

Minha querida pequena Leônia também ocupava um grande lugar em meu coração. Ela me amava muito, à noite era ela quem tomava conta de mim quando toda a família ia passear... Parece-me ouvir ainda os lindos refrões que ela cantava para me fazer dormir... em todas as coisas procurava o meio de me agradar, por isso eu teria tido muito pesar em lhe causar desgosto.

A 6v Je me rappelle très bien sa première communion, surtout du moment où elle me prit sur son bras pour me faire entrer avec elle au presbytère ; cela me paraissait beau d'être portée par une grande soeur tout en blanc comme moi !... Le soir on me coucha de bonne heure car j'étais trop petite pour rester au grand dîner mais je vois encore Papa qui vint au dessert, apportant à sa petite reine des morceaux de la pièce montée...

A 6v Lembro-me muito bem da sua primeira comunhão, sobretudo do momento em que ela me tomou no colo para me fazer entrar com ela no presbitério; parecia-me tão bonito ser carregada por uma irmã grande toda de branco como eu!... À noite deitaram-me cedo, pois eu era pequena demais para ficar no grande jantar, mas ainda vejo Papai, que veio na hora da sobremesa, trazendo para a sua rainhazinha pedaços do bolo confeitado...

Le lendemain ou peu de jours après, nous sommes allées avec maman chez la petite compagne de Léonie ; je crois que c'est ce jour-là que cette bonne petite Mère nous a emmenées derrière un mur pour nous faire boire du vin après le dîner (que nous avait servi la pauvre dame Dagorau) car elle ne voulait pas faire de peine à la bonne femme, mais aussi voulait que nous ne manquions de rien... Ah ! comme le coeur d'une Mère est délicat, comme il traduit sa tendresse en mille soins prévoyants auxquels personne ne penserait !

No dia seguinte, ou poucos dias depois, fomos com mamãe à casa da pequena companheira de Leônia; creio que foi nesse dia que essa boa Mãezinha nos levou para trás de um muro para nos fazer beber vinho depois do jantar (que nos servira a pobre senhora Dagorau), pois não queria magoar a boa mulher, mas também queria que nada nos faltasse... Ah! como o coração de uma Mãe é delicado, como traduz a sua ternura em mil cuidados previdentes em que ninguém pensaria!

Maintenant il me reste à parler de ma chère Céline, la petite compagne de mon enfance, mais les souvenirs sont en telle abondance que je ne sais lesquels choisir. Je vais extraire quelques passages des lettres que maman vous écrivait à la Visitation, mais je ne vais pas tout copier, ce serait trop long... Le 10 Juillet 1873 (l'année de ma naissance), voici ce qu'elle vous disait «La nourrice a amené la petite Thérèse Jeudi, elle n'a fait que rire, c'était surtout la petite Céline qui lui plaisait, elle riait aux éclats avec elle; on dirait qu'elle a déjà envie de jouer, cela viendra bientôt, elle se tient sur ses petites jambes, raide comme un petit piquet. Je crois qu'elle marchera de bonne heure et qu'elle aura bon caractère, elle paraît très intelligente et a une bonne figure de prédestinée...

Agora resta-me falar da minha querida Celina, a pequena companheira de minha infância, mas as lembranças são tão abundantes que não sei quais escolher. Vou extrair alguns trechos das cartas que mamãe vos escrevia para a Visitação, mas não vou copiar tudo, seria longo demais... Em 10 de julho de 1873 (o ano do meu nascimento), eis o que ela vos dizia: «A ama trouxe a pequena Teresa na quinta-feira, ela não fez senão rir, era sobretudo a pequena Celina que lhe agradava, ria às gargalhadas com ela; parece que já tem vontade de brincar, isso virá logo, ela se sustenta nas perninhas, tesa como uma estaquinha. Creio que andará cedo e que terá bom gênio, parece muito inteligente e tem uma boa cara de predestinada...

A 7r Mais ce fut surtout après ma sortie de nourrice que je montrai mon affection pour ma chère petite Céline. Nous nous entendions très bien, seulement j'étais bien plus vive et bien moins naïve qu'elle ; quoique de trois ans et demi plus jeune, il me semblait que nous étions du même âge. Voici un passage d'une lettre de Maman qui vous montrera combien Céline était douce et moi méchante «Ma petite Céline est tout à fait portée à la vertu, c'est le sentiment intime de son être, elle a une âme candide et a horreur du mal. Pour le petit furet, on ne sait pas trop comment ça fera, c'est si petit, si étourdi! Elle est d'une intelligence supérieure à Céline, mais bien moins douce et surtout d'un entêtement presqu'invincible, quand elle dit «non» rien ne peut la faire céder, on la mettrait une journée dans la cave qu'elle y coucherait plutôt que de dire «oui»...

A 7r Mas foi sobretudo depois que voltei da casa da ama que mostrei minha afeição pela minha querida pequena Celina. Nós nos entendíamos muito bem, só que eu era muito mais viva e muito menos ingênua do que ela; embora três anos e meio mais nova, parecia-me que tínhamos a mesma idade. Eis um trecho de uma carta de Mamãe que vos mostrará como Celina era meiga e eu, malvada: «Minha pequena Celina é inteiramente inclinada à virtude, é o sentimento íntimo do seu ser, ela tem uma alma cândida e horror ao mal. Quanto ao pequeno furão, não se sabe bem como vai ser, é tão pequeno, tão estouvado! Tem uma inteligência superior à de Celina, mas é bem menos meiga e sobretudo de uma teimosia quase invencível, quando diz “não” nada a pode fazer ceder, podiam pô-la um dia inteiro no porão, que ela dormiria lá antes de dizer “sim”...

