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Parte II

Chapitre II — Utiliser ses fautes pour aimer son abjection

Capítulo II — Aproveitar as faltas para amar a própria abjeção

II.2 1. — « Le haut point de l'humilité, dit saint François de Sales, gît à non seulement reconnaître volontairement notre abjection, mais à l'aimer et s'y complaire, et non point par manquement de courage et générosité, mais pour exalter tant plus la divine Majesté, et estimer beaucoup plus le prochain en comparaison de nous-mêmes[60]. »

II.2 1. — «O ponto alto da humildade, diz são Francisco de Sales, consiste não somente em reconhecer voluntariamente a nossa abjeção, mas em amá-la e comprazer-se nela, e não por falta de coragem e de generosidade, mas para exaltar tanto mais a divina Majestade e estimar muito mais o próximo em comparação conosco mesmos[60].»

« L'humilité, dit de son côté sainte Madeleine de Pazzi, n'est autre chose qu'une continuelle connaissance de notre néant, et une continuelle jouissance au milieu de tout ce qui nous procure mépris de nous-mêmes. » C'est à « ce haut point » que peuvent et doivent nous élever nos fautes : le rayon qu'elles jettent sur notre abjection ne doit pas seulement nous la faire connaître, il doit nous la faire aimer. « Nous devons tous, dit notre aimable docteur, nous devons tous être capables de défauts des uns des autres, et ne faut en façon quelconque s'étonner d'en rencontrer ; car, si nous demeurons quelque temps sans tomber en faute, nous serons, par après, un autre temps que nous ne ferons que faillir, et ferons plusieurs grandes imperfections, de la suite desquelles il faut profiter par l'abjection qui nous en revient[61]. »

«A humildade, diz por sua vez santa Madalena de Pazzi, não é outra coisa senão um contínuo conhecimento do nosso nada e um contínuo gozo no meio de tudo o que nos proporciona desprezo de nós mesmos.» É a «esse ponto alto» que as nossas faltas podem e devem elevar-nos: o raio que lançam sobre a nossa abjeção não deve apenas levar-nos a conhecê-la, deve levar-nos a amá-la. «Devemos todos, diz o nosso amável doutor, devemos todos saber suportar os defeitos uns dos outros, e não há de modo algum que espantar-se de os encontrar; porque, se ficamos algum tempo sem cair em falta, haverá depois outro tempo em que não faremos senão falhar e cometeremos várias grandes imperfeições, de cujas consequências é preciso tirar proveito pela abjeção que delas nos resulta[61].»

« S'il était possible que nous pussions être autant agréables à Dieu étant imparfaits comme étant parfaits, nous devrions désirer d'être sans perfection afin de nourrir en nous, par ce moyen, la très sainte humilité[62]. »

«Se fosse possível que pudéssemos ser tão agradáveis a Deus sendo imperfeitos como sendo perfeitos, deveríamos desejar ser sem perfeição, a fim de nutrir em nós, por esse meio, a santíssima humildade[62].»

« La connaissance et l'agrément de notre abjection, dit un illustre chrétien déjà cité, sont une des plus grandes miséricordes de Dieu sur nous : car, c'est nous faire tirer notre salut de notre perdition, comme il sait tirer sa gloire de nos offenses. L'âme, dans cette lumière, agrée d'être assise sur le fumier de ses misères, environnée et parée des humiliations de ses fautes, comme Job l'était de douleurs ; et, se voyant accablée d'infirmités et d'abjections, elle s'y complaît, puisqu'elle peut honorer par là et exalter la divine Bonté. Si une âme est misérable par sa chute, l'abjection qui lui en revient est un trésor qui l'enrichit. Mais ceci est caché à la plupart des hommes, qui ne connaissent pas ce bonheur. Ils sont pauvres, et cependant ils ont un trésor dans leur pauvreté même ; mais, hélas ! ils ne le possèdent pas, parce qu'ils ne savent pas l'y chercher[63]. »

«O conhecimento e a aceitação da nossa abjeção, diz um ilustre cristão já citado, são uma das maiores misericórdias de Deus sobre nós: porque é fazer-nos tirar a nossa salvação da nossa perdição, como ele sabe tirar a sua glória das nossas ofensas. A alma, nessa luz, aceita de bom grado estar sentada sobre o esterco das suas misérias, rodeada e adornada das humilhações das suas faltas, como Jó o estava de dores; e, vendo-se acabrunhada de fraquezas e abjeções, compraz-se nelas, já que pode por aí honrar e exaltar a divina Bondade. Se uma alma é miserável pela sua queda, a abjeção que dela lhe resulta é um tesouro que a enriquece. Mas isso está escondido à maior parte dos homens, que não conhecem essa felicidade. São pobres e, no entanto, têm um tesouro na sua própria pobreza; mas, ai! não o possuem, porque não sabem procurá-lo nela[63].»

Ce trésor, une éminente Religieuse de la Visitation[64] le fait apprécier en ces termes : « Nos fautes sont une grande partie de notre fonds pour l'éternité. L'amour à l'abjection qui nous revient d'elles, fait la trame de ce fonds. Si l'on ourdit sans trame, il y aura bientôt un trou. Mais si, au lieu d'aimer l'abjection, on s'agite, on se trouble, cela c'est l'esprit du démon. Nos fautes nous sont si avantageuses que tout ce que le manque de force de notre volonté ne nous fait pas opérer, le fruit que nous retirons de nos fautes l'opère et fait notre avancement... La vie est une suite de chutes, après lesquelles nous devons aussitôt nous relever en coupant court et en disant : Je ne le ferai plus. Cette manière de faire éclaire, fortifie, encourage. Les fautes ne sont pas nuisibles quand elles sont ainsi réparées ; on peut regagner par humilité ce qu'on a perdu par lâcheté. »

Esse tesouro, uma eminente religiosa da Visitação[64] o faz apreciar nestes termos: «As nossas faltas são uma grande parte do nosso fundo para a eternidade. O amor à abjeção que delas nos resulta faz a trama desse fundo. Se se urde sem trama, logo haverá um buraco. Mas se, em vez de amar a abjeção, nos agitamos, nos perturbamos, isso é o espírito do demônio. As nossas faltas nos são tão vantajosas, que tudo o que a falta de força da nossa vontade não nos faz operar, o fruto que tiramos das nossas faltas o opera e faz o nosso progresso... A vida é uma sequência de quedas, depois das quais devemos logo levantar-nos, atalhando e dizendo: Não o farei mais. Essa maneira de proceder ilumina, fortalece, encoraja. As faltas não são nocivas quando são assim reparadas; pode-se reganhar por humildade o que se perdeu por frouxidão.»

