III
Terceira parte: o exercício das virtudes
Contenant plusieurs avis touchant l’exercice des vertus.
Contendo vários avisos acerca do exercício das virtudes.
Chapitre I — Du choix que l’on doit faire quant à l’exercice des vertus
Capítulo I — Da escolha que se deve fazer quanto ao exercício das virtudes
III.1 Le roi des abeilles ne se met point aux champs qu’il ne soit environné de tout son petit peuple, et la charité n’entre jamais dans un cœur qu’elle n’y loge avec soi tout le train des autres vertus, les exerçant et mettant en besogne ainsi qu’un capitaine fait ses soldats ; mais elle ne les met pas en œuvre ni tout à coup, ni également, ni en tous temps, ni en tous lieux. Le juste est « comme l’arbre qui est planté sur le cours des eaux, qui porte son fruit en son temps », parce que la charité arrosant une âme, produit en elle les œuvres vertueuses chacune en sa saison. « La musique », tant agréable de soi-même, « est importune en un deuil », dit le Proverbe. C’est un grand défaut en plusieurs qui, entreprenant l’exercice de quelque vertu particulière, s’opiniâtrent d’en produire des actions en toutes sortes de rencontres, et veulent, comme ces anciens philosophes, ou toujours pleurer ou toujours rire ; et font encore pis quand ils blâment et censurent ceux qui, comme eux, n’exercent pas toujours ces mêmes vertus. « Il se faut réjouir avec les joyeux et pleurer avec les pleurants », dit l’Apôtre ; et « la charité est patiente, bénigne », libérale, prudente, condescendante.
III.1 O rei das abelhas não sai aos campos sem estar rodeado de todo o seu pequeno povo, e a caridade nunca entra num coração sem alojar nele, consigo, todo o séquito das outras virtudes, exercitando-as e pondo-as em ação, assim como um capitão faz com os seus soldados; mas não as põe em obra nem todas de uma vez, nem igualmente, nem em todo tempo, nem em todo lugar. O justo é «como a árvore que está plantada junto às correntes das águas, que dá o seu fruto no seu tempo», porque a caridade, regando uma alma, produz nela as obras virtuosas, cada uma na sua estação. «A música», tão agradável por si mesma, «é importuna num luto», diz o Provérbio. É um grande defeito em muitos que, empreendendo o exercício de alguma virtude particular, se obstinam em produzir atos dela em toda espécie de ocasiões, e querem, como aqueles antigos filósofos, ou sempre chorar ou sempre rir; e fazem ainda pior quando censuram e repreendem os que, como eles, não exercitam sempre essas mesmas virtudes. «É preciso alegrar-se com os que se alegram e chorar com os que choram», diz o Apóstolo; e «a caridade é paciente, benigna», liberal, prudente, condescendente.
Il y a néanmoins des vertus lesquelles ont leur usage presque universel, et qui ne doivent pas seulement faire leurs actions à part, ains doivent encore répandre leurs qualités ès actions de toutes les autres vertus. Il ne se présente pas souvent des occasions de pratiquer la force, la magnanimité, la magnificence ; mais la douceur, la tempérance, l’honnêteté et l’humilité sont des certaines vertus, desquelles toutes les actions de notre vie doivent être teintes. Il y a des vertus plus excellentes qu’elles ; l’usage néanmoins de celles-ci est plus requis. Le sucre est plus excellent que le sel ; mais le sel a un usage plus fréquent et plus général. C’est pourquoi il faut toujours avoir bonne et prompte provision de ces vertus générales, puisqu’il s’en faut servir presque ordinairement.
Há, contudo, virtudes que têm um uso quase universal, e que não devem somente fazer os seus atos à parte, mas devem ainda derramar as suas qualidades nos atos de todas as outras virtudes. Não se apresentam muitas vezes ocasiões de praticar a fortaleza, a magnanimidade, a magnificência; mas a doçura, a temperança, a honestidade e a humildade são certas virtudes de que todas as ações da nossa vida devem estar tingidas. Há virtudes mais excelentes do que elas; o uso destas, porém, é mais necessário. O açúcar é mais excelente do que o sal; mas o sal tem um uso mais frequente e mais geral. Por isso é preciso ter sempre boa e pronta provisão destas virtudes gerais, já que nos devemos servir delas quase de ordinário.
Entre les exercices des vertus, nous devons préférer celui qui est plus conforme à notre devoir, et non pas celui qui est plus conforme à notre goût. C’était le goût de sainte Paule d’exercer l’âpreté des mortifications corporelles pour jouir plus aisément des douceurs spirituelles, mais elle avait plus de devoir à l’obéissance de ses supérieurs ; c’est pourquoi saint Jérôme avoue qu’elle était répréhensible en ce que, contre l’avis de son évêque, elle faisait des abstinences immodérées. Les Apôtres au contraire, commis pour prêcher l’Évangile et distribuer le pain céleste aux âmes, jugèrent extrêmement bien qu’ils eussent eu tort de s’incommoder en ce saint exercice pour pratiquer la vertu du soin des pauvres, quoique très excellente. Chaque vacation a besoin de pratiquer quelque spéciale vertu : autres sont les vertus d’un prélat, autres celles d’un prince, autres celles d’un soldat, autres celles d’une femme mariée, autres celles d’une veuve ; et bien que tous doivent avoir toutes les vertus, tous néanmoins ne les doivent pas également pratiquer, mais un chacun se doit particulièrement adonner à celles qui sont requises au genre de vie auquel il est appelé.
Entre os exercícios das virtudes, devemos preferir o que é mais conforme ao nosso dever, e não o que é mais conforme ao nosso gosto. Era gosto de santa Paula exercitar a aspereza das mortificações corporais para gozar mais facilmente das doçuras espirituais, mas ela devia mais à obediência aos seus superiores; por isso são Jerônimo confessa que ela era repreensível porque, contra o parecer do seu bispo, fazia abstinências imoderadas. Os Apóstolos, ao contrário, encarregados de pregar o Evangelho e de distribuir o pão celeste às almas, julgaram muitíssimo bem que teriam feito mal em se estorvar nesse santo exercício para praticar a virtude do cuidado dos pobres, ainda que excelentíssima. Cada vocação precisa praticar alguma virtude especial: umas são as virtudes de um prelado, outras as de um príncipe, outras as de um soldado, outras as de uma mulher casada, outras as de uma viúva; e, embora todos devam ter todas as virtudes, nem todos, contudo, as devem praticar igualmente, mas cada um se deve dedicar particularmente às que são requeridas pelo gênero de vida a que é chamado.
Entre les vertus qui ne regardent pas notre devoir particulier, il faut préférer les plus excellentes et non pas les plus apparentes. Les comètes paraissent pour l’ordinaire plus grandes que les étoiles et tiennent beaucoup plus de place à nos yeux ; elles ne sont pas néanmoins comparables ni en grandeur ni en qualité aux étoiles, et ne semblent grandes sinon parce qu’elles sont proches de nous et en un sujet plus grossier au prix des étoiles. Il y a de même certaines vertus lesquelles, pour être proches de nous, sensibles et, s’il faut ainsi dire, matérielles, sont grandement estimées et toujours préférées par le vulgaire : ainsi préfère-t-il communément l’aumône temporelle à la spirituelle, la haire, le jeûne, la nudité, la discipline et les mortifications du corps à la douceur, à la débonnaireté, à la modestie et autres mortifications du cœur, qui néanmoins sont bien plus excellentes. Choisissez donc, Philothée, les meilleures vertus et non pas les plus estimées, les plus excellentes et non pas les plus apparentes, les meilleures et non pas les plus braves.
Entre as virtudes que não dizem respeito ao nosso dever particular, é preciso preferir as mais excelentes e não as mais aparentes. Os cometas parecem de ordinário maiores do que as estrelas e ocupam muito mais lugar aos nossos olhos; não são, contudo, comparáveis às estrelas nem em grandeza nem em qualidade, e só parecem grandes porque estão perto de nós e numa matéria mais grosseira, em comparação com as estrelas. Do mesmo modo, há certas virtudes que, por estarem perto de nós, por serem sensíveis e, se assim se pode dizer, materiais, são grandemente estimadas e sempre preferidas pelo vulgo: assim prefere ele comumente a esmola temporal à espiritual, o cilício, o jejum, a nudez, a disciplina e as mortificações do corpo à doçura, à mansidão, à modéstia e às outras mortificações do coração, que, no entanto, são bem mais excelentes. Escolhei, pois, Filoteia, as melhores virtudes e não as mais estimadas, as mais excelentes e não as mais aparentes, as melhores e não as mais vistosas.
Il est utile qu’un chacun choisisse un exercice particulier de quelque vertu, non point pour abandonner les autres, mais pour tenir plus justement son esprit rangé et occupé. Une belle jeune fille, plus reluisante que le soleil, ornée et parée royalement et couronnée d’une couronne d’olives, apparut à saint Jean, évêque d’Alexandrie et lui dit : « Je suis la fille aînée du roi ; si tu me peux avoir pour ton amie je te conduirai devant sa face ». Il connut que c’était la miséricorde envers les pauvres que Dieu lui recommandait, si que, par après, il s’adonna tellement à l’exercice d’icelle, que pour cela il est partout appelé saint Jean l’Aumônier. Euloge Alexandrin, désirant faire quelque service particulier à Dieu, et n’ayant pas assez de force ni pour embrasser la vie solitaire ni pour se ranger sous l’obéissance d’un autre, retira chez soi un misérable tout perdu et gâté de ladrerie pour exercer en icelui la charité et mortification ; ce que pour faire plus dignement, il fit vœu de l’honorer, traiter et servir comme un valet ferait son maître et seigneur. Or, sur quelque tentation survenue tant au ladre qu’à Euloge de se quitter l’un l’autre, ils s’adressèrent au grand saint Antoine qui leur dit : « Gardez bien, mes enfants, de vous séparer l’un de l’autre ; car étant tous deux proches de votre fin, si l’ange ne vous trouve pas ensemble, vous courez grand péril de perdre vos couronnes ».
É útil que cada um escolha um exercício particular de alguma virtude, não para abandonar as outras, mas para manter o espírito mais exatamente ordenado e ocupado. Uma bela donzela, mais resplandecente que o sol, ornada e enfeitada como rainha e coroada com uma coroa de oliveira, apareceu a são João, bispo de Alexandria, e lhe disse: «Eu sou a filha primogênita do rei; se puderes ter-me por tua amiga, eu te conduzirei diante da sua face». Ele entendeu que era a misericórdia para com os pobres que Deus lhe recomendava, de sorte que, dali em diante, se entregou tanto ao exercício dela, que por isso é chamado em toda parte são João Esmoler. Eulógio de Alexandria, desejando prestar algum serviço particular a Deus, e não tendo força bastante nem para abraçar a vida solitária nem para se pôr sob a obediência de outro, recolheu em sua casa um miserável todo perdido e corroído de lepra, para exercitar nele a caridade e a mortificação; e, para o fazer mais dignamente, fez voto de honrá-lo, tratá-lo e servi-lo como um criado faria ao seu amo e senhor. Ora, sobrevindo tanto ao leproso como a Eulógio uma tentação de se deixarem um ao outro, recorreram ao grande santo Antão, que lhes disse: «Guardai-vos bem, meus filhos, de vos separar um do outro; porque, estando ambos perto do vosso fim, se o anjo não vos encontrar juntos, correis grande perigo de perder as vossas coroas».
Le roi saint Louis visitait, comme par un prix fait, les hôpitaux et servait les malades de ses propres mains. Saint François aimait surtout la pauvreté qu’il appelait sa dame ; saint Dominique, la prédication de laquelle son ordre a pris le nom. Saint Grégoire le Grand se plaisait à caresser les pèlerins à l’exemple du grand Abraham, et comme icelui, reçut le Roi de gloire sous la forme d’un pèlerin. Tobie s’exerçait en la charité d’ensevelir les défunts ; sainte Élisabeth, toute grande princesse qu’elle était, aimait surtout l’abjection de soi-même ; sainte Catherine de Gênes, étant devenue veuve, se dédia au service de l’hôpital. Cassien raconte qu’une dévote damoiselle, désireuse d’être exercée en la vertu de patience, recourut à saint Athanase, lequel à sa requête, mit avec elle une pauvre veuve, chagrine, colère, fâcheuse et insupportable, laquelle gourmandant perpétuellement cette dévote fille, lui donna bon sujet de pratiquer dignement la douceur et condescendance.
O rei são Luís visitava, como por tarefa ajustada, os hospitais e servia os doentes com as próprias mãos. São Francisco amava sobretudo a pobreza, a que chamava sua dama; são Domingos, a pregação, da qual a sua ordem tomou o nome. São Gregório Magno comprazia-se em acolher com carinho os peregrinos, a exemplo do grande Abraão, e, como ele, recebeu o Rei da glória sob a forma de um peregrino. Tobias exercitava-se na caridade de sepultar os mortos; santa Isabel, por grande princesa que fosse, amava sobretudo a abjeção de si mesma; santa Catarina de Gênova, tendo ficado viúva, dedicou-se ao serviço do hospital. Cassiano conta que uma devota dama, desejosa de ser exercitada na virtude da paciência, recorreu a santo Atanásio, o qual, a seu pedido, pôs com ela uma pobre viúva, rabugenta, colérica, impertinente e insuportável, a qual, ralhando perpetuamente com essa devota senhora, lhe deu bom motivo para praticar dignamente a doçura e a condescendência.
Ainsi entre les serviteurs de Dieu, les uns s’adonnent à servir les malades, les autres à secourir les pauvres, les autres à procurer l’avancement de la doctrine chrétienne entre les petits enfants, les autres à ramasser les âmes perdues et égarées, les autres à parer les églises et orner les autels, et les autres à moyenner la paix et concorde entre les hommes. En quoi ils imitent les brodeurs qui, sur divers fonds, couchent en belle variété les soies, l’or et l’argent pour en faire toutes sortes de fleurs ; car ainsi ces âmes pieuses qui entreprennent quelque particulier exercice de dévotion, se servent d’icelui comme d’un fonds pour leur broderie spirituelle, sur lequel elles pratiquent la variété de toutes les autres vertus, tenant en cette sorte leurs actions et affections mieux unies et rangées par le rapport qu’elles en font à leur exercice principal, et font ainsi paraître leur esprit
Assim, entre os servos de Deus, uns se dedicam a servir os doentes, outros a socorrer os pobres, outros a promover o progresso da doutrina cristã entre as criancinhas, outros a recolher as almas perdidas e desgarradas, outros a enfeitar as igrejas e ornar os altares, e outros a negociar a paz e a concórdia entre os homens. Nisso imitam os bordadores, que, sobre fundos diversos, assentam em bela variedade as sedas, o ouro e a prata, para com eles fazerem toda espécie de flores; porque assim essas almas piedosas que empreendem algum exercício particular de devoção servem-se dele como de um fundo para o seu bordado espiritual, sobre o qual praticam a variedade de todas as outras virtudes, mantendo desse modo as suas ações e afeições mais unidas e ordenadas pela relação que delas fazem com o seu exercício principal, e fazem assim aparecer o seu espírito
En son beau vêtement de drap d’or recamé,
Et d’ouvrages divers à l’aiguille semé.
Em seu belo vestido, em ouro recamado,
E de vário lavor à agulha semeado.
