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Parte II

Chapitre III — Utiliser ses fautes pour accroître sa confiance en la miséricorde de Dieu

Capítulo III — Aproveitar as faltas para aumentar a confiança na misericórdia de Deus

II.3 1. — Si notre abjection mérite notre amour, parce qu'elle nous force de rendre hommage à la vérité, et qu'elle nous facilite l'imitation des abaissements du Verbe fait chair, elle nous deviendra bien plus chère encore, quand nous la considérerons dans ses rapports avec la miséricorde infinie de notre Dieu.

II.3 1. — Se a nossa abjeção merece o nosso amor, porque nos obriga a render homenagem à verdade e nos facilita a imitação dos rebaixamentos do Verbo feito carne, ela se nos tornará ainda muito mais cara quando a considerarmos nas suas relações com a misericórdia infinita do nosso Deus.

Déjà, au chapitre troisième de la première partie de ce livre, nous avons compris, et saint François de Sales nous a dit et redit, que nos fautes ne nous doivent jamais désespérer, ni décourager, et que toujours la douleur de les avoir commises doit être accompagnée d'une invincible confiance en la divine Bonté. Les considérations que nous allons présenter nous démontreront que bien loin de diminuer cette confiance, nos péchés et nos imperfections en sont l'un des plus féconds éléments.

Já no capítulo terceiro da primeira parte deste livro compreendemos, e são Francisco de Sales nos disse e repetiu, que as nossas faltas nunca nos devem levar ao desespero nem ao desânimo, e que a dor de as ter cometido deve sempre ser acompanhada de uma confiança invencível na divina Bondade. As considerações que vamos apresentar nos demonstrarão que, muito longe de diminuírem essa confiança, os nossos pecados e as nossas imperfeições são um dos seus mais fecundos elementos.

Ici surtout, les textes de notre Saint sont assez nombreux et assez clairs pour dispenser de tout commentaire. Nous nous bornerons à copier. Mais auparavant, il ne sera pas inutile d'emprunter à d'autres sources quelques réflexions où l'on pourra voir comme la synthèse et les preuves théologiques de cette consolante doctrine.

Aqui, sobretudo, os textos do nosso Santo são bastante numerosos e bastante claros para dispensar todo comentário. Vamos limitar-nos a copiar. Mas antes não será inútil tomar de outras fontes algumas reflexões em que se poderá ver como que a síntese e as provas teológicas dessa consoladora doutrina.

Et d'abord, laissons l'éminent auteur contemporain que nous avons déjà cité, nous exposer et développer, dans une page splendide, pleine de la doctrine de saint Thomas, le principe fondamental de tout ce nouveau côté de l'art d'utiliser nos fautes :

E, primeiro, deixemos o eminente autor contemporâneo que já citamos expor-nos e desenvolver, numa página esplêndida, cheia da doutrina de santo Tomás, o princípio fundamental de todo esse novo lado da arte de aproveitar as nossas faltas:

« Dieu, dit Monseigneur Gay en répétant le mot de saint Jean : Dieu est l'amour (I. Joan. IV, 8). Dieu aime, Dieu nous aime : il nous aime parce qu'il est l'amour ! Exister, aimer, et, maintenant que nous existons, nous aimer, c'est pour lui une seule et même chose, une seule et même nécessité. L'espérance n'est-elle pas dès lors un devoir pour nous tous ? Une mesure quelconque d'espérance peut-elle être un excès ? Et si la défiance nous reste encore possible, est-elle excusable ?

«Deus, diz dom Gay, repetindo a palavra de são João: Deus é o amor (1 Jo IV, 8). Deus ama, Deus nos ama: ama-nos porque é o amor! Existir, amar e, agora que existimos, amar-nos, é para ele uma só e mesma coisa, uma só e mesma necessidade. A esperança não é, então, um dever para todos nós? Uma medida qualquer de esperança pode ser um excesso? E, se a desconfiança ainda nos é possível, é ela desculpável?

« On dira : il y a le péché. Hélas ! il est trop vrai, le péché est partout, et partout où il est, il pose un problème, il amène une complication, il soulève un obstacle ; problème pour nous, complication en nous, obstacle devant nous : mais pour Dieu, est-ce qu'il y a des problèmes ? Est-ce que l'on peut embarrasser ses voies, ou lui opposer quelques barrières ? Il s'arrête s'il le veut, mais uniquement parce qu'il le veut ; et partout où il lui plaît de passer, il passe. Le péché atteint Dieu en ce sens qu'il l'offense ; jamais il ne l'atteint en ce sens qu'il le modifie. Il modifie ses actes ; mais, loin de modifier son essence, il ne change même rien à sa disposition primordiale et foncière envers nous, c'est-à-dire à l'amour qu'il nous porte. Comme en face du néant sa bonté devient l'amour, vis-à-vis du péché son amour devient la miséricorde, et tout est dit. Oui, tout est dit ; à une seule condition toutefois, c'est que le pécheur espère. Et à certains égards nul n'a tant de titres que le pécheur à espérer en Dieu. Sans doute, la sainteté divine a tant d'horreur pour le péché, qu'elle oblige sa justice à le punir de peines effroyables ; mais c'est précisément pourquoi la miséricorde en est incomparablement plus émue que de tous les autres malheurs qui nous pourraient frapper. Car enfin, si on le regarde du côté de la peine qu'il mérite, le péché est la perte de Dieu ; c'est donc un mal suprême et vraiment la misère absolue. Où ira régulièrement la plus grande compassion, si ce n'est à la plus grande misère ? Telle est donc la raison pour laquelle la miséricorde divine s'excite elle-même ici plus que partout ailleurs, afin que le pécheur se repente, se confie, obtienne son pardon et se sauve. D'où vous voyez que l'ardeur même de la colère est en Dieu une source nouvelle et plus vive de pitié et de bonté, et devient dès lors, pour nous tous, un fondement nouveau d'espérance[89]. »