«Elle a cependant un coeur d'or, elle est bien caressante et bien franche; c'est curieux de la voir courir après moi, pour me faire sa confession: Maman, j'ai poussé Céline qu'une fois, je l'ai battue une fois, mais je ne recommencerai plus. (C'est comme cela pour tout ce qu'elle fait). Jeudi soir nous avons été nous promener du côté de la gare, elle a absolument voulu entrer dans la salle d'attente pour aller chercher Pauline, elle courait devant avec une joie qui faisait plaisir, mais quand elle a vu qu'il fallait s'en retourner sans monter en chemin de fer pour aller chercher Pauline, elle a pleuré tout le long du chemin. »

«Ela tem, porém, um coração de ouro, é muito carinhosa e muito franca; é curioso vê-la correr atrás de mim para me fazer a sua confissão: Mamãe, empurrei Celina só uma vez, bati nela uma vez, mas não vou fazer mais. (É assim com tudo o que ela faz.) Quinta-feira à noite fomos passear para os lados da estação, ela quis absolutamente entrar na sala de espera para ir buscar Paulina, corria na frente com uma alegria que dava gosto, mas, quando viu que era preciso voltar sem subir no trem para ir buscar Paulina, chorou o caminho todo.»

Cette dernière partie de la lettre me rappelle le bonheur que j'éprouvais en vous voyant revenir de la Visitation ; vous, ma mère, me preniez sur vos bras et Marie prenait Céline ; alors je vous faisais mille caresses et je me penchais A 7v en arrière afin d'admirer votre grande natte... puis vous me donniez une tablette de chocolat que vous aviez gardée trois mois. Vous pensez quelle relique c'était pour moi !... Je me rappelle aussi du voyage que j'ai fait au Mans, c'était la première fois que j'allais en chemin de fer. Quelle joie de me voir en voyage seule avec Maman !... Cependant je ne sais plus pourquoi je me suis mise à pleurer et cette pauvre petite Mère n'a pu présenter à ma tante du Mans qu'un vilain petit laideron tout rouge des larmes qu'il avait répandues en chemin... Je n'ai gardé aucun souvenir du parloir mais seulement du moment où ma tante m'a passé une petite souris blanche et un petit panier en papier bristol rempli de bonbons sur lesquels trônaient deux jolies bagues en sucre, juste de la grosseur de mon doigt ; aussitôt je m'écriai «Quel bonheur! il y aura une bague pour Céline.» Mais, ô douleur ! je prends mon panier par l'anse, je donne l'autre main à Maman et nous partons ; au bout de quelques pas, je regarde mon panier et je vois que mes bonbons étaient presque tous semés dans la rue, comme les pierres du petit poucet... Je regarde encore de plus près et je vois qu'une des précieuses bagues avait subi le sort fatal des bonbons... Je n'avais plus rien à donner à Céline !... alors ma douleur éclate, je demande à retourner sur mes pas, maman ne semble pas faire attention à moi. C'en était trop, à mes larmes succèdent mes cris... Je ne pouvais comprendre qu'elle ne partageât pas ma peine et cela augmentait de beaucoup ma douleur... Maintenant je reviens aux lettres où maman vous parle de Céline et de moi, c'est le meilleur moyen que je puisse employer pour vous faire bien connaître mon caractère ; voici un passage où mes défauts brillent d'un vif éclat : «Voilà Céline » A 8r qui s'amuse avec la petite au jeu de cubes, elles se disputent de temps en temps, Céline cède pour avoir une perle à sa couronne. Je suis obligée de corriger ce pauvre bébé qui se met dans des furies épouvantables ; quand les choses ne vont pas à son idée, elle se roule par terre comme une désespérée croyant que tout est perdu, il y a des moments où c'est plus fort qu'elle, elle en est suffoquée. C'est une enfant bien nerveuse, elle est cependant bien mignonne et très intelligente, elle se rappelle tout. » Vous voyez, ma Mère, combien j'étais loin d'être une petite fille sans défauts ! On ne pouvait même pas dire de moi que j'étais sage quand je dormais, car la nuit j'étais encore plus remuante que le jour, j'envoyais promener toutes les couvertures et puis (tout en dormant) je me donnais des coups contre le bois de mon petit lit ; la douleur me réveillait, alors je disais : «Maman, je suis toquée!...» Cette pauvre petite Mère était obligée de se lever et constatait qu'en effet j'avais des bosses au front, que j'étais toquée ; elle me couvrait bien, puis allait se recoucher ; mais au bout d'un moment je recommençais à être toquée, si bien qu'on fut obligé de m'attacher dans mon lit. Tous les soirs, la petite Céline venait nouer les nombreux cordons destinés à empêcher le petit lutin de se toquer et de réveiller sa maman ; ce moyen ayant bien réussi, je fus désormais sage en dormant... Il est un autre défaut que j'avais (étant éveillée) et dont Maman ne parle pas dans ses lettres, c'était un grand amour-propre. Je ne vais vous en donner que deux exemples afin de ne pas rendre mon récit trop long. Un jour Maman me dit «Ma petite Thérèse, si tu veux baiser la terre, je vais te donner un sou.» Un sou, c'était pour moi toute une richesse ; pour le gagner je n'avais pas besoin d'abaisser ma grandeur car ma petite taille ne mettait pas une grande distance entre moi et la terre, cependant ma fierté se révolta à A 8v la pensée de «baiser la terre», me tenant bien droite, je dis à Maman «Oh! non, ma petite Mère, j'aime mieux ne pas avoir de sou!...»