Quand nous sommes combattus de quelque vice, il faut, tant qu’il nous est possible, embrasser la pratique de la vertu contraire, rapportant les autres à icelle ; car par ce moyen nous vaincrons notre ennemi et ne laisserons pas de nous avancer en toutes les vertus. Si je suis combattu par l’orgueil ou par la colère, il faut qu’en toute chose je me penche et plie du côté de l’humilité et de la douceur, et qu’à cela je fasse servir les autres exercices de l’oraison, des sacrements, de la prudence, de la constance, de la sobriété. Car, comme les sangliers pour aiguiser leurs défenses les frottent et fourbissent avec leurs autres dents, lesquelles réciproquement en demeurent toutes fort affilées et tranchantes, ainsi l’homme vertueux ayant entrepris de se perfectionner en la vertu de laquelle il a plus de besoin pour sa défense, il la doit limer et affiler par l’exercice des autres vertus, lesquelles en affinant celle-là, en deviennent toutes plus excellentes et mieux polies ; comme il advint à Job, qui s’exerçant particulièrement en la patience, contre tant de tentations desquelles il fut agité, devint parfaitement saint et vertueux en toutes sortes de vertus. Ains il est arrivé, comme dit saint Grégoire Nazianzène, que par une seule action de quelque vertu, bien et parfaitement exercée, une personne a atteint au comble des vertus, alléguant Rahab, laquelle, ayant exactement pratiqué l’office d’hospitalité, parvint à une gloire suprême ; mais cela s’entend quand telle action se fait excellemment, avec grande ferveur et charité.
Quando somos combatidos por algum vício, é preciso, quanto nos for possível, abraçar a prática da virtude contrária, referindo a ela as outras; porque, por esse meio, venceremos o nosso inimigo e não deixaremos de avançar em todas as virtudes. Se sou combatido pelo orgulho ou pela cólera, é preciso que em todas as coisas eu me incline e me dobre para o lado da humildade e da doçura, e que a isso eu faça servir os outros exercícios da oração, dos sacramentos, da prudência, da constância, da sobriedade. Porque, assim como os javalis, para aguçar as presas, as esfregam e lustram com os outros dentes, os quais, reciprocamente, ficam todos muito afiados e cortantes, assim o homem virtuoso, tendo empreendido aperfeiçoar-se na virtude de que mais precisa para a sua defesa, deve limá-la e afiá-la pelo exercício das outras virtudes, as quais, ao afinarem aquela, se tornam todas mais excelentes e mais bem polidas; como aconteceu a Jó, que, exercitando-se particularmente na paciência, contra tantas tentações que o agitaram, se tornou perfeitamente santo e virtuoso em toda espécie de virtudes. Antes, aconteceu, como diz são Gregório Nazianzeno, que, por um só ato de alguma virtude, bem e perfeitamente exercido, uma pessoa chegou ao cúmulo das virtudes, citando Raab, a qual, tendo praticado com exatidão o ofício da hospitalidade, chegou a uma glória suprema; mas isso se entende quando tal ato se faz excelentemente, com grande fervor e caridade.
Chapitre II — Suite du même discours du choix des vertus
Capítulo II — Continuação do mesmo discurso sobre a escolha das virtudes
III.2 Saint Augustin dit excellemment que ceux qui commencent en la dévotion commettent certaines fautes, lesquelles sont blâmables selon la rigueur des lois de la perfection, et sont néanmoins louables, pour le bon présage qu’elles donnent d’une future excellence de piété, à laquelle même elles servent de disposition. Cette basse et grossière crainte qui engendre les scrupules excessifs ès âmes de ceux qui sortent nouvellement du train des péchés, est une vertu recommandable en ce commencement, présage certain d’une future pureté de conscience ; mais cette même crainte serait blâmable en ceux qui sont fort avancés, dedans le cœur desquels doit régner l’amour, qui petit à petit chasse cette sorte de crainte servile.
III.2 Santo Agostinho diz excelentemente que os que começam na devoção cometem certas faltas que são censuráveis segundo o rigor das leis da perfeição, e são, contudo, louváveis pelo bom presságio que dão de uma futura excelência de piedade, para a qual servem até de disposição. Aquele temor baixo e grosseiro que gera os escrúpulos excessivos nas almas dos que acabam de sair da vida de pecado é uma virtude recomendável nesse começo, presságio certo de uma futura pureza de consciência; mas esse mesmo temor seria censurável nos que estão muito avançados, em cujo coração deve reinar o amor, que pouco a pouco expulsa essa espécie de temor servil.
Saint Bernard en ses commencements, était plein de rigueur et d’âpreté envers ceux qui se rangeaient sous sa conduite, auxquels il annonçait d’abord qu’il fallait quitter le corps et venir à lui avec le seul esprit. Oyant leurs confessions, il détestait avec une sévérité extraordinaire toutes sortes de défauts, pour petits qu’ils fussent, et sollicitait tellement ces pauvres apprentis à la perfection qu’à force de les y pousser il les en retirait ; car ils perdaient cœur et haleine de se voir si instamment pressés en une montée si droite et relevée. Voyez-vous, Philothée, c’était le zèle très ardent d’une parfaite pureté qui provoquait ce grand saint à cette sorte de méthode, et ce zèle était une grande vertu, mais vertu néanmoins qui ne laissait pas d’être répréhensible. Aussi Dieu même, par une sacrée apparition, l’en corrigea, répandant en son âme un esprit doux, suave, amiable et tendre, par le moyen duquel s’étant rendu tout autre, il s’accusa grandement d’avoir été si exact et sévère, et devint tellement gracieux et condescendant avec un chacun qu’il se fit « tout à tous pour les gagner tous ».
São Bernardo, nos seus começos, era cheio de rigor e de aspereza para com os que se punham sob a sua direção, aos quais anunciava logo de início que era preciso deixar o corpo e vir a ele só com o espírito. Ouvindo-lhes as confissões, detestava com uma severidade extraordinária toda espécie de defeitos, por pequenos que fossem, e instigava tanto esses pobres aprendizes da perfeição que, à força de os empurrar para ela, os afastava dela; porque perdiam o ânimo e o fôlego ao se verem tão instantemente apressados numa subida tão íngreme e elevada. Vedes, Filoteia, era o zelo ardentíssimo de uma perfeita pureza que levava esse grande santo a esse tipo de método, e esse zelo era uma grande virtude, mas virtude, contudo, que não deixava de ser repreensível. Por isso o próprio Deus, por uma sagrada aparição, o corrigiu disso, derramando na sua alma um espírito doce, suave, amável e terno, por meio do qual, tornando-se outro homem, ele se acusou grandemente de ter sido tão rigoroso e severo, e se tornou tão afável e condescendente com todos que se fez «tudo para todos, para ganhar a todos».
Saint Jérôme ayant raconté que sainte Paule, sa chère fille, était non seulement excessive, mais opiniâtre en l’exercice des mortifications corporelles, jusques à ne vouloir point céder à l’avis contraire que saint Épiphane son évêque lui avait donné pour ce regard, et qu’outre cela, elle se laissait tellement emporter au regret de la mort des siens, que toujours elle était en danger de mourir, enfin il conclut en cette sorte : « On dira qu’en lieu d’écrire des louanges pour cette sainte, j’en écris des blâmes et vitupères. J’atteste Jésus, auquel elle a servi et auquel je désire servir, que je ne mens ni d’un côté ni d’autre, ains produis naïvement ce qui est d’elle, comme chrétien d’une chrétienne ; c’est-à-dire, j’en écris l’histoire, non pas un panégyrique, et que ses vices sont les vertus des autres ». Il veut dire que les déchets et défauts de sainte Paule eussent tenu lieu de vertu en une âme moins parfaite, comme à la vérité il y a des actions qui sont estimées imperfections en ceux qui sont parfaits, lesquelles seraient néanmoins tenues pour grandes perfections en ceux qui sont imparfaits. C’est bon signe en un malade quand au sortir de sa maladie les jambes lui enflent, car cela dénote que la nature déjà renforcée rejette les humeurs superflues ; mais ce même signe serait mauvais en celui qui ne serait pas malade, car il ferait connaître que la nature n’a pas assez de force pour dissiper et résoudre les humeurs. Ma Philothée, il faut avoir bonne opinion de ceux esquels nous voyons la pratique des vertus, quoiqu’avec imperfection, puisque les saints mêmes les ont souvent pratiquées en cette sorte ; mais quant à nous, il nous faut avoir soin de nous y exercer, non seulement fidèlement, mais prudemment, et à cet effet observer étroitement l’avis du Sage, de « ne point nous appuyer sur notre propre prudence », ains sur celle de ceux que Dieu nous a donnés pour conducteurs.
São Jerônimo, tendo contado que santa Paula, sua querida filha, era não somente excessiva, mas obstinada no exercício das mortificações corporais, a ponto de não querer ceder ao parecer contrário que santo Epifânio, seu bispo, lhe dera a esse respeito, e que, além disso, se deixava levar de tal modo pela dor da morte dos seus, que estava sempre em perigo de morrer, conclui enfim desta maneira: «Dirão que, em vez de escrever louvores a esta santa, escrevo censuras e vitupérios contra ela. Tomo por testemunha Jesus, a quem ela serviu e a quem eu desejo servir, de que não minto nem de um lado nem de outro, mas exponho com singeleza o que há nela, como cristão de uma cristã; isto é, escrevo a sua história, não um panegírico, e de que os seus vícios são as virtudes dos outros». Quer dizer que as falhas e os defeitos de santa Paula teriam feito as vezes de virtude numa alma menos perfeita, como, na verdade, há ações que são tidas por imperfeições nos que são perfeitos, as quais, contudo, seriam tidas por grandes perfeições nos que são imperfeitos. É bom sinal num doente quando, ao sair da doença, as pernas lhe incham, porque isso indica que a natureza, já fortalecida, expele os humores supérfluos; mas esse mesmo sinal seria mau em quem não estivesse doente, porque daria a conhecer que a natureza não tem força bastante para dissipar e resolver os humores. Minha Filoteia, é preciso ter boa opinião daqueles em quem vemos a prática das virtudes, ainda que com imperfeição, já que os próprios santos muitas vezes as praticaram desse modo; mas, quanto a nós, é preciso termos o cuidado de nos exercitar nelas não somente com fidelidade, mas com prudência, e, para isso, observar estritamente o aviso do Sábio, de «não nos apoiarmos na nossa própria prudência», mas na daqueles que Deus nos deu por guias.
Il y a certaines choses que plusieurs estiment vertus et qui ne le sont aucunement, desquelles il faut que je vous dise un mot : ce sont les extases ou ravissements, les insensibilités, impassibilités, unions déifiques, élévations, transformations, et autres telles perfections desquelles certains livres traitent, qui promettent d’élever l’âme jusqu’à la contemplation purement intellectuelle, à l’application essentielle de l’esprit et vie superéminente. Voyez-vous, Philothée, ces perfections ne sont pas vertus ; ce sont plutôt des récompenses que Dieu donne pour les vertus, ou bien encore plutôt des échantillons des félicités de la vie future, qui quelquefois sont présentés aux hommes pour leur faire désirer les pièces tout entières qui sont là-haut en paradis. Mais pour tout cela, il ne faut pas prétendre à telles grâces, puisqu’elles ne sont nullement nécessaires pour bien servir et aimer Dieu, qui doit être notre unique prétention ; aussi bien souvent ne sont-ce pas des grâces qui puissent être acquises par le travail et industrie, puisque ce sont plutôt des passions que des actions, lesquelles nous pouvons recevoir, mais non pas faire en nous. J’ajoute que nous n’avons pas entrepris de nous rendre sinon gens de bien, gens de dévotion, hommes pieux, femmes pieuses ; c’est pourquoi il nous faut bien employer à cela ; que s’il plaît à Dieu de nous élever jusques à ces perfections angéliques, nous serons aussi des bons anges ; mais en attendant exerçons-nous simplement, humblement et dévotement aux petites vertus, la conquête desquelles Notre Seigneur a exposée à notre soin et travail : comme la patience, la débonnaireté, la mortification du cœur, l’humilité, l’obéissance, la pauvreté, la chasteté, la tendreté envers le prochain, le support de ses imperfections, la diligence et sainte ferveur.
Há certas coisas que muitos tomam por virtudes e que de modo algum o são, das quais é preciso que eu vos diga uma palavra: são os êxtases ou arroubamentos, as insensibilidades, impassibilidades, uniões deíficas, elevações, transformações e outras perfeições semelhantes de que tratam certos livros, que prometem elevar a alma até a contemplação puramente intelectual, à aplicação essencial do espírito e à vida supereminente. Vedes, Filoteia, essas perfeições não são virtudes; são antes recompensas que Deus dá pelas virtudes, ou, melhor ainda, amostras das felicidades da vida futura, que às vezes são apresentadas aos homens para lhes fazer desejar as peças inteiras que estão lá em cima, no paraíso. Mas, com tudo isso, não se deve pretender tais graças, pois não são de modo algum necessárias para bem servir e amar a Deus, que deve ser a nossa única pretensão; além disso, muitas vezes não são graças que se possam adquirir pelo trabalho e pela indústria, pois são antes paixões que ações, que podemos receber, mas não fazer em nós. Acrescento que não empreendemos tornar-nos senão gente de bem, gente de devoção, homens piedosos, mulheres piedosas; por isso é preciso que nos empreguemos bem nisso; e, se aprouver a Deus elevar-nos até essas perfeições angélicas, seremos também bons anjos; mas, enquanto isso, exercitemo-nos simples, humilde e devotamente nas pequenas virtudes, cuja conquista Nosso Senhor expôs ao nosso cuidado e trabalho: como a paciência, a mansidão, a mortificação do coração, a humildade, a obediência, a pobreza, a castidade, a ternura para com o próximo, o suportar as suas imperfeições, a diligência e o santo fervor.
Laissons volontiers les suréminences aux âmes surélevées : nous ne méritons pas un rang si haut au service de Dieu ; trop heureux serons-nous de le servir en sa cuisine, en sa paneterie, d’être des laquais, portefaix, garçons de chambre ; c’est à lui par après, si bon lui semble, de nous retirer en son cabinet et conseil privé. Oui, Philothée, car ce Roi de gloire ne récompense pas ses serviteurs selon la dignité des offices qu’ils exercent, mais selon l’amour et humilité avec laquelle ils les exercent. Saül, cherchant les ânes de son père, trouva le royaume d’Israël ; Rébecca, abreuvant les chameaux d’Abraham, devint épouse de son fils ; Ruth, glanant après les moissonneurs de Booz et se couchant à ses pieds, fut tirée à son côté et rendue son épouse. Certes, les prétentions si hautes et élevées des choses extraordinaires sont grandement sujettes aux illusions, tromperies et faussetés ; et arrive quelquefois que ceux qui pensent être des anges ne sont pas seulement bons hommes, et qu’en leur fait il y a plus de grandeur ès paroles et termes dont ils usent, qu’au sentiment et en l’œuvre. Il ne faut pourtant rien mépriser ni censurer témérairement ; mais en bénissant Dieu de la suréminence des autres, arrêtons-nous humblement en notre voie plus basse mais plus assurée, moins excellente mais plus sortable à notre insuffisance et petitesse, en laquelle si nous conversons humblement et fidèlement, Dieu nous élèvera à des grandeurs bien grandes.
Deixemos de bom grado as supereminências às almas sobre-elevadas: não merecemos um posto tão alto no serviço de Deus; bem felizes seremos de servi-lo na sua cozinha, na sua copa, de ser seus lacaios, carregadores, moços de câmara; cabe a ele depois, se bem lhe parecer, recolher-nos ao seu gabinete e conselho privado. Sim, Filoteia, porque esse Rei da glória não recompensa os seus servidores segundo a dignidade dos ofícios que exercem, mas segundo o amor e a humildade com que os exercem. Saul, procurando as jumentas de seu pai, encontrou o reino de Israel; Rebeca, dando de beber aos camelos de Abraão, tornou-se esposa de seu filho; Rute, respigando atrás dos ceifeiros de Booz e deitando-se a seus pés, foi levada para o seu lado e feita sua esposa. Certamente, as pretensões tão altas e elevadas de coisas extraordinárias estão grandemente sujeitas a ilusões, enganos e falsidades; e acontece às vezes que os que pensam ser anjos nem sequer são bons homens, e que neles há mais grandeza nas palavras e termos de que usam do que no sentimento e na obra. Não se deve, contudo, desprezar nem censurar nada temerariamente; mas, bendizendo a Deus pela supereminência dos outros, detenhamo-nos humildemente no nosso caminho, mais baixo, mas mais seguro, menos excelente, mas mais proporcionado à nossa insuficiência e pequenez, no qual, se andarmos humilde e fielmente, Deus nos elevará a grandezas bem grandes.