L'amour de notre abjection s'identifie avec l'amour du vrai. La vérité est que nous sommes misérables, et que, abstraction faite des dons de Dieu, nous n'avons à nous que le néant et le péché. Nous devons être heureux de le reconnaître, et de le voir reconnaître par nos frères, quand cela se peut sans scandale, de la même manière qu'un homme épris de la science se tient heureux d'avoir découvert une vérité scientifique, et de la pouvoir démontrer et faire admettre à ses semblables. Un sentiment contraire serait aussi opposé à la loyauté qu'à l'humilité, et tomberait sous le blâme du Roi-Prophète : Pourquoi aimez-vous la vanité, et cherchez-vous le mensonge[65] ? « Ces taches vont bien sur moi », disait une sainte âme, en regardant ses imperfections. « Eh ! que mérite un lépreux, sinon des haillons ? » Et une vraie fille de saint François de Sales, pratiquant à la lettre les leçons de son Bienheureux Père, s'écriait : « S'il se pouvait faire que nos chutes n'offensassent point Dieu, je désirerais tomber sans cesse, pour être sans cesse confondue et anéantie[66]. »

O amor da nossa abjeção identifica-se com o amor do verdadeiro. A verdade é que somos miseráveis e que, abstraindo dos dons de Deus, nada temos de nosso senão o nada e o pecado. Devemos ser felizes de reconhecê-lo e de vê-lo reconhecido pelos nossos irmãos, quando isso se pode fazer sem escândalo, da mesma maneira que um homem apaixonado pela ciência se tem por feliz de ter descoberto uma verdade científica e de a poder demonstrar e fazer admitir aos seus semelhantes. Um sentimento contrário seria tão oposto à lealdade quanto à humildade, e cairia sob a censura do Rei-Profeta: Por que amais a vaidade e buscais a mentira[65]? «Estas manchas me vão bem», dizia uma santa alma, olhando as suas imperfeições. «Eh! que merece um leproso, senão andrajos?» E uma verdadeira filha de são Francisco de Sales, praticando à letra as lições do seu Bem-aventurado Pai, exclamava: «Se pudesse acontecer que as nossas quedas não ofendessem a Deus, eu desejaria cair sem cessar, para ser sem cessar confundida e aniquilada[66].»

2. — Puis, ce n'est pas seulement « par respect pour la vérité », continue le Bienheureux Évêque de Genève, que l'humilité chrétienne inspire « le contentement de n'être rien et de n'être compté pour rien[67] », c'est encore et surtout par respect « pour les humiliations du Verbe incarné ». Ce divin Agneau, en revêtant son adorable innocence des livrées du péché, a daigné accepter, de notre condition déchue, tout ce qui n'est pas le péché lui-même[68]. L'Évangile nous dit les profondeurs d'abaissement où il est volontairement descendu, et les opprobres dont il a voulu être rassasié ; mais des siècles de méditation ne suffiraient pas à nous faire comprendre la soif d'humiliations qui dévorait son divin Cœur, et qui le poussait, joyeux, au-devant des plus sanglantes ignominies, comme à un festin parfaitement assorti à sa qualité de « tenant des pécheurs ». Or, l'âme vraiment chrétienne éprouve le besoin de prendre place à ce banquet d'opprobres, à côté de son Bien-Aimé. Elle, la coupable, ne peut se résoudre à le laisser, lui l'innocent, s'abreuver seul à la coupe des humiliations ; elle en veut sa part, et le bonheur d'y poser ses lèvres, là où son Dieu, son Sauveur, a posé les siennes, transforme en délicieux breuvage le fiel le plus amer.

2. — Depois, não é só «por respeito à verdade», continua o Bem-aventurado bispo de Genebra, que a humildade cristã inspira «o contentamento de não ser nada e de não ser tido em conta alguma[67]»; é ainda e sobretudo por respeito «às humilhações do Verbo encarnado». Esse divino Cordeiro, revestindo a sua adorável inocência da libré do pecado, dignou-se aceitar, da nossa condição decaída, tudo o que não é o próprio pecado[68]. O Evangelho nos diz as profundezas de rebaixamento a que ele voluntariamente desceu, e os opróbrios de que quis ser saciado; mas séculos de meditação não bastariam para nos fazer compreender a sede de humilhações que devorava o seu divino Coração, e que o impelia, alegre, ao encontro das mais sangrentas ignomínias, como a um festim perfeitamente ajustado à sua qualidade de «o que responde pelos pecadores». Ora, a alma verdadeiramente cristã sente a necessidade de tomar lugar nesse banquete de opróbrios, ao lado do seu Bem-Amado. Ela, a culpada, não pode resolver-se a deixá-lo, a ele, o inocente, beber sozinho na taça das humilhações; quer a sua parte, e a felicidade de pôr nela os lábios, ali onde o seu Deus, o seu Salvador, pôs os seus, transforma em deliciosa bebida o fel mais amargo.

Ajoutez à cela que les humiliations, selon la remarque de saint Bernard, sont la voie indispensable à suivre pour arriver à l'humilité, et que, par conséquent, une âme convaincue, comme elle doit l'être, de la nécessité de cette vertu, doit aimer et rechercher les humiliations, comme le voyageur vivement désireux d'atteindre un but s'attache à la route qui y conduit. Enfin, ainsi que nous le verrons au chapitre suivant, notre abjection est aimable encore, parce qu'elle appelle en nous les miséricordes les plus abondantes du cœur de Dieu.

Acrescentai a isso que as humilhações, segundo a observação de são Bernardo, são o caminho indispensável que se deve seguir para chegar à humildade, e que, por conseguinte, uma alma convencida, como o deve estar, da necessidade dessa virtude, deve amar e procurar as humilhações, como o viajante vivamente desejoso de alcançar uma meta se apega à estrada que a ela conduz. Enfim, como veremos no capítulo seguinte, a nossa abjeção é amável ainda porque atrai para nós as mais abundantes misericórdias do coração de Deus.