«Dirão: há o pecado. Ai! é bem verdade, o pecado está em toda parte, e em toda parte onde está, põe um problema, traz uma complicação, levanta um obstáculo; problema para nós, complicação em nós, obstáculo diante de nós: mas para Deus, porventura há problemas? Porventura se podem embaraçar os seus caminhos, ou opor-lhe algumas barreiras? Ele se detém se quer, mas unicamente porque quer; e em toda parte por onde lhe apraz passar, passa. O pecado atinge a Deus no sentido de que o ofende; nunca o atinge no sentido de que o modifique. Modifica os seus atos; mas, longe de modificar a sua essência, nada muda sequer na sua disposição primordial e fundamental para conosco, isto é, no amor que nos tem. Como diante do nada a sua bondade se torna amor, diante do pecado o seu amor se torna misericórdia, e está tudo dito. Sim, está tudo dito; com uma única condição, porém: que o pecador espere. E, sob certos aspectos, ninguém tem tantos títulos como o pecador para esperar em Deus. Sem dúvida, a santidade divina tem tanto horror ao pecado, que obriga a sua justiça a puni-lo com penas espantosas; mas é precisamente por isso que a misericórdia se comove com ele incomparavelmente mais do que com todas as outras desgraças que nos poderiam ferir. Porque, enfim, se o olharmos pelo lado da pena que merece, o pecado é a perda de Deus; é, pois, um mal supremo e verdadeiramente a miséria absoluta. Para onde irá, por regra, a maior compaixão, senão para a maior miséria? Tal é, pois, a razão pela qual a misericórdia divina se excita a si mesma aqui mais do que em qualquer outra parte, a fim de que o pecador se arrependa, confie, obtenha o perdão e se salve. Donde vedes que o próprio ardor da cólera é em Deus uma fonte nova e mais viva de piedade e de bondade, e se torna desde então, para todos nós, um novo fundamento de esperança[89].»

2. — Étant prouvé, et d'une façon si péremptoire, que la miséricorde n'est autre chose que la bonté, c'est-à-dire l'essence même de Dieu dans ses rapports avec la misère de sa créature, n'entrevoit-on pas que chacune de nos fautes peut devenir, si nous le voulons, une occasion nouvelle, à ce divin attribut, de se manifester et de se glorifier, et que, semblables aux lèvres de l'agneau qui soulage sa mère en lui faisant épancher le lait bienfaisant qui remplit ses mamelles, nos fautes, rapprochées par la confiance et le repentir du cœur de la Divinité, lui procurent la vraie joie de verser quelques effluves de plus de cette miséricorde qui surabonde en son sein maternel ?

2. — Estando provado, e de modo tão peremptório, que a misericórdia não é outra coisa senão a bondade, isto é, a própria essência de Deus nas suas relações com a miséria da sua criatura, não se entrevê que cada uma das nossas faltas pode tornar-se, se o quisermos, uma nova ocasião para esse divino atributo se manifestar e se glorificar, e que, semelhantes aos lábios do cordeiro que alivia a mãe fazendo-a derramar o leite benfazejo que lhe enche o úbere, as nossas faltas, aproximadas pela confiança e pelo arrependimento do coração da Divindade, lhe proporcionam a verdadeira alegria de verter alguns eflúvios a mais dessa misericórdia que superabunda no seu seio materno?

Écoutons ici un des plus beaux accents d'une des voix épiscopales les plus éloquentes de notre siècle.

Ouçamos aqui um dos mais belos acentos de uma das vozes episcopais mais eloquentes do nosso século.

« Beati misericordes ! En prononçant cet oracle, on peut dire que le Fils de Dieu fait homme nous a révélé sa propre béatitude et celle de son Père qui est dans les cieux. Car si la miséricorde, telle que peut la pratiquer un simple mortel, est pour lui un principe et une source de félicité, que dire de la miséricorde telle que Dieu et Dieu seul sait l'exercer, et quel transport de bonheur ne doit-elle pas incessamment entretenir dans le sein de la Divinité ? Bienheureux les miséricordieux : donc, bienheureux par-dessus tous les autres Celui qui seul a droit d'être appelé bon ; unus est bonus Deus (Matth. XIX, 17), Celui dont la charité est l'essence, Celui dont la miséricorde et la bonté n'ont pas plus de limite que l'éternité elle-même : Confitemini Domino quoniam bonus, quoniam in æternum misericordia ejus (Ps. 135...). La rigueur n'est point dans la nature de Dieu. Quand Dieu cède à la colère, quand il exerce la justice, il fait une besogne qui lui est étrangère : irascetur ut faciat... alienum opus ejus (Is. XXVIII, 21). C'est la gauche qui tient les verges, et Dieu se lasse promptement d'opérer avec cette main : peregrinum est opus ejus ab eo (ibid.). La main droite du Seigneur, au contraire, est l'instrument favori de son cœur, elle fait les œuvres de son amour...... D'un pécheur aveugle et incorrigible elle sait faire, en un clin d'œil, un pénitent résolu : hæc mutatio dexteræ Excelsi (Ps. LXVI, 11)[90]. »

