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Parte I

Chapitre III — Ne pas se décourager à la vue de ses fautes

Capítulo III — Não desanimar à vista das próprias faltas

I.3 1. — Un pieux ecclésiastique faisait sa retraite sous la direction du Père Roothan. Au milieu des saints exercices, l'illustre Jésuite fut subitement appelé à Rome où, bientôt après, il devait être élu Général de sa Compagnie. Déjà il avait pris congé de ses frères et s'était mis en route, quand soudain revenant sur ses pas, il entre dans la chambre du retraitant : « Monsieur l'abbé, lui dit-il, j'allais oublier une recommandation d'une importance souveraine : Quoi qu'il arrive, ne vous découragez jamais, jamais ! »

I.3 1. — Um piedoso eclesiástico fazia o seu retiro sob a direção do padre Roothaan. No meio dos santos exercícios, o ilustre jesuíta foi subitamente chamado a Roma, onde, pouco depois, devia ser eleito Geral da sua Companhia. Já se tinha despedido dos seus irmãos e se pusera a caminho, quando, de repente, voltando sobre os seus passos, entra no quarto do retirante: «Senhor padre, diz-lhe, eu ia esquecendo uma recomendação de soberana importância: Aconteça o que acontecer, não desanimeis nunca, nunca!»

O parole d'or ! à combien d'âmes il la faudrait redire ! Saint Jean Chrysostome ne se lassait pas de la répéter : « Ne désespérez pas ! je vous le dirai dans tous mes discours, dans chacune de nos entrevues, et si vous m'écoutez, vous serez guéri. — Notre salut a deux ennemis mortels : la présomption dans l'innocence, et le désespoir après la chute ; mais celui-ci est de beaucoup le plus terrible[68] ». — En effet, c'est par l'espérance que nous sommes sauvés (Rom. VIII, 24). « Cette vertu est comme une forte chaîne, qui descend du ciel et y relie nos âmes ; pourvu qu'elles lui restent solidement attachées, elle les attire peu à peu à de sublimes hauteurs, et les soustrait aux orages de la vie présente. Mais l'âme qui, vaincue par l'abattement, abandonne cette ancre sainte, tombe aussitôt et périt, engloutie dans l'abîme du mal.

Ó palavra de ouro! a quantas almas seria preciso redizê-la! São João Crisóstomo não se cansava de repeti-la: «Não desespereis! eu vos direi isto em todos os meus discursos, em cada um dos nossos encontros, e, se me escutardes, ficareis curado. — A nossa salvação tem dois inimigos mortais: a presunção na inocência e o desespero depois da queda; mas este é de longe o mais terrível[68]». — Com efeito, é pela esperança que somos salvos (Rm VIII, 24). «Esta virtude é como uma forte cadeia que desce do céu e a ele prende as nossas almas; contanto que elas lhe fiquem solidamente presas, ela as atrai pouco a pouco a sublimes alturas e as subtrai às tempestades da vida presente. Mas a alma que, vencida pelo abatimento, larga essa âncora santa, cai imediatamente e perece, engolida no abismo do mal.

« Notre perfide adversaire ne l'ignore point. Dès qu'il nous voit accablés par le sentiment de nos fautes, il se précipite sur nous, et jette en nos cœurs des pensées désespérantes, plus lourdes que le plomb. Si nous les accueillons, ce poids nous entraîne, nous lâchons la chaîne tutélaire, et nous roulons au fond du gouffre[69]. »

«O nosso pérfido adversário não o ignora. Assim que nos vê acabrunhados pelo sentimento das nossas faltas, precipita-se sobre nós e lança nos nossos corações pensamentos desesperadores, mais pesados que o chumbo. Se os acolhemos, esse peso nos arrasta, largamos a cadeia protetora e rolamos ao fundo do abismo[69].»

Hélas ! l'expérience ne confirme que trop ces dernières paroles. L'immense majorité des chutes non réparées, qui ont fait scandale dans l'Église, la plupart de celles que les anges de paix seuls connaissent et pleurent, proviennent du découragement. Sans lui, avec un repentir confiant, rien n'eût été perdu. Mais, après une faute, qui souvent n'a été qu'une surprise, le démon du désespoir s'est insinué dans l'âme troublée, et à la faveur de mille arguments tous plus décourageants les uns que les autres, il a fini par y jeter l'écrasante pensée de Caïn : Mon iniquité est trop grande pour en espérer le pardon (Gen. VI, 13).

Ai! a experiência confirma demais estas últimas palavras. A imensa maioria das quedas não reparadas que causaram escândalo na Igreja, a maior parte daquelas que só os anjos de paz conhecem e choram, provêm do desânimo. Sem ele, com um arrependimento confiante, nada se teria perdido. Mas, depois de uma falta, que muitas vezes não foi mais que uma surpresa, o demônio do desespero insinuou-se na alma perturbada, e, a favor de mil argumentos, cada qual mais desanimador, acabou por lançar nela o pensamento esmagador de Caim: A minha iniquidade é grande demais para que eu espere o perdão (Gn VI, 13).

Dès ce moment, selon la remarque de saint Paul, le prince des ténèbres est maître de cette âme ; il la dirige, il la pousse, il la précipite où il veut : operatur in filios diffidentiæ (Eph. II, 2) ; car il lui a communiqué deux de ses plus diaboliques dispositions : l'éloignement de Dieu par le péché, la peur de Dieu par le découragement. Et gardons-nous de croire que cette tentation ne surgisse qu'à la suite de fautes grossières. L'esprit menteur s'en fait souvent une arme, d'autant plus terrible qu'elle est plus habilement dissimulée, contre une âme vertueuse, après ses chutes les plus légères ; s'il ne réussit pas à l'entraîner à l'abîme d'un complet désespoir, il la paralyse du moins sur la route du bien, il la désorganise, il détend ses plus puissants ressorts, et la fait promptement déchoir de sa ferveur, pour la plonger dans la mélancolie et le relâchement. Tout devient à charge, « on ne prend plus soin de réparer ses fautes, d'où suit la véritable tiédeur[70] », avec ses ravages presque irréparables.

Desde esse momento, segundo a observação de são Paulo, o príncipe das trevas é senhor dessa alma; dirige-a, impele-a, precipita-a para onde quer: operatur in filios diffidentiæ (Ef II, 2); pois lhe comunicou duas das suas disposições mais diabólicas: o afastamento de Deus pelo pecado, o medo de Deus pelo desânimo. E guardemo-nos de crer que essa tentação só surja depois de faltas grosseiras. O espírito mentiroso faz dela muitas vezes uma arma, tanto mais terrível quanto mais habilmente dissimulada, contra uma alma virtuosa, depois das suas quedas mais leves; se não consegue arrastá-la ao abismo de um completo desespero, paralisa-a ao menos no caminho do bem, desorganiza-a, afrouxa as suas molas mais poderosas e a faz decair prontamente do seu fervor, para mergulhá-la na melancolia e no relaxamento. Tudo se torna um peso, «já não se tem cuidado de reparar as próprias faltas, donde se segue a verdadeira tibieza[70]», com as suas devastações quase irreparáveis.