Sous chacun de ces rapports, nos péchés peuvent être utilisés à nourrir en nous l'amour de notre abjection. En nous la faisant mieux voir, ils établissent, par leur poids humiliant, une équation pratique pleinement satisfaisante pour un jugement droit, entre la confusion qu'ils font naître et les opprobres intérieurs et extérieurs que nous méritons. Ce que Notre-Seigneur acceptait, recherchait avec avidité comme caution des pécheurs, nous l'apprécierons comme un lot rigoureusement proportionné à notre qualité réelle de pécheurs.

Sob cada um desses aspectos, os nossos pecados podem ser aproveitados para nutrir em nós o amor da nossa abjeção. Fazendo-nos vê-la melhor, estabelecem, pelo seu peso humilhante, uma equação prática plenamente satisfatória para um juízo reto, entre a confusão que fazem nascer e os opróbrios interiores e exteriores que merecemos. O que Nosso Senhor aceitava, procurava com avidez como fiador dos pecadores, nós o apreciaremos como um quinhão rigorosamente proporcionado à nossa qualidade real de pecadores.

Chacune de nos chutes deviendra un jalon de plus pour nous aider à descendre dans l'appréciation de nous-mêmes et dans les exigences de notre égoïsme, jusqu'à « la dernière place » (Luc, XIV, 10), qui nous convient, et où, malheureusement, notre invincible orgueil ne nous tiendra que trop au-dessus de Celui qui a voulu être « le dernier de tous, l'opprobre des hommes et l'abjection de la plèbe. » (Is. LII. Ps. XXI.)

Cada uma das nossas quedas se tornará um marco a mais para nos ajudar a descer na apreciação de nós mesmos e nas exigências do nosso egoísmo, até «o último lugar» (Lc XIV, 10), que nos convém, e onde, infelizmente, o nosso invencível orgulho não deixará de nos manter muito acima Daquele que quis ser «o último de todos, o opróbrio dos homens e a abjeção da plebe.» (Is LII. Sl XXI.)

3. — Il faut que bien grand soit le profit que nous tirerons de nos fautes, si elles nous font aimer notre abjection, puisque notre aimable Saint, cherchant toujours le thermomètre de la sainteté dans l'humilité, admet sans peine qu'une âme, utilisant ainsi ses chutes, puisse surpasser une autre âme moins sujette à faillir : « Il se peut faire qu'une Sœur, laquelle vous verrez chopper fort souvent, et commettre force imperfections, sera plus vertueuse et plus agréable à Dieu, ou par la grandeur du courage qu'elle conserve parmi ses imperfections, ne se laissant point troubler ni inquiéter de se voir si sujette à tomber, ou bien par l'humilité qu'elle en retire, ou encore par l'amour de son abjection, que non pas une autre, laquelle aura une douzaine de vertus, ou naturelles, ou bien acquises, et laquelle aura moins d'exercice et de travail, et par conséquent, peut-être, moins de courage et d'humilité que non pas l'autre, que l'on voit si sujette à faillir. Saint Pierre fut choisi pour être le chef des Apôtres, quoiqu'il fût sujet à beaucoup d'imperfections, en sorte qu'il en commettait, même après qu'il eut reçu le Saint-Esprit ; mais, parce que, nonobstant ces défauts, il avait toujours un grand courage, et ne s'en étonnait point, Notre-Seigneur le rendit son lieutenant, et le favorisa par-dessus tous les autres, de sorte que nul n'eût eu raison de dire qu'il ne méritait pas d'être précipué et avantagé par-dessus saint Jean ou les autres Apôtres[69]. »

3. — É preciso que seja bem grande o proveito que tiraremos das nossas faltas, se elas nos fizerem amar a nossa abjeção, já que o nosso amável Santo, procurando sempre o termômetro da santidade na humildade, admite sem dificuldade que uma alma, aproveitando assim as suas quedas, possa superar outra alma menos sujeita a falhar: «Pode acontecer que uma Irmã, que vereis tropeçar muito amiúde e cometer muitas imperfeições, seja mais virtuosa e mais agradável a Deus, ou pela grandeza da coragem que conserva no meio das suas imperfeições, não se deixando perturbar nem inquietar por se ver tão sujeita a cair, ou então pela humildade que delas tira, ou ainda pelo amor da sua abjeção, do que outra, que terá uma dúzia de virtudes, ou naturais, ou adquiridas, e que terá menos exercício e trabalho, e, por conseguinte, talvez, menos coragem e humildade do que a outra, que se vê tão sujeita a falhar. São Pedro foi escolhido para ser o chefe dos Apóstolos, embora fosse sujeito a muitas imperfeições, de sorte que as cometia mesmo depois de ter recebido o Espírito Santo; mas, porque, não obstante esses defeitos, tinha sempre uma grande coragem e não se espantava com eles, Nosso Senhor o fez seu lugar-tenente e o favoreceu acima de todos os outros, de sorte que ninguém teria tido razão de dizer que ele não merecia ser distinguido e avantajado acima de são João ou dos outros Apóstolos[69].»

Sainte Chantal aimait à répéter ces enseignements de son Bienheureux Père :

Santa Chantal gostava de repetir esses ensinamentos do seu Bem-aventurado Pai:

« Ma très chère petite, écrivait-elle à la Sœur F.-A. de la Croix de Fésigny, c'est une pure tentation que vos découragements ; car, dites-moi, quel fruit vous apportent-ils, et quels sujets en avez-vous ? Pensez-vous qu'il soit en notre pouvoir d'être toujours attentives à Dieu et de ne point faire de fautes ? certes, il faudrait être ange ; or, je vous prie de vous accommoder à la condition de cette misérable vie, mais sans aucune anxiété ni trouble, et quand vous aurez manqué à la fidélité, humiliez-vous sans découragement. Cette humiliation et amour de votre abjection, avec tranquillité et paix, sera plus agréable à Dieu que vos pointilleuses fidélités[70]. »

«Minha caríssima pequena, escrevia ela à Irmã F.-A. de la Croix de Fésigny, são pura tentação esses vossos desânimos; pois, dizei-me, que fruto vos trazem, e que motivos tendes para eles? Pensais que esteja em nosso poder estar sempre atentas a Deus e não cometer faltas? certamente, seria preciso ser anjo; ora, peço-vos que vos acomodeis à condição desta miserável vida, mas sem nenhuma ansiedade nem perturbação, e, quando tiverdes faltado à fidelidade, humilhai-vos sem desânimo. Essa humilhação e amor da vossa abjeção, com tranquilidade e paz, será mais agradável a Deus que as vossas fidelidades minuciosas[70].»