Esta última parte da carta me lembra a felicidade que eu sentia ao ver-vos voltar da Visitação; vós, minha Madre, me tomáveis nos braços, e Maria tomava Celina; então eu vos fazia mil carinhos e me inclinava A 7v para trás a fim de admirar a vossa grande trança... depois me dáveis uma barra de chocolate que tínheis guardado três meses. Imaginai que relíquia era aquilo para mim!... Lembro-me também da viagem que fiz a Le Mans, era a primeira vez que eu andava de trem. Que alegria ver-me em viagem sozinha com Mamãe!... Entretanto, não sei mais por que me pus a chorar, e essa pobre Mãezinha só pôde apresentar à minha tia de Le Mans um mostrenguinho feio, todo vermelho das lágrimas que tinha derramado no caminho... Não guardei nenhuma lembrança do locutório, mas somente do momento em que minha tia me passou um ratinho branco e uma cestinha de papel bristol cheia de confeitos, sobre os quais reinavam dois lindos anéis de açúcar, justo da grossura do meu dedo; logo exclamei: «Que felicidade! vai ter um anel para Celina.» Mas, ó dor! pego minha cestinha pela alça, dou a outra mão a Mamãe e partimos; depois de alguns passos, olho para a cestinha e vejo que meus confeitos estavam quase todos semeados pela rua, como as pedrinhas do Pequeno Polegar... Olho ainda mais de perto e vejo que um dos preciosos anéis tinha sofrido a sorte fatal dos confeitos... Eu não tinha mais nada para dar a Celina!... então minha dor explode, peço para voltar atrás, mamãe parece não prestar atenção em mim. Era demais, às minhas lágrimas sucedem os gritos... Eu não conseguia compreender que ela não partilhasse da minha pena, e isso aumentava muito a minha dor... Agora volto às cartas em que mamãe vos fala de Celina e de mim, é o melhor meio que posso empregar para vos fazer conhecer bem o meu caráter; eis um trecho em que meus defeitos brilham com vivo esplendor: «Aí está Celina A 8r que se diverte com a pequena no jogo de cubos, elas brigam de vez em quando, Celina cede para ganhar uma pérola para a sua coroa. Sou obrigada a corrigir este pobre bebê, que tem acessos de fúria espantosos; quando as coisas não andam como ela quer, rola no chão como uma desesperada, achando que tudo está perdido, há momentos em que é mais forte do que ela, chega a ficar sufocada. É uma criança muito nervosa, mas é muito engraçadinha e muito inteligente, lembra-se de tudo.» Vedes, minha Madre, como eu estava longe de ser uma menina sem defeitos! Não se podia nem dizer de mim que eu era comportada quando dormia, pois à noite eu era ainda mais agitada que de dia, jogava longe todas as cobertas e depois (dormindo) me batia contra a madeira da minha caminha; a dor me acordava, então eu dizia: «Mamãe, eu me bati!...» Essa pobre Mãezinha era obrigada a levantar-se e constatava que, de fato, eu tinha galos na testa, que eu me tinha batido; ela me cobria bem e depois ia deitar-se de novo; mas, pouco depois, eu recomeçava a me bater, tanto que foi preciso amarrar-me na cama. Todas as noites a pequena Celina vinha atar os numerosos cordões destinados a impedir o pequeno diabrete de se bater e de acordar a mamãe; tendo esse meio dado bom resultado, fiquei dali em diante comportada dormindo... Há outro defeito que eu tinha (acordada) e de que Mamãe não fala nas suas cartas: era um grande amor-próprio. Só vou vos dar dois exemplos, para não tornar meu relato longo demais. Um dia Mamãe me disse: «Minha pequena Teresa, se quiseres beijar o chão, vou te dar um tostão.» Um tostão era para mim uma verdadeira riqueza; para ganhá-lo eu não precisava rebaixar a minha grandeza, pois minha pequena estatura não punha grande distância entre mim e o chão, no entanto meu orgulho se revoltou A 8v à ideia de «beijar o chão», mantendo-me bem ereta, eu disse a Mamãe: «Oh! não, minha Mãezinha, prefiro ficar sem tostão!...»

Une autre fois nous devions aller à Grogny chez Mme Monnier. Maman dit à Marie de me mettre ma jolie robe bleu Ciel, garnie de dentelles, mais de ne pas me laisser les bras nus, afin que le Soleil ne les brunisse pas. Je me laissai habiller avec l'indifférence que devaient avoir les enfants de mon âge, mais intérieurement je pensais que j'aurais été bien plus gentille avec mes petits bras nus.

Outra vez, devíamos ir a Grogny, à casa da senhora Monnier. Mamãe disse a Maria que me pusesse o meu lindo vestido azul-Céu, guarnecido de rendas, mas que não me deixasse com os braços nus, para que o Sol não os queimasse. Deixei-me vestir com a indiferença que deviam ter as crianças da minha idade, mas interiormente pensava que eu teria ficado muito mais bonitinha com os meus bracinhos nus.

Avec une nature comme la mienne, si j'avais été élevée par des Parents sans vertu ou même si comme Céline j'avais été gâtée par Louise, je serais devenue bien méchante et peut-être me serais perdue... Mais Jésus veillait sur sa petite fiancée, Il a voulu que tout tournât à son bien, même ses défauts qui, réprimés de bonne heure, lui ont servi à grandir dans la perfection... Comme j'avais de l'amour-propre et aussi l'amour du bien, aussitôt que j'ai commencé à penser sérieusement (ce que j'ai fait bien petite) il suffisait qu'on me dise qu'une chose n'était pas bien, pour que je n'aie pas envie de me le faire répéter deux fois... Je vois avec plaisir dans les lettres de Maman qu'en grandissant je lui donnais plus de consolation. N'ayant que de bons exemples autour de moi je voulais naturellement les suivre. Voici ce qu'elle écrivait en 1876 «Jusqu'à Thérèse qui veut parfois se mêler de faire des pratiques... C'est une charmante enfant, elle est fine comme l'ombre, très vive, mais son coeur est sensible. Céline et elle s'aiment beaucoup, elles se suffisent à elles deux pour se désennuyer; tous les jours aussitôt qu'elles ont dîné Céline va prendre son petit coq, elle attrape tout d'un coup la poule à Thérèse, moi je ne puis en venir à bout, mais elle est si vive que du premier bond elle la tient ; puis elles arrivent toutes les deux avec leurs bêtes s'asseoir au coin du A 9r feu et s'amusent ainsi fort longtemps. (C'était la petite Rose qui m'avait fait cadeau de la poule et du coq, j'avais donné le coq à Céline). L'autre jour Céline avait couché avec moi, Thérèse avait couché au second dans le lit à Céline ; elle avait supplié Louise de la descendre en bas pour qu'on l'habille. Louise monte pour la chercher, elle trouve le lit vide. Thérèse avait entendu Céline et était descendue avec elle. Louise lui dit : «Tu ne veux donc pas venir en bas t'habiller?» «Oh non! ma pauvre Louise, on est comme les deux petites poules, on ne peut pas se séparer!» Et en disant cela elles s'embrassaient et se serraient toutes les deux... Puis le soir Louise, Céline et Léonie sont parties au cercle catholique et ont laissé cette pauvre Thérèse qui comprenait bien qu'elle était trop petite pour y aller, elle disait : «Si seulement on veut me coucher dans le lit à Céline!...» Mais non, on n'a pas voulu... elle n'a rien dit et est restée seule avec sa petite lampe, elle dormait un quart d'heure après d'un profond sommeil... » Un autre jour Maman écrivait encore : «Céline et Thérèse sont inséparables, on ne peut voir deux enfants s'aimer mieux; quand Marie vient chercher Céline pour faire sa classe, cette pauvre Thérèse est tout en larmes. Hélas que va-t-elle devenir, sa petite amie s'en va!... Marie en a pitié, elle la prend aussi et cette pauvre petite s'assied sur une chaise pendant deux ou trois heures ; on lui donne des perles à enfiler ou une chiffe à coudre, elle n'ose bouger et pousse souvent de gros soupirs. Quand son aiguille se désenfile, elle essaie de la renfiler, c'est curieux de la voir, ne pouvant y parvenir et n'osant déranger Marie ; bientôt on voit deux grosses larmes qui coulent sur ses joues... Marie A 9v la console bien vite, renfile l'aiguille et le pauvre petit ange sourit au travers de ses larmes... » Je me rappelle qu'en effet je ne pouvais pas rester sans Céline, j'aimais mieux sortir de table avant d'avoir fini mon dessert que de ne pas la suivre, aussitôt qu'elle se levait. Je me tournais dans ma grande chaise, demandant qu'on me descende et puis nous allions jouer ensemble ; quelquefois nous allions avec la petite préfète, ce qui me plaisait bien à cause du parc et de tous les beaux jouets qu'elle nous montrait, mais c'était plutôt afin de faire plaisir à Céline que j'y allais, aimant mieux rester dans notre petit jardin à gratter les murs, car nous enlevions toutes les petites paillettes brillantes qui s'y trouvaient et puis nous allions les vendre à Papa qui nous les achetait très sérieusement.