2. — Nos fautes, et surtout nos fautes journalières, fournissent à Satan un moyen facile d'obtenir ce résultat, et si, comme on l'a très justement fait observer[71], c'est dans sa guerre à l'espérance que cet esprit infernal cherche le plus à se transfigurer en ange de lumière (II Cor. XI, 14), il n'a pas de peine à jouer ce rôle, en opposant nos infidélités sans nombre aux sollicitations incessantes de la grâce, nos ingratitudes aux bienfaits divins, nos manquements à nos résolutions.

2. — As nossas faltas, e sobretudo as nossas faltas cotidianas, fornecem a Satanás um meio fácil de obter esse resultado, e se, como já se observou com muita justeza[71], é na sua guerra à esperança que esse espírito infernal mais procura transfigurar-se em anjo de luz (2 Cor XI, 14), não tem dificuldade em desempenhar esse papel, opondo as nossas infidelidades sem número às solicitações incessantes da graça, as nossas ingratidões aos benefícios divinos, as nossas falhas às nossas resoluções.

— N'est-ce pas justice, s'écrie l'âme poussée à bout, que Dieu se lasse et tarisse la source des secours dont je ne fais qu'abuser ? Il m'abandonne, il en a tous les droits. Il est temps de renoncer à une entreprise que mes chutes répétées démontrent au-dessus de mes forces. J'avais trop présumé de Dieu et de moi. A quoi bon m'user en stériles efforts, et poursuivre tous les jours, pour n'aboutir jamais, la conquête impossible d'une inabordable sainteté ? L'expérience est faite ; elle m'a prouvé à l'évidence que ces sommets ne sont pas accessibles à ma faiblesse. Faudra-t-il sans cesse prendre des résolutions, quamdiu ponam consilia in anima mea, rien que pour avoir la douleur d'y manquer le long de la journée, dolorem in corde meo per diem, et réjouir l'ennemi par mes chutes, usquequo exaltabitur inimicus meus super me ? (Ps. XII, 2-3.)

— Não é justo, exclama a alma levada ao extremo, que Deus se canse e esgote a fonte dos socorros de que não faço senão abusar? Ele me abandona, e tem todo o direito. É tempo de renunciar a uma empresa que as minhas quedas repetidas demonstram estar acima das minhas forças. Eu tinha presumido demais de Deus e de mim. De que serve gastar-me em esforços estéreis e perseguir todos os dias, sem nunca chegar, a conquista impossível de uma santidade inabordável? A experiência está feita; provou-me com evidência que esses cumes não são acessíveis à minha fraqueza. Será preciso tomar sem cessar resoluções, quamdiu ponam consilia in anima mea, só para ter a dor de faltar a elas ao longo do dia, dolorem in corde meo per diem, e alegrar o inimigo com as minhas quedas, usquequo exaltabitur inimicus meus super me? (Sl XII, 2-3.)

Ce qui réjouit l'ennemi, ce ne sont pas tant vos fautes, ô âme découragée, que l'abattement dont vous les laissez suivre, et la défiance de la divine miséricorde où elles vous jettent. « Voilà, dit le Vénérable Père Claude de la Colombière, voilà le plus grand mal qui puisse arriver à une créature. Quand on peut se défendre de ce mal, il n'en est point qu'on ne puisse tourner à bien, et dont il ne soit aisé de tirer de grands avantages..... Tout le mal que vous avez fait n'est rien, en comparaison de celui que vous faites en manquant de confiance. Espérez donc jusqu'au bout, je vous le commande par tout le pouvoir que vous m'avez donné sur vous-même. Si vous m'obéissez sur ce point, je vous réponds de votre conversion[72]. »

O que alegra o inimigo não são tanto as vossas faltas, ó alma desanimada, quanto o abatimento que deixais segui-las e a desconfiança da divina misericórdia em que elas vos lançam. «Eis, diz o venerável padre Cláudio de la Colombière, eis o maior mal que pode acontecer a uma criatura. Quando nos podemos defender desse mal, não há nenhum que não possamos converter em bem e do qual não seja fácil tirar grandes vantagens..... Todo o mal que fizestes não é nada em comparação com o que fazeis por não terdes confiança. Esperai, pois, até o fim; eu vos ordeno isto por todo o poder que me destes sobre vós mesmo. Se me obedecerdes neste ponto, eu vos respondo pela vossa conversão[72].»

3. — Si jamais de tels conseils furent opportuns, c'est bien de nos jours. « Nous sommes à l'heure des découragements et des découragés[73] », et ce mal qui paralyse tant de nobles caractères et d'intentions droites dans les sphères politiques et sociales, exerce encore plus de ravages dans les âmes, même parmi les plus désireuses de plaire à Notre-Seigneur. Heureusement, la divine Sagesse, dit saint Augustin, possède le secret d'offrir aux hommes, selon les circonstances où ils se trouvent, les remèdes propres à leurs besoins[74]. Elle a fait vivre, parler et écrire au XVIIe siècle, au moment même où allaient éclore les désespérantes doctrines jansénistes, et elle a fait couronner Docteur de l'Église universelle, à l'heure la plus découragée d'un des siècles les plus abattus, François de Sales, le docteur encourageant par excellence. Tout, en effet, dans les écrits de l'aimable Saint, relève et ranime ; et de même que saint Bernard mettait ses auditeurs au défi de trouver rien de dur dans la physionomie évangélique et traditionnelle de la Mère de Dieu, on peut défier les lecteurs de saint François de Sales de découvrir rien en lui qui puisse permettre au plus grand pécheur un seul instant d'abattement.

3. — Se alguma vez tais conselhos foram oportunos, é bem nos nossos dias. «Estamos na hora dos desânimos e dos desanimados[73]», e esse mal, que paralisa tantos caracteres nobres e tantas intenções retas nas esferas políticas e sociais, faz ainda mais devastações nas almas, mesmo entre as mais desejosas de agradar a Nosso Senhor. Felizmente, a divina Sabedoria, diz santo Agostinho, possui o segredo de oferecer aos homens, segundo as circunstâncias em que se encontram, os remédios próprios às suas necessidades[74]. Ela fez viver, falar e escrever no século XVII, no momento mesmo em que iam desabrochar as desesperadoras doutrinas jansenistas, e fez coroar Doutor da Igreja universal, na hora mais desanimada de um dos séculos mais abatidos, Francisco de Sales, o doutor encorajador por excelência. Tudo, com efeito, nos escritos do amável Santo, levanta e reanima; e, assim como são Bernardo desafiava os seus ouvintes a achar alguma coisa de duro na fisionomia evangélica e tradicional da Mãe de Deus, podemos desafiar os leitores de são Francisco de Sales a descobrir nele alguma coisa que possa permitir ao maior pecador um só instante de abatimento.