4. — Notre saint Docteur semble avoir tellement peur de nous voir négliger les occasions de nous mépriser nous-mêmes, qu'il voudrait nous en fournir, même alors que nos fautes sont simplement douteuses. Il nous conseille, en ce cas, de prendre le parti le plus méritoire, c'est-à-dire le plus défavorable à notre orgueil, et le plus profitable à la sainte humilité.

4. — O nosso santo Doutor parece ter tanto medo de nos ver descurar as ocasiões de nos desprezarmos a nós mesmos, que quereria fornecer-nos algumas mesmo quando as nossas faltas são simplesmente duvidosas. Aconselha-nos, nesse caso, a tomar o partido mais meritório, isto é, o mais desfavorável ao nosso orgulho e o mais proveitoso à santa humildade.

« J'ajoute, pour un avis général, écrit-il, que quand nous ne savons pas discerner si nous avons bien rendu notre devoir en quelque occurrence, et sommes en doute d'avoir offensé Dieu, il faut alors s'humilier, requérir Dieu qu'il nous excuse, et demander plus de lumières pour une autre fois, et oublier tout à fait ce qui s'est passé, et se remettre au train ordinaire. Car une curieuse et empressée recherche pour savoir si nous avons bien fait, provient indubitablement de l'amour-propre, qui nous fait désirer de savoir si nous sommes braves, là où l'amour pur de Dieu nous dit : Misérable ou couard que tu as été, humilie-toi, appuie-toi en la miséricorde de Dieu, demande toujours pardon ; et, sur une nouvelle protestation de fidélité, passe outre à la poursuite de ton avancement[71]. »

«Acrescento, como aviso geral, escreve ele, que, quando não sabemos discernir se cumprimos bem o nosso dever em alguma ocorrência e estamos em dúvida de ter ofendido a Deus, é preciso então humilhar-se, rogar a Deus que nos escuse e pedir mais luz para outra vez, e esquecer de todo o que se passou, e retomar o andamento ordinário. Porque uma busca curiosa e ansiosa para saber se fizemos bem procede indubitavelmente do amor-próprio, que nos faz desejar saber se somos valentes, ao passo que o amor puro de Deus nos diz: Miserável ou covarde que tu foste, humilha-te, apoia-te na misericórdia de Deus, pede sempre perdão; e, sobre um novo protesto de fidelidade, segue em frente na busca do teu progresso[71].»

C'est la pensée de l'auteur de l'Imitation : « Seigneur, votre abondante miséricorde m'est plus avantageuse pour obtenir le pardon de mes offenses, que toute l'idée que je puis avoir de ma justice pour la défense de ma conscience que je ne connais pas à fond[72]. »

É o pensamento do autor da Imitação: «Senhor, a vossa abundante misericórdia me é mais vantajosa para obter o perdão das minhas ofensas do que toda a ideia que posso ter da minha justiça para a defesa da minha consciência, que não conheço a fundo[72].»

5. — Ce n'est pas seulement dans le for intime et caché de notre âme, que nos fautes, en nous dévoilant notre abjection, nous donnent lieu de l'aimer et de nous mieux humilier ; souvent le prochain, témoin de nos chutes, voit à découvert notre faiblesse et notre misère ; alors l'abjection extérieure s'ajoute à notre abjection intérieure. Nous devons accepter et aimer l'une comme l'autre, et nous pouvons par là doubler la somme de nos gains spirituels. Ainsi faisait le noble et pieux personnage que nous avons cité déjà plusieurs fois : « Vous savez, écrivait-il à un ami, vous savez ma dernière promptitude, et vous en avez été témoin..... Toute ma consolation est que cette faute m'est arrivée en la présence de mes amis qui, de là, connaîtront ce que je suis. J'ai un grand déplaisir d'avoir déplu à Dieu, étant infidèle à ses grâces. Mais ma joie est dans mon humiliation que j'agrée. Le bonheur d'être avili dans l'esprit des autres est grand, et quelque chose de bien doux pour ceux qui veulent réparer l'injure faite à Dieu. Être fortement convaincu qu'on est un pur néant, très infirme, c'est le profit qu'il faut tirer de nos imperfections. Qu'il m'est utile que ma misère paraisse, puisque cela me sert à découvrir toutes ces vérités ! — C'est la vérité que je ne suis que néant, infirmité, corruption, plus que je ne puis comprendre. Et pour l'amour que je dois porter à cette vérité, je me tiens dans mon néant ; et par un acquiescement volontaire, j'aime et j'adore la divine Providence qui le manifeste. Je me reconnais et m'avoue misérable, je suis bien aise que tout le monde le sache et me traite selon cette vérité[73]. »

5. — Não é só no foro íntimo e escondido da nossa alma que as nossas faltas, revelando-nos a nossa abjeção, nos dão ocasião de amá-la e de nos humilharmos melhor; muitas vezes o próximo, testemunha das nossas quedas, vê a descoberto a nossa fraqueza e a nossa miséria; então a abjeção exterior se acrescenta à nossa abjeção interior. Devemos aceitar e amar uma como a outra, e podemos com isso dobrar a soma dos nossos ganhos espirituais. Assim fazia o nobre e piedoso personagem que já citamos várias vezes: «Sabeis, escrevia ele a um amigo, sabeis do meu último arrebatamento, e fostes testemunha dele..... Toda a minha consolação é que essa falta me aconteceu na presença dos meus amigos, que por ela conhecerão o que sou. Tenho um grande desgosto de ter desagradado a Deus, sendo infiel às suas graças. Mas a minha alegria está na minha humilhação, que aceito. A felicidade de ser aviltado no espírito dos outros é grande, e coisa bem doce para os que querem reparar a injúria feita a Deus. Estar fortemente convencido de que se é um puro nada, muito fraco, eis o proveito que se deve tirar das nossas imperfeições. Como me é útil que a minha miséria apareça, já que isso me serve para descobrir todas essas verdades! — É a verdade que não sou senão nada, fraqueza, corrupção, mais do que posso compreender. E, pelo amor que devo ter a essa verdade, mantenho-me no meu nada; e, por uma aquiescência voluntária, amo e adoro a divina Providência que o manifesta. Reconheço-me e confesso-me miserável, estou bem contente de que todo o mundo o saiba e me trate segundo essa verdade[73].»