Chapitre III — De la patience
Capítulo III — Da paciência
III.3 « Vous avez besoin de patience, afin que faisant la volonté de Dieu, vous en rapportiez la promesse », dit l’Apôtre. Oui ; car, comme avait prononcé le Sauveur, « en votre patience vous posséderez vos âmes ». C’est le grand bonheur de l’homme, Philothée, que de posséder son âme ; et à mesure que la patience est plus parfaite, nous possédons plus parfaitement nos âmes. Ressouvenez-vous souvent que Notre Seigneur nous a sauvés en souffrant et endurant, et que de même, nous devons faire notre salut par les souffrances et afflictions, endurant les injures, contradictions et déplaisirs avec le plus de douceur qu’il nous sera possible.
III.3 «Tendes necessidade de paciência, a fim de que, fazendo a vontade de Deus, alcanceis a promessa», diz o Apóstolo. Sim; porque, como pronunciara o Salvador, «na vossa paciência possuireis as vossas almas». É a grande felicidade do homem, Filoteia, possuir a sua alma; e, à medida que a paciência é mais perfeita, possuímos mais perfeitamente as nossas almas. Lembrai-vos muitas vezes de que Nosso Senhor nos salvou sofrendo e padecendo, e de que, do mesmo modo, devemos operar a nossa salvação pelos sofrimentos e aflições, suportando as injúrias, contradições e desgostos com a maior doçura que nos for possível.
Ne bornez point votre patience à telle ou telle sorte d’injures et d’afflictions, mais étendez-la universellement à toutes celles que Dieu vous enverra et permettra vous arriver. Il y en a qui ne veulent souffrir sinon les tribulations qui sont honorables, comme par exemple, d’être blessés à la guerre, d’être prisonniers de guerre, d’être maltraités pour la religion, de s’être appauvris par quelque querelle en laquelle ils soient demeurés maîtres ; et ceux-ci n’aiment pas la tribulation, mais l’honneur qu’elle apporte. Le vrai patient et serviteur de Dieu supporte également les tribulations conjointes à l’ignominie et celles qui sont honorables. D’être méprisé, repris et accusé par les méchants, ce n’est que douceur à un homme de courage ; mais d’être repris, accusé et maltraité par les gens de bien, par les amis, par les parents, c’est là où il y va du bon. J’estime plus la douceur avec laquelle le grand saint Charles Borromée souffrit longuement les répréhensions publiques qu’un grand prédicateur d’un ordre extrêmement réformé faisait contre lui en chaire, que toutes les attaques qu’il reçut des autres. Car tout ainsi que les piqûres d’abeilles sont plus cuisantes que celle des mouches, ainsi le mal que l’on reçoit des gens de bien, et les contradictions qu’ils font sont bien plus insupportables que les autres ; et cela néanmoins arrive fort souvent, que deux hommes de bien ayant tous deux bonne intention, sur la diversité de leurs opinions, se font de grandes persécutions et contradictions l’un à l’autre.
Não limiteis a vossa paciência a tal ou tal espécie de injúrias e de aflições, mas estendei-a universalmente a todas as que Deus vos enviar e permitir que vos aconteçam. Há alguns que não querem sofrer senão as tribulações que são honrosas, como, por exemplo, ser feridos na guerra, ser prisioneiros de guerra, ser maltratados pela religião, ter empobrecido por alguma contenda em que tenham ficado vencedores; e esses não amam a tribulação, mas a honra que ela traz. O verdadeiro paciente e servo de Deus suporta igualmente as tribulações unidas à ignomínia e as que são honrosas. Ser desprezado, repreendido e acusado pelos maus não é senão doçura para um homem de coragem; mas ser repreendido, acusado e maltratado pela gente de bem, pelos amigos, pelos parentes, aí é que está o que vale. Estimo mais a doçura com que o grande são Carlos Borromeu sofreu longamente as repreensões públicas que um grande pregador de uma ordem extremamente reformada fazia contra ele no púlpito do que todos os ataques que recebeu dos outros. Porque, assim como as picadas das abelhas ardem mais que as das moscas, assim o mal que se recebe da gente de bem e as contradições que ela faz são muito mais insuportáveis que as outras; e, contudo, acontece com muita frequência que dois homens de bem, tendo ambos boa intenção, por causa da diversidade das suas opiniões, se façam grandes perseguições e contradições um ao outro.
Soyez patiente, non seulement pour le gros et principal des afflictions qui vous surviendront, mais encore pour les accessoires et accidents qui en dépendront. Plusieurs voudraient bien avoir du mal, pourvu qu’ils n’en fussent point incommodés. « Je ne me fâche point, dit l’un, d’être devenu pauvre, si ce n’était que cela m’empêchera de servir mes amis, élever mes enfants et vivre honorablement comme je désirais ». Et l’autre dira : « Je ne m’en soucierais point, si ce n’était que le monde pensera que cela me soit arrivé par ma faute ». L’autre serait tout aise que l’on médît de lui, et le souffrirait fort patiemment, pourvu que personne ne crût le médisant. Il y en a d’autres qui veulent bien avoir quelque incommodité du mal, ce leur semble, mais non pas l’avoir toute : ils ne s’impatientent pas, disent ils, d’être malades, mais de ce qu’ils n’ont pas de l’argent pour se faire panser, ou bien de ce que ceux qui sont autour d’eux en sont importunés. Or je dis, Philothée, qu’il faut avoir patience, non seulement d’être malade, mais de l’être de la maladie que Dieu veut, au lieu où il veut, et entre les personnes qu’il veut, et avec les incommodités qu’il veut ; et ainsi des autres tribulations.
Sede paciente, não somente quanto ao grosso e principal das aflições que vos sobrevierem, mas ainda quanto aos acessórios e acidentes que delas dependerem. Muitos bem gostariam de ter algum mal, contanto que não fossem incomodados por ele. «Não me aflijo, diz um, por ter ficado pobre, a não ser porque isso me impedirá de servir os meus amigos, educar os meus filhos e viver honradamente como eu desejava». E o outro dirá: «Eu não me importaria, a não ser porque o mundo há de pensar que isso me aconteceu por minha culpa». Outro ficaria muito contente de que falassem mal dele, e o sofreria muito pacientemente, contanto que ninguém acreditasse no maldizente. Há outros que aceitam ter algum incômodo do mal, ao que lhes parece, mas não tê-lo todo: não se impacientam, dizem eles, por estar doentes, mas por não terem dinheiro para se tratar, ou porque os que estão à volta deles são importunados com isso. Ora, eu digo, Filoteia, que é preciso ter paciência, não somente de estar doente, mas de o estar da doença que Deus quer, no lugar onde ele quer, e entre as pessoas que ele quer, e com os incômodos que ele quer; e assim das outras tribulações.
Quand il vous arrivera du mal, opposez à icelui les remèdes qui seront possibles et selon Dieu, car de faire autrement, ce serait tenter sa divine Majesté : mais aussi cela étant fait, attendez avec une entière résignation l’effet que Dieu agréera. S’il lui plaît que les remèdes vainquent le mal, vous le remercierez avec humilité ; mais s’il lui plaît que le mal surmonte les remèdes, bénissez-le avec patience.
Quando vos acontecer algum mal, oponde-lhe os remédios que forem possíveis e conformes a Deus, porque fazer de outro modo seria tentar a sua divina Majestade: mas também, feito isso, esperai com inteira resignação o efeito que Deus houver por bem. Se lhe aprouver que os remédios vençam o mal, vós lhe agradecereis com humildade; mas, se lhe aprouver que o mal vença os remédios, bendizei-o com paciência.
Je suis l’avis de saint Grégoire : quand vous serez accusée justement pour quelque faute que vous aurez commise, humiliez-vous bien fort, confessez que vous méritez l’accusation qui est faite contre vous. Que si l’accusation est fausse, excusez-vous doucement, niant d’être coupable, car vous devez cette révérence à la vérité et à l’édification du prochain ; mais aussi, si après votre véritable et légitime excuse on continue à vous accuser, ne vous troublez nullement et ne tâchez point à faire recevoir votre excuse ; car après avoir rendu votre devoir à la vérité, vous devez le rendre aussi à l’humilité. Et en cette sorte, vous n’offenserez ni le soin que vous devez avoir de votre renommée, ni l’affection que vous devez à la tranquillité, douceur de cœur et humilité.
Sigo o parecer de são Gregório: quando fordes acusada justamente de alguma falta que tiverdes cometido, humilhai-vos muito, confessai que mereceis a acusação que se faz contra vós. Se a acusação for falsa, escusai-vos com doçura, negando ser culpada, porque deveis essa reverência à verdade e à edificação do próximo; mas também, se, depois da vossa verdadeira e legítima escusa, continuarem a acusar-vos, não vos perturbeis de modo algum e não procureis fazer aceitar a vossa escusa; porque, depois de terdes cumprido o vosso dever para com a verdade, deveis cumpri-lo também para com a humildade. E, desta maneira, não ofendereis nem o cuidado que deveis ter da vossa fama, nem a afeição que deveis à tranquilidade, à doçura de coração e à humildade.
Plaignez-vous le moins que vous pourrez des torts qui vous seront faits ; car c’est chose certaine que pour l’ordinaire, qui se plaint pèche, d’autant que l’amour-propre nous fait toujours ressentir les injures plus grandes qu’elles ne sont ; mais surtout ne faites point vos plaintes à des personnes aisées à s’indigner et mal penser. Que s’il est expédient de vous plaindre à quelqu’un, ou pour remédier à l’offense, ou pour accoiser votre esprit, il faut que ce soit à des âmes tranquilles et qui aiment bien Dieu ; car autrement au lieu d’alléger votre cœur, elles le provoqueraient à de plus grandes inquiétudes ; au lieu d’ôter l’épine qui vous pique, elles la ficheront plus avant en votre pied.
Queixai-vos o menos que puderdes das ofensas que vos forem feitas; porque é coisa certa que, de ordinário, quem se queixa peca, visto que o amor-próprio nos faz sempre sentir as injúrias maiores do que são; mas, sobretudo, não façais as vossas queixas a pessoas fáceis de se indignar e de pensar mal. Se for conveniente queixar-vos a alguém, ou para remediar a ofensa, ou para sossegar o vosso espírito, é preciso que seja a almas tranquilas e que amem muito a Deus; porque, de outro modo, em vez de aliviar o vosso coração, elas o provocariam a maiores inquietações; em vez de tirar o espinho que vos pica, elas o cravarão mais fundo no vosso pé.
Plusieurs étant malades, affligés, et offensés de quelqu’un, s’empêchent bien de se plaindre et montrer de la délicatesse, car cela, à leur avis (et il est vrai), témoignerait évidemment une grande défaillance de force et de générosité ; mais ils désirent extrêmement, et par plusieurs artifices recherchent que chacun les plaigne, qu’on ait grande compassion d’eux, et qu’on les estime non seulement affligés, mais patients et courageux. Or, cela est vraiment une patience, mais une patience fausse, qui en effet n’est autre chose qu’une très délicate et très fine ambition et vanité : « Ils ont de la gloire, dit l’Apôtre, mais non pas envers Dieu ». Le vrai patient ne se plaint point de son mal ni ne désire qu’on le plaigne ; il en parle naïvement, véritablement et simplement, sans se lamenter, sans se plaindre, sans l’agrandir : que si on le plaint, il souffre patiemment qu’on le plaigne, sinon qu’on le plaigne de quelque mal qu’il n’a pas ; car lors il déclare modestement qu’il n’a point ce mal-là, et demeure en cette sorte paisible entre la vérité et la patience, confessant son mal et ne s’en plaignant point.
Muitos, estando doentes, aflitos ou ofendidos por alguém, guardam-se bem de se queixar e de mostrar melindre, porque isso, a seu ver (e é verdade), testemunharia evidentemente uma grande falta de força e de generosidade; mas desejam extremamente, e por vários artifícios procuram, que todos os lamentem, que se tenha grande compaixão deles e que os tenham não somente por aflitos, mas por pacientes e corajosos. Ora, isso é verdadeiramente uma paciência, mas uma paciência falsa, que, na realidade, não é outra coisa senão uma ambição e vaidade muito delicada e muito fina: «Têm glória, diz o Apóstolo, mas não diante de Deus». O verdadeiro paciente não se queixa do seu mal nem deseja que o lamentem; fala dele com singeleza, com verdade e simplicidade, sem se lamentar, sem se queixar, sem o aumentar: se o lamentam, sofre pacientemente que o lamentem, a não ser que o lamentem de algum mal que não tem; porque então declara modestamente que não tem esse mal, e permanece assim em paz entre a verdade e a paciência, confessando o seu mal e não se queixando dele.
Ès contradictions qui vous arriveront en l’exercice de la dévotion (car cela ne manquera pas), ressouvenez-vous de la parole de Notre Seigneur : « La femme tandis qu’elle enfante a de grandes angoisses, mais voyant son enfant né elle les oublie, d’autant qu’un homme lui est né au monde » ; car vous avez conçu en votre âme le plus digne enfant du monde, qui est Jésus-Christ : avant qu’il soit produit et enfanté du tout, il ne se peut que vous ne vous ressentiez du travail ; mais ayez bon courage, car, ces douleurs passées, la joie éternelle vous demeurera d’avoir enfanté un tel homme au monde. Or il sera entièrement enfanté pour vous lorsque vous l’aurez entièrement formé en votre cœur et en vos œuvres par imitation de sa vie.
Nas contradições que vos acontecerem no exercício da devoção (porque isso não há de faltar), lembrai-vos da palavra de Nosso Senhor: «A mulher, enquanto dá à luz, tem grandes angústias, mas, vendo o seu filho nascido, esquece-as, porque lhe nasceu um homem no mundo»; porque vós concebestes na vossa alma o mais digno filho do mundo, que é Jesus Cristo: antes que ele seja de todo produzido e dado à luz, não pode ser que não sintais as dores do parto; mas tende bom ânimo, porque, passadas essas dores, a alegria eterna vos ficará de ter dado à luz um tal homem ao mundo. Ora, ele estará inteiramente dado à luz para vós quando o tiverdes inteiramente formado no vosso coração e nas vossas obras pela imitação da sua vida.
Quand vous serez malade, offrez toutes vos douleurs, peines et langueurs au service de Notre Seigneur, et le suppliez de les joindre aux tourments qu’il a reçus pour vous. Obéissez au médecin, prenez les médecines, viandes et autres remèdes pour l’amour de Dieu, vous ressouvenant du fiel qu’il prit pour l’amour de nous. Désirez de guérir pour lui rendre service ; ne refusez point de languir pour lui obéir, et disposez-vous à mourir, si ainsi il lui plaît, pour le louer et jouir de lui. Ressouvenez-vous que les abeilles au temps qu’elles font le miel, vivent et mangent d’une munition fort amère, et qu’ainsi nous ne pouvons jamais faire des actes de plus grande douceur et patience, ni mieux composer le miel des excellentes vertus, que tandis que nous mangeons le pain d’amertume et vivons parmi les angoisses. Et comme le miel qui est fait des fleurs de thym, herbe petite et amère, est le meilleur de tous, ainsi la vertu qui s’exerce en l’amertume des plus viles, basses et abjectes tribulations est la plus excellente de toutes.