«Beati misericordes! Pronunciando esse oráculo, pode-se dizer que o Filho de Deus feito homem nos revelou a sua própria bem-aventurança e a de seu Pai que está nos céus. Pois, se a misericórdia, tal como a pode praticar um simples mortal, é para ele um princípio e uma fonte de felicidade, que dizer da misericórdia tal como Deus, e só Deus, a sabe exercer, e que transporte de felicidade não deve ela entreter incessantemente no seio da Divindade? Bem-aventurados os misericordiosos: logo, bem-aventurado acima de todos os outros Aquele que é o único com direito a ser chamado bom; unus est bonus Deus (Mt XIX, 17), Aquele cuja essência é a caridade, Aquele cuja misericórdia e cuja bondade não têm mais limite do que a própria eternidade: Confitemini Domino quoniam bonus, quoniam in æternum misericordia ejus (Sl 135...). O rigor não está na natureza de Deus. Quando Deus cede à cólera, quando exerce a justiça, faz uma obra que lhe é estranha: irascetur ut faciat... alienum opus ejus (Is XXVIII, 21). É a mão esquerda que segura as varas, e Deus depressa se cansa de operar com essa mão: peregrinum est opus ejus ab eo (ibid.). A mão direita do Senhor, ao contrário, é o instrumento predileto do seu coração, faz as obras do seu amor...... De um pecador cego e incorrigível ela sabe fazer, num abrir e fechar de olhos, um penitente resoluto: hæc mutatio dexteræ Excelsi (Sl LXVI, 11)[90].»

Mais, encore un coup, la miséricorde ne peut s'exercer que sur la misère, et quelle plus affreuse misère que le péché ! quel objet plus pitoyable pour une infinie pitié ! Ces fautes dont le poids nous écrase et fait de nous des victimes désespérées de la divine colère, il ne tient qu'à nous de les faire valoir auprès de Dieu comme une occasion, pour lui, de manifester un attribut qui lui est, ce semble, bien plus cher que la justice, à savoir la bonté, l'amour. Il ne tient qu'à nous de nous adresser à son cœur, et de lui dire avec David : Vous me pardonnerez, Seigneur, vous effacerez mes fautes, pour glorifier votre perfection la plus chérie, la miséricorde : propter bonitatem tuam, Domine ; et comme vous la glorifierez d'autant mieux que mes crimes à effacer seront plus nombreux, la multitude même de mes fautes m'en fait davantage espérer le pardon : Propitiaberis peccato meo, multum est enim (Ps. XXIV, 7, 11).

Mas, mais uma vez, a misericórdia só se pode exercer sobre a miséria, e que miséria mais espantosa do que o pecado! que objeto mais digno de piedade para uma infinita piedade! Essas faltas cujo peso nos esmaga e faz de nós vítimas desesperadas da divina cólera, só de nós depende fazê-las valer junto de Deus como uma ocasião, para ele, de manifestar um atributo que lhe é, ao que parece, bem mais caro do que a justiça, a saber, a bondade, o amor. Só de nós depende dirigir-nos ao seu coração e dizer-lhe com Davi: Vós me perdoareis, Senhor, apagareis as minhas faltas, para glorificar a vossa perfeição mais querida, a misericórdia: propter bonitatem tuam, Domine; e, como a glorificareis tanto melhor quanto mais numerosos forem os crimes a apagar, a própria multidão das minhas faltas me faz esperar mais o perdão delas: Propitiaberis peccato meo, multum est enim (Sl XXIV, 7, 11).

« Dieu, ajoute un ancien auteur trop peu connu[91], Dieu n'est-il pas le Maître qui nous a enseigné à ne pas nous laisser vaincre par le mal, mais à vaincre le mal par le bien (Rom. XII, 21) ; à ne pas rendre le mal pour le mal, ni la malédiction pour la malédiction (I. Pet. III, 9) ; à combler de bienfaits nos ennemis et à accumuler ainsi des charbons ardents sur leurs têtes (Rom. XII, 20) ? Or le disciple n'est point au-dessus du maître, ni le serviteur au-dessus de son seigneur (Matth. X, 24). Si donc nous voyons des disciples de ce divin Maître pratiquer si parfaitement cette leçon que, non seulement ils se sont montrés pleins de bienveillance et de douceur envers leurs iniques persécuteurs et leurs cruels tyrans ; mais qu'ils leur ont rendu le bien pour le mal, jusqu'à donner leur vie pour les sauver, que dirons-nous du Maître dont ces justes ont reçu et pratiqué une si sublime doctrine ?

«Deus, acrescenta um antigo autor que merecia ser mais conhecido[91], Deus não é o Mestre que nos ensinou a não nos deixarmos vencer pelo mal, mas a vencer o mal pelo bem (Rm XII, 21); a não pagar mal com mal, nem maldição com maldição (1 Pd III, 9); a cumular de benefícios os nossos inimigos e a acumular assim carvões ardentes sobre as suas cabeças (Rm XII, 20)? Ora, o discípulo não está acima do mestre, nem o servo acima do seu senhor (Mt X, 24). Se, pois, vemos discípulos desse divino Mestre praticar tão perfeitamente essa lição que não só se mostraram cheios de benevolência e de doçura para com os seus iníquos perseguidores e os seus cruéis tiranos, mas lhes pagaram o mal com o bem, a ponto de dar a vida para os salvar, que diremos do Mestre de quem esses justos receberam e praticaram uma doutrina tão sublime?

« La charité de tous les disciples réunis, mise en regard de celle du Christ, n'atteint pas les proportions d'une goutte d'eau vis-à-vis de l'Océan. Si donc une étincelle de charité a été si puissante chez eux, que fera l'incendie immense, infini de la suréminente charité de Dieu ?