On ne saurait mieux pratiquer les sublimes avis de l'auteur de Philothée. Au reste, avec l'esprit de mesure qui le distingue, le plus aimable des Saints a soin de sauvegarder les droits de la vérité, en dissuadant de simuler des défauts, sous prétexte de chercher l'abjection (à moins d'une inspiration toute spéciale, telle que l'ont reçue quelques saints), et les droits de la charité, en recommandant de réparer le scandale ou le froissement que nos fautes peuvent avoir causés à nos frères. « Si je me suis déréglé par colère ou par dissolution à dire des paroles inconvenantes, et desquelles Dieu et le prochain sont offensés, je me repentirai vivement et serai extrêmement marri de l'offense, laquelle je m'efforcerai de réparer le mieux qu'il me sera possible ; mais je ne laisserai pas d'agréer l'abjection et le mépris qui m'en arrive ; et si l'un se pouvait séparer d'avec l'autre, je rejetterais ardemment le péché et garderais humblement l'abjection[74]. »

Não se poderiam praticar melhor os sublimes conselhos do autor da Filoteia. De resto, com o espírito de medida que o distingue, o mais amável dos Santos tem o cuidado de salvaguardar os direitos da verdade, dissuadindo de simular defeitos a pretexto de buscar a abjeção (a menos que haja uma inspiração muito especial, como a receberam alguns santos), e os direitos da caridade, recomendando reparar o escândalo ou a mágoa que as nossas faltas possam ter causado aos nossos irmãos. «Se eu me desregrei por cólera ou por dissolução a ponto de dizer palavras inconvenientes, com que Deus e o próximo são ofendidos, eu me arrependerei vivamente e ficarei extremamente pesaroso da ofensa, a qual me esforçarei por reparar o melhor que me for possível; mas não deixarei de aceitar de bom grado a abjeção e o desprezo que disso me vêm; e, se um se pudesse separar do outro, eu rejeitaria ardentemente o pecado e guardaria humildemente a abjeção[74].»

« Je fais une sottise, elle me rend abject : bon. Je donne du nez en terre et tombe en une colère démesurée : je suis marri de l'offense de Dieu, et bien aise que cela me déclare vil, abject et misérable.

«Faço uma tolice, ela me torna abjeto: bem. Dou com o nariz no chão e caio numa cólera desmedida: estou pesaroso da ofensa a Deus, e bem contente de que isso me declare vil, abjeto e miserável.

« Néanmoins, ma fille, prenez bien garde à ce que je m'en vais vous dire : encore que nous aimions l'abjection qui s'ensuit du mal, il ne faut pas pourtant laisser de remédier au mal. Je ferai ce que je pourrai pour ne point avoir le chancre au visage, mais si je l'ai, j'en aimerai l'abjection. En matière de péché, il faut encore plus fort tenir cette règle : Je me suis déréglé en ceci, en cela ; j'en suis marri, quoique j'embrasse de bon cœur l'abjection qui s'ensuit ; et si l'un se pouvait séparer de l'autre, je garderais chèrement l'abjection et ôterais le mal et le péché[75]. »

«Não obstante, minha filha, prestai bem atenção ao que vos vou dizer: ainda que amemos a abjeção que se segue do mal, nem por isso se deve deixar de remediar o mal. Farei o que puder para não ter o cancro no rosto; mas, se o tiver, amarei a sua abjeção. Em matéria de pecado, é preciso manter com mais força ainda esta regra: Desregrei-me nisto, naquilo; estou pesaroso, embora abrace de bom coração a abjeção que se segue; e, se um se pudesse separar do outro, eu guardaria carinhosamente a abjeção e tiraria o mal e o pecado[75].»

Et si nos efforts pour réparer l'offense faite à nos frères ou le scandale que nous leur avons pu donner, allaient jusqu'à nous reconquérir leur pleine estime, et à nous relever dans leur opinion aussi haut que si nous n'avions point failli, en ce cas-là, obligés par le devoir à ôter « notre abjection de devant leurs yeux, il la faut serrer et cacher dans notre cœur[76]. »

E, se os nossos esforços para reparar a ofensa feita aos nossos irmãos ou o escândalo que lhes possamos ter dado chegassem a reconquistar-nos a sua plena estima e a elevar-nos na opinião deles tão alto como se não tivéssemos falhado, nesse caso, obrigados pelo dever a tirar «a nossa abjeção de diante dos seus olhos, é preciso guardá-la e escondê-la dentro do nosso coração[76].»

Au surplus, et autant que la charité et le devoir du bon exemple peuvent le permettre, notre Saint ne voulait pas qu'on se privât du bénéfice de l'abjection extérieure : « Je voudrais... pour ce qui regarde nos défauts, que nous ne nous missions pas en peine de les couvrir : car, pour ne les laisser pas voir au dehors, ils n'en sont pas meilleurs. Les sœurs ne croiront pas pour cela que vous n'en ayez point, et vos imperfections seront peut-être plus dangereuses que si elles étaient découvertes, et qu'elles vous causassent de la confusion, ainsi qu'elles font à celles qui sont plus faciles à les laisser paraître à l'extérieur. Il ne se faut donc pas étonner ni décourager quand nous commettons des imperfections devant nos sœurs : mais, au contraire, il faut être bien aises que nous soyons reconnues pour telles que nous sommes[77]. »

De resto, e tanto quanto a caridade e o dever do bom exemplo o podem permitir, o nosso Santo não queria que nos privássemos do benefício da abjeção exterior: «Eu quereria... no que diz respeito aos nossos defeitos, que não nos puséssemos em cuidado de os encobrir: porque, por não os deixarmos ver por fora, nem por isso são melhores. As irmãs não hão de crer por isso que não os tenhais, e as vossas imperfeições serão talvez mais perigosas do que se fossem descobertas e vos causassem confusão, assim como fazem às que são mais fáceis em deixá-las aparecer no exterior. Não se deve, pois, espantar nem desanimar quando cometemos imperfeições diante das nossas irmãs; mas, ao contrário, é preciso ficarmos bem contentes de sermos reconhecidas tais como somos[77].»