Or, dit l'éminent P. Faber[75], « La plus douce de toutes les suaves doctrines que saint François de Sales, divinement inspiré, nous a enseignées, est celle qui a pour objet le point de vue auquel nous devons nous placer pour bien juger de nos fautes. »

Ora, diz o eminente padre Faber[75], «A mais doce de todas as suaves doutrinas que são Francisco de Sales, divinamente inspirado, nos ensinou, é a que tem por objeto o ponto de vista em que nos devemos colocar para bem julgar as nossas faltas.»

Et, d'abord, il défend absolument de jamais perdre courage, après une faute, quelle qu'elle soit. « O Dieu ! il faut plutôt mourir que d'offenser Notre-Seigneur sciemment et délibérément ; mais quand nous tombons, il faut tout perdre plutôt que le courage, l'espérance et la résolution[76]. » — « S'il vous arrive de commettre quelque manquement, ne perdez point courage ; alors remettez-vous soudain toute, ni plus ni moins que si vous n'étiez point tombée[77]. » — « Être bonne servante de Dieu, c'est être charitable envers le prochain, avoir en la partie supérieure de l'esprit une inviolable résolution de suivre la volonté de Dieu, avoir une très humble humilité et simplicité pour se confier en Dieu, et se relever autant de fois qu'on fait des chutes, s'endurer soi-même en ses abjections, et supporter les autres en leurs imperfections[78]. » — « La faiblesse n'est pas un grand mal, pourvu qu'un fidèle courage la redresse petit à petit, ainsi que je vous conjure de le faire[79]. »

E, antes de tudo, ele proíbe absolutamente que se perca jamais a coragem depois de uma falta, seja ela qual for. «Ó Deus! é preciso antes morrer do que ofender a Nosso Senhor ciente e deliberadamente; mas, quando caímos, é preciso perder tudo antes que a coragem, a esperança e a resolução[76].» — «Se vos acontecer cometer alguma falha, não percais a coragem; nesse caso, recomponde-vos logo toda, nem mais nem menos do que se não tivésseis caído[77].» — «Ser boa serva de Deus é ser caridosa para com o próximo, ter na parte superior do espírito uma inviolável resolução de seguir a vontade de Deus, ter uma muito humilde humildade e simplicidade para se confiar em Deus, e levantar-se tantas vezes quantas se cai, sofrer-se a si mesma nas suas abjeções e suportar os outros nas suas imperfeições[78].» — «A fraqueza não é um grande mal, contanto que uma coragem fiel a endireite pouco a pouco, como vos conjuro que o façais[79].»

« Il ne faut nullement que vous vous découragiez, mais qu'avec une paisible vaillance, vous preniez le loisir et le soin de guérir votre chère âme du mal qu'elle pourrait avoir reçu de ces attaques[80]. » — « Il faut, mes chères filles, être fort généreuses,.... et avoir un grand courage pour mépriser nos inclinations, nos humeurs, bizarreries et attendrissements, mortifiant fidèlement tout cela en chaque rencontre. Que si, néanmoins, il nous échappe d'y faire des fautes par-ci par-là, ne nous arrêtons pourtant pas ; mais relevons notre courage pour être plus fidèles à la première occasion, et passons outre, faisant du chemin en la voie de Dieu et au renoncement de nous-mêmes[81]. »

«É preciso que não desanimeis de modo algum, mas que, com uma pacífica valentia, tomeis o vagar e o cuidado de curar a vossa querida alma do mal que ela possa ter recebido desses ataques[80].» — «É preciso, minhas caras filhas, ser muito generosas,.... e ter uma grande coragem para desprezar as nossas inclinações, os nossos humores, esquisitices e enternecimentos, mortificando fielmente tudo isso em cada ocasião. E se, todavia, nos escapar cometer faltas nisso aqui e ali, nem por isso nos detenhamos; mas levantemos a nossa coragem para sermos mais fiéis na primeira ocasião, e passemos adiante, fazendo caminho na via de Deus e na renúncia de nós mesmos[81].»

« Il faut avoir un courage invincible pour ne point nous lasser avec nous-mêmes, parce que nous aurons toujours quelque chose à faire et à retrancher... Voyez-vous pas tous les jours les personnes qui apprennent à tirer des armes ? Elles tombent souvent. De même en font ceux qui apprennent à monter à cheval ; ils ne se tiennent pas pourtant pour vaincus ; car autre chose est d'être quelquefois abattus, et autre chose, absolument vaincus[82]. »

«É preciso ter uma coragem invencível para não nos cansarmos de nós mesmos, porque sempre teremos alguma coisa a fazer e a cortar... Não vedes todos os dias as pessoas que aprendem a esgrimir? Caem muitas vezes. O mesmo fazem os que aprendem a montar a cavalo; nem por isso se dão por vencidos; pois uma coisa é ser às vezes derrubado, e outra coisa ser absolutamente vencido[82].»

« La défiance que vous avez de vous-même est bonne, tandis qu'elle servira de fondement à la confiance que vous devez avoir en Dieu ; mais si jamais elle vous portait à quelque découragement, inquiétude, chagrin et mélancolie, je vous conjure de la rejeter comme la tentation des tentations, et ne permettez jamais à votre esprit de disputer et de répliquer en faveur de l'inquiétude ou de l'abattement de cœur auquel vous vous sentirez penchée,... quand ce serait sous le spécieux prétexte de l'humilité[83]. »

«A desconfiança que tendes de vós mesma é boa, enquanto servir de fundamento à confiança que deveis ter em Deus; mas, se alguma vez vos levar a algum desânimo, inquietação, amargura e melancolia, conjuro-vos a rejeitá-la como a tentação das tentações, e não permitais nunca ao vosso espírito disputar e replicar em favor da inquietação ou do abatimento de coração a que vos sentirdes inclinada,... ainda que fosse sob o especioso pretexto da humildade[83].»