«A caridade de todos os discípulos reunidos, posta em confronto com a de Cristo, não atinge as proporções de uma gota d'água diante do Oceano. Se, pois, uma centelha de caridade foi tão poderosa neles, que fará o incêndio imenso, infinito, da supereminente caridade de Deus?

« Ah ! s'écrie saint Chrysostome, Jésus nous dit : Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle sera votre récompense ? Les païens n'en font-ils pas autant ? (Matth. V, 47.) Et nous disons de Dieu : S'il n'exauce, s'il ne secourt que les justes ses amis, ne manquera-t-il pas quelque chose à sa bonté ? »

«Ah! exclama são Crisóstomo, Jesus nos diz: Se amais os que vos amam, que recompensa tereis? Os pagãos não fazem o mesmo? (Mt V, 47.) E nós dizemos de Deus: Se ele só atende, se só socorre os justos, seus amigos, não faltará alguma coisa à sua bondade?»

3. — La sainteté infinie de Dieu se joint à sa bonté, pour l'exciter à poursuivre le péché de sa haine, et, plus encore, le pécheur de sa miséricorde. « Dieu, dit le Père Segneri, a le péché en si grande horreur, que, afin de l'arracher des cœurs, non seulement il s'est humilié jusqu'à la mort, quand il était revêtu d'une chair mortelle, mais encore aujourd'hui, glorieux dans le ciel, il s'humilie jusqu'à se faire suppliant. Laboravi rogans (Jér. XV, 6). Mais remarquez-vous bien pourquoi ? Avez-vous jamais observé un chasseur au moment où il va tirer sur sa proie ? Voyez comme il évite le moindre bruit, comme il se baisse et, s'il le faut, rampe sur la terre. Pourquoi ? C'est qu'il veut tuer le gibier qu'il vise. Eh bien ! tel est l'objet des supplications du Seigneur, de sa patience, de son calme, de son silence pendant que nous l'offensons. Il n'a qu'un but : exterminer le péché, et l'exterminer complètement.

3. — A santidade infinita de Deus junta-se à sua bondade para o incitar a perseguir o pecado com o seu ódio e, mais ainda, o pecador com a sua misericórdia. «Deus, diz o padre Segneri, tem o pecado em tão grande horror, que, para arrancá-lo dos corações, não só se humilhou até a morte, quando estava revestido de uma carne mortal, mas ainda hoje, glorioso no céu, se humilha até fazer-se suplicante. Laboravi rogans (Jr XV, 6). Mas notais bem por quê? Já observastes alguma vez um caçador no momento em que vai atirar na presa? Vede como evita o menor ruído, como se abaixa e, se for preciso, rasteja pela terra. Por quê? É que quer matar a caça que tem em mira. Pois bem! tal é o objeto das súplicas do Senhor, da sua paciência, da sua calma, do seu silêncio enquanto o ofendemos. Ele só tem um fim: exterminar o pecado, e exterminá-lo completamente.

« Si le Seigneur précipitait sur-le-champ en enfer toute âme gravement coupable, sans doute il prendrait toujours le pécheur, mais jamais il n'exterminerait le péché. Au contraire, le péché s'éterniserait par son châtiment même. Mais, précisément parce que la haine divine s'attaque directement à la faute, et seulement indirectement, à cause de la faute, au pécheur, Dieu use de tant d'industries, s'humilie avec tant d'avances amoureuses, afin de séparer le péché du pécheur, et d'anéantir celui-là en sauvant celui-ci, ne se décidant à perdre le coupable que lorsque l'obstination de sa libre volonté à retenir sa faute ne permettant plus à Dieu de tuer le péché dans le pécheur, le force à tuer le pécheur dans le péché.

«Se o Senhor precipitasse imediatamente no inferno toda alma gravemente culpada, sem dúvida apanharia sempre o pecador, mas nunca exterminaria o pecado. Ao contrário, o pecado se eternizaria pelo seu próprio castigo. Mas, precisamente porque o ódio divino ataca diretamente a falta, e só indiretamente, por causa da falta, o pecador, Deus usa de tantos expedientes, humilha-se com tantas aproximações amorosas, a fim de separar o pecado do pecador e de aniquilar aquele salvando este, e só se decide a perder o culpado quando a obstinação da sua livre vontade em reter a falta, não permitindo mais a Deus matar o pecado no pecador, o força a matar o pecador no pecado.

« Tel est le motif qui anime l'infinie Bonté à nous attendre, à nous inviter à la pénitence et à nous recevoir. Voilà pourquoi David, connaissant bien cette disposition de Dieu, s'en prévaut d'une façon singulière en s'écriant : Seigneur, vous me pardonnerez mon péché parce qu'il est grand ; — Tu propitiaberis peccato meo : multum est enim (Ps. XXIV, 11). Un esprit ignorant de ce calcul divin croira que le Prophète se trompe, et aurait dû donner le nom de grande à la divine miséricorde, et non pas à sa faute, excusant au contraire celle-ci, et l'atténuant par toutes sortes de considérations, afin d'en demander plus hardiment et d'en obtenir plus aisément la rémission. David était mieux avisé. Il savait que l'énormité du péché est un motif, pour la divine Bonté, de l'exterminer plus volontiers, et il s'adressait à cette même Bonté en lui disant : Énorme est mon péché, multum est enim, afin de la déterminer à en purifier entièrement son âme. C'est ainsi que le vigneron, qui voit sa vigne ravagée par un sanglier, décrit sous les couleurs les plus horribles la férocité et la force de cet animal, devant le chasseur, dans le but de l'animer davantage à le poursuivre et à le tuer. Tu propitiaberis peccato meo : multum est enim[92]. »