6. — Même quand on est en charge, et par conséquent, ce semble, mieux tenu à sauvegarder sa réputation auprès de ses inférieurs, le fondateur de la Visitation, avec les réserves voulues, aime qu'on moissonne l'abjection partout où on la trouve :

6. — Mesmo quando se está num cargo e, por conseguinte, ao que parece, mais obrigado a salvaguardar a própria reputação junto dos inferiores, o fundador da Visitação, com as devidas reservas, gosta que se colha a abjeção em toda parte onde ela se encontra:

« Vous me demandez... si la Supérieure ou la Directrice ne doit point témoigner de répugnance que les sœurs voient ses défauts, et ce que c'est qu'elle doit dire quand une fille se vient accuser tout simplement à elle de quelque jugement ou pensée qu'elle a fait, qui la marque d'imperfection, comme serait si quelqu'un avait pensé que la Supérieure aurait fait une correction avec passion.

«Perguntais-me... se a Superiora ou a Diretora não deve mostrar repugnância de que as irmãs vejam os seus defeitos, e o que ela deve dizer quando uma filha vem acusar-se a ela com toda a simplicidade de algum juízo ou pensamento que fez, que a marca de imperfeição, como seria se alguém tivesse pensado que a Superiora fizera uma correção com paixão.

« Or, je dis que ce qu'elle doit faire en cette occasion, c'est de s'humilier et recourir à l'amour de son abjection ; mais si la sœur était un peu troublée en le disant, la Supérieure ne devra pas faire semblant de rien, mais détourner ce propos, et néanmoins cacher l'abjection dans son cœur. Car il faut bien prendre garde que notre amour-propre ne nous fasse perdre l'occasion de voir que nous sommes imparfaits, et de nous humilier ; et, bien que l'on retranche l'acte extérieur d'humilité, de crainte de fâcher la pauvre sœur qui l'est déjà assez, il ne faut pas laisser de faire l'intérieur ; que si, au contraire, la sœur n'était point troublée en s'accusant, je trouverais bien bon que la Supérieure avouât librement qu'elle a failli, s'il est vrai ; car si le jugement est faux, il est bon qu'elle le dise avec humilité, réservant toujours néanmoins précieusement l'abjection qui lui revient de ce qu'on la juge défaillante.

«Ora, digo que o que ela deve fazer nessa ocasião é humilhar-se e recorrer ao amor da sua abjeção; mas, se a irmã estivesse um pouco perturbada ao dizê-lo, a Superiora não deverá dar a entender coisa alguma, mas desviar a conversa e, não obstante, esconder a abjeção no seu coração. Porque é preciso tomar bem cuidado para que o nosso amor-próprio não nos faça perder a ocasião de ver que somos imperfeitos e de nos humilharmos; e, ainda que se suprima o ato exterior de humildade, com receio de afligir a pobre irmã, que já está bastante aflita, não se deve deixar de fazer o interior; e se, ao contrário, a irmã não estivesse nada perturbada ao acusar-se, eu acharia muito bom que a Superiora confessasse livremente que falhou, se for verdade; porque, se o juízo é falso, é bom que ela o diga com humildade, reservando sempre, no entanto, preciosamente a abjeção que lhe advém de a julgarem em falta.

« Voyez-vous, cette petite vertu de l'amour de notre abjection ne doit jamais s'éloigner de notre cœur d'un pas, parce que nous en avons besoin à toute heure, pour avancés que nous soyons en la perfection, d'autant que nos passions renaissent, voire quelquefois après que nous avons vécu longuement en la religion et après avoir fait un grand progrès en la perfection.

«Vede, esta pequena virtude do amor da nossa abjeção nunca se deve afastar um passo do nosso coração, porque temos necessidade dela a toda hora, por mais adiantados que estejamos na perfeição, visto que as nossas paixões renascem, e até às vezes depois de termos vivido longamente na religião e depois de ter feito um grande progresso na perfeição.

« Les sœurs ne doivent pas s'étonner de quoi la Supérieure commet des imperfections, puisque saint Pierre, tout Pasteur qu'il était de la sainte Eglise, et Supérieur universel de tous les chrétiens, tomba bien en faute, et telle qu'il en mérita correction, ainsi que dit saint Paul[78]. De même, la Supérieure ne doit pas témoigner de l'étonnement si l'on voit ses fautes ; mais elle doit observer l'humilité et la douceur, avec laquelle saint Pierre reçut la correction que lui fit saint Paul, nonobstant qu'il fût son supérieur. L'on ne sait ce qui est plus considérable, ou la force du courage de saint Paul à reprendre saint Pierre, ou l'humilité avec laquelle saint Pierre se soumit à la correction qui lui était faite, voire pour une chose en laquelle il pensait bien faire et avoir une fort bonne intention[79]. »

«As irmãs não se devem espantar de que a Superiora cometa imperfeições, já que são Pedro, por mais Pastor que fosse da santa Igreja e Superior universal de todos os cristãos, bem caiu em falta, e tal que mereceu correção, como diz são Paulo[78]. Do mesmo modo, a Superiora não deve mostrar espanto se veem as suas faltas; mas deve observar a humildade e a doçura com que são Pedro recebeu a correção que lhe fez são Paulo, não obstante ser ele o seu superior. Não se sabe o que é mais digno de consideração, se a força da coragem de são Paulo em repreender são Pedro, ou a humildade com que são Pedro se submeteu à correção que lhe era feita, e isso por uma coisa em que pensava fazer bem e ter uma muito boa intenção[79].»

Sainte Marie-Madeleine de Pazzi, voyant un jour la haute opinion qu'avait d'elle une de ses novices, se mit à lui raconter en sanglotant ses défauts et ses tentations, et, après s'être représentée comme la plus criminelle des femmes : « Je vous ai dit cela, ma fille, ajouta-t-elle, pour vous apprendre sous quelle maîtresse vous êtes tombée. Si Dieu ne m'eût enfermée dans un cloître, j'eusse fini mes jours dans une prison perpétuelle, ou sous la hache du bourreau. Priez donc pour moi, et obtenez-moi d'obtenir un jour mon salut de la toute gratuite bonté de Dieu. »

Santa Maria Madalena de Pazzi, vendo um dia a alta opinião que tinha dela uma das suas noviças, pôs-se a contar-lhe, soluçando, os seus defeitos e as suas tentações, e, depois de se ter apresentado como a mais criminosa das mulheres: «Eu vos disse isso, minha filha, acrescentou, para vos ensinar sob que mestra caístes. Se Deus não me tivesse encerrado num claustro, eu teria acabado os meus dias numa prisão perpétua, ou sob o machado do carrasco. Rezai, pois, por mim, e alcançai-me que eu obtenha um dia a minha salvação da bondade toda gratuita de Deus.»