4. — On entrevoit déjà comment, dans tous ces textes, saint François de Sales combat le découragement en s'attaquant directement à ses causes. Pourquoi se décourage-t-on ? C'est qu'on s'exagère sa faiblesse, ou bien qu'on méconnaît la miséricorde divine, et, le plus souvent, pour les deux motifs réunis. C'est là, soit dit en passant, un phénomène étrange, et pourtant trop commun. Le pécheur est tombé pour avoir méconnu sa faiblesse et s'être exagéré la miséricorde de Dieu. Après sa chute, ces deux sentiments renaissent en sens inverse. La conscience de sa faiblesse prend des proportions démesurées, enveloppe l'âme d'un manteau de tristesse et de confusion qui l'écrase : et le Dieu que tout à l'heure on offensait plus librement, dans la présomption d'un facile pardon, Dieu maintenant apparaît comme un inexorable vengeur. L'âme coupable a peur de lui et honte d'elle-même, et si elle ne réagit pas contre ces deux funestes tentations, elle renonce lâchement à la lutte ; au lieu de s'arracher aux étreintes du péché, elle s'affaisse sans résistance dans ses bras. C'est le découragement, cette capitulation de la volonté, cette résolution à rebours, dont le fatal résultat est trop souvent l'impénitence finale.

4. — Já se entrevê como, em todos estes textos, são Francisco de Sales combate o desânimo atacando diretamente as suas causas. Por que desanimamos? É que exageramos a nossa fraqueza, ou então desconhecemos a misericórdia divina, e, na maioria das vezes, pelos dois motivos juntos. Eis aí, diga-se de passagem, um fenômeno estranho, e, contudo, comum demais. O pecador caiu por ter desconhecido a sua fraqueza e exagerado a misericórdia de Deus. Depois da queda, esses dois sentimentos renascem em sentido inverso. A consciência da sua fraqueza toma proporções desmedidas, envolve a alma num manto de tristeza e de confusão que a esmaga; e o Deus que há pouco se ofendia com mais liberdade, na presunção de um perdão fácil, Deus agora aparece como um vingador inexorável. A alma culpada tem medo dele e vergonha de si mesma, e, se não reage contra essas duas funestas tentações, renuncia covardemente à luta; em vez de se arrancar ao abraço do pecado, desfalece sem resistência nos seus braços. É o desânimo, essa capitulação da vontade, essa resolução às avessas, cujo resultado fatal é com demasiada frequência a impenitência final.

Notre saint Docteur s'applique à guérir par les contraires ces deux dispositions génératrices du découragement. Il fait comprendre à l'âme désireuse de se sanctifier, qu'elle s'engage dans un chemin long et pénible, que sa faiblesse est en complète disproportion avec les difficultés du voyage ; mais en même temps il lui apprend qu'elle peut tout en Celui qui la fortifie, après une chute tout comme avant, et il lui montre en Dieu un cœur prompt et large à pardonner, aussi bien qu'un bras puissant à soutenir.

O nosso santo Doutor se aplica a curar pelos contrários essas duas disposições geradoras do desânimo. Faz compreender à alma desejosa de se santificar que ela se empenha num caminho longo e penoso, que a sua fraqueza está em completa desproporção com as dificuldades da viagem; mas, ao mesmo tempo, ensina-lhe que ela pode tudo Naquele que a fortalece, depois de uma queda tanto quanto antes, e mostra-lhe em Deus um coração pronto e largo para perdoar, assim como um braço poderoso para sustentar.

« La solitude a ses assauts, le monde a ses tracas ; partout il faut avoir bon courage, puisque partout le secours du ciel est prêt à ceux qui ont confiance en Dieu, et qui avec humilité et douceur implorent sa paternelle assistance[84]. »

«A solidão tem os seus assaltos, o mundo tem os seus atropelos; em toda parte é preciso ter boa coragem, pois em toda parte o socorro do céu está pronto para os que têm confiança em Deus e que, com humildade e doçura, imploram a sua paternal assistência[84].»

« Vous devez renouveler tous les propos que vous avez ci-devant faits pour vous amender ; et bien que vous ayez vu que nonobstant toutes vos résolutions, vous êtes demeurée engagée en vos imperfections, vous ne devez pas pour cela laisser d'entreprendre un bon amendement, et l'appuyer sur l'assistance de Dieu. Vous serez toute votre vie imparfaite, et il y aura toujours beaucoup à corriger. C'est pourquoi il faut apprendre à ne point se lasser en cet exercice[85]. »

«Deveis renovar todos os propósitos que fizestes até aqui para vos emendar; e, embora tenhais visto que, não obstante todas as vossas resoluções, ficastes presa às vossas imperfeições, não deveis por isso deixar de empreender uma boa emenda e de apoiá-la na assistência de Deus. Sereis imperfeita toda a vossa vida, e haverá sempre muito que corrigir. Por isso é preciso aprender a não se cansar neste exercício[85].»

« Or sus, demeurez en paix... Quand il nous arrive de violer les lois de l'indifférence ès choses indifférentes, ou pour les soudaines saillies de l'amour-propre et de nos passions, prosternons soudainement, sitôt que nous pouvons, notre cœur devant Dieu, et disons en esprit de confiance et d'humilité : Seigneur, miséricorde, car je suis infirme (Ps. VI, 3). Relevons-nous en paix et tranquillité, et renouons le filet de notre indifférence, puis continuons notre ouvrage. Il ne faut pas rompre les cordes, ni quitter le luth quand on s'aperçoit du désaccord : il faut prêter l'oreille pour voir d'où vient le détraquement, et doucement tendre la corde ou la relâcher, selon que l'art le requiert[86]. »

«Eia, ficai em paz... Quando nos acontecer violar as leis da indiferença nas coisas indiferentes, ou pelos súbitos assomos do amor-próprio e das nossas paixões, prostremos de pronto, logo que pudermos, o nosso coração diante de Deus, e digamos em espírito de confiança e de humildade: Senhor, misericórdia, porque sou fraco (Sl VI, 3). Levantemo-nos em paz e tranquilidade, e reatemos o fio da nossa indiferença; depois continuemos a nossa obra. Não se devem romper as cordas nem largar o alaúde quando se percebe a desafinação: é preciso prestar ouvido para ver de onde vem o desarranjo, e docemente esticar a corda ou afrouxá-la, conforme a arte o requer[86].»