Com uma natureza como a minha, se eu tivesse sido educada por Pais sem virtude, ou mesmo se, como Celina, tivesse sido mimada por Luísa, eu teria ficado muito malvada e talvez me tivesse perdido... Mas Jesus velava sobre a sua pequena noiva, Ele quis que tudo redundasse em bem dela, até os seus defeitos, que, reprimidos cedo, lhe serviram para crescer na perfeição... Como eu tinha amor-próprio e também amor ao bem, assim que comecei a pensar seriamente (o que fiz bem pequena), bastava que me dissessem que uma coisa não estava certa para que eu não tivesse vontade de ouvi-lo duas vezes... Vejo com prazer nas cartas de Mamãe que, à medida que crescia, eu lhe dava mais consolação. Tendo só bons exemplos ao meu redor, eu queria naturalmente segui-los. Eis o que ela escrevia em 1876: «Até Teresa, que às vezes quer meter-se a fazer práticas... É uma criança encantadora, fina como a sombra, muito viva, mas seu coração é sensível. Celina e ela se amam muito, bastam-se as duas para se distrair; todos os dias, assim que jantam, Celina vai pegar o seu galinho, ela agarra de uma vez a galinha de Teresa, eu não consigo, mas ela é tão viva que no primeiro pulo a apanha; depois chegam as duas com os seus bichos para se sentar ao canto do A 9r fogo e assim se divertem por muito tempo. (Foi a pequena Rosa que me dera de presente a galinha e o galo, eu tinha dado o galo a Celina.) Outro dia Celina tinha dormido comigo, Teresa tinha dormido no segundo andar, na cama da Celina; ela tinha suplicado a Luísa que a levasse lá para baixo para que a vestissem. Luísa sobe para buscá-la e encontra a cama vazia. Teresa tinha ouvido Celina e descera com ela. Luísa lhe diz: “Então não queres vir lá para baixo te vestir?” “Oh, não! minha pobre Luísa, a gente é como as duas galinhazinhas, a gente não pode se separar!” E, dizendo isso, as duas se beijavam e se abraçavam... Depois, à noite, Luísa, Celina e Leônia foram para o círculo católico e deixaram a pobre Teresa, que compreendia bem que era pequena demais para ir, ela dizia: “Se ao menos quiserem me deitar na cama da Celina!...” Mas não, não quiseram... ela não disse nada e ficou sozinha com a sua lamparina, um quarto de hora depois dormia profundamente...» Outro dia Mamãe escrevia ainda: «Celina e Teresa são inseparáveis, não se podem ver duas crianças que se amem mais; quando Maria vem buscar Celina para a aula, a pobre Teresa fica toda em lágrimas. Ai, que vai ser dela, sua amiguinha vai embora!... Maria tem pena dela, leva-a também, e a pobre pequena fica sentada numa cadeira durante duas ou três horas; dão-lhe contas para enfiar ou um paninho para costurar, ela não ousa mexer-se e dá muitas vezes grandes suspiros. Quando a linha sai da agulha, ela tenta enfiá-la de novo, é curioso vê-la, sem conseguir e sem ousar incomodar Maria; logo se veem duas grossas lágrimas que lhe correm pelas faces... Maria A 9v a consola bem depressa, enfia de novo a agulha, e o pobre anjinho sorri através das lágrimas...» Lembro-me de que, de fato, eu não conseguia ficar sem Celina, preferia sair da mesa antes de ter acabado a sobremesa a não segui-la, assim que ela se levantava. Virava-me na minha cadeira alta, pedindo que me descessem, e depois íamos brincar juntas; às vezes íamos à casa da pequena prefeita, o que me agradava muito por causa do parque e de todos os belos brinquedos que ela nos mostrava, mas era antes para agradar a Celina que eu ia lá, pois preferia ficar no nosso jardinzinho raspando os muros, porque tirávamos todas as palhetinhas brilhantes que ali havia, e depois íamos vendê-las a Papai, que as comprava muito seriamente.