Plus près de nous par le temps et le lieu où elle a vécu, une digne fille de saint François de Sales, élevée à la charge de Supérieure de son monastère, disait en confidence à une des sœurs : « Ce qui me réjouit, c'est que la supériorité entretiendra en moi la sainte abjection, mes nombreux défauts étant mieux en évidence sur le chandelier que dans l'obscurité d'une cellule[80]. »

Mais perto de nós pelo tempo e pelo lugar em que viveu, uma digna filha de são Francisco de Sales, elevada ao cargo de superiora do seu mosteiro, dizia em confidência a uma das irmãs: «O que me alegra é que o superiorato há de manter em mim a santa abjeção, ficando os meus numerosos defeitos mais em evidência sobre o candelabro do que na escuridão de uma cela[80].»

A plus forte raison, l'Évêque de Genève voulait-il, lorsqu'on a le bonheur d'être inférieur, qu'on embrasse avec empressement les abjections extérieures, et il raillait impitoyablement les âmes douillettes à cet égard : « Je suis méprisée, et je m'en fâche : si bien font les paons et les singes. — Je suis méprisée, et je m'en réjouis : les apôtres faisaient ainsi[81]. » — « Savez-vous ce qu'il faut faire quand nous sommes corrigés et mortifiés ? Il nous faut prendre cette mortification comme une pomme d'amour et la cacher en notre cœur, la baisant et caressant le plus tendrement qu'il nous sera possible[82]. »

Com mais forte razão, o bispo de Genebra queria, quando se tem a felicidade de ser inferior, que se abracem prontamente as abjeções exteriores, e zombava impiedosamente das almas melindrosas a esse respeito: «Sou desprezada e me zango: assim fazem também os pavões e os macacos. — Sou desprezada e me alegro: os apóstolos faziam assim[81].» — «Sabeis o que é preciso fazer quando somos corrigidos e mortificados? É preciso tomar essa mortificação como um pomo de amor e escondê-la no nosso coração, beijando-a e acariciando-a o mais ternamente que nos for possível[82].»

7. — Nous croyons avoir démontré, à l'école de saint François de Sales, tout ce que la sainte humilité peut tirer de profit de nos chutes. Voilà comment, en nous faisant mieux connaître et aimer notre abjection, elles peuvent, de l'abîme qu'elles ont creusé, nous élever au degré le plus précieux de la plus nécessaire des vertus et devenir, pour l'âme confondue en son néant, le principe d'une nouvelle splendeur. Selon le texte de Job[83] et la pensée de saint Bernard : « L'âme pécheresse paraîtra d'autant moins vile aux regards de Dieu, qu'elle le sera davantage à ses propres yeux, dans le souvenir de ses péchés[84]. »

7. — Cremos ter demonstrado, na escola de são Francisco de Sales, todo o proveito que a santa humildade pode tirar das nossas quedas. Eis como, fazendo-nos conhecer e amar melhor a nossa abjeção, elas podem, do abismo que cavaram, elevar-nos ao grau mais precioso da mais necessária das virtudes e tornar-se, para a alma confundida no seu nada, o princípio de um novo esplendor. Segundo o texto de Jó[83] e o pensamento de são Bernardo: «A alma pecadora parecerá tanto menos vil aos olhos de Deus quanto mais o for aos seus próprios olhos, na lembrança dos seus pecados[84].»

Profitons ainsi de nos fautes, et, comme le dit Fénelon, elles serviront plus en nous rabaissant à nos propres yeux, que nos bonnes œuvres en nous consolant. « Les fautes sont toujours des fautes. Mais elles nous mettent dans un état de confusion et de retour à Dieu qui nous fait grand bien. »

Aproveitemos assim as nossas faltas e, como diz Fénelon, elas servirão mais, rebaixando-nos aos nossos próprios olhos, do que as nossas boas obras, consolando-nos. «As faltas são sempre faltas. Mas põem-nos num estado de confusão e de volta a Deus que nos faz grande bem.»

Il y a certaines matières qui salissent les habits en apparence et qui servent néanmoins à ôter les taches. C'est l'usage que font les justes de leurs péchés, tout en les détestant. Ils s'en servent pour purifier leur âme de l'orgueil qui est le plus grand de leurs péchés[85].

Há certas matérias que sujam as roupas na aparência e que, no entanto, servem para tirar as manchas. É o uso que os justos fazem dos seus pecados, embora os detestem. Servem-se deles para purificar a alma do orgulho, que é o maior dos seus pecados[85].

« C'est ainsi, reprend saint Bernard, que le juste tombe sous la main de Dieu, et il arrive par une étrange merveille que le péché qu'il a commis contribue à le justifier... La main de Dieu ne soutient-elle pas celui qui tombe, quand c'est l'humilité qui la soutient[86] ? »

«É assim, prossegue são Bernardo, que o justo cai sob a mão de Deus, e acontece, por uma estranha maravilha, que o pecado que ele cometeu contribui para justificá-lo... A mão de Deus não ampara aquele que cai, quando é a humildade que a ampara[86]?»

Sachons utiliser nos fautes de cette manière, à peine elles nous sont échappées et en même temps que nous les effaçons par la pénitence[87]. Utilisons-les également quand leur souvenir vient nous attrister. Il est des herbes à fort mauvaise odeur, qui, à force de se dessécher, exhalent à la fin un agréable arome. Qu'il en soit de même des péchés de notre pauvre vie. Une sainte fille de l'Ordre de la Visitation conservait soigneusement un petit sachet de papier, qu'à sa mort, on trouva dans sa cellule, avec cette inscription : Ceci est pour parfumer mon cœur de l'odeur précieuse de mon abjection. Elle avait mis dans ce sachet tout ce qu'on lui avait dit ou écrit d'humiliant, les défauts dont on l'avait avertie, ce que ses confesseurs lui avaient dit de plus fort dans ses confessions, et toutes les fautes dont on lui avait fait la correction[88].