« Mais, vous voyez que la montagne de la perfection est haute. — Hé ! mon Dieu ! dites-vous, comment pourrai-je monter ? Courage ! Philothée ; quand les petits mouchons des abeilles commencent à prendre forme, on les appelle nymphes, et lors ils ne sauraient encore voler sur les fleuves, ni sur les monts, ni sur les collines pour amasser le miel ; mais petit à petit, se nourrissant du miel que leurs mères ont préparé, ces petites nymphes prennent des ailes, et se fortifient en sorte que, par après, elles volent par tout le paysage. Il est vrai, nous sommes encore de petits mouchons en la dévotion, nous ne saurions monter selon notre dessein qui n'est rien moindre que d'atteindre à la cime de la perfection chrétienne ; mais si commençons-nous à prendre forme par nos désirs et résolutions, les ailes nous commencent à sortir ; il faut donc espérer qu'un jour nous serons abeilles spirituelles et que nous volerons ; et tandis, vivons du miel de tant d'enseignements que les anciens dévots nous ont laissés, et prions Dieu qu'il nous donne des plumes comme de colombe, afin que non seulement nous puissions voler au temps de la vie présente, mais aussi nous reposer en l'éternité de la future[87]. »

«Mas vedes que a montanha da perfeição é alta. — Ah! meu Deus! dizeis, como poderei subir? Coragem, Filoteia! Quando as pequenas crias das abelhas começam a tomar forma, chamam-se ninfas; e então ainda não poderiam voar sobre os rios, nem sobre os montes, nem sobre as colinas, para juntar o mel; mas, pouco a pouco, alimentando-se do mel que as suas mães prepararam, essas pequenas ninfas ganham asas e se fortalecem, de sorte que depois voam por toda a paisagem. É verdade: somos ainda pequenas crias na devoção; não poderíamos subir segundo o nosso desígnio, que não é nada menos que atingir o cimo da perfeição cristã; mas, ainda assim, começamos a tomar forma pelos nossos desejos e resoluções; as asas começam a sair-nos: é preciso, pois, esperar que um dia seremos abelhas espirituais e voaremos; e, entretanto, vivamos do mel de tantos ensinamentos que os antigos devotos nos deixaram, e peçamos a Deus que nos dê penas como de pomba, para que não só possamos voar no tempo da vida presente, mas também repousar na eternidade da futura[87].»

« Il n'est jamais fait, il faut toujours recommencer, et recommencer de bon cœur. Quand l'homme aura achevé, dit l'Ecriture, alors il recommencera (Eccl. XVII, 6). Ce que nous avons fait jusqu'à présent est bon, mais ce que nous allons commencer sera meilleur ; et quand nous l'aurons achevé, nous recommencerons une autre chose qui sera encore meilleure, et puis une autre, jusques à ce que nous sortions de ce monde, pour commencer une autre vie qui n'aura point de fin, parce que rien de mieux ne nous pourra arriver. Allez voir donc, ma chère Mère, s'il faut pleurer quand on trouve de la besogne en son âme, et s'il faut avoir du courage pour aller toujours plus avant, puisqu'il ne faut jamais s'arrêter : et s'il faut avoir de la résolution pour retrancher, puisqu'il faut mettre le rasoir jusques à la division de l'âme et de l'esprit, des nerfs et des tendons[88] ». (Hebr. VI, 12.)

«Nunca está feito; é preciso sempre recomeçar, e recomeçar de bom coração. Quando o homem tiver acabado, diz a Escritura, então recomeçará (Eclo XVII, 6). O que fizemos até agora é bom, mas o que vamos começar será melhor; e, quando o tivermos acabado, recomeçaremos outra coisa que será ainda melhor, e depois outra, até sairmos deste mundo para começar outra vida que não terá fim, porque nada de melhor nos poderá acontecer. Vede, pois, minha cara Madre, se é preciso chorar quando se acha trabalho a fazer na própria alma, e se é preciso ter coragem para ir sempre mais adiante, já que nunca se deve parar: e se é preciso ter resolução para cortar, já que se deve meter a navalha até a divisão da alma e do espírito, dos nervos e dos tendões[88]». (Hb VI, 12.)

« Certes, c'est grand'pitié que le seul désir de la perfection ne suffise pas pour l'avoir, mais qu'il la faille acquérir à la sueur de notre visage, et à force de travail... Hélas ! je suis si imparfait ! — Cela peut bien être, mais ne vous découragez pas pour cela, et ne pensez pas que vous puissiez vivre sans commettre des imperfections, d'autant que cela ne se peut tandis que vous serez en cette vie ; il suffit que vous ne les aimiez pas, et qu'elles ne vivent pas dans votre cœur, c'est-à-dire que vous ne les commettiez pas volontairement et que vous ne vouliez pas persévérer en icelles. Et cela étant, demeurez en paix, et ne vous troublez pas pour la perfection que vous désirez tant ; il suffira bien que vous l'ayez en mourant. Ne soyez donc pas si craintive ; marchez assurément en la voie de Dieu. Vous êtes environné de l'arme de la foi, rien ne vous saurait nuire[89]. »

«Certamente é grande pena que o simples desejo da perfeição não baste para possuí-la, mas que seja preciso adquiri-la com o suor do nosso rosto e à força de trabalho... Ai! sou tão imperfeito! — Isso bem pode ser, mas não desanimeis por isso, e não penseis poder viver sem cometer imperfeições, visto que isso não é possível enquanto estiverdes nesta vida; basta que não as ameis e que elas não vivam no vosso coração, isto é, que não as cometais voluntariamente e que não queirais perseverar nelas. E, sendo assim, ficai em paz, e não vos perturbeis pela perfeição que tanto desejais; bastará bem que a tenhais ao morrer. Não sejais, pois, tão medrosa; caminhai com segurança no caminho de Deus. Estais cercado da arma da fé, nada vos poderia fazer mal[89].»

« Il faut donc être courageuse et patiente, ô Philothée ! en cette entreprise (la purification de l'âme). Hélas ! quelle pitié est-ce des âmes lesquelles se voyant sujettes à plusieurs imperfections, après s'être exercées quelque temps en la dévotion, commencent à s'inquiéter, se troubler et décourager, laissant presque emporter leur cœur à la tentation de tout quitter et retourner en arrière !... Il faut bien que, pour l'exercice de notre humilité, nous soyons quelquefois blessés en cette bataille spirituelle ; mais nous ne sommes jamais tenus pour vaincus, sinon lorsque nous avons perdu ou la vie ou le courage. Or, les imperfections et péchés véniels ne nous sauraient ôter la vie spirituelle, car elle ne se perd que par le péché mortel ; il reste donc seulement qu'elles ne nous fassent point perdre le courage. Délivrez-moi, Seigneur, disait David, de la couardise et découragement. C'est une heureuse condition pour nous en cette guerre, que nous soyons toujours vainqueurs pourvu que nous voulions combattre[90]. »

«É preciso, pois, ser corajosa e paciente, ó Filoteia, nesta empresa (a purificação da alma). Ai! que pena dão as almas que, vendo-se sujeitas a muitas imperfeições, depois de se terem exercitado algum tempo na devoção, começam a inquietar-se, a perturbar-se e a desanimar, deixando quase arrastar o coração pela tentação de largar tudo e voltar atrás!... É bem preciso que, para exercício da nossa humildade, sejamos às vezes feridos nesta batalha espiritual; mas nunca somos tidos por vencidos senão quando perdemos ou a vida ou a coragem. Ora, as imperfeições e os pecados veniais não nos podem tirar a vida espiritual, porque ela só se perde pelo pecado mortal; resta, pois, somente que não nos façam perder a coragem. Livrai-me, Senhor, dizia Davi, da covardia e do desânimo. É uma feliz condição para nós, nesta guerra, sermos sempre vencedores, contanto que queiramos combater[90].»