Quando estiverdes doente, oferecei todas as vossas dores, penas e langores ao serviço de Nosso Senhor, e suplicai-lhe que as junte aos tormentos que ele recebeu por vós. Obedecei ao médico, tomai os medicamentos, os alimentos e os outros remédios por amor de Deus, lembrando-vos do fel que ele tomou por amor de nós. Desejai sarar para lhe prestar serviço; não recuseis definhar para lhe obedecer, e disponde-vos a morrer, se assim lhe aprouver, para louvá-lo e gozar dele. Lembrai-vos de que as abelhas, no tempo em que fazem o mel, vivem e se alimentam de uma provisão muito amarga, e de que assim nunca podemos fazer atos de maior doçura e paciência, nem compor melhor o mel das excelentes virtudes, do que enquanto comemos o pão da amargura e vivemos no meio das angústias. E, assim como o mel que é feito das flores do tomilho, erva pequena e amarga, é o melhor de todos, assim a virtude que se exercita na amargura das mais vis, baixas e abjetas tribulações é a mais excelente de todas.
Voyez souvent de vos yeux intérieurs Jésus-Christ crucifié, nu, blasphémé, calomnié, abandonné, et enfin accablé de toutes sortes d’ennuis, de tristesse et de travaux, et considérez que toutes vos souffrances, ni en qualité ni en quantité, ne sont aucunement comparables aux siennes, et que jamais vous ne souffrirez rien pour lui, au prix de ce qu’il a souffert pour vous. Considérez les peines que les martyrs souffrirent jadis et celles que tant de personnes endurent, plus grièves, sans aucune proportion, que celles esquelles vous êtes, et dites : « Hélas ! mes travaux sont des consolations et mes peines des roses, en comparaison de ceux qui sans secours, sans assistance, sans allégement, vivent en une mort continuelle, accablés d’afflictions infiniment plus grandes ».
Vede muitas vezes, com os vossos olhos interiores, Jesus Cristo crucificado, nu, blasfemado, caluniado, abandonado e, enfim, acabrunhado de toda espécie de tormentos, de tristeza e de trabalhos, e considerai que todos os vossos sofrimentos não são de modo algum comparáveis aos dele, nem em qualidade nem em quantidade, e que nunca sofrereis nada por ele em comparação com o que ele sofreu por vós. Considerai as penas que os mártires sofreram outrora e as que tantas pessoas padecem, mais graves, sem nenhuma proporção, do que aquelas em que vos achais, e dizei: «Ai de mim! os meus trabalhos são consolações, e as minhas penas, rosas, em comparação com os daqueles que, sem socorro, sem assistência, sem alívio, vivem numa morte contínua, acabrunhados de aflições infinitamente maiores».
Chapitre IV — De l’humilité pour l’extérieur
Capítulo IV — Da humildade quanto ao exterior
III.4 « Empruntez, dit Élisée à une pauvre veuve, et prenez force vaisseaux vides et versez l’huile en iceux ». Pour recevoir la grâce de Dieu en nos cœurs, il les faut avoir vides de notre propre gloire. La crécerelle criant et regardant les oiseaux de proie, les épouvante par une propriété et vertu secrète ; c’est pourquoi les colombes l’aiment sur tous les autres oiseaux, et vivent en assurance auprès d’icelle : ainsi l’humilité repousse Satan, et conserve en nous les grâces et dons du Saint-Esprit, et pour cela tous les saints, mais particulièrement le Roi des saints et sa Mère, ont toujours honoré et chéri cette digne vertu plus qu’aucune autre entre toutes les morales.
III.4 «Pedi emprestados, diz Eliseu a uma pobre viúva, e tomai muitos vasos vazios, e derramai neles o azeite». Para receber a graça de Deus em nossos corações, é preciso tê-los vazios da nossa própria glória. O peneireiro, gritando e olhando para as aves de rapina, espanta-as por uma propriedade e virtude secreta; por isso as pombas o amam acima de todas as outras aves e vivem em segurança junto dele: assim a humildade repele Satanás e conserva em nós as graças e os dons do Espírito Santo, e por isso todos os santos, mas particularmente o Rei dos santos e sua Mãe, sempre honraram e amaram ternamente esta digna virtude, mais que qualquer outra entre todas as virtudes morais.
Nous appelons vaine la gloire qu’on se donne ou pour ce qui n’est pas en nous, ou pour ce qui est en nous mais non pas à nous, ou pour ce qui est en nous et à nous, mais qui ne mérite pas qu’on s’en glorifie. La noblesse de la race, la faveur des grands, l’honneur populaire, ce sont choses qui ne sont pas en nous, mais ou en nos prédécesseurs, ou en l’estime d’autrui. Il y en a qui se rendent fiers et morgants pour être sur un bon cheval, pour avoir un panache en leur chapeau, pour être habillés somptueusement ; mais qui ne voit cette folie ? car s’il y a de la gloire pour cela, elle est pour le cheval, pour l’oiseau et pour le tailleur ; et quelle lâcheté de courage est-ce d’emprunter son estime d’un cheval, d’une plume, d’un goderon ? Les autres se prisent et regardent, pour des moustaches relevées, pour une barbe bien peignée, pour des cheveux crêpés, pour des mains douillettes, pour savoir danser, jouer, chanter ; mais ne sont-ils pas lâches de courage, de vouloir enchérir leur valeur et donner du surcroît à leur réputation par des choses si frivoles et folâtres ? Les autres, pour un peu de science, veulent être honorés et respectés du monde, comme si chacun devait aller à l’école chez eux et les tenir pour maîtres : c’est pourquoi on les appelle pédants. Les autres se pavonnent sur la considération de leur beauté, et croient que tout le monde les muguette. Tout cela est extrêmement vain, sot et impertinent, et la gloire qu’on prend de si faibles sujets s’appelle vaine, sotte et frivole.
Chamamos vã a glória que alguém se dá, ou por aquilo que não está em nós, ou pelo que está em nós mas não é nosso, ou pelo que está em nós e é nosso, mas não merece que nos gloriemos dele. A nobreza da linhagem, o favor dos grandes, a honra popular são coisas que não estão em nós, mas ou nos nossos antepassados, ou na estima alheia. Há quem se torne orgulhoso e altivo por estar montado num bom cavalo, por ter um penacho no chapéu, por andar vestido suntuosamente; mas quem não vê essa loucura? Porque, se há glória nisso, ela é do cavalo, da ave e do alfaiate; e que baixeza de ânimo é essa, de tomar emprestada a sua estima de um cavalo, de uma pluma, de uma gola de canudos? Outros se prezam e se miram por uns bigodes levantados, por uma barba bem penteada, por uns cabelos frisados, por umas mãos macias, por saberem dançar, jogar, cantar; mas não são baixos de ânimo, querendo encarecer o seu valor e acrescentar a sua reputação com coisas tão frívolas e levianas? Outros, por um pouco de ciência, querem ser honrados e respeitados por todo mundo, como se cada um devesse ir à escola na casa deles e tê-los por mestres: por isso lhes chamam pedantes. Outros se pavoneiam com a consideração da sua beleza e julgam que todo mundo os anda galanteando. Tudo isso é extremamente vão, tolo e impertinente, e a glória que se tira de motivos tão fracos chama-se vã, tola e frívola.
On connaît le vrai bien comme le vrai baume : on fait l’essai du baume en le distillant dedans l’eau, car s’il va au fond et qu’il prenne le dessous, il est jugé pour être du plus fin et précieux. Ainsi, pour connaître si un homme est vraiment sage, savant, généreux, noble, il faut voir si ses biens tendent à l’humilité, modestie et soumission, car alors ce seront des vrais biens ; mais s’ils surnagent et qu’ils veuillent paraître, ce seront des biens d’autant moins véritables qu’ils seront plus apparents. Les perles qui sont conçues ou nourries au vent et au bruit des tonnerres n’ont que l’écorce de perles, et sont vides de substance ; et ainsi les vertus et belles qualités des hommes qui sont reçues et nourries en l’orgueil, en la ventance et en la vanité, n’ont qu’une simple apparence du bien, sans suc, sans moelle et sans solidité.
Conhece-se o verdadeiro bem como o verdadeiro bálsamo: faz-se a prova do bálsamo deixando-o pingar na água, porque, se vai ao fundo e fica por baixo, é julgado do mais fino e precioso. Assim, para saber se um homem é verdadeiramente sábio, douto, generoso, nobre, é preciso ver se os seus bens tendem à humildade, à modéstia e à submissão, porque então serão verdadeiros bens; mas, se sobrenadam e querem aparecer, serão bens tanto menos verdadeiros quanto mais aparentes forem. As pérolas que são concebidas ou criadas ao vento e ao estrondo dos trovões só têm a casca de pérolas e são vazias de substância; e assim as virtudes e as belas qualidades dos homens que são recebidas e criadas no orgulho, na jactância e na vaidade só têm uma simples aparência do bem, sem suco, sem medula e sem solidez.
Les honneurs, les rangs, les dignités, sont comme le safran, qui se porte mieux et vient plus abondamment d’être foulé aux pieds. Ce n’est plus honneur d’être beau, quand on s’en regarde : la beauté pour avoir bonne grâce doit être négligée ; la science nous déshonore quand elle nous enfle et qu’elle dégénère en pédanterie. Si nous sommes pointilleux pour les rangs, pour les séances, pour les titres, outre que nous exposons nos qualités à l’examen, à l’enquête et à la contradiction, nous les rendons viles et abjectes ; car l’honneur qui est beau étant reçu en don, devient vilain quand il est exigé, recherché et demandé. Quand le paon fait sa roue pour se voir, en levant ses belles plumes, il se hérisse de tout le reste, et montre de part et d’autre ce qu’il a d’infâme ; les fleurs qui sont belles, plantées en terre, flétrissent étant maniées. Et comme ceux qui odorent la mandragore de loin et en passant reçoivent beaucoup de suavité, mais ceux qui la sentent de près et longuement en deviennent assoupis et malades, ainsi les honneurs rendent une douce consolation à celui qui les odore de loin et légèrement, sans s’y amuser ou s’en empresser ; mais à qui s’y affectionne et s’en repaît, ils sont extrêmement blâmables et vitupérables.
As honras, os postos, as dignidades são como o açafrão, que se dá melhor e cresce mais abundante por ser pisado. Já não é honra ser belo quando alguém se mira por isso: a beleza, para ter boa graça, deve ser descuidada; a ciência nos desonra quando nos incha e degenera em pedantismo. Se formos melindrosos quanto aos postos, aos assentos, aos títulos, além de expormos as nossas qualidades ao exame, à indagação e à contradição, tornamo-las vis e abjetas; porque a honra, que é bela quando recebida em dom, torna-se feia quando é exigida, procurada e pedida. Quando o pavão abre a roda para se ver, levantando as suas belas penas, eriça todo o resto e mostra de um lado e de outro o que tem de vergonhoso; as flores, que são belas plantadas na terra, murcham quando manuseadas. E, assim como os que cheiram a mandrágora de longe e de passagem recebem muita suavidade, mas os que a cheiram de perto e longamente ficam com isso entorpecidos e doentes, assim as honras dão uma doce consolação a quem as cheira de longe e de leve, sem se deter nelas nem se afanar por elas; mas, para quem se afeiçoa a elas e delas se alimenta, são extremamente censuráveis e vituperáveis.
La poursuite et amour de la vertu commence à nous rendre vertueux ; mais la poursuite et amour des honneurs commence à nous rendre méprisables et vitupérables. Les esprits bien nés ne s’amusent pas à ces menus fatras de rangs, d’honneurs, de salutations ; ils ont d’autres choses à faire : c’est le propre des esprits fainéants. Qui peut avoir des perles ne se charge pas de coquilles ; et ceux qui prétendent à la vertu ne s’empressent point pour les honneurs. Certes, chacun peut entrer en son rang et s’y tenir sans violer l’humilité, pourvu que cela se fasse négligemment et sans contention. Car, comme ceux qui viennent du Pérou, outre l’or et l’argent qu’ils en tirent, apportent encore des singes et perroquets, parce qu’ils ne leur coûtent guère et ne chargent pas aussi beaucoup leur navire ; ainsi ceux qui prétendent à la vertu ne laissent pas de prendre leurs rangs et les honneurs qui leur sont dûs, pourvu toutefois que cela ne leur coûte pas beaucoup de soin et d’attention, et que ce soit sans en être chargés de trouble, d’inquiétude, de disputes et contentions. Je ne parle néanmoins pas de ceux desquels la dignité regarde le public, ni de certaines occasions particulières qui tirent une grande conséquence ; car en cela, il faut que chacun conserve ce qui lui appartient, avec une prudence et discrétion qui soit accompagnée de charité et courtoisie.
A busca e o amor da virtude começam a tornar-nos virtuosos; mas a busca e o amor das honras começam a tornar-nos desprezíveis e vituperáveis. Os espíritos bem-nascidos não se entretêm com essas ninharias de postos, de honras, de saudações; têm outras coisas que fazer: isso é próprio dos espíritos ociosos. Quem pode ter pérolas não se carrega de conchas; e os que aspiram à virtude não se afanam pelas honras. Certamente, cada um pode tomar o seu lugar e manter-se nele sem violar a humildade, contanto que isso se faça com descuido e sem contenda. Porque, assim como os que vêm do Peru, além do ouro e da prata que de lá tiram, trazem ainda macacos e papagaios, porque lhes custam pouco e também não carregam muito o navio; assim os que aspiram à virtude não deixam de tomar os seus lugares e as honras que lhes são devidas, contanto, todavia, que isso não lhes custe muito cuidado e atenção, e que seja sem ficarem carregados de perturbação, de inquietação, de disputas e contendas. Não falo, contudo, daqueles cuja dignidade diz respeito ao público, nem de certas ocasiões particulares que trazem grande consequência; porque nisso é preciso que cada um conserve o que lhe pertence, com uma prudência e discrição que seja acompanhada de caridade e cortesia.
Chapitre V — De l’humilité plus intérieure
Capítulo V — Da humildade mais interior
III.5 Mais vous désirez, Philothée, que je vous conduise plus avant en l’humilité ; car à faire comme j’ai dit, c’est quasi plutôt sagesse qu’humilité ; maintenant donc je passe outre. Plusieurs ne veulent ni n’osent penser et considérer les grâces que Dieu leur a faites en particulier, de peur de prendre de la vaine gloire et complaisance, en quoi certes ils se trompent ; car puisque, comme dit le grand Docteur Angélique, le vrai moyen d’atteindre à l’amour de Dieu, c’est la considération de ses bienfaits, plus nous les connaîtrons, plus nous l’aimerons ; et comme les bénéfices particuliers émeuvent plus puissamment que les communs, aussi doivent-ils être considérés plus attentivement.
III.5 Mas vós desejais, Filoteia, que eu vos conduza mais adiante na humildade; porque fazer como eu disse é quase mais sabedoria do que humildade; agora, pois, passo adiante. Muitos não querem nem ousam pensar e considerar as graças que Deus lhes fez em particular, com medo de tomar vanglória e complacência, no que certamente se enganam; porque, se, como diz o grande Doutor Angélico, o verdadeiro meio de chegar ao amor de Deus é a consideração dos seus benefícios, quanto mais os conhecermos, mais o amaremos; e, como os benefícios particulares comovem mais poderosamente que os comuns, assim também devem ser considerados mais atentamente.