«Tal é o motivo que move a infinita Bondade a esperar-nos, a convidar-nos à penitência e a receber-nos. Eis por que Davi, conhecendo bem essa disposição de Deus, vale-se dela de modo singular, exclamando: Senhor, vós me perdoareis o meu pecado, porque é grande; — Tu propitiaberis peccato meo: multum est enim (Sl XXIV, 11). Um espírito ignorante desse cálculo divino julgará que o Profeta se engana, e que deveria ter dado o nome de grande à divina misericórdia, e não à sua falta, desculpando esta, ao contrário, e atenuando-a com toda sorte de considerações, a fim de pedir com mais ousadia e obter com mais facilidade a sua remissão. Davi era mais avisado. Sabia que a enormidade do pecado é um motivo, para a divina Bondade, de exterminá-lo de melhor grado, e dirigia-se a essa mesma Bondade dizendo-lhe: Enorme é o meu pecado, multum est enim, a fim de a determinar a purificar dele inteiramente a sua alma. Assim o vinhateiro que vê a sua vinha devastada por um javali descreve com as cores mais horríveis a ferocidade e a força desse animal diante do caçador, com o fim de animá-lo mais a persegui-lo e a matá-lo. Tu propitiaberis peccato meo: multum est enim[92].»

4. — Et si David tenait déjà ce langage au Dieu des armées, avec quel redoublement de confiance ne l'adresserons-nous pas au Verbe incarné pour le salut des pécheurs, à Celui qui a voulu épouser notre nature ut misericors fieret[93], précisément pour donner un plus large épanouissement, une expansion plus généreuse à sa miséricorde ! Bossuet n'hésite pas à le dire, « Jésus-Christ, comme Fils de Dieu, étant la sainteté essentielle, quoiqu'il se plaise à voir à ses pieds un pécheur qui retourne à la bonne voie, il aime toutefois d'un amour plus fort l'innocence qui ne s'est jamais démentie... Mais il a pris d'autres sentiments, pour l'amour de nous, quand il s'est fait notre Sauveur. Ce Dieu donne la préférence aux innocents ; mais, Chrétiens, réjouissons-nous, ce Sauveur miséricordieux est venu chercher les coupables ; il ne vit que pour les pécheurs, parce que c'est pour les pécheurs qu'il est envoyé[94]. » « Sa vocation est d'être Sauveur », reprend saint François de Sales[95]. « Il est le Dieu des misérables[96], continue la vénérée Mère Chappuis. Chaque fois que nous lui offrons une faute à réparer, nous lui redonnons le titre de Sauveur. »

4. — E, se Davi já falava essa linguagem ao Deus dos exércitos, com que redobrada confiança não a dirigiremos ao Verbo encarnado para a salvação dos pecadores, Àquele que quis desposar a nossa natureza ut misericors fieret[93], precisamente para dar um desabrochar mais amplo, uma expansão mais generosa à sua misericórdia! Bossuet não hesita em dizê-lo: «Jesus Cristo, como Filho de Deus, sendo a santidade essencial, embora se compraza em ver a seus pés um pecador que volta ao bom caminho, ama todavia com um amor mais forte a inocência que nunca se desmentiu... Mas tomou outros sentimentos, por amor de nós, quando se fez nosso Salvador. Esse Deus dá a preferência aos inocentes; mas, cristãos, alegremo-nos: esse Salvador misericordioso veio buscar os culpados; só vive para os pecadores, porque é para os pecadores que é enviado[94].» «A sua vocação é ser Salvador», retoma são Francisco de Sales[95]. «Ele é o Deus dos miseráveis[96], continua a venerada Madre Chappuis. Cada vez que lhe oferecemos uma falta a reparar, devolvemos-lhe o título de Salvador.»

Dieu nous garde de rien dire qui sente l'exagération ou le paradoxe ; mais, involontairement, nous nous rappelons le mot d'un grand évêque à des missionnaires qui gémissaient devant lui sur les iniquités dont leur ministère les rendait témoins : « Eh ! quelle serait votre raison d'être, mes bons Pères, s'il n'y avait point de péchés ? » O Prêtre éternel, ô Jésus, notre Sauveur, permettez-nous de vous le dire aussi : quelle serait la raison d'être de votre vie mortelle et de vos souffrances inouïes, et que feriez-vous ici-bas, dans vos Sacrements, dans votre Église, s'il n'y avait point de péchés à pardonner ? Que feriez-vous de votre miséricorde, s'il n'y avait point de misérables ?

Deus nos livre de dizer algo que cheire a exagero ou a paradoxo; mas, involuntariamente, lembramo-nos da palavra de um grande bispo a missionários que gemiam diante dele sobre as iniquidades de que o seu ministério os tornava testemunhas: «Eh! qual seria a vossa razão de ser, meus bons Padres, se não houvesse pecados?» Ó Sacerdote eterno, ó Jesus, nosso Salvador, permiti-nos dizer-vos também: qual seria a razão de ser da vossa vida mortal e dos vossos sofrimentos inauditos, e que faríeis cá embaixo, nos vossos Sacramentos, na vossa Igreja, se não houvesse pecados a perdoar? Que faríeis da vossa misericórdia, se não houvesse miseráveis?