5. — Il faut bien convenir qu'en ces divers enseignements, saint François de Sales parlait à des personnes déjà plus ou moins avancées dans les voies de la perfection, et que les fautes dont il les conjurait de ne point se décourager, étaient ordinairement des fautes vénielles ou des imperfections. Toutefois, il n'exclut point de ses suaves encouragements les âmes plus coupables, et c'est à toutes, si lourdes que soient leurs chutes, qu'il s'adresse en ajoutant, basé sur les mêmes motifs :

5. — É preciso reconhecer que, nesses diversos ensinamentos, são Francisco de Sales falava a pessoas já mais ou menos adiantadas nos caminhos da perfeição, e que as faltas com que as conjurava a não desanimar eram ordinariamente faltas veniais ou imperfeições. Todavia, ele não exclui dos seus suaves encorajamentos as almas mais culpadas, e é a todas, por mais pesadas que sejam as suas quedas, que se dirige ao acrescentar, com base nos mesmos motivos:

« Nourrissez votre chère âme de cordiale confiance en Dieu ; et à mesure que vous vous trouverez environnée d'imperfections et de misère, relevez votre courage à bien espérer[91]. »

«Nutri a vossa querida alma de cordial confiança em Deus; e, à medida que vos achardes cercada de imperfeições e de miséria, levantai a vossa coragem a esperar bem[91].»

« Or sus, lui devons-nous dire (à notre cœur, après une faute) : mon cœur, mon ami, au nom de Dieu, prends courage ; cheminons, prenons garde à nous, élevons-nous à notre secours et à notre Dieu[92]. »

«Eia, devemos dizer-lhe (ao nosso coração, depois de uma falta): meu coração, meu amigo, em nome de Deus, toma coragem; caminhemos, tomemos cuidado conosco, elevemo-nos ao nosso socorro e ao nosso Deus[92].»

« Quelques chutes ès péchés mortels, pourvu que ce ne soit pas par dessein d'y croupir, ni avec un endormissement au mal, n'empêchent pas que l'on n'ait fait progrès en la dévotion, laquelle bien qu'on perde en péchant mortellement, on la recouvre néanmoins au premier véritable repentir que l'on a de son péché même, comme je dis, quand on n'a pas longuement trempé au malheur.... Et ne faut nullement perdre courage, mais avec une sainte humilité regarder son infirmité, l'accuser, demander pardon, et invoquer le secours du ciel[93]. »

«Algumas quedas em pecados mortais, contanto que não seja com o propósito de apodrecer neles, nem com um adormecimento no mal, não impedem que se tenha feito progresso na devoção, a qual, embora se perca pecando mortalmente, se recobra, contudo, no primeiro verdadeiro arrependimento que se tem do próprio pecado, como digo, quando não se ficou longamente mergulhado na desgraça.... E não se deve de modo algum perder a coragem, mas, com uma santa humildade, olhar a própria fraqueza, acusá-la, pedir perdão e invocar o socorro do céu[93].»

Pesons bien les premiers mots de cette dernière citation. Des chutes graves, si elles ne sont pas « accompagnées d'endormissement au mal », c'est-à-dire si elles ne tournent pas à l'habitude, non seulement ne laissent pas de trace après leur pardon, mais elles n'empêchent même pas l'âme de se replacer aussitôt sur le terrain qu'elle avait gagné dans la dévotion. C'est un temps d'arrêt, sans doute, c'est un recul, mais l'absolution ou la contrition parfaite neutralisent cette perte, et réparent cette lacune.

Pesemos bem as primeiras palavras desta última citação. Quedas graves, se não forem «acompanhadas de adormecimento no mal», isto é, se não se converterem em hábito, não só não deixam vestígio depois do seu perdão, mas nem sequer impedem a alma de se recolocar logo no terreno que tinha ganho na devoção. É uma parada, sem dúvida, é um recuo, mas a absolvição ou a contrição perfeita neutralizam essa perda e reparam essa lacuna.

Mais, dira-t-on, si l'on avait « longuement trempé au malheur », si l'on avait croupi dans le péché mortel ? — Eh bien ! alors, évidemment, le temps d'arrêt et de recul s'étant prolongé, les pertes seraient plus grandes, mais pas plus irréparables. Avec le pardon renaîtront les mérites précédents, selon la parole sacrée : In justitia quam operatus est vivet (Ezech. XVIII, 22). Il faudra peut-être des efforts plus généreux pour paralyser les mauvais effets des habitudes coupables contractées durant ce temps fatal ; mais si l'on accroît sa confiance en Dieu à proportion des besoins créés par cet « endormissement au mal », il est facile au Seigneur, dit l'Ecriture, d'enrichir tout d'un coup le pauvre. Confiez-vous donc en lui, et restez à votre place[94]. Et voilà pourquoi notre Saint conclut : « Il ne faut nullement entrer en défiance ; car bien que nous soyons misérables, si ne le sommes-nous pas à beaucoup près de ce que Dieu est miséricordieux à ceux qui ont volonté de l'aimer, et qui en lui ont logé leurs espérances[95]. »

Mas, dirão, e se alguém tivesse ficado «longamente mergulhado na desgraça», se tivesse apodrecido no pecado mortal? — Pois bem! então, evidentemente, tendo-se prolongado a parada e o recuo, as perdas seriam maiores, mas não mais irreparáveis. Com o perdão renascerão os méritos precedentes, segundo a palavra sagrada: In justitia quam operatus est vivet (Ez XVIII, 22). Serão precisos talvez esforços mais generosos para paralisar os maus efeitos dos hábitos culpáveis contraídos durante esse tempo fatal; mas, se se aumentar a confiança em Deus na proporção das necessidades criadas por esse «adormecimento no mal», é fácil ao Senhor, diz a Escritura, enriquecer de repente o pobre. Confiai, pois, nele, e ficai no vosso lugar[94]. E é por isso que o nosso Santo conclui: «Não se deve de modo algum entrar em desconfiança; pois, embora sejamos miseráveis, não o somos, nem de longe, tanto quanto Deus é misericordioso para com aqueles que têm vontade de amá-lo e que nele puseram as suas esperanças[95].»