Certes, rien ne nous peut tant humilier devant la miséricorde de Dieu que la multitude de ses bienfaits, ni rien tant humilier devant sa justice, que la multitude de nos méfaits. Considérons ce qu’il a fait pour nous et ce que nous avons fait contre lui ; et comme nous considérons par le menu nos péchés, considérons aussi par le menu ses grâces. Il ne faut pas craindre que la connaissance de ce qu’il a mis en nous nous enfle, pourvu que nous soyons attentifs à cette vérité, que ce qui est de bon en nous n’est pas de nous. Hélas, les mulets laissent-ils d’être lourdes et puantes bêtes, pour être chargés des meubles précieux et parfumés du prince ? Qu’avons-nous de bon que nous n’ayons reçu ? et si nous l’avons reçu, pourquoi nous en voulons-nous enorgueillir ? Au contraire, la vive considération des grâces reçues nous rend humbles ; car la connaissance engendre la reconnaissance. Mais si voyant les grâces que Dieu nous a faites, quelque sorte de vanité nous venait chatouiller, le remède infaillible sera de recourir à la considération de nos ingratitudes, de nos imperfections, de nos misères : si nous considérons ce que nous avons fait quand Dieu n’a pas été avec nous, nous connaîtrons bien que ce que nous faisons quand il est avec nous n’est pas de notre façon ni de notre crû ; nous en jouirons voirement et nous en réjouirons parce que nous l’avons, mais nous en glorifierons Dieu seul, parce qu’il en est l’auteur. Ainsi la Sainte Vierge confesse que Dieu lui fait choses très grandes, mais ce n’est que pour s’en humilier et magnifier Dieu : « Mon âme, dit-elle, magnifie le Seigneur, parce qu’il m’a fait choses grandes».
Certamente, nada nos pode humilhar tanto diante da misericórdia de Deus como a multidão dos seus benefícios, nem nada humilhar tanto diante da sua justiça como a multidão dos nossos malefícios. Consideremos o que ele fez por nós e o que nós fizemos contra ele; e, assim como consideramos miudamente os nossos pecados, consideremos também miudamente as suas graças. Não se deve temer que o conhecimento do que ele pôs em nós nos inche, contanto que estejamos atentos a esta verdade, que o que há de bom em nós não vem de nós. Ai, deixam as mulas de ser animais pesados e fedorentos por estarem carregadas dos móveis preciosos e perfumados do príncipe? Que temos nós de bom que não tenhamos recebido? E, se o recebemos, por que nos queremos ensoberbecer disso? Ao contrário, a viva consideração das graças recebidas nos torna humildes; porque o conhecimento gera o reconhecimento. Mas se, vendo as graças que Deus nos fez, alguma espécie de vaidade nos viesse fazer cócegas, o remédio infalível será recorrer à consideração das nossas ingratidões, das nossas imperfeições, das nossas misérias: se considerarmos o que fizemos quando Deus não esteve conosco, conheceremos bem que o que fazemos quando ele está conosco não é obra nossa nem fruto do nosso chão; gozaremos verdadeiramente disso e nos alegraremos, porque o temos, mas glorificaremos por isso só a Deus, porque ele é o autor. Assim a santa Virgem confessa que Deus lhe faz coisas muito grandes, mas não é senão para se humilhar e engrandecer a Deus: «A minha alma, diz ela, engrandece o Senhor, porque ele me fez grandes coisas».
Nous disons maintes fois que nous ne sommes rien, que nous sommes la misère même et l’ordure du monde ; mais nous serions bien marris qu’on nous prît au mot et que l’on nous publiât tels que nous disons. Au contraire, nous faisons semblant de fuir et de nous cacher, afin qu’on nous coure après et qu’on nous cherche ; nous faisons contenance de vouloir être les derniers et assis au bas bout de la table, mais c’est afin de passer plus avantageusement au haut bout. La vraie humilité ne fait pas semblant de l’être et ne dit guère de paroles d’humilité, car elle ne désire pas seulement de cacher les autres vertus, mais encore et principalement elle souhaite de se cacher soi-même ; et s’il lui était loisible de mentir, de feindre, ou de scandaliser le prochain, elle produirait des actions d’arrogance et de fierté, afin de se recéler sous icelles et y vivre du tout inconnue et à couvert.
Dizemos muitas vezes que não somos nada, que somos a própria miséria e o lixo do mundo; mas ficaríamos muito aborrecidos se nos tomassem pela palavra e nos apregoassem tais como dizemos. Ao contrário, fingimos fugir e esconder-nos, para que corram atrás de nós e nos procurem; fazemos menção de querer ser os últimos e de nos sentar no fim da mesa, mas é para passar com mais vantagem à cabeceira. A verdadeira humildade não finge sê-lo e quase não diz palavras de humildade, porque não deseja somente esconder as outras virtudes, mas ainda e principalmente deseja esconder-se a si mesma; e, se lhe fosse lícito mentir, fingir ou escandalizar o próximo, produziria atos de arrogância e de altivez, a fim de se ocultar debaixo deles e viver ali de todo desconhecida e encoberta.
Voici donc mon avis, Philothée : ou ne disons point de paroles d’humilité, ou disons-les avec un vrai sentiment intérieur, conforme à ce que nous prononçons extérieurement ; n’abaissons jamais les yeux qu’en humiliant nos cœurs ; ne faisons pas semblant de vouloir être des derniers, que de bon cœur nous ne voulussions l’être. Or, je tiens cette règle si générale que je n’y apporte nulle exception : seulement j’ajoute que la civilité requiert que nous présentions quelquefois l’avantage à ceux qui manifestement ne le prendront pas, et ce n’est pourtant pas ni duplicité, ni fausse humilité ; car alors la seule offre de l’avantage est un commencement d’honneur, et puisqu’on ne peut le leur donner entier, on ne fait pas mal de leur en donner le commencement. J’en dis de même de quelques paroles d’honneur ou de respect qui, à la rigueur, ne semblent pas véritables ; car elles le sont néanmoins assez, pourvu que le cœur de celui qui les prononce ait une vraie intention d’honorer et respecter celui pour lequel il les dit ; car encore que les mots signifient avec quelque excès ce que nous disons, nous ne faisons pas mal de les employer quand l’usage commun le requiert. Il est vrai qu’encore voudrais-je que les paroles fussent ajustées à nos affections au plus près qu’il nous serait possible, pour suivre en tout et partout la simplicité et candeur cordiale. L’homme vraiment humble aimerait mieux qu’un autre dît de lui qu’il est misérable, qu’il n’est rien, qu’il ne vaut rien, que non pas de le dire lui-même : au moins, s’il sait qu’on le dit, il ne contredit point, mais acquiesce de bon cœur ; car croyant fermement cela, il est bien aise qu’on suive son opinion.
Este é, pois, o meu aviso, Filoteia: ou não digamos palavras de humildade, ou digamo-las com um verdadeiro sentimento interior, conforme ao que pronunciamos exteriormente; nunca baixemos os olhos sem humilhar os nossos corações; não finjamos querer ser dos últimos, se de bom coração não quisermos sê-lo. Ora, tenho esta regra por tão geral que não lhe ponho nenhuma exceção: somente acrescento que a civilidade requer que às vezes ofereçamos a precedência aos que manifestamente não a aceitarão, e isso não é, contudo, nem duplicidade nem falsa humildade; porque então o simples oferecimento da precedência é um começo de honra, e, já que não se lhes pode dar a honra inteira, não se faz mal em dar-lhes o começo. Digo o mesmo de certas palavras de honra ou de respeito que, a rigor, não parecem verdadeiras; porque o são, contudo, bastante, contanto que o coração de quem as pronuncia tenha verdadeira intenção de honrar e respeitar aquele a quem as diz; porque, ainda que as palavras signifiquem com algum excesso o que dizemos, não fazemos mal em empregá-las quando o uso comum o requer. É verdade que ainda assim eu quereria que as palavras fossem ajustadas às nossas afeições o mais de perto que nos fosse possível, para seguir em tudo e por tudo a simplicidade e a candura cordial. O homem verdadeiramente humilde gostaria mais que outro dissesse dele que é miserável, que não é nada, que não vale nada, do que dizê-lo ele mesmo: pelo menos, se sabe que o dizem, não contradiz, mas concorda de bom coração; porque, crendo firmemente nisso, fica muito contente de que sigam a sua opinião.
Plusieurs disent qu’ils laissent l’oraison mentale pour les parfaits, et qu’eux ne sont pas dignes de la faire ; les autres protestent qu’ils n’osent pas souvent communier, parce qu’ils ne se sentent pas assez purs ; les autres, qu’ils craignent de faire honte à la dévotion s’ils s’en mêlent, à cause de leur grande misère et fragilité ; et les autres refusent d’employer leur talent au service de Dieu et du prochain parce, disent-ils, qu’ils connaissent leur faiblesse et qu’ils ont peur de s’enorgueillir s’ils sont instruments de quelque bien, et qu’en éclairant les autres ils se consument. Tout cela n’est qu’artifice et une sorte d’humilité non seulement fausse, mais maligne, par laquelle on veut tacitement et subtilement blâmer les choses de Dieu, ou au fin moins, couvrir d’un prétexte d’humilité l’amour propre de son opinion, de son humeur et de sa paresse. « Demande à Dieu un signe au ciel d’en haut ou au profond de la mer en bas, » dit le Prophète au malheureux Achaz, et il répondit : « Non, je ne le demanderai point, et ne tenterai point le Seigneur ». O le méchant ! il fait semblant de porter grande révérence à Dieu, et sous couleur d’humilité s’excuse d’aspirer à la grâce de laquelle sa divine Bonté lui fait semonce. Mais ne voit-il pas que, quand Dieu nous veut gratifier, c’est orgueil de refuser ? que les dons de Dieu nous obligent à les recevoir, et que c’est humilité d’obéir et suivre au plus près que nous pouvons ses désirs ? Or, le désir de Dieu est que nous soyons parfaits, nous unissant à lui et l’imitant au plus près que nous pouvons. Le superbe qui se fie en soi-même a bien occasion de n’oser rien entreprendre ; mais l’humble est d’autant plus courageux qu’il se reconnaît plus impuissant : et à mesure qu’il s’estime chétif il devient plus hardi parce qu’il a toute sa confiance en Dieu, qui se plaît à magnifier sa toute-puissance en notre infirmité, et élever sa miséricorde sur notre misère. Il faut donc humblement et saintement oser tout ce qui est jugé propre à notre avancement par ceux qui conduisent nos âmes.
Muitos dizem que deixam a oração mental para os perfeitos, e que eles não são dignos de fazê-la; outros protestam que não ousam comungar com frequência, porque não se sentem bastante puros; outros, que temem envergonhar a devoção se se meterem nela, por causa da sua grande miséria e fragilidade; e outros recusam empregar o seu talento no serviço de Deus e do próximo porque, dizem eles, conhecem a sua fraqueza e têm medo de se ensoberbecer se forem instrumentos de algum bem, e de se consumirem iluminando os outros. Tudo isso não é senão artifício e uma espécie de humildade não somente falsa, mas maligna, pela qual se quer tácita e sutilmente censurar as coisas de Deus, ou, pelo menos, cobrir com um pretexto de humildade o amor-próprio da sua opinião, do seu humor e da sua preguiça. «Pede a Deus um sinal no céu lá em cima ou no fundo do mar cá embaixo», diz o Profeta ao infeliz Acaz, e ele respondeu: «Não, não o pedirei, e não tentarei o Senhor». Oh, o malvado! Finge ter grande reverência a Deus e, sob cor de humildade, escusa-se de aspirar à graça a que a divina Bondade o convida. Mas não vê ele que, quando Deus nos quer favorecer, é orgulho recusar? que os dons de Deus nos obrigam a recebê-los, e que é humildade obedecer e seguir o mais de perto que pudermos os seus desejos? Ora, o desejo de Deus é que sejamos perfeitos, unindo-nos a ele e imitando-o o mais de perto que pudermos. O soberbo que confia em si mesmo tem boa razão para não ousar empreender nada; mas o humilde é tanto mais corajoso quanto mais impotente se reconhece: e, à medida que se julga pequeno, torna-se mais ousado, porque tem toda a sua confiança em Deus, que se compraz em engrandecer a sua onipotência na nossa fraqueza e em elevar a sua misericórdia sobre a nossa miséria. É preciso, pois, ousar humilde e santamente tudo o que é julgado próprio para o nosso progresso por aqueles que conduzem as nossas almas.
Penser savoir ce qu’on ne sait pas, c’est une sottise expresse ; vouloir faire le savant de ce qu’on connaît bien que l’on ne sait pas, c’est une vanité insupportable : pour moi, je ne voudrais pas même faire le savant de ce que je saurais, comme au contraire je n’en voudrais non plus faire l’ignorant. Quand la charité le requiert, il faut communiquer rondement et doucement avec le prochain, non seulement ce qui lui est nécessaire pour son instruction, mais aussi ce qui lui est utile pour sa consolation ; car l’humilité qui cache et couvre les vertus pour les conserver, les fait néanmoins paraître quand la charité le commande, pour les accroître, agrandir et perfectionner, en quoi elle ressemble à cet arbre des îles de Tylos, lequel la nuit resserre et tient closes ses belles fleurs incarnates et ne les ouvre qu’au soleil levant, de sorte que les habitants du pays disent que ces fleurs dorment de nuit. Car ainsi l’humilité couvre et cache toutes nos vertus et perfections humaines, et ne les fait jamais paraître que pour la charité, qui étant une vertu non point humaine mais céleste, non point morale mais divine, elle est le vrai soleil des vertus, sur lesquelles elle doit toujours dominer : si que les humilités qui préjudicient à la charité sont indubitablement fausses.
Pensar que se sabe o que não se sabe é uma tolice declarada; querer fazer-se de sábio naquilo que bem se conhece que não se sabe é uma vaidade insuportável: quanto a mim, não quereria nem sequer fazer-me de sábio naquilo que soubesse, como, ao contrário, também não quereria fazer-me de ignorante. Quando a caridade o requer, é preciso comunicar com franqueza e doçura ao próximo não somente o que lhe é necessário para a sua instrução, mas também o que lhe é útil para a sua consolação; porque a humildade, que esconde e cobre as virtudes para as conservar, contudo as faz aparecer quando a caridade o manda, para as aumentar, engrandecer e aperfeiçoar, no que se assemelha àquela árvore das ilhas de Tilos que de noite encerra e mantém fechadas as suas belas flores encarnadas e só as abre ao nascer do sol, de sorte que os habitantes da terra dizem que essas flores dormem de noite. Porque assim a humildade cobre e esconde todas as nossas virtudes e perfeições humanas, e nunca as faz aparecer senão pela caridade, a qual, sendo uma virtude não humana, mas celeste, não moral, mas divina, é o verdadeiro sol das virtudes, sobre as quais deve sempre dominar: de sorte que as humildades que prejudicam a caridade são indubitavelmente falsas.
Je ne voudrais ni faire du fol ni faire du sage : car si l’humilité m’empêche de faire le sage, la simplicité et rondeur m’empêcheront aussi de faire le fol ; et si la vanité est contraire à l’humilité, l’artifice, l’afféterie et feintise est contraire à la rondeur et simplicité. Que si quelques grands serviteurs de Dieu ont fait semblant d’être fols pour se rendre plus abjects devant le monde, il le faut admirer et non pas imiter ; car ils ont eu des motifs pour passer à cet excès, qui leur ont été si particuliers et extraordinaires, que personne n’en doit tirer aucune conséquence pour soi. Et quant à David, s’il dansa et sauta un peu plus que l’ordinaire bienséance ne requérait devant l’arche de l’alliance, ce n’était pas qu’il voulût faire le fol ; mais tout simplement et sans artifice, il faisait ces mouvements extérieurs conformes à l’extraordinaire et démesurée allégresse qu’il sentait en son cœur. Il est vrai que quand Michol sa femme lui en fit reproche comme d’une folie, il ne fut pas marri de se voir avili, ains persévérant en la naïve et véritable représentation de sa joie, il témoigna d’être bien aise de recevoir un peu d’opprobre pour son Dieu. En suite de quoi je vous dirai que si pour les actions d’une vraie et naïve dévotion, on vous estime vile, abjecte ou folle, l’humilité vous fera réjouir de ce bienheureux opprobre, duquel la cause n’est pas en vous, mais en ceux qui le font.