Saibamos aproveitar as nossas faltas desta maneira, mal elas nos escapam e ao mesmo tempo que as apagamos pela penitência[87]. Aproveitemo-las igualmente quando a sua lembrança vem entristecer-nos. Há ervas de cheiro muito ruim que, à força de secar, exalam por fim um aroma agradável. Que o mesmo aconteça com os pecados da nossa pobre vida. Uma santa filha da Ordem da Visitação guardava cuidadosamente um saquinho de papel, que, na sua morte, encontraram na sua cela, com esta inscrição: Isto é para perfumar o meu coração com o odor precioso da minha abjeção. Tinha posto nesse saquinho tudo o que lhe tinham dito ou escrito de humilhante, os defeitos de que a tinham advertido, o que os seus confessores lhe tinham dito de mais forte nas suas confissões, e todas as faltas de que lhe tinham feito correção[88].

Nous n'aurons pas de peine à nous faire ce sachet ; nous trouverons, hélas ! en regardant en arrière dans notre vie, les mauvaises plantes d'innombrables fautes, qui nous serviront à le remplir. Mettons-les à profit de cette façon, et répétons le mot admirable du V. Père C. de la Colombière : « Heureuses misères dont le sentiment me porte à rougir devant Dieu et à m'abaisser devant les hommes. Si vous m'êtes nécessaires, je ne voudrais pas vous changer pour les mérites et les vertus des autres. J'aime mieux être tel qu'il faut que je sois pour être humble. Je renonce à toutes les grâces qui pourraient me priver de cet avantage, et pour ne point le perdre, je consens à être privé de tout le reste. »

Não teremos dificuldade em fazer esse saquinho; encontraremos, ai!, olhando para trás na nossa vida, as más plantas de inúmeras faltas, que nos servirão para enchê-lo. Tiremos delas proveito desse modo, e repitamos a palavra admirável do venerável padre C. de la Colombière: «Felizes misérias, cujo sentimento me leva a corar diante de Deus e a rebaixar-me diante dos homens. Se me sois necessárias, eu não quereria trocar-vos pelos méritos e pelas virtudes dos outros. Prefiro ser tal como é preciso que eu seja para ser humilde. Renuncio a todas as graças que me poderiam privar dessa vantagem e, para não a perder, consinto em ser privado de todo o resto.»

Notas do autor

[60] Introduction à la vie dévote, IIIe partie, chap.

[61] Entretien Xe. De l'Obéissance.

[62] Entretien XVIIIe. Des Sacrements.

[63] M. de Bernières, Chrétien intérieur, liv. III, chap. 16.

[64] Mère Marie de Sales Chappuis, morte en odeur de sainteté, Supérieure de la Visitation de Troyes, en 1875.

[65] Ps. IV, 4.

[66] Sœur M.-A. de Mayen. Année sainte de la Visitation, 16 mars.

[67] Lettre 130e, à sainte Chantal.

[68] Hebr. IV, 15.

[69] Entretien IVe. De la Cordialité.

[70] Année sainte de la Visitation, 3 mars.

[71] Lettre à une Dame, 808e ; collect. Blaise.

[72] Imit. liv. III, ch. 46, n. 5.

[73] M. de Bernières-Louvigny, loco citato.

[74] Introd. à la vie dévote, IIIe partie, chap. 6.

[75] Lettre à sainte Chantal, 100e ; collect. Blaise.

[76] Introd. à la vie dévote, liv. III, chap. 6.

[77] Entretien IVe. De la Cordialité.

[78] Galat. II, 11.

[79] Entretien XVIe. Des Aversions.

[80] Notice sur la Mère M.-Mélanie Pommeroy. Circulaire de la Visitation de Thonon, 1872.

[81] Lettre à une Religieuse, 715e ; collect. Blaise.

[82] Entretien XIe. De l'Obéissance.

[83] Cum te consumptum putaveris, orieris ut Lucifer. (Job. XI, 17.)

[84] In Cant. Sermo X, n. 5.

[85] P. Gaut. Traité de l'Espérance chrétienne.

[86] In Ps. XC. Serm. 2, n. 2.

[87] « Il faut qu'il se mêle à votre componction une certaine complaisance à vous trouver pauvre, misérable, anéantie, dépourvue de tout mérite et de toutes vertus. » (Vén. P. de la Colombière, lettre 131e.)

[88] Année sainte de la Visitation, 12 janvier. Vie de la Sœur F.-G. de la Grave.

Notas do autor

[60] Introdução à vida devota, III parte, cap.

[61] Colóquio X. Da obediência.

[62] Colóquio XVIII. Dos sacramentos.

[63] O senhor de Bernières, Chrétien intérieur, liv. III, cap. 16.

[64] Madre Maria de Sales Chappuis, morta em odor de santidade, superiora da Visitação de Troyes, em 1875.

[65] Sl IV, 4.

[66] Irmã M.-A. de Mayen. Année sainte de la Visitation, 16 de março.

[67] Carta 130.ª, a santa Chantal.

[68] Hb IV, 15.

[69] Colóquio IV. Da cordialidade.

[70] Année sainte de la Visitation, 3 de março.

[71] Carta a uma senhora, 808.ª; coleção Blaise.

[72] Imit. liv. III, cap. 46, n. 5.

[73] O senhor de Bernières-Louvigny, loco citato.

[74] Introd. à vida devota, III parte, cap. 6.

[75] Carta a santa Chantal, 100.ª; coleção Blaise.

[76] Introd. à vida devota, liv. III, cap. 6.

[77] Colóquio IV. Da cordialidade.

[78] Gl II, 11.

[79] Colóquio XVI. Das aversões.

[80] Notice sur la Mère M.-Mélanie Pommeroy. Circular da Visitação de Thonon, 1872.

[81] Carta a uma religiosa, 715.ª; coleção Blaise.

[82] Colóquio XI. Da obediência.

[83] Cum te consumptum putaveris, orieris ut Lucifer. (Jó XI, 17.) [Trad.: Quando te julgares consumido, hás de surgir como a estrela da manhã.]

[84] In Cant. Sermo X, n. 5.

[85] Padre Gaut. Traité de l'Espérance chrétienne.

[86] In Ps. XC. Serm. 2, n. 2.

[87] «É preciso que se misture à vossa compunção uma certa complacência em vos achardes pobre, miserável, aniquilada, desprovida de todo mérito e de todas as virtudes.» (Ven. padre de la Colombière, carta 131.ª.)

[88] Année sainte de la Visitation, 12 de janeiro. Vida da Irmã F.-G. de la Grave.

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