« Quand Jésus, a dit sainte Gertrude, ne trouve plus des âmes assez vierges pour venir à elles comme Époux, il les laisse devenir malades, afin d'y venir comme médecin. » La joie, l'honneur que donne au médecin le malade qui lui confie, avec ses plaies, les chances de sa guérison, le pécheur les procure au divin Samaritain, en lui offrant ses fautes à guérir. Si le Dieu a été offensé par la coulpe, le Sauveur est glorifié par le pardon qui la détruit. Vraiment, il semblerait, à voir les faveurs dont il inonde les prodigues revenus à lui, qu'il veuille les remercier de lui avoir donné occasion d'assouvir les désirs, les besoins de sa clémence.

«Quando Jesus, disse santa Gertrudes, já não encontra almas bastante virgens para ir a elas como Esposo, deixa-as ficar doentes, a fim de ir a elas como médico.» A alegria, a honra que dá ao médico o doente que lhe confia, com as suas chagas, as possibilidades da sua cura, o pecador as proporciona ao divino Samaritano, oferecendo-lhe as suas faltas para curar. Se o Deus foi ofendido pela culpa, o Salvador é glorificado pelo perdão que a destrói. Verdadeiramente, pareceria, ao ver os favores com que ele inunda os pródigos que voltam a ele, que lhes quer agradecer por lhe terem dado ocasião de saciar os desejos, as necessidades da sua clemência.

« Donc, ô mon âme, conclut l'auteur cité plus haut[97], de ce que tu te reconnais malade, de grâce, ne redoute point d'aller au médecin. Au contraire, vas-y avec d'autant plus de confiance que c'est pour toi, pour venir à toi qu'il s'est élancé de son lit nuptial, qu'il a marché à pas de géant depuis le sommet des cieux (Ps. XVIII). Il est venu te délivrer de la maladie du péché, car il savait que le médecin est nécessaire aux infirmes, et non à ceux qui se portent bien (Matth. IX, 12). — O folie funeste des pécheurs qui puisent des motifs de fuir le médecin dans ce qui leur devrait donner le plus de confiance d'aller à lui ! Insensé celui qui a peur de trouver un adversaire indigné dans celui qui est venu le guérir !

«Portanto, ó minha alma, conclui o autor citado acima[97], visto que te reconheces doente, por piedade, não temas ir ao médico. Ao contrário, vai com tanto maior confiança quanto foi por ti, para vir a ti, que ele se lançou do seu leito nupcial, que caminhou a passos de gigante desde o cimo dos céus (Sl XVIII). Veio livrar-te da doença do pecado, porque sabia que o médico é necessário aos enfermos, e não aos que estão sãos (Mt IX, 12). — Ó loucura funesta dos pecadores, que tiram motivos para fugir do médico daquilo mesmo que lhes deveria dar mais confiança para ir a ele! Insensato aquele que tem medo de encontrar um adversário indignado naquele que veio curá-lo!

« L'impie fuit sans que nul le poursuive (Prov. XXVIII, 1). Il est étrange qu'on fuie sans être poursuivi ; mais il est plus étrange encore que l'impie fuie lorsque non seulement personne ne le poursuit, mais quand la bonté divine elle-même l'appelle, court après lui pour lui offrir sa miséricorde, pour lui présenter un remède à ses maux en lui promettant, en lui jurant qu'elle lui donnera tout ce qu'il voudra bien lui demander pour son salut éternel. »

«O ímpio foge sem que ninguém o persiga (Pr XXVIII, 1). É estranho que se fuja sem ser perseguido; mas é mais estranho ainda que o ímpio fuja quando não só ninguém o persegue, mas quando a própria bondade divina o chama, corre atrás dele para lhe oferecer a sua misericórdia, para lhe apresentar um remédio para os seus males, prometendo-lhe, jurando-lhe que lhe dará tudo o que ele quiser pedir-lhe para a sua salvação eterna.»

Et quelle douce, quelle ravissante lumière irradient sur ces pensées, les apparitions et les révélations de Paray-le-Monial ! Un saint religieux l'a fort bien dit : « Depuis la venue de Notre-Seigneur, la confiance doit être la vertu propre des pauvres pécheurs[98] » ; mais, depuis la manifestation au monde du Cœur de Jésus, cette confiance ne peut-elle pas s'élever jusqu'aux limites de l'audace ? N'est-ce pas ce Cœur divin qui a répondu au coup de lance de Longin en versant sur lui, non seulement le pardon, mais la sainteté, mais la grâce du martyre ? N'est-ce pas ce Cœur qui nourrit les pécheurs du sang qu'ils font couler, comme le pélican, ses petits, de ses flancs par eux déchirés[99], et qui n'a voulu être blessé et ouvert, suivant saint Vincent Ferrier[100], que pour montrer aux coupables la source même du pardon ? N'est-ce pas ce Cœur enfin qui crie à tous, du fond de son tabernacle : Venez à moi vous tous qui êtes accablés, et je vous soulagerai[101] ? N'est-il pas dévoré d'une soif inépuisable d'absoudre et de guérir, et n'est-ce pas étancher sa soif que de lui apporter des fautes à pardonner ?

E que doce, que encantadora luz irradiam sobre esses pensamentos as aparições e as revelações de Paray-le-Monial! Um santo religioso disse-o muito bem: «Desde a vinda de Nosso Senhor, a confiança deve ser a virtude própria dos pobres pecadores[98]»; mas, desde a manifestação ao mundo do Coração de Jesus, não pode essa confiança elevar-se até os limites da audácia? Não foi esse Coração divino que respondeu ao golpe de lança de Longuinho derramando sobre ele não só o perdão, mas a santidade, mas a graça do martírio? Não é esse Coração que nutre os pecadores com o sangue que eles fazem correr, como o pelicano aos seus filhotes, com os flancos por eles dilacerados[99], e que só quis ser ferido e aberto, segundo são Vicente Ferrer[100], para mostrar aos culpados a própria fonte do perdão? Não é esse Coração, enfim, que clama a todos, do fundo do seu tabernáculo: Vinde a mim, vós todos que estais acabrunhados, e eu vos aliviarei[101]? Não está ele devorado por uma sede inesgotável de absolver e de curar, e não é estancar-lhe a sede trazer-lhe faltas a perdoar?