Eu não quereria nem fazer-me de louco nem fazer-me de sábio: porque, se a humildade me impede de fazer-me de sábio, a simplicidade e a franqueza me impedirão também de fazer-me de louco; e, se a vaidade é contrária à humildade, o artifício, a afetação e o fingimento são contrários à franqueza e à simplicidade. Se alguns grandes servos de Deus fingiram ser loucos para se tornarem mais abjetos diante do mundo, é coisa de admirar e não de imitar; porque tiveram, para chegar a esse excesso, motivos tão particulares e extraordinários que ninguém deve tirar deles nenhuma consequência para si. E, quanto a Davi, se dançou e saltou um pouco mais do que pedia o decoro ordinário diante da arca da aliança, não era que quisesse fazer-se de louco; mas, muito simplesmente e sem artifício, fazia esses movimentos exteriores conformes à extraordinária e desmedida alegria que sentia no seu coração. É verdade que, quando Micol, sua mulher, o censurou por isso como por uma loucura, ele não se afligiu de se ver aviltado, mas, perseverando na singela e verdadeira expressão da sua alegria, mostrou estar muito contente de receber um pouco de opróbrio pelo seu Deus. Em consequência disso, eu vos direi que, se por causa dos atos de uma verdadeira e singela devoção vos tiverem por vil, abjeta ou louca, a humildade vos fará alegrar-vos com esse bem-aventurado opróbrio, cuja causa não está em vós, mas nos que o fazem.
Chapitre VI — Que l’humilité nous fait aimer notre propre abjection
Capítulo VI — Que a humildade nos faz amar a nossa própria abjeção
III.6 Je passe plus avant et vous dis, Philothée, qu’en tout et partout vous aimiez votre propre abjection. Mais, ce me direz-vous, que veut dire cela : aimez votre propre abjection ? En latin abjection veut dire humilité, et humilité veut dire abjection ; si que, quand Notre Dame en son sacré cantique dit que, « parce que Notre Seigneur a vu l’humilité de sa servante toutes les générations la diront bienheureuse », elle veut dire que Notre Seigneur a regardé de bon cœur son abjection, vileté et bassesse, pour la combler de grâces et faveurs. Il y a néanmoins différence entre la vertu d’humilité et l’abjection ; car l’abjection, c’est la petitesse, bassesse et vileté qui est en nous, sans que nous y pensions ; mais quant à la vertu d’humilité, c’est la véritable connaissance et volontaire reconnaissance de notre abjection. Or, le haut point de cette humilité gît à non seulement reconnaître volontairement notre abjection, mais l’aimer et s’y complaire, et non point par manquement de courage et générosité, mais pour exalter tant plus la divine Majesté, et estimer beaucoup plus le prochain en comparaison de nous-mêmes, et c’est cela à quoi je vous exhorte, et que pour mieux entendre, sachez qu’entre les maux que nous souffrons, les uns sont abjects et les autres honorables ; plusieurs s’accommodent aux honorables, mais presque nul ne veut s’accommoder aux abjects. Voyez un dévotieux ermite tout déchiré et plein de froid : chacun honore son habit gâté, avec compassion de sa souffrance ; mais si un pauvre artisan, un pauvre gentilhomme, une pauvre damoiselle en est de même, on l’en méprise, on s’en moque, et voilà comme sa pauvreté est abjecte. Un religieux reçoit dévotement une âpre censure de son supérieur, ou un enfant de son père : chacun appellera cela mortification, obédience et sagesse ; un chevalier et une dame en souffrira de même de quelqu’un, et quoique ce soit pour l’amour de Dieu, chacun appellera couardise et lâcheté : voilà donc encore un autre mal abject. Une personne a un chancre au bras, et l’autre l’a au visage : celui-là n’a que le mal, mais cestui-ci, avec le mal, a le mépris, le dédain et l’abjection. Or, je dis maintenant, qu’il ne faut pas seulement aimer le mal, ce qui se fait par la vertu de la patience ; mais il faut aussi chérir l’abjection, ce qui se fait par la vertu de l’humilité.
III.6 Passo mais adiante e vos digo, Filoteia, que em tudo e por tudo ameis a vossa própria abjeção. Mas, direis vós, que quer dizer isso: amai a vossa própria abjeção? Em latim, abjeção quer dizer humildade, e humildade quer dizer abjeção; de sorte que, quando Nossa Senhora, no seu sagrado cântico, diz que, «porque Nosso Senhor viu a humildade da sua serva, todas as gerações a chamarão bem-aventurada», quer dizer que Nosso Senhor olhou de bom grado a sua abjeção, vileza e baixeza, para cumulá-la de graças e favores. Há, contudo, diferença entre a virtude da humildade e a abjeção; porque a abjeção é a pequenez, baixeza e vileza que há em nós, sem que pensemos nisso; mas, quanto à virtude da humildade, é o verdadeiro conhecimento e o voluntário reconhecimento da nossa abjeção. Ora, o ponto alto dessa humildade consiste não somente em reconhecer voluntariamente a nossa abjeção, mas em amá-la e comprazer-se nela, e não por falta de coragem e de generosidade, mas para exaltar tanto mais a divina Majestade e estimar muito mais o próximo em comparação conosco mesmos, e é a isso que vos exorto, e, para o entenderdes melhor, sabei que, entre os males que sofremos, uns são abjetos e outros honrosos; muitos se acomodam aos honrosos, mas quase ninguém se quer acomodar aos abjetos. Vede um devoto eremita todo esfarrapado e cheio de frio: todos honram o seu hábito estragado, com compaixão do seu sofrimento; mas, se um pobre artesão, um pobre fidalgo, uma pobre dama estiver do mesmo jeito, desprezam-no, zombam dele, e eis como a sua pobreza é abjeta. Um religioso recebe devotamente uma áspera censura do seu superior, ou um filho do seu pai: todos chamarão a isso mortificação, obediência e sabedoria; um cavaleiro e uma dama sofrerão o mesmo de alguém, e, ainda que seja por amor de Deus, todos chamarão a isso covardia e fraqueza: eis, pois, ainda outro mal abjeto. Uma pessoa tem um cancro no braço, e outra o tem no rosto: a primeira só tem o mal, mas a segunda, com o mal, tem o desprezo, o desdém e a abjeção. Ora, eu digo agora que não se deve somente amar o mal, o que se faz pela virtude da paciência; mas é preciso também amar ternamente a abjeção, o que se faz pela virtude da humildade.
De plus, il y a des vertus abjectes et des vertus honorables : la patience, la douceur, la simplicité et l’humilité même sont des vertus que les mondains tiennent pour viles et abjectes ; au contraire, ils estiment beaucoup la prudence, la vaillance et la libéralité. Il y a encore des actions d’une même vertu, dont les unes sont méprisées et les autres honorées ; donner l’aumône et pardonner les offenses sont deux actions de charité : la première est honorée d’un chacun, et l’autre méprisée aux yeux du monde. Un jeune gentilhomme ou une jeune dame qui ne s’abandonnera pas au dérèglement d’une troupe débauchée, à parler, jouer, danser, boire, vêtir, sera brocardé et censuré par les autres, et sa modestie sera nommée ou bigoterie ou afféterie : aimer cela, c’est aimer son abjection. En voici d’une autre sorte : nous allons visiter les malades ; si on m’envoie au plus misérable, ce me sera une abjection selon le monde, c’est pourquoi je l’aimerai ; si on m’envoie à ceux de qualité, c’est une abjection selon l’esprit, car il n’y a pas tant de vertu ni de mérite, et j’aimerai donc cette abjection. Tombant emmi la rue, outre le mal l’on en reçoit de la honte ; il faut aimer cette abjection. Il y a même des fautes esquelles il n’y a aucun mal que la seule abjection ; et l’humilité ne requiert pas qu’on les fasse expressément, mais elle requiert bien qu’on ne s’inquiète point quand on les aura commises : telles sont certaines sottises, incivilités et inadvertances, lesquelles comme il faut éviter avant qu’elles soient faites, pour obéir à la civilité et prudence, aussi faut-il quand elles sont faites, acquiescer à l’abjection qui nous en revient, et l’accepter de bon cœur pour suivre la sainte humilité. Je dis bien davantage : si je me suis déréglé par colère ou par dissolution à dire des paroles indécentes et desquelles Dieu et le prochain est offensé, je me repentirai vivement et serai extrêmement marri de l’offense, laquelle je m’essaierai de réparer le mieux qu’il me sera possible ; mais je ne laisserai pas d’agréer l’abjection et le mépris qui m’en arrive ; et si l’un se pouvait séparer d’avec l’autre, je rejetterais ardemment le péché et garderais humblement l’abjection.
Além disso, há virtudes abjetas e virtudes honrosas: a paciência, a doçura, a simplicidade e a própria humildade são virtudes que os mundanos têm por vis e abjetas; ao contrário, estimam muito a prudência, a valentia e a liberalidade. Há ainda atos de uma mesma virtude, dos quais uns são desprezados e outros honrados: dar esmola e perdoar as ofensas são dois atos de caridade; o primeiro é honrado por todos, e o outro desprezado aos olhos do mundo. Um jovem fidalgo ou uma jovem dama que não se entregar ao desregramento de um bando devasso, no falar, no jogar, no dançar, no beber, no vestir, será escarnecido e censurado pelos outros, e a sua modéstia será chamada ou beatice ou afetação: amar isso é amar a sua abjeção. Eis outra espécie: vamos visitar os doentes; se me mandam ao mais miserável, isso me será uma abjeção segundo o mundo, por isso eu a amarei; se me mandam aos de condição, é uma abjeção segundo o espírito, porque não há nisso tanta virtude nem mérito, e eu amarei, pois, essa abjeção. Caindo no meio da rua, além do mal, recebe-se vergonha; é preciso amar essa abjeção. Há até faltas em que não há nenhum mal senão a só abjeção; e a humildade não requer que se cometam de propósito, mas requer, sim, que não nos inquietemos quando as tivermos cometido: tais são certas tolices, incivilidades e inadvertências, as quais, assim como é preciso evitá-las antes de cometidas, para obedecer à civilidade e à prudência, assim também, depois de cometidas, é preciso aquiescer à abjeção que delas nos vem e aceitá-la de bom coração, para seguir a santa humildade. Digo muito mais: se eu me desregrei por cólera ou por dissolução a ponto de dizer palavras indecentes, com que Deus e o próximo são ofendidos, eu me arrependerei vivamente e ficarei extremamente pesaroso da ofensa, a qual procurarei reparar o melhor que me for possível; mas não deixarei de aceitar de bom grado a abjeção e o desprezo que disso me vêm; e, se um se pudesse separar do outro, eu rejeitaria ardentemente o pecado e guardaria humildemente a abjeção.
Mais quoique nous aimions l’abjection qui s’ensuit du mal, si ne faut-il pas laisser de remédier au mal qui l’a causée, par des moyens propres et légitimes, et surtout quand le mal est de conséquence. Si j’ai quelque mal abject au visage, j’en procurerai la guérison, mais non pas que l’on oublie l’abjection laquelle j’en ai reçue. Si j’ai fait une chose qui n’offense personne, je ne m’en excuserai pas, parce qu’encore que ce soit un défaut, si est-ce qu’il n’est pas permanent ; je ne pourrais donc m’en excuser que pour l’abjection qui m’en revient ; or c’est cela que l’humilité ne peut permettre : mais si par mégarde ou par sottise j’ai offensé ou scandalisé quelqu’un, je réparerai l’offense par quelque véritable excuse, d’autant que le mal est permanent et que la charité m’oblige de l’effacer. Au demeurant, il arrive quelquefois que la charité requiert que nous remédiions à l’abjection pour le bien du prochain, auquel notre réputation est nécessaire ; mais en ce cas-là, ôtant notre abjection de devant les yeux du prochain pour empêcher son scandale, il la faut serrer et cacher dedans notre cœur afin qu’il s’en édifie.
Mas, embora amemos a abjeção que se segue do mal, nem por isso se deve deixar de remediar o mal que a causou, por meios próprios e legítimos, e sobretudo quando o mal é de consequência. Se eu tiver algum mal abjeto no rosto, procurarei a sua cura, mas não que se esqueça a abjeção que dele recebi. Se fiz uma coisa que não ofende ninguém, não me escusarei dela, porque, ainda que seja um defeito, não é, todavia, permanente; eu não poderia, pois, escusar-me senão por causa da abjeção que dela me vem; ora, é isso que a humildade não pode permitir: mas, se por descuido ou por tolice ofendi ou escandalizei alguém, repararei a ofensa com alguma escusa verdadeira, visto que o mal é permanente e a caridade me obriga a apagá-lo. De resto, acontece às vezes que a caridade requer que remediemos a abjeção para o bem do próximo, ao qual a nossa reputação é necessária; mas, nesse caso, tirando a nossa abjeção de diante dos olhos do próximo para impedir o seu escândalo, é preciso guardá-la e escondê-la dentro do nosso coração, para que ele se edifique com ela.
Mais vous voulez savoir, Philothée, quelles sont les meilleures abjections ; et je vous dis clairement que les plus profitables à l’âme et agréables à Dieu sont celles que nous avons par accident ou par la condition de notre vie, parce que nous ne les avons pas choisies, ains les avons reçues telles que Dieu nous les a envoyées, duquel l’élection est toujours meilleure que la nôtre. Que s’il en fallait choisir, les plus grandes sont les meilleures ; et celles-là sont estimées les plus grandes qui sont plus contraires à nos inclinations, pourvu qu’elles soient conformes à notre vacation ; car, pour le dire une fois pour toutes, notre choix et élection gâte et amoindrit presque toutes nos vertus. Ah ! qui nous fera la grâce de pouvoir dire avec ce grand roi : « J’ai choisi d’être abject en la maison de Dieu, plutôt que d’habiter ès tabernacles des pécheurs ? » Nul ne le peut, chère Philothée, que Celui qui pour nous exalter, vécut et mourut en sorte qu’il fut « l’opprobre des hommes et l’abjection du peuple ».
Mas vós quereis saber, Filoteia, quais são as melhores abjeções; e eu vos digo claramente que as mais proveitosas à alma e agradáveis a Deus são as que temos por acaso ou pela condição da nossa vida, porque não as escolhemos, mas as recebemos tais como nos foram mandadas por Deus, cuja escolha é sempre melhor que a nossa. Se fosse preciso escolhê-las, as maiores são as melhores; e são tidas pelas maiores as que são mais contrárias às nossas inclinações, contanto que sejam conformes à nossa vocação; porque, para dizê-lo de uma vez por todas, a nossa escolha e eleição estraga e diminui quase todas as nossas virtudes. Ah! quem nos dará a graça de podermos dizer com aquele grande rei: «Escolhi ser abjeto na casa de Deus, antes que habitar nos tabernáculos dos pecadores»? Ninguém o pode, cara Filoteia, senão Aquele que, para nos exaltar, viveu e morreu de tal sorte que foi «o opróbrio dos homens e a abjeção do povo».
Je vous ai dit beaucoup de choses qui vous sembleront dures quand vous les considérerez ; mais croyez-moi, elles seront plus douces que le sucre et le miel quand vous les pratiquerez.
Eu vos disse muitas coisas que vos parecerão duras quando as considerardes; mas crede-me, serão mais doces que o açúcar e o mel quando as praticardes.