Le dimanche, comme j'étais trop petite pour aller aux offices, Maman restait à me garder ; j'étais bien sage et ne marchais que sur le bout du pied pendant la messe ; mais aussitôt que je voyais la porte s'ouvrir, c'était une explosion de joie sans pareille ; je me précipitais au-devant de ma jolie petite Soeur qui était alors «parée comme une chapelle»... et je lui disais : «Oh! ma petite Céline, donne-moi bien vite du pain bénit!» Parfois elle n'en avait pas, étant arrivée trop tard... Comment faire alors ? Il était impossible que je m'en passe, c'était là «ma messe»... Le moyen fut bien vite trouvé. «Tu n'as pas de pain bénit, eh bien, fais-en!» Aussitôt dit, aussitôt fait, Céline prend une chaise, ouvre le placard, attrape le pain, en coupe une bouchée et très sérieusement récite un Ave Maria dessus, puis elle me le présente et moi, après [avoir] fait le signe de la Croix avec, je le mange avec une grande dévotion, lui trouvant tout à fait le goût A 10r du pain bénit... Souvent nous faisions ensemble des conférences spirituelles ; voici un exemple que j'emprunte aux lettres de Maman «Nos deux chères petites Céline et Thérèse sont des anges de bénédiction, des petites natures angéliques. Thérèse fait la joie, le bonheur de Marie et sa gloire, c'est incroyable comme elle en est fière. C'est vrai qu'elle a des réparties bien rares à son âge, elle en remontre à Céline qui est le double plus âgée. Céline disait l'autre jour : «Comment que cela se fait que le bon Dieu peut être dans une si petite hostie?» La petite a dit : «Ce n'est pas si étonnant puisque le bon Dieu est tout puissant.» «Qu'est-ce que veut dire Tout-puissant?» «Mais c'est de faire tout ce qu'Il veut!...»

Aos domingos, como eu era pequena demais para ir aos ofícios, Mamãe ficava para tomar conta de mim; eu era bem comportada e só andava na ponta dos pés durante a missa; mas, assim que via a porta abrir-se, era uma explosão de alegria sem igual; eu me precipitava ao encontro da minha linda Irmãzinha, que estava então «enfeitada como uma capela»... e lhe dizia: «Oh! minha Celininha, dá-me bem depressa pão bento!» Às vezes ela não tinha, por ter chegado tarde demais... Que fazer então? Era impossível que eu passasse sem ele, aquela era «a minha missa»... O meio foi logo encontrado. «Não tens pão bento, pois bem, faz um!» Dito e feito, Celina pega uma cadeira, abre o armário, apanha o pão, corta um bocado e muito seriamente reza uma Ave-Maria sobre ele, depois o apresenta a mim, e eu, depois de ter feito com ele o sinal da Cruz, como-o com grande devoção, achando-lhe exatamente o gosto A 10r do pão bento... Muitas vezes fazíamos juntas conferências espirituais; eis um exemplo que tomo das cartas de Mamãe: «Nossas duas queridas pequenas, Celina e Teresa, são anjos de bênção, pequenas naturezas angélicas. Teresa é a alegria, a felicidade de Maria e a sua glória, é incrível como ela se orgulha dela. É verdade que ela tem respostas bem raras para a sua idade, dá lições a Celina, que tem o dobro da idade dela. Celina dizia outro dia: “Como é que pode o bom Deus estar numa hóstia tão pequena?” A pequena disse: “Não é tão espantoso, já que o bom Deus é todo-poderoso.” “Que quer dizer Todo-poderoso?” “Ora, é fazer tudo o que Ele quer!...”»

Un jour, Léonie pensant qu'elle était trop grande pour jouer à la poupée vint nous trouver toutes les deux avec une corbeille remplie de robes et de jolis morceaux destinés à en faire d'autres ; sur le dessus était couchée sa poupée. «Tenez mes petites soeurs, nous dit-elle, choisissez, je vous donne tout cela.» Céline avança la main et prit un petit paquet de ganses qui lui plaisait. Après un moment de réflexion j'avançai la main à mon tour en disant : «Je choisis tout!» et je pris la corbeille sans autre cérémonie ; les témoins de la scène trouvèrent la chose très juste, Céline elle-même ne songea pas à s'en plaindre (d'ailleurs elle ne manquait pas de jouets, son parrain la comblait de cadeaux et Louise trouvait moyen de lui procurer tout ce qu'elle désirait).

Um dia, Leônia, achando que já era grande demais para brincar de boneca, veio procurar-nos às duas com uma cesta cheia de vestidos e de lindos retalhos destinados a fazer outros; por cima estava deitada a sua boneca. «Tomai, minhas irmãzinhas, disse-nos ela, escolhei, eu vos dou tudo isto.» Celina estendeu a mão e pegou um pacotinho de galões que lhe agradava. Depois de um momento de reflexão, estendi a mão por minha vez, dizendo: «Eu escolho tudo!», e peguei a cesta sem mais cerimônia; as testemunhas da cena acharam a coisa muito justa, a própria Celina nem pensou em se queixar (aliás, não lhe faltavam brinquedos, seu padrinho a cumulava de presentes e Luísa achava meio de lhe conseguir tudo o que ela desejava).

Ce petit trait de mon enfance est le résumé de toute ma vie ; plus tard lorsque la perfection m'est apparue, j'ai compris que pour devenir une sainte il fallait beaucoup souffrir, rechercher toujours le plus parfait et s'oublier soi-même ; j'ai compris qu'il y avait bien des degrés dans la perfection et que chaque âme A 10v était libre de répondre aux avances de Notre-Seigneur, de faire peu ou beaucoup pour Lui, en un mot de choisir entre les sacrifices qu'Il demande. Alors comme aux jours de ma petite enfance, je me suis écriée : «Mon Dieu, "je choisis tout". Je ne veux pas être une sainte à moitié, cela ne me fait pas peur de souffrir pour vous, je ne crains qu'une chose c'est de garder ma volonté, prenez-la, car "Je choisis tout" ce que vous voulez!...»

Esse pequeno episódio da minha infância é o resumo de toda a minha vida; mais tarde, quando a perfeição me apareceu, compreendi que para tornar-se santa era preciso sofrer muito, buscar sempre o mais perfeito e esquecer-se de si mesma; compreendi que havia muitos graus na perfeição e que cada alma A 10v era livre de responder aos convites de Nosso Senhor, de fazer pouco ou muito por Ele, numa palavra, de escolher entre os sacrifícios que Ele pede. Então, como nos dias da minha primeira infância, exclamei: «Meu Deus, “eu escolho tudo”. Não quero ser santa pela metade, não me dá medo sofrer por vós, só temo uma coisa: guardar a minha vontade, tomai-a, pois “Eu escolho tudo” o que vós quereis!...»