5. — Aussi est-il remarquable que les âmes les mieux initiées aux suaves secrets du Cœur de Jésus se sont faites les apôtres les plus zélés de la confiance après le péché, et de l'art d'utiliser ses fautes. La vie de sainte Gertrude renferme des traits délicieux à ce sujet, et la Bienheureuse Marguerite-Marie y revient souvent : « Le Cœur de Jésus, dit-elle, est le trône de la miséricorde, où les plus misérables sont les mieux reçus, pourvu que l'amour les présente dans l'abîme de leurs misères.

5. — Por isso é notável que as almas mais bem iniciadas nos suaves segredos do Coração de Jesus se tenham feito os apóstolos mais zelosos da confiança depois do pecado e da arte de aproveitar as próprias faltas. A vida de santa Gertrudes encerra traços deliciosos a esse respeito, e a bem-aventurada Margarida Maria volta a ele muitas vezes: «O Coração de Jesus, diz ela, é o trono da misericórdia, onde os mais miseráveis são os mais bem recebidos, contanto que o amor os apresente no abismo das suas misérias.

« Et quand vous aurez fait des fautes, ne vous troublez pas pour cela, parce que le trouble, l'inquiétude et le trop d'empressement éloignent nos âmes de Dieu et chassent Jésus-Christ de nos cœurs. Mais, en lui demandant pardon, prions son sacré Cœur de satisfaire pour nous, et de nous remettre en grâce avec sa divine Majesté. Dites alors tout confidemment au tout aimable Cœur de Jésus : — O mon unique amour, payez pour votre pauvre esclave et réparez le mal que je viens de faire. Faites-le retourner à votre gloire, à l'édification de mon prochain et au salut de mon âme. — Et de cette manière, nos chutes nous servent quelquefois beaucoup pour nous humilier et nous apprendre ce que nous sommes, et combien il nous est utile d'être cachés dans l'abîme de notre néant.

«E, quando tiverdes cometido faltas, não vos perturbeis por isso, porque a perturbação, a inquietação e o excesso de pressa afastam as nossas almas de Deus e expulsam Jesus Cristo dos nossos corações. Mas, pedindo-lhe perdão, roguemos ao seu sagrado Coração que satisfaça por nós e nos restitua à graça da sua divina Majestade. Dizei então com toda a confiança ao todo amável Coração de Jesus: — Ó meu único amor, pagai pela vossa pobre escrava e reparai o mal que acabo de fazer. Fazei que ele reverta para a vossa glória, para a edificação do meu próximo e para a salvação da minha alma. — E, desta maneira, as nossas quedas nos servem às vezes muito para nos humilhar e nos ensinar o que somos, e quanto nos é útil estar escondidos no abismo do nosso nada.

« Après vous être humiliée, recommencez tout de nouveau à vous rendre fidèle, parce que le sacré Cœur aime cette manière d'agir qui tient l'âme en paix[102]. »

«Depois de vos terdes humilhado, recomeçai de novo a tornar-vos fiel, porque o sagrado Coração ama essa maneira de agir, que mantém a alma em paz[102].»

Le vénérable Directeur de la Bienheureuse, le Père de la Colombière, ne cessait de prêcher le même sujet. Nous tenons à reproduire le passage suivant d'une lettre de lui à une âme écrasée sous le poids de ses fautes. On trouverait difficilement un écho plus fidèle et un résumé plus pratique des enseignements que va nous donner ensuite saint François de Sales.

O venerável diretor da bem-aventurada, o padre de la Colombière, não cessava de pregar o mesmo assunto. Fazemos questão de reproduzir a passagem seguinte de uma carta sua a uma alma esmagada sob o peso das suas faltas. Dificilmente se encontraria um eco mais fiel e um resumo mais prático dos ensinamentos que são Francisco de Sales nos vai dar em seguida.

« Si j'étais à votre place, écrivait le Père de la Colombière, voici comment je me consolerais. Je dirais à Dieu avec confiance : Seigneur, voici une âme qui est au monde pour exercer votre admirable miséricorde, et pour la faire éclater en présence du Ciel et de la terre. Les autres vous glorifient en faisant voir quelle est la force de votre grâce, par leur fidélité et leur constance, combien vous êtes doux et libéral envers ceux qui vous sont fidèles ; pour moi, je vous glorifierai en faisant connaître combien vous êtes bon envers les pécheurs, et que votre miséricorde est au-dessus de toute malice, que rien n'est capable de l'épuiser, que nulle rechute, quelque honteuse et criminelle qu'elle soit, ne doit porter un pécheur au désespoir du pardon. Je vous ai grièvement offensé, ô mon aimable Rédempteur, mais ce serait bien encore pis, si je vous faisais cet horrible outrage de penser que vous n'êtes pas assez bon pour me pardonner. C'est en vain que votre ennemi et le mien me tend tous les jours de nouveaux pièges : il me fera tout perdre plutôt que l'espérance que j'ai en votre miséricorde ; quand je serais retombé cent fois, et que mes crimes seraient cent fois plus horribles qu'ils ne sont, j'espérerais encore en vous. — Après quoi, il me semble que rien de tout ce qui pourrait réparer ma faute et le scandale que j'aurais donné ne me ferait de la peine... Après quoi, je recommencerais à servir Dieu avec plus de ferveur qu'auparavant, et avec la même tranquillité que si je ne l'avais jamais offensé[103]. »