Chapitre VII — Comme il faut conserver la bonne renommée pratiquant l’humilité
Capítulo VII — Como se deve conservar a boa fama praticando a humildade
III.7 La louange, l’honneur et la gloire ne se donnent pas aux hommes pour une simple vertu, mais pour une vertu excellente. Car par la louange nous voulons persuader aux autres d’estimer l’excellence de quelqu’un ; par l’honneur nous protestons que nous l’estimons nous-mêmes ; et la gloire n’est autre chose, à mon avis, qu’un certain éclat de réputation qui rejaillit de l’assemblage de plusieurs louanges et honneurs : si que les honneurs et louanges sont comme des pierres précieuses, de l’amas desquelles réussit la gloire comme un émail. Or, l’humilité ne pouvant souffrir que nous ayons aucune opinion d’exceller ou devoir être préférés aux autres, ne peut aussi permettre que nous recherchions la louange, l’honneur ni la gloire qui sont dus à la seule excellence. Elle consent bien néanmoins à l’avertissement du Sage, qui nous admoneste « d’avoir soin de notre renommée », parce que la bonne renommée est une estime, non d’aucune excellence, mais seulement d’une simple et commune prud’homie et intégrité de vie, laquelle l’humilité n’empêche pas que nous ne reconnaissions en nous-mêmes, ni par conséquent que nous en désirions la réputation. Il est vrai que l’humilité mépriserait la renommée si la charité n’en avait besoin ; mais parce qu’elle est l’un des fondements de la société humaine, et que sans elle nous sommes non seulement inutiles mais dommageables au public, à cause du scandale qu’il en reçoit, la charité requiert et l’humilité agrée que nous la désirions et conservions précieusement.
III.7 O louvor, a honra e a glória não se dão aos homens por uma simples virtude, mas por uma virtude excelente. Porque, pelo louvor, queremos persuadir os outros a estimar a excelência de alguém; pela honra, protestamos que nós mesmos a estimamos; e a glória não é outra coisa, a meu ver, senão um certo brilho de reputação que ressalta do conjunto de muitos louvores e honras: de sorte que as honras e os louvores são como pedras preciosas, de cujo ajuntamento resulta a glória, como um esmalte. Ora, a humildade, não podendo sofrer que tenhamos nenhuma opinião de sermos excelentes ou de devermos ser preferidos aos outros, também não pode permitir que procuremos o louvor, a honra nem a glória, que são devidos só à excelência. Consente, contudo, de bom grado no aviso do Sábio, que nos admoesta a «ter cuidado da nossa fama», porque a boa fama é uma estima, não de alguma excelência, mas somente de uma simples e comum probidade e integridade de vida, a qual a humildade não impede que reconheçamos em nós mesmos, nem, por conseguinte, que desejemos ter fama dela. É verdade que a humildade desprezaria a fama se a caridade não precisasse dela; mas, porque ela é um dos fundamentos da sociedade humana, e sem ela somos não só inúteis, mas danosos ao público, por causa do escândalo que ele recebe disso, a caridade requer e a humildade aprova que a desejemos e conservemos preciosamente.
Outre cela, comme les feuilles des arbres, qui d’elles-mêmes ne sont pas beaucoup prisables, servent néanmoins de beaucoup, non seulement pour les embellir, mais aussi pour conserver les fruits tandis qu’ils sont encore tendres ; ainsi la bonne renommée, qui de soi-même n’est pas une chose fort désirable, ne laisse pas d’être très utile, non seulement pour l’ornement de notre vie, mais aussi pour la conservation de nos vertus, et principalement des vertus encore tendres et faibles : l’obligation de maintenir notre réputation et d’être tels que l’on nous estime, force un courage généreux, d’une puissante et douce violence. Conservons nos vertus, ma chère Philothée, parce qu’elles sont agréables à Dieu, grand et souverain objet de toutes nos actions ; mais comme ceux qui veulent garder les fruits ne se contentent pas de les confire, ains les mettent dedans des vases propres à la conservation d’iceux, de même, bien que l’amour divin soit le principal conservateur de nos vertus, si est-ce que nous pouvons encore employer la bonne renommée comme fort propre et utile à cela.
Além disso, assim como as folhas das árvores, que por si mesmas não são muito de prezar, servem, contudo, de muito, não somente para embelezá-las, mas também para conservar os frutos enquanto ainda estão tenros; assim a boa fama, que por si mesma não é coisa muito desejável, não deixa de ser muito útil, não somente para o ornamento da nossa vida, mas também para a conservação das nossas virtudes, e principalmente das virtudes ainda tenras e fracas: a obrigação de manter a nossa reputação e de ser tais como nos julgam força um ânimo generoso, com uma poderosa e doce violência. Conservemos as nossas virtudes, minha cara Filoteia, porque são agradáveis a Deus, grande e soberano objeto de todas as nossas ações; mas, assim como os que querem guardar os frutos não se contentam de confeitá-los, mas os põem em vasos próprios para a sua conservação, do mesmo modo, ainda que o amor divino seja o principal conservador das nossas virtudes, podemos ainda empregar a boa fama como muito própria e útil para isso.
Il ne faut pas pourtant que nous soyons trop ardents, exacts et pointilleux à cette conservation, car ceux qui sont si douillets et sensibles pour leur réputation ressemblent à ceux qui pour toutes sortes de petites incommodités prennent des médecines : car ceux-ci, pensant conserver leur santé la gâtent tout à fait, et ceux-là, voulant maintenir si délicatement leur réputation, la perdent entièrement ; car par cette tendreté ils se rendent bizarres, mutins, insupportables, et provoquent la malice des médisants.
Não é preciso, porém, que sejamos demasiado ardentes, rigorosos e melindrosos nessa conservação, porque os que são tão delicados e sensíveis quanto à sua reputação se parecem com os que, por toda espécie de pequenos incômodos, tomam remédios: porque estes, pensando conservar a saúde, estragam-na de todo, e aqueles, querendo manter tão delicadamente a sua reputação, perdem-na inteiramente; porque, com essa melindrice, tornam-se caprichosos, teimosos, insuportáveis, e provocam a malícia dos maldizentes.
La dissimulation et mépris de l’injure et calomnie est pour l’ordinaire un remède beaucoup plus salutaire que le ressentiment, la conteste et la vengeance : le mépris les fait évanouir ; si on s’en courrouce, il semble qu’on les avoue. Les crocodiles n’endommagent que ceux qui les craignent, ni certes la médisance, sinon ceux qui s’en mettent en peine.
O fingir que não se vê e o desprezo da injúria e da calúnia são, de ordinário, um remédio muito mais salutar do que o ressentimento, a contestação e a vingança: o desprezo as faz desvanecer; se nos irritamos, parece que as confessamos. Os crocodilos só fazem mal aos que os temem, nem, certamente, a maledicência, senão aos que se afligem com ela.
La crainte excessive de perdre la renommée témoigne une grande défiance du fondement d’icelle, qui est la vérité d’une bonne vie. Les villes qui ont des ponts de bois sur des grands fleuves craignent qu’ils ne soient emportés à toutes sortes de débordements ; mais celles qui les ont de pierre n’en sont en peine que pour des inondations extraordinaires : ainsi ceux qui ont une âme solidement chrétienne méprisent ordinairement les débordements des langues injurieuses ; mais ceux qui se sentent faibles s’inquiètent à tout propos. Certes, Philothée, qui veut avoir réputation envers tous, la perd envers tous ; et celui mérite de perdre l’honneur, qui le veut prendre de ceux que les vices rendent vraiment infâmes et déshonorés.
O temor excessivo de perder a fama mostra uma grande desconfiança do seu fundamento, que é a verdade de uma boa vida. As cidades que têm pontes de madeira sobre grandes rios temem que sejam arrastadas a cada transbordamento; mas as que as têm de pedra só se preocupam com isso nas inundações extraordinárias: assim os que têm uma alma solidamente cristã desprezam ordinariamente os transbordamentos das línguas injuriosas; mas os que se sentem fracos inquietam-se a todo propósito. Certamente, Filoteia, quem quer ter reputação para com todos a perde para com todos; e merece perder a honra quem a quer receber daqueles que os vícios tornam verdadeiramente infames e desonrados.
La réputation n’est que comme une enseigne qui fait connaître où la vertu loge ; la vertu doit donc être en tout et partout préférée. C’est pourquoi, si l’on dit : vous êtes un hypocrite, parce que vous vous rangez à la dévotion ; si l’on vous tient pour homme de bas courage parce que vous avez pardonné l’injure, moquez-vous de tout cela. Car, outre que tels jugements se font par des niaises et sottes gens, quand on devrait perdre la renommée, si ne faudrait-il pas quitter la vertu ni se détourner du chemin d’icelle, d’autant qu’il faut préférer le fruit aux feuilles, c’est-à-dire le bien intérieur et spirituel à tous les biens extérieurs. Il faut être jaloux, mais non pas idolâtres de notre renommée ; et comme il ne faut offenser l’œil des bons, aussi ne faut-il pas vouloir contenter celui des malins. La barbe est un ornement au visage de l’homme, et les cheveux à celui de la femme : si on arrache du tout le poil du menton et les cheveux de la tête, malaisément pourra-t-il jamais revenir ; mais si on le coupe seulement, voire, qu’on le rase, il recroîtra bientôt après et reviendra plus fort et touffu. Ainsi, bien que la renommée soit coupée, ou même tout à fait rasée par la langue des médisants, « qui est, dit David, comme un rasoir affilé », il ne se faut point inquiéter, car bientôt elle renaîtra non seulement aussi belle qu’elle était, ains encore plus solide. Mais si nos vices, nos lâchetés, notre mauvaise vie nous ôte la réputation, il sera malaisé que jamais elle revienne, parce que la racine en est arrachée. Or, la racine de la renommée, c’est la bonté et la probité, laquelle tandis qu’elle est en nous peut toujours reproduire l’honneur qui lui est dû.
A reputação não é senão como uma tabuleta que dá a conhecer onde mora a virtude; a virtude deve, pois, ser preferida em tudo e por tudo. Por isso, se vos disserem: sois um hipócrita, porque vos entregais à devoção; se vos tiverem por homem de pouco ânimo porque perdoastes a injúria, zombai de tudo isso. Porque, além de tais juízos serem feitos por gente simplória e tola, ainda que se houvesse de perder a fama, nem por isso se deveria deixar a virtude nem desviar-se do seu caminho, visto que é preciso preferir o fruto às folhas, isto é, o bem interior e espiritual a todos os bens exteriores. É preciso sermos zelosos, mas não idólatras da nossa fama; e, assim como não se deve ofender o olhar dos bons, também não se deve querer contentar o dos maliciosos. A barba é um ornamento no rosto do homem, e os cabelos no da mulher: se se arranca de todo o pelo do queixo e os cabelos da cabeça, dificilmente tornará jamais a nascer; mas, se só se corta, ou mesmo se rapa, tornará a crescer logo depois e voltará mais forte e espesso. Assim, ainda que a fama seja cortada, ou mesmo de todo rapada, pela língua dos maldizentes, «que é, diz Davi, como uma navalha afiada», não é preciso inquietar-se, porque logo ela renascerá, não somente tão bela como era, mas ainda mais sólida. Mas, se os nossos vícios, as nossas covardias, a nossa má vida nos tiram a reputação, será difícil que ela jamais volte, porque a raiz foi arrancada. Ora, a raiz da fama é a bondade e a probidade, a qual, enquanto está em nós, pode sempre reproduzir a honra que lhe é devida.
Il faut quitter cette vaine conversation, cette inutile pratique, cette amitié frivole, cette hantise folâtre, si cela nuit à la renommée, car la renommée vaut mieux que toutes sortes de vains contentements ; mais si pour l’exercice de piété, pour l’avancement en la dévotion et acheminement au bien éternel on murmure, on gronde, on calomnie, laissons aboyer les mâtins contre la lune ; car s’ils peuvent exciter quelque mauvaise opinion contre notre réputation, et par ainsi couper et raser les cheveux et la barbe de notre renommée, bientôt elle renaîtra, et le rasoir de la médisance servira à notre honneur, comme la serpe à la vigne, qu’elle fait abonder et multiplier en fruits.
É preciso deixar essa conversação vã, esse trato inútil, essa amizade frívola, essa convivência leviana, se isso prejudica a fama, porque a fama vale mais do que toda espécie de vãos contentamentos; mas, se, por causa do exercício da piedade, do progresso na devoção e do encaminhamento para o bem eterno, murmuram, resmungam, caluniam, deixemos os mastins ladrar contra a lua; porque, se puderem suscitar alguma má opinião contra a nossa reputação, e assim cortar e rapar os cabelos e a barba da nossa fama, logo ela renascerá, e a navalha da maledicência servirá para a nossa honra, como a podadeira para a vinha, que ela faz abundar e multiplicar-se em frutos.
Ayons toujours les yeux sur Jésus-Christ crucifié ; marchons en son service avec confiance et simplicité, mais sagement et discrètement : il sera le protecteur de notre renommée, et s’il permet qu’elle nous soit ôtée, ce sera pour nous en rendre une meilleure, ou pour nous faire profiter en la sainte humilité, de laquelle une seule once vaut mieux que mille livres d’honneur. Si on nous blâme injustement, opposons paisiblement la vérité à la calomnie ; si elle persévère, persévérons à nous humilier : remettant ainsi notre réputation avec notre âme ès mains de Dieu, nous ne saurions la mieux assurer. Servons Dieu « par la bonne et mauvaise renommée », à l’exemple de saint Paul, afin que nous puissions dire avec David : « O mon Dieu, c’est pour vous que j’ai supporté l’opprobre et que la confusion a couvert mon visage ». J’excepte néanmoins certains crimes si atroces et infâmes, que nul n’en doit souffrir la calomnie quand il se peut justement décharger, et certaines personnes de la bonne réputation desquelles dépend l’édification de plusieurs ; car en ce cas, il faut tranquillement poursuivre la réparation du tort reçu, suivant l’avis des théologiens.
Tenhamos sempre os olhos em Jesus Cristo crucificado; caminhemos no seu serviço com confiança e simplicidade, mas sábia e discretamente: ele será o protetor da nossa fama, e, se permitir que ela nos seja tirada, será para nos dar outra melhor, ou para nos fazer progredir na santa humildade, da qual uma só onça vale mais que mil libras de honra. Se nos censurarem injustamente, oponhamos tranquilamente a verdade à calúnia; se ela perseverar, perseveremos em humilhar-nos: entregando assim a nossa reputação, com a nossa alma, nas mãos de Deus, não poderíamos assegurá-la melhor. Sirvamos a Deus «pela boa e pela má fama», a exemplo de são Paulo, a fim de podermos dizer com Davi: «Ó meu Deus, é por vós que suportei o opróbrio e que a confusão cobriu o meu rosto». Excetuo, contudo, certos crimes tão atrozes e infames que ninguém deve sofrer a calúnia deles quando se pode justamente livrar dela, e certas pessoas de cuja boa reputação depende a edificação de muitos; porque, nesse caso, é preciso procurar tranquilamente a reparação do dano recebido, segundo o parecer dos teólogos.
Chapitre VIII — De la douceur envers le prochain et remède contre l’ire
Capítulo VIII — Da doçura para com o próximo e remédio contra a ira
III.8 Le saint chrême, duquel par tradition apostolique on use en l’Église de Dieu pour les confirmations et bénédictions, est composé d’huile d’olive mêlée avec le baume, qui représente entre autres choses les deux chères et bien aimées vertus qui reluisaient en la sacrée personne de Notre-Seigneur, lesquelles il nous a singulièrement recommandées, comme si par icelles notre cœur devait être spécialement consacré à son service et appliqué à son imitation : « Apprenez de moi, dit-il, que je suis doux et humble de cœur ». L’humilité nous perfectionne envers Dieu, et la douceur envers le prochain. Le baume (qui, comme j’ai dit ci-dessus, prend toujours le dessous parmi toutes les liqueurs) représente l’humilité, et l’huile d’olive, qui prend toujours le dessus, représente la douceur et débonnaireté, laquelle surmonte toutes choses et excelle entre les vertus comme étant la fleur de la charité laquelle, selon saint Bernard, est en sa perfection quand non seulement elle est patiente, mais quand outre cela elle est douce et débonnaire. Mais prenez garde, Philothée, que ce chrême mystique composé de douceur et d’humilité soit dedans votre cœur ; car c’est un des grands artifices de l’ennemi de faire que plusieurs s’amusent aux paroles et contenances extérieures de ces deux vertus, qui n’examinant pas bien leurs affections intérieures, pensent être humbles et doux et ne le sont néanmoins nullement en effet ; ce que l’on reconnaît parce que, nonobstant leur cérémonieuse douceur et humilité, à la moindre parole qu’on leur dit de travers, à la moindre petite injure qu’ils reçoivent, ils s’élèvent avec une arrogance nonpareille. On dit que ceux qui ont pris le préservatif que l’on appelle communément la grâce de saint Paul, n’enflent point étant mordus et piqués de la vipère, pourvu que la grâce soit de la fine : de même, quand l’humilité et la douceur sont bonnes et vraies, elles nous garantissent de l’enflure et ardeur que les injures ont accoutumé de provoquer en nos cœurs. Que si étant piqués et mordus par les médisants et ennemis nous devenons fiers, enflés et dépités, c’est signe que nos humilités et douceurs ne sont pas véritables et franches, mais artificieuses et apparentes.