Il faut que je m'arrête, je ne dois pas encore vous parler de ma jeunesse, mais du petit Lutin de quatre ans. Je me souviens d'un rêve que j'ai dû faire vers cet âge et qui s'est profondément gravé dans mon imagination. Une nuit, j'ai rêvé que je sortais pour aller me promener seule au jardin. Arrivée au bas des marches qu'il fallait monter pour y arriver, je m'arrêtai saisie d'effroi. Devant moi, auprès de la tonnelle, se trouvait un baril de chaux et sur ce baril deux affreux petits diablotins dansaient avec une agilité surprenante malgré des fers à repasser qu'ils avaient aux pieds ; tout à coup ils jetèrent sur moi leurs yeux flamboyants, puis au même moment, paraissant bien plus effrayés que moi, ils se précipitèrent au bas du baril et allèrent se cacher dans la lingerie qui se trouvait en face. Les voyant si peu braves je voulus savoir ce qu'ils allaient faire et je m'approchai de la fenêtre. Les pauvres diablotins étaient là, courant sur les tables et ne sachant comment faire pour fuir mon regard ; quelquefois ils s'approchaient de la fenêtre, regardant d'un air inquiet si j'étais encore là et me voyant toujours, ils recommençaient à courir comme des désespérés. Sans doute ce rêve n'a rien d'extraordinaire, cependant je crois que le Bon Dieu a permis que je m'en rappelle, afin de me prouver qu'une âme en état de grâce n'a rien à craindre des démons qui sont des lâches, capables de fuir devant le regard d'un enfant...

Preciso parar, ainda não devo vos falar da minha juventude, mas do pequeno Diabrete de quatro anos. Lembro-me de um sonho que devo ter tido por essa idade e que se gravou profundamente na minha imaginação. Uma noite, sonhei que saía para ir passear sozinha no jardim. Chegando ao pé dos degraus que era preciso subir para chegar lá, parei, tomada de pavor. Diante de mim, perto do caramanchão, havia um barril de cal, e sobre esse barril dois horrendos diabinhos dançavam com uma agilidade surpreendente, apesar dos ferros de passar que tinham nos pés; de repente lançaram sobre mim seus olhos flamejantes, depois, no mesmo instante, parecendo muito mais assustados do que eu, precipitaram-se do alto do barril e foram esconder-se na rouparia que ficava em frente. Vendo-os tão pouco valentes, quis saber o que iam fazer e aproximei-me da janela. Os pobres diabinhos estavam lá, correndo sobre as mesas, sem saber o que fazer para fugir do meu olhar; às vezes se aproximavam da janela, olhando com ar inquieto se eu ainda estava ali, e, vendo-me sempre, recomeçavam a correr como desesperados. Sem dúvida esse sonho nada tem de extraordinário, contudo creio que o Bom Deus permitiu que eu me lembrasse dele, a fim de me provar que uma alma em estado de graça nada tem a temer dos demônios, que são uns covardes, capazes de fugir diante do olhar de uma criança...

A 11r Voici encore un passage que je trouve dans les lettres de maman. Déjà cette pauvre petite Mère pressentait la fin de son exil : «Les deux petites ne m'inquiètent pas, elles sont si bien toutes les deux, ce sont des natures choisies, certainement elles seront bonnes. Marie et toi vous pourrez parfaitement les élever. Céline ne fait jamais la plus petite faute volontaire. La petite sera bonne aussi, elle ne mentirait pas pour tout l'or du monde, elle a de l'esprit comme je n'en ai jamais vu à aucune de vous.

A 11r Eis ainda um trecho que encontro nas cartas de mamãe. Essa pobre Mãezinha já pressentia o fim do seu exílio: «As duas pequenas não me preocupam, são tão bem-comportadas as duas, são naturezas escolhidas, certamente serão boas. Maria e tu podereis perfeitamente educá-las. Celina nunca comete a menor falta voluntária. A pequena também será boa, não mentiria por todo o ouro do mundo, tem um espírito como nunca vi em nenhuma de vós.

«L'autre jour elle était chez l'épicier avec Céline et Louise, elle parlait de ses pratiques et discutait fort avec Céline; la dame a dit à Louise: "Qu'est-ce qu'elle veut donc dire, quand elle joue dans le jardin on n'entend parler que de pratiques? Mme Gaucherin avance la tête par sa fenêtre pour tâcher de comprendre ce que veut dire ce débat de pratiques..." Cette pauvre petite fait notre bonheur, elle sera bonne, on voit déjà le germe ; elle ne parle que du bon Dieu, elle ne manquerait pas pour tout à faire ses prières. Je voudrais que tu la voies réciter de petites fables, jamais je n'ai rien vu de si gentil, elle trouve toute seule l'expression qu'il faut donner et le ton, mais c'est surtout quand elle dit : "Petit enfant à tête blonde, où crois-tu donc qu'est le bon Dieu ?" Quand elle en est à : "Il est là-haut dans le Ciel bleu", elle tourne son regard en haut avec une expression angélique ; on ne se lasse pas de le lui faire dire tant c'est beau, il y a quelque chose de si céleste dans son regard qu'on en est ravi !... »

«Outro dia ela estava na mercearia com Celina e Luísa, falava das suas práticas e discutia acaloradamente com Celina; a senhora disse a Luísa: “Que é que ela quer dizer, que quando brinca no jardim só se ouve falar de práticas? A senhora Gaucherin põe a cabeça para fora da janela para tentar entender o que quer dizer esse debate de práticas...” Esta pobre pequena faz a nossa felicidade, será boa, já se vê o germe; só fala do bom Deus, por nada deste mundo deixaria de fazer as suas orações. Eu queria que tu a visses recitar fabulazinhas, nunca vi nada tão gracioso, ela encontra sozinha a expressão que é preciso dar e o tom, mas é sobretudo quando diz: “Menino de cabeça loura, onde pensas tu que está o bom Deus?” Quando chega a: “Ele está lá no alto, no Céu azul”, volta o olhar para cima com uma expressão angélica; ninguém se cansa de fazê-la repetir, de tão bonito que é, há algo de tão celeste no seu olhar que a gente fica encantado!...»