6. — Ces pensées ressortiront mieux encore dans la deuxième partie de notre livre, quand notre consolant Docteur se servira de la vue même de nos fautes pour redoubler notre confiance aux divines miséricordes. Mais ces extraits et ces considérations suffisent pour fermer la porte au désespoir, en tout état de cause, et pour démontrer que la crainte inspirée par la connaissance de notre faiblesse doit toujours être tempérée et dominée par une inébranlable confiance en Dieu. Notre Saint insiste particulièrement sur la nécessité et la manière d'allier ensemble ces deux dispositions : « Il faut toujours combattre entre la crainte et l'espérance, à la charge que l'espérance soit toujours plus forte, en considération de la toute-puissance de Celui qui nous secourt[96] ».

6. — Estes pensamentos ressaltarão ainda melhor na segunda parte do nosso livro, quando o nosso consolador Doutor se servir da própria vista das nossas faltas para redobrar a nossa confiança nas divinas misericórdias. Mas estes extratos e estas considerações bastam para fechar a porta ao desespero, em qualquer hipótese, e para demonstrar que o temor inspirado pelo conhecimento da nossa fraqueza deve ser sempre temperado e dominado por uma inabalável confiança em Deus. O nosso Santo insiste particularmente na necessidade e na maneira de aliar essas duas disposições: «É preciso combater sempre entre o temor e a esperança, com a condição de que a esperança seja sempre mais forte, em consideração da onipotência Daquele que nos socorre[96]».

« Faites pénitence, dit saint Jean, c'est-à-dire, abaissez ces monts d'orgueil, remplissez ces vallées de tiédeur et de pusillanimité, parce que le salut est proche (Luc, III, 43). Or, ces vallées que le glorieux Saint veut qu'on remplisse, ne sont autres que la crainte, laquelle, quand elle est trop grande, nous porte au découragement. Le regard des grandes fautes commises apporte quant et soi (avec soi) une certaine horreur, un étonnement et une crainte qui abat le cœur : et cela sont des vallées qu'il faut remplir de confiance et d'espérance, pour l'avènement de Notre-Seigneur.

«Fazei penitência, diz são João, isto é, abaixai esses montes de orgulho, enchei esses vales de tibieza e de pusilanimidade, porque a salvação está próxima (Lc III, 43). Ora, esses vales que o glorioso Santo quer que se encham não são outra coisa senão o temor, o qual, quando é grande demais, nos leva ao desânimo. A vista das grandes faltas cometidas traz a par de si (consigo) um certo horror, um espanto e um temor que abate o coração: e isso são vales que é preciso encher de confiança e de esperança, para a vinda de Nosso Senhor.

« Un grand Saint, parlant un jour à une sainte pénitente qui avait commis de grands péchés, lui disait ces paroles : Craignez, mais espérez ! Craignez, de peur que vous ne deveniez superbe et orgueilleuse ; mais espérez, de peur que vous ne tombiez dans le désespoir et découragement. Car la crainte et l'espérance ne doivent point aller l'une sans l'autre, d'autant que si la crainte n'est accompagnée d'espérance, elle n'est pas crainte, ains désespoir, et l'espérance sans la crainte est présomption. Omnis vallis implebitur : il faut donc, par la confiance mêlée avec la crainte, remplir ces vallées de découragement, qui viennent de la connaissance des péchés que nous avons commis[97]. »

«Um grande Santo, falando um dia a uma santa penitente que tinha cometido grandes pecados, dizia-lhe estas palavras: Temei, mas esperai! Temei, para que não vos torneis soberba e orgulhosa; mas esperai, para que não caiais no desespero e desânimo. Pois o temor e a esperança não devem andar um sem o outro, porque, se o temor não é acompanhado de esperança, não é temor, mas desespero; e a esperança sem o temor é presunção. Omnis vallis implebitur: é preciso, pois, pela confiança misturada com o temor, encher esses vales de desânimo que vêm do conhecimento dos pecados que cometemos[97].»

7. — Comme si, même après sa mort, saint François de Sales eût voulu continuer la guerre au désespoir, il a arraché au démon lui-même un aveu plein d'encouragement pour les âmes les plus criminelles. Un jeune homme du Chablais, possédé depuis cinq ans du malin esprit, fut amené au tombeau du saint évêque de Genève, pendant qu'on instruisait le procès de sa béatification. La délivrance se fit attendre plusieurs jours, pendant lesquels Monseigneur Charles-Auguste de Sales et la Mère de Chaugy firent subir à ce malheureux, près des restes du Saint, plusieurs interrogatoires. Dans une de ces circonstances, rapporte un témoin oculaire[98], comme le démon multipliait ses cris avec plus de fureur et de confusion, disant : Ah ! pourquoi faut-il sortir ? la Mère de Chaugy dit avec l'élan qui lui était ordinaire : « O sainte Mère de Dieu, priez pour nous ! Marie, Mère de Jésus, aidez-nous ! » A ces paroles, l'esprit infernal redoubla ses effroyables hurlements, criant : « Marie ! ô Marie ! Ah ! je n'ai point de Marie, moi !... Ne profère pas ce nom, il me fait frémir ! Ah ! si j'avais une Marie pour moi, comme vous l'avez pour vous, je ne serais point ce que je suis !... Mais je n'ai point de Marie ! » Tout le monde fondait en larmes. « Ah ! reprit le démon, si j'avais un seul moment de tous ceux que vous perdez, oui ! un seul instant, et une Marie, je ne serais plus démon ! »

7. — Como se, mesmo depois da morte, são Francisco de Sales tivesse querido continuar a guerra ao desespero, arrancou ao próprio demônio uma confissão cheia de encorajamento para as almas mais criminosas. Um jovem do Chablais, possesso havia cinco anos do espírito maligno, foi levado ao túmulo do santo bispo de Genebra, enquanto se instruía o processo da sua beatificação. A libertação se fez esperar vários dias, durante os quais dom Carlos Augusto de Sales e a Madre de Chaugy submeteram esse infeliz, junto aos restos do Santo, a vários interrogatórios. Numa dessas circunstâncias, conta uma testemunha ocular[98], como o demônio multiplicasse os seus gritos com mais fúria e confusão, dizendo: Ah! por que é preciso sair? a Madre de Chaugy disse com o ímpeto que lhe era habitual: «Ó santa Mãe de Deus, rogai por nós! Maria, Mãe de Jesus, ajudai-nos!» A estas palavras, o espírito infernal redobrou os seus pavorosos uivos, gritando: «Maria! ó Maria! Ah! eu não tenho Maria, eu!... Não pronuncies esse nome, ele me faz estremecer! Ah! se eu tivesse uma Maria para mim, como vós a tendes para vós, eu não seria o que sou!... Mas eu não tenho Maria!» Todos se desfaziam em lágrimas. «Ah! retomou o demônio, se eu tivesse um só momento de todos os que vós perdeis, sim! um só instante, e uma Maria, eu não seria mais demônio!»