«Se eu estivesse no vosso lugar, escrevia o padre de la Colombière, eis como me consolaria. Diria a Deus com confiança: Senhor, eis uma alma que está no mundo para exercitar a vossa admirável misericórdia e para fazê-la resplandecer na presença do Céu e da terra. Os outros vos glorificam mostrando qual é a força da vossa graça, pela sua fidelidade e pela sua constância, quanto sois doce e liberal para com os que vos são fiéis; eu, por mim, vos glorificarei fazendo conhecer quanto sois bom para com os pecadores, e que a vossa misericórdia está acima de toda malícia, que nada é capaz de esgotá-la, que nenhuma recaída, por mais vergonhosa e criminosa que seja, deve levar um pecador a desesperar do perdão. Ofendi-vos gravemente, ó meu amável Redentor, mas seria pior ainda se vos fizesse o horrível ultraje de pensar que não sois bastante bom para me perdoar. É em vão que o vosso inimigo e o meu me arma todos os dias novas ciladas: há de fazer-me perder tudo antes de me fazer perder a esperança que tenho na vossa misericórdia; ainda que eu tivesse recaído cem vezes, e os meus crimes fossem cem vezes mais horríveis do que são, eu esperaria ainda em vós. — Depois disso, parece-me que nada do que pudesse reparar a minha falta e o escândalo que eu tivesse dado me pesaria... Depois disso, recomeçaria a servir a Deus com mais fervor do que antes, e com a mesma tranquilidade como se nunca o tivesse ofendido[103].»

La vénérée Mère Marie de Sales Chappuis, nommée déjà dans ce livre, et qui avait pour occupation, disait-elle, de « fouiller le Cœur de Dieu », ne craignait point de dire : « Quand, à chacune de nos respirations, nous tomberions en quelque faute, si, autant de fois, on se redonne à Dieu, pour recommencer à bien faire, les chutes ne nuisent pas. Le Seigneur regarde moins les fautes que le profit que nous en tirons, si nous les utilisons pour nous abaisser devant lui, et nous rendre petites, humbles et douces. Oh ! alors, elles ne nuisent point, elles n'affaiblissent pas sa volonté. C'est une grande grâce à une âme de constater ses fautes. Cette connaissance lui fait découvrir la bonté de Dieu et le prix des mérites du divin Sauveur. »

A venerada Madre Maria de Sales Chappuis, já mencionada neste livro, e que tinha por ocupação, dizia ela, «esquadrinhar o Coração de Deus», não temia dizer: «Ainda que, a cada uma das nossas respirações, caíssemos em alguma falta, se outras tantas vezes nos damos de novo a Deus, para recomeçar a fazer o bem, as quedas não prejudicam. O Senhor olha menos para as faltas do que para o proveito que delas tiramos, se as aproveitamos para nos abaixar diante dele e nos tornar pequenas, humildes e doces. Oh! então elas não prejudicam, não enfraquecem a sua vontade. É uma grande graça para uma alma constatar as suas faltas. Esse conhecimento lhe faz descobrir a bondade de Deus e o preço dos méritos do divino Salvador.»

Notas do autor

[89] De la vie et des vertus chrétiennes. De l'Espérance.

[90] Homélie de Mgr Pie, au jour de Toussaint, 1er novembre 1871.

[91] Vén. Alexandre de Saint-François, Carme déchaussé, mort en 1630, Manuale Pauperum, cap. XXXVIII.

[92] Cristiano istruito, parte IIa, ragion. VII, n° 16.

[93] Hebr. II, 17.

[94] 1er sermon sur la Nativité de la Très Sainte Vierge.

[95] Sermon pour le Vendredi Saint.

[96] Saint Bernard dit la même chose : « le Père des miséricordes est nécessairement le Père des misérables » (1er Serm. pour la Toussaint).

[97] Vén. Alexandre de Saint-François, Manuale Pauperum, loco citato.

[98] Lettre du P. Varin, 2 septembre 1805.

[99] St Epiphane, Physiologue.

[100] Sermon pour le Vendredi-Saint, Linée, Christus patiens, lib. V, cap. 6.

[101] Matth. XI, 28.

[102] Œuvres complètes, t. II, p. 173 et passim.

[103] Lettre 89e.

Notas do autor

[89] De la vie et des vertus chrétiennes. Da esperança.

[90] Homilia de dom Pie, no dia de Todos os Santos, 1.º de novembro de 1871.

[91] Ven. Alexandre de Saint-François, carmelita descalço, morto em 1630, Manuale Pauperum, cap. XXXVIII.

[92] Cristiano istruito, parte IIa, ragion. VII, n.º 16.

[93] Hb II, 17.

[94] 1.º sermão sobre a Natividade da Santíssima Virgem.

[95] Sermão para a Sexta-feira Santa.

[96] São Bernardo diz o mesmo: «o Pai das misericórdias é necessariamente o Pai dos miseráveis» (1.º Serm. para o dia de Todos os Santos).

[97] Ven. Alexandre de Saint-François, Manuale Pauperum, loco citato.

[98] Carta do padre Varin, 2 de setembro de 1805.

[99] Santo Epifânio, Physiologue.

[100] Sermão para a Sexta-feira Santa, Linée, Christus patiens, lib. V, cap. 6.

[101] Mt XI, 28.

[102] Œuvres complètes, t. II, p. 173 e passim.

[103] Carta 89.ª.

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