«O ma Mère! Que j'étais heureuse à cet âge! Déjà je commençais à jouir de la vie, la vertu avait pour moi des charmes et j'étais, il me semble, dans les mêmes dispositions où je me trouve maintenant, ayant déjà un grand A 11v empire sur mes actions. Ah ! comme elles ont passé rapidement les années ensoleillées de ma petite enfance, mais quelle douce empreinte elles ont laissée sur mon âme ! Je me rappelle avec bonheur les jours où papa nous emmenaient au pavillon, les plus petits détails se sont gravés dans mon cœur... Je me rappelle surtout les promenades du Dimanche où toujours maman nous accompagnait... Je sens encore les impressions profondes et poétiques qui naissaient en mon âme à la vue des champs de blés émaillés de bluets et de fleurs champêtres. Déjà j'aimais les lointains... L'espace et les sapins gigantesques dont les branches touchaient la terre laissaient en mon cœur une impression semblable à celle que je ressens encore aujourd'hui à la vue de la nature... Souvent pendant ces longues promenades nous rencontrions des pauvres et c'était toujours la petite Thérèse qui était chargée de leur porter l'aumône, ce dont elle était bien heureuse ; mais souvent aussi Papa trouvant que la route était trop longue pour sa petite reine, la ramenait plus tôt que les autres au logis (à son grand déplaisir). Alors pour la consoler Céline remplissait de pâquerettes son joli petit panier et le lui donnait au retour, mais hélas ! la pauvre bonne-maman trouvait que sa petite-fille en avait trop, aussi en prenait-elle une bonne partie pour la sainte Vierge... Ceci ne plaisait pas à la petite Thérèse mais elle se gardait bien d'en rien dire, ayant pris la bonne habitude de ne se plaindre jamais, même quand on lui enlevait ce qui était à elle, ou bien lorsqu'elle était accusée injustement, elle préférait se taire et ne pas s'excuser, ceci n'était point mérite de sa part, mais vertu naturelle... Quel dommage que cette bonne disposition se soit évanouie !...

Ó minha Madre! Como eu era feliz nessa idade! Já começava a gozar a vida, a virtude tinha encantos para mim e eu estava, parece-me, nas mesmas disposições em que me encontro agora, tendo já um grande A 11v domínio sobre as minhas ações. Ah! como passaram depressa os anos ensolarados da minha primeira infância, mas que doce marca deixaram em minha alma! Lembro-me com felicidade dos dias em que papai nos levava ao pavilhão, os menores pormenores se gravaram em meu coração... Lembro-me sobretudo dos passeios de Domingo, em que mamãe sempre nos acompanhava... Sinto ainda as impressões profundas e poéticas que nasciam em minha alma à vista dos campos de trigo esmaltados de centáureas e de flores campestres. Já eu amava as lonjuras... O espaço e os pinheiros gigantescos, cujos ramos tocavam a terra, deixavam em meu coração uma impressão semelhante à que ainda hoje sinto à vista da natureza... Muitas vezes, durante esses longos passeios, encontrávamos pobres, e era sempre a pequena Teresa a encarregada de lhes levar a esmola, o que a deixava muito feliz; mas muitas vezes também Papai, achando que o caminho era longo demais para a sua rainhazinha, levava-a de volta para casa mais cedo que os outros (com grande desgosto dela). Então, para consolá-la, Celina enchia de margaridas a sua linda cestinha e lhe entregava na volta, mas, ai! a pobre vovó achava que a netinha tinha margaridas demais, e por isso tirava uma boa parte para a santíssima Virgem... Isso não agradava à pequena Teresa, mas ela se guardava bem de dizer qualquer coisa, tendo adquirido o bom hábito de nunca se queixar, mesmo quando lhe tiravam o que era seu, ou quando era acusada injustamente, preferia calar-se e não se desculpar, isso não era mérito da parte dela, mas virtude natural... Que pena que essa boa disposição se tenha desvanecido!...

A 12r Oh ! véritablement tout me souriait sur la terre : je trouvais des fleurs sous chacun de mes pas et mon heureux caractère contribuait aussi à rendre ma vie agréable, mais une nouvelle période allait commencer pour mon âme, je devais passer par le creuset de l'épreuve et souffrir dès mon enfance afin de pouvoir être plus tôt offerte à Jésus. De même que les fleurs du printemps commencent à germer sous la neige et s'épanouissent aux premiers rayons du Soleil, ainsi la petite fleur dont j'écris les souvenirs a-t-elle dû passer par l'hiver de l'épreuve...

A 12r Oh! verdadeiramente tudo me sorria na terra: eu encontrava flores sob cada um dos meus passos, e meu gênio feliz contribuía também para tornar minha vida agradável, mas um novo período ia começar para a minha alma, eu devia passar pelo crisol da provação e sofrer desde a infância, a fim de poder ser oferecida mais cedo a Jesus. Assim como as flores da primavera começam a germinar sob a neve e desabrocham aos primeiros raios do Sol, assim a florzinha cujas lembranças escrevo teve de passar pelo inverno da provação...

Tous les détails de la maladie de notre mère chérie sont encore présents à mon coeur, je me souviens surtout des dernières semaines qu'elle a passées sur la terre ; nous étions, Céline et moi, comme de pauvres petites exilées, tous les matins, Mme Leriche venait nous chercher et nous passions la journée chez elle. Un jour, nous n'avions pas eu le temps de faire notre prière avant de partir et pendant le trajet Céline m'a dit tout bas : «Faut-il le dire que nous n'avons pas fait notre prière?...» «Oh! oui» lui ai-je répondu ; alors bien timidement elle l'a dit à Mme Leriche, celle-ci nous a répondu «Eh bien, mes petites filles, vous allez la faire» et puis nous mettant toutes les deux dans une grande chambre elle est partie... Alors Céline m'a regardée et nous avons dit : «Ah! ce n'est pas comme Maman... toujours elle nous faisait faire notre prière!...» En jouant avec les enfants, toujours la pensée de notre Mère chérie nous poursuivait ; une fois Céline ayant reçu un bel abricot se pencha et me dit tout bas : «Nous n'allons pas le manger, je vais le donner à Maman.» Hélas ! cette pauvre petite Mère était déjà trop malade pour manger les fruits de la terre, elle ne devait plus se rassasier qu'au Ciel de la gloire de Dieu et boire avec Jésus le vin mystérieux dont Il parla dans sa dernière Cène, disant qu'Il le partagerait avec nous dans le royaume de son Père.