Eh bien ! nous qui vivons[99], nous avons l'instant présent pour revenir à Dieu, Marie pour nous en obtenir la grâce : qui donc peut désespérer ?

Pois bem! nós que vivemos[99], temos o instante presente para voltar a Deus, Maria para nos alcançar essa graça: quem, pois, pode desesperar?

Notas do autor

[68] Homil. De Pœnit.

[69] Ad Theod. laps. II.

[70] Vén. Cl. de la Colombière, Lettre 97e.

[71] Mgr Gay, De la vie et des vertus chrétiennes. De l'Espérance. Nous ne saurions trop conseiller ce traité aux âmes tentées de désespoir ou de découragement.

[72] Lettres 35e et 5e.

[73] Mgr Mermillod, Discours à la réunion des Comités catholiques à Paris, 14 avril 1872.

[74] S. Aug. De Sermone Domini in monte, lib. I.

[75] Progrès de l'âme, chap. 20.

[76] Lettre à une Dame, 771e ; collect. Blaise.

[77] Lettre à une Demoiselle, 837e ; édition Meyer.

[78] Lettre à une Dame, 820e ; édit. Meyer.

[79] Lettre à l'Abbesse de Puits-d'Orbe, 235e ; collect. Blaise.

[80] Lettre à une Dame, 833e ; édit. Meyer.

[81] XIVe. Du Jugement propre.

[82] Entr. XXe. De la Prétention religieuse. « Non est grave certantem cadere, sed in lapsu manere. » (S. Joan. Chrysost. Ad Theod. laps. I.)

[83] Lettre à une Supérieure de la Visitation, 706e ; collect. Blaise.

[84] Lettre à sa sœur, 761e ; collect. Blaise.

[85] Lettre à une Religieuse, 784e ; édit. Meyer.

[86] Lettre à la Présidente de Herco, 212e ; collect. Blaise.

[87] Introd. à la vie dévote, IVe partie, 2.

[88] Lettre à sainte Chantal, 332e ; collect. Blaise.

[89] Sermon pour le 1er Dimanche de Carême.

[90] Introd. à la vie dévote, 1re partie, chap. 5. Cette dernière phrase fait penser au mot du comte J. de Maistre : « Il n'y a de bataille perdue que celle que l'on croit perdue. »

[91] Lettre à une Dame, 814e ; collect. Blaise.

[92] Lettre à une Dame, 831e ; édit. Meyer. 267e ; collect. Blaise.

[93] Lettre à une Dame, 839e ; collect. Blaise.

[94] Ne manseris in operibus peccatorum. Confide autem in Deo, et mane in loco tuo. Facile est enim in oculis Dei subito honestare pauperem (Eccli. XI, 22-23).

[95] Lettre à une Dame, 173e ; collect. Blaise.

[96] Lettre à une Religieuse, 717e ; collect. Blaise.

[97] Sermon pour le IVe Dimanche de l'Avent.

[98] Sœur E.-G. de la Tour, sacristine au 1er monastère de la Visitation d'Annecy. Déposition touchant plusieurs miracles et prodiges opérés au tombeau du Bienheureux François de Sales, pendant les procédures de la béatification. — Voir le Pouvoir de saint François de Sales, page 284.

[99] Ps. CXIII, 18.

Notas do autor

[68] Homil. De Pœnit.

[69] Ad Theod. laps. II.

[70] Ven. Cl. de la Colombière, Carta 97.ª.

[71] Dom Gay, De la vie et des vertus chrétiennes. Da esperança. Não poderíamos recomendar demais este tratado às almas tentadas de desespero ou de desânimo.

[72] Cartas 35.ª e 5.ª.

[73] Dom Mermillod, Discours à la réunion des Comités catholiques à Paris, 14 de abril de 1872.

[74] Santo Agostinho, De Sermone Domini in monte, lib. I.

[75] Progrès de l'âme, cap. 20.

[76] Carta a uma senhora, 771.ª; coleção Blaise.

[77] Carta a uma senhorita, 837.ª; edição Meyer.

[78] Carta a uma senhora, 820.ª; edição Meyer.

[79] Carta à abadessa do Puits-d'Orbe, 235.ª; coleção Blaise.

[80] Carta a uma senhora, 833.ª; edição Meyer.

[81] XIV. Do juízo próprio.

[82] Colóq. XX. Da pretensão religiosa. «Non est grave certantem cadere, sed in lapsu manere.» (São João Crisóstomo, Ad Theod. laps. I.) [Trad.: Não é grave cair quando se combate, mas permanecer na queda.]

[83] Carta a uma superiora da Visitação, 706.ª; coleção Blaise.

[84] Carta à sua irmã, 761.ª; coleção Blaise.

[85] Carta a uma religiosa, 784.ª; edição Meyer.

[86] Carta à presidente de Herco, 212.ª; coleção Blaise.

[87] Introd. à vida devota, IV parte, 2.

[88] Carta a santa Chantal, 332.ª; coleção Blaise.

[89] Sermão para o 1.º domingo da Quaresma.

[90] Introd. à vida devota, 1.ª parte, cap. 5. Esta última frase faz pensar na palavra do conde J. de Maistre: «Não há batalha perdida senão a que se julga perdida.»

[91] Carta a uma senhora, 814.ª; coleção Blaise.

[92] Carta a uma senhora, 831.ª; edição Meyer. 267.ª; coleção Blaise.

[93] Carta a uma senhora, 839.ª; coleção Blaise.

[94] Ne manseris in operibus peccatorum. Confide autem in Deo, et mane in loco tuo. Facile est enim in oculis Dei subito honestare pauperem (Eclo XI, 22-23). [Trad.: Não te detenhas nas obras dos pecadores. Confia em Deus e permanece no teu lugar, porque é fácil aos olhos de Deus honrar de repente o pobre.]

[95] Carta a uma senhora, 173.ª; coleção Blaise.

[96] Carta a uma religiosa, 717.ª; coleção Blaise.

[97] Sermão para o 4.º domingo do Advento.

[98] Irmã E.-G. de la Tour, sacristã do 1.º mosteiro da Visitação de Annecy. Déposition touchant plusieurs miracles et prodiges opérés au tombeau du Bienheureux François de Sales, pendant les procédures de la béatification. — Ver o Pouvoir de saint François de Sales, página 284.

[99] Sl CXIII, 18.

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