Todos os pormenores da doença de nossa mãe querida ainda estão presentes em meu coração, lembro-me sobretudo das últimas semanas que ela passou na terra; Celina e eu éramos como pobres pequenas exiladas, todas as manhãs a senhora Leriche vinha buscar-nos e passávamos o dia em sua casa. Um dia, não tínhamos tido tempo de fazer a nossa oração antes de sair, e durante o trajeto Celina me disse baixinho: «É preciso dizer que não fizemos a nossa oração?...» «Oh! sim», respondi-lhe; então, bem timidamente, ela o disse à senhora Leriche, esta nos respondeu: «Pois bem, minhas filhinhas, ides fazê-la», e depois, deixando-nos as duas num quarto grande, foi-se embora... Então Celina olhou para mim e dissemos: «Ah! não é como Mamãe... ela sempre nos mandava fazer a nossa oração!...» Brincando com as crianças, o pensamento de nossa Mãe querida sempre nos perseguia; uma vez, Celina, tendo ganhado um belo damasco, inclinou-se e me disse baixinho: «Não vamos comê-lo, vou dá-lo a Mamãe.» Ai! essa pobre Mãezinha já estava doente demais para comer os frutos da terra, ela não devia mais saciar-se da glória de Deus senão no Céu e beber com Jesus o vinho misterioso de que Ele falou na sua última Ceia, dizendo que o partilharia conosco no reino de seu Pai.

La cérémonie touchante de l'extrême-onction s'est aussi imprimée en mon âme ; je vois encore la place où j'étais à côté de Céline, toutes les cinq nous étions par A 12v rang d'âge et ce pauvre petit Père était là aussi qui sanglotait...

A comovente cerimônia da extrema-unção também se imprimiu em minha alma; ainda vejo o lugar onde eu estava, ao lado de Celina, estávamos as cinco por A 12v ordem de idade, e o pobre Paizinho estava lá também, soluçando...

Le jour ou le lendemain du départ de Maman, il me prit dans ses bras en me disant : «Viens embrasser une dernière fois ta pauvre petite Mère.» Et moi sans rien dire, j'approchai mes lèvres du front de ma Mère chérie... Je ne me souviens pas d'avoir beaucoup pleuré, je ne parlais à personne des sentiments profonds que je ressentais... Je regardais et j'écoutais en silence... personne n'avait le temps de s'occuper de moi aussi je voyais bien des choses qu'on aurait voulu me cacher ; une fois, je me trouvai en face du couvercle du cercueil... je m'arrêtai longtemps à le considérer, jamais je n'en avais vu, cependant je comprenais... j'étais si petite que malgré la taille peu élevée de Maman, j'étais obligée de lever la tête pour voir le haut et il me paraissait bien grand... bien triste... Quinze ans plus tard, je me trouvai devant un autre cercueil, celui de Mère Geneviève, il était de la même grandeur que celui de maman et je me crus encore aux jours de mon enfance !... Tous mes souvenirs revinrent en foule, c'était bien la même petite Thérèse qui regardait, mais elle avait grandi et le cercueil lui paraissait petit, elle n'avait plus besoin de lever la tête pour le voir ; elle ne la levait plus que pour contempler le Ciel qui lui paraissait bien joyeux, car toutes ses épreuves avaient pris fin et l'hiver de son âme était passé pour toujours...

No dia da partida de Mamãe, ou no dia seguinte, ele me tomou nos braços dizendo: «Vem beijar pela última vez a tua pobre Mãezinha.» E eu, sem dizer nada, aproximei os lábios da fronte de minha Mãe querida... Não me lembro de ter chorado muito, não falava a ninguém dos sentimentos profundos que experimentava... Olhava e escutava em silêncio... ninguém tinha tempo de se ocupar de mim, por isso eu via muitas coisas que teriam querido esconder-me; uma vez, encontrei-me diante da tampa do caixão... fiquei muito tempo contemplando-a, nunca tinha visto uma, no entanto compreendia... eu era tão pequena que, apesar da estatura pouco elevada de Mamãe, era obrigada a levantar a cabeça para ver a parte de cima, e ela me parecia bem grande... bem triste... Quinze anos mais tarde, encontrei-me diante de outro caixão, o de Madre Genoveva, era do mesmo tamanho que o de mamãe, e julguei-me ainda nos dias da minha infância!... Todas as minhas lembranças voltaram em tropel, era de fato a mesma pequena Teresa que olhava, mas ela tinha crescido e o caixão lhe parecia pequeno, ela não precisava mais levantar a cabeça para vê-lo; só a levantava agora para contemplar o Céu, que lhe parecia bem alegre, pois todas as suas provações tinham chegado ao fim e o inverno de sua alma tinha passado para sempre...

Le jour où l'Eglise bénit la dépouille mortelle de notre petite Mère du Ciel, le bon Dieu voulut m'en donner une autre sur la terre et il voulut que je la choisisse librement. Nous étions ensemble toutes les cinq, nous regardant avec tristesse, Louise était là aussi et voyant Céline et moi, elle dit : «Pauvres petites, vous n'avez plus de Mère!...» Alors Céline se jeta dans les bras de Marie disant «Eh bien! c'est toi qui seras Maman.» Moi, j'étais habituée à faire A 13r comme elle, cependant je me tournai vers vous, ma Mère, et comme si déjà l'avenir avait déchiré son voile, je me jetai dans vos bras en m'écriant : «Eh bien! moi, c'est Pauline qui sera Maman!» . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

No dia em que a Igreja abençoou os despojos mortais da nossa Mãezinha do Céu, o bom Deus quis dar-me outra na terra, e quis que eu a escolhesse livremente. Estávamos juntas as cinco, olhando-nos com tristeza, Luísa também estava lá e, vendo Celina e a mim, disse: «Pobrezinhas, não tendes mais Mãe!...» Então Celina se atirou nos braços de Maria, dizendo: «Pois bem! és tu que serás Mamãe.» Eu estava acostumada a fazer A 13r como ela, no entanto voltei-me para vós, minha Madre, e, como se o futuro já tivesse rasgado o seu véu, lancei-me em vossos braços, exclamando: «Pois bem! para mim, é Paulina que será Mamãe!» . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

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