III.8 O santo crisma, de que por tradição apostólica se usa na Igreja de Deus para as confirmações e bênçãos, é composto de azeite de oliva misturado com bálsamo, o que representa, entre outras coisas, as duas queridas e bem-amadas virtudes que resplandeciam na sagrada pessoa de Nosso Senhor, as quais ele nos recomendou singularmente, como se por elas o nosso coração devesse ser especialmente consagrado ao seu serviço e aplicado à sua imitação: «Aprendei de mim, diz ele, que sou manso e humilde de coração». A humildade nos aperfeiçoa para com Deus, e a doçura para com o próximo. O bálsamo (que, como eu disse acima, fica sempre por baixo, no meio de todos os líquidos) representa a humildade, e o azeite de oliva, que fica sempre por cima, representa a doçura e a mansidão, a qual supera todas as coisas e sobressai entre as virtudes, como sendo a flor da caridade, a qual, segundo são Bernardo, está na sua perfeição quando não somente é paciente, mas, além disso, é doce e mansa. Mas tomai cuidado, Filoteia, para que este crisma místico, composto de doçura e de humildade, esteja dentro do vosso coração; porque é um dos grandes artifícios do inimigo fazer com que muitos se entretenham com as palavras e as aparências exteriores destas duas virtudes, os quais, não examinando bem as suas afeições interiores, pensam ser humildes e doces e não o são, contudo, de modo algum, na realidade; o que se reconhece porque, não obstante a sua cerimoniosa doçura e humildade, à menor palavra atravessada que lhes dizem, à menor injuriazinha que recebem, insurgem-se com uma arrogância sem igual. Diz-se que os que tomaram o preservativo a que comumente chamam graça de são Paulo não incham quando mordidos e picados pela víbora, contanto que a graça seja da fina: do mesmo modo, quando a humildade e a doçura são boas e verdadeiras, livram-nos do inchaço e do ardor que as injúrias costumam provocar em nossos corações. Se, picados e mordidos pelos maldizentes e inimigos, nos tornamos altivos, inchados e despeitados, é sinal de que as nossas humildades e doçuras não são verdadeiras e francas, mas artificiosas e aparentes.
Ce saint et illustre patriarche Joseph, renvoyant ses frères d’Égypte en la maison de son père, leur donna ce seul avis : « Ne vous courroucez point en chemin ». Je vous en dis de même, Philothée : cette misérable vie n’est qu’un acheminement à la bienheureuse ; ne nous courrouçons donc point en chemin les uns avec les autres, marchons avec la troupe de nos frères et compagnons doucement, paisiblement et amiablement. Mais je vous dis nettement et sans exception, ne vous courroucez point du tout, s’il est possible, et ne recevez aucun prétexte quel qu’il soit pour ouvrir la porte de votre cœur au courroux ; car saint Jacques dit tout court et sans réserve, que « l’ire de l’homme n’opère point la justice de Dieu ».
Aquele santo e ilustre patriarca José, mandando os seus irmãos do Egito de volta para a casa de seu pai, deu-lhes só este aviso: «Não vos irriteis pelo caminho». Digo-vos o mesmo, Filoteia: esta vida miserável não é senão um caminho para a bem-aventurada; não nos irritemos, pois, pelo caminho uns com os outros, caminhemos com o grupo dos nossos irmãos e companheiros com doçura, em paz e amigavelmente. Mas eu vos digo claramente e sem exceção, não vos irriteis de modo algum, se for possível, e não aceiteis nenhum pretexto, qualquer que seja, para abrir a porta do vosso coração à irritação; porque são Tiago diz em poucas palavras e sem reserva que «a ira do homem não opera a justiça de Deus».
Il faut voirement résister au mal et réprimer les vices de ceux que nous avons en charge, constamment et vaillamment, mais doucement et paisiblement. Rien ne mate tant l’éléphant courroucé que la vue d’un agnelet, et rien ne rompt si aisément la force des canonnades que la laine. On ne prise pas tant la correction qui sort de la passion, quoiqu’accompagnée de raison, que celle qui n’a aucune autre origine que la raison seule : car l’âme raisonnable étant naturellement sujette à la raison, elle n’est sujette à la passion que par tyrannie ; et partant, quand la raison est accompagnée de la passion, elle se rend odieuse, sa juste domination étant avilie par la société de la tyrannie. Les princes honorent et consolent infiniment les peuples quand ils les visitent avec un train de paix ; mais quand ils conduisent des armées, quoique ce soit pour le bien public, leurs venues sont toujours désagréables et dommageables, parce qu’encore qu’ils fassent exactement observer la discipline militaire entre les soldats, si ne peuvent-ils jamais tant faire qu’il n’arrive toujours quelque désordre, par lequel le bon homme est foulé. Ainsi, tandis que la raison règne et exerce paisiblement les châtiments, corrections et répréhensions, quoique ce soit rigoureusement et exactement, chacun l’aime et l’approuve ; mais quand elle conduit avec soi l’ire, la colère et le courroux, qui sont, dit saint Augustin, ses soldats, elle se rend plus effroyable qu’amiable, et son propre cœur en demeure toujours foulé et maltraité. « Il est mieux, dit le même saint Augustin écrivant à Profuturus, de refuser l’entrée à l’ire juste et équitable que de la recevoir, pour petite qu’elle soit, parce qu’étant reçue, il est malaisé de la faire sortir, d’autant qu’elle entre comme un petit surgeon, et en moins de rien elle grossit et devient une poutre ». Que si une fois elle peut gagner la nuit et que le soleil se couche sur notre ire (ce que l’Apôtre défend), se convertissant en haine, il n’y a quasi plus moyen de s’en défaire ; car elle se nourrit de mille fausses persuasions, puisque jamais nul homme courroucé ne pensa son courroux être injuste.
É preciso, verdadeiramente, resistir ao mal e reprimir os vícios dos que temos a nosso cargo, com constância e valentia, mas com doçura e em paz. Nada amansa tanto o elefante irritado como a vista de um cordeirinho, e nada quebra tão facilmente a força dos tiros de canhão como a lã. Não se aprecia tanto a correção que sai da paixão, ainda que acompanhada de razão, como a que não tem outra origem senão a razão só: porque, sendo a alma racional naturalmente sujeita à razão, só está sujeita à paixão por tirania; e, por isso, quando a razão vem acompanhada da paixão, torna-se odiosa, ficando o seu justo domínio aviltado pela companhia da tirania. Os príncipes honram e consolam infinitamente os povos quando os visitam com um séquito de paz; mas, quando conduzem exércitos, ainda que seja para o bem público, as suas vindas são sempre desagradáveis e danosas, porque, ainda que façam observar exatamente a disciplina militar entre os soldados, nunca conseguem impedir que aconteça sempre alguma desordem, pela qual o homem do povo é pisado. Assim, enquanto a razão reina e exerce em paz os castigos, correções e repreensões, ainda que seja com rigor e exatidão, todos a amam e aprovam; mas, quando leva consigo a ira, a cólera e a irritação, que são, diz santo Agostinho, os seus soldados, torna-se mais temível que amável, e o seu próprio coração fica sempre pisado e maltratado. «É melhor, diz o mesmo santo Agostinho, escrevendo a Profuturo, recusar a entrada à ira justa e equitativa do que recebê-la, por pequena que seja, porque, uma vez recebida, é difícil fazê-la sair, visto que entra como um pequeno rebento e em menos de nada engrossa e se torna uma trave». Se uma vez ela consegue passar a noite e o sol se põe sobre a nossa ira (o que o Apóstolo proíbe), convertendo-se em ódio, quase não há mais meio de nos desfazermos dela; porque ela se alimenta de mil falsas persuasões, pois nunca homem nenhum irritado pensou que a sua irritação fosse injusta.
Il est donc mieux d’entreprendre de savoir vivre sans colère que de vouloir user modérément et sagement de la colère, et quand par imperfection et faiblesse nous nous trouvons surpris d’icelle, il est mieux de la repousser vitement que de vouloir marchander avec elle ; car pour peu qu’on lui donne de loisir, elle se rend maîtresse de la place et fait comme le serpent, qui tire aisément tout son corps où il peut mettre la tête. Mais comment la repousserai-je, me direz-vous ? Il faut, ma Philothée, qu’au premier ressentiment que vous en aurez, vous ramassiez promptement vos forces, non point brusquement ni impétueusement, mais doucement et néanmoins sérieusement ; car, comme on voit ès audiences de plusieurs sénats et parlements, que les huissiers criant : « Paix là ! » font plus de bruit que ceux qu’ils veulent faire taire, aussi il arrive maintes fois que voulant avec impétuosité réprimer notre colère, nous excitons plus de trouble en notre cœur qu’elle n’avait pas fait, et le cœur étant ainsi troublé ne peut plus être maître de soi-même.
É, pois, melhor empreender saber viver sem cólera do que querer usar moderada e sabiamente da cólera, e, quando por imperfeição e fraqueza nos achamos surpreendidos por ela, é melhor repeli-la depressa do que querer negociar com ela; porque, por pouco vagar que se lhe dê, ela se torna senhora da praça e faz como a serpente, que facilmente puxa todo o corpo para onde pode meter a cabeça. Mas como a repelirei?, direis vós. É preciso, minha Filoteia, que, ao primeiro ressentimento que tiverdes dela, junteis prontamente as vossas forças, não brusca nem impetuosamente, mas com doçura e, contudo, com seriedade; porque, assim como se vê nas audiências de muitos senados e tribunais que os meirinhos, gritando: «Silêncio aí!», fazem mais barulho do que aqueles que querem fazer calar, assim acontece muitas vezes que, querendo com impetuosidade reprimir a nossa cólera, provocamos mais perturbação no nosso coração do que ela tinha provocado, e o coração, estando assim perturbado, já não pode ser senhor de si mesmo.
Après ce doux effort, pratiquez l’avis que saint Augustin, jà vieil, donnait au jeune évêque Auxilius : « Fais, dit-il, ce qu’un homme doit faire ; que s’il t’arrive ce que l’homme de Dieu dit au psaume : Mon œil est troublé de grande colère, recours à Dieu, criant : Aie miséricorde de moi, Seigneur, afin qu’il étende sa dextre pour réprimer ton courroux ». Je veux dire, qu’il faut invoquer le secours de Dieu quand nous nous voyons agités de colère, à l’imitation des Apôtres tourmentés du vent et de l’orage emmi les eaux ; car il commandera à nos passions qu’elles cessent, et la tranquillité se fera grande. Mais toujours je vous avertis que l’oraison qui se fait contre la colère présente et pressante doit être pratiquée doucement, tranquillement, et non point violemment ; ce qu’il faut observer en tous les remèdes qu’on use contre ce mal. Avec cela, soudain que vous vous apercevrez avoir fait quelque acte de colère, réparez la faute par un acte de douceur, exercé promptement à l’endroit de la même personne contre laquelle vous vous serez irritée. Car tout ainsi que c’est un souverain remède contre le mensonge que de s’en dédire sur le champ, aussitôt que l’on s’aperçoit de l’avoir dit, ainsi est-ce un bon remède contre la colère de la réparer soudainement par un acte contraire de douceur ; car, comme l’on dit, les plaies fraîches sont plus aisément remédiables.
Depois desse doce esforço, praticai o aviso que santo Agostinho, já velho, dava ao jovem bispo Auxílio: «Faze, diz ele, o que um homem deve fazer; e, se te acontecer o que o homem de Deus diz no salmo: O meu olho está perturbado de grande cólera, recorre a Deus, clamando: Tem misericórdia de mim, Senhor, para que ele estenda a sua destra para reprimir a tua ira». Quero dizer que é preciso invocar o socorro de Deus quando nos vemos agitados pela cólera, à imitação dos Apóstolos atormentados pelo vento e pela tempestade no meio das águas; porque ele mandará às nossas paixões que cessem, e a tranquilidade se fará grande. Mas sempre vos advirto que a oração que se faz contra a cólera presente e premente deve ser praticada com doçura, com tranquilidade, e não com violência; o que se deve observar em todos os remédios que se usam contra este mal. Com isso, logo que perceberdes ter feito algum ato de cólera, reparai a falta com um ato de doçura, exercido prontamente para com a mesma pessoa contra a qual vos tiverdes irritado. Porque, assim como é um remédio soberano contra a mentira desdizer-se logo, assim que se percebe tê-la dito, assim também é um bom remédio contra a cólera repará-la de súbito com um ato contrário de doçura; porque, como se diz, as feridas frescas são mais fáceis de remediar.
Au surplus, lorsque vous êtes en tranquillité et sans aucun sujet de colère, faites grande provision de douceur et débonnaireté, disant toutes vos paroles et faisant toutes vos actions petites et grandes en la plus douce façon qu’il vous sera possible, vous ressouvenant que l’Épouse au Cantique des Cantiques, n’a pas seulement le miel en ses lèvres et au bout de sa langue, mais elle l’a encore dessous la langue, c’est-à-dire dans la poitrine ; et n’y a pas seulement du miel, mais encore du lait ; car aussi ne faut-il pas seulement avoir la parole douce à l’endroit du prochain, mais encore toute la poitrine, c’est-à-dire tout l’intérieur de notre âme. Et ne faut pas seulement avoir la douceur du miel, qui est aromatique et odorant, c’est-à-dire la suavité de la conversation civile avec les étrangers, mais aussi la douceur du lait entre les domestiques et proches voisins : en quoi manquent grandement ceux qui en rue semblent des anges, et en la maison, des diables.
Além disso, quando estiverdes em tranquilidade e sem nenhum motivo de cólera, fazei grande provisão de doçura e de mansidão, dizendo todas as vossas palavras e fazendo todas as vossas ações, pequenas e grandes, do modo mais doce que vos for possível, lembrando-vos de que a Esposa, no Cântico dos Cânticos, não tem somente o mel nos lábios e na ponta da língua, mas o tem ainda debaixo da língua, isto é, no peito; e não tem somente mel, mas ainda leite; porque também não se deve ter somente a palavra doce para com o próximo, mas ainda todo o peito, isto é, todo o interior da nossa alma. E não se deve ter somente a doçura do mel, que é aromático e odorífero, isto é, a suavidade da conversação civil com os estranhos, mas também a doçura do leite entre os de casa e os vizinhos próximos: no que falham grandemente os que na rua parecem anjos, e em casa, demônios.
Chapitre IX — De la douceur envers nous-mêmes
Capítulo IX — Da doçura para conosco mesmos
III.9 L’une des bonnes pratiques que nous saurions faire de la douceur, c’est celle de laquelle le sujet est en nous-mêmes, ne dépitant jamais contre nous-mêmes ni contre nos imperfections ; car encore que la raison veut que quand nous faisons des fautes nous en soyons déplaisants et marris, si faut-il néanmoins que nous nous empêchions d’en avoir une déplaisance aigre et chagrine, dépiteuse et colère. En quoi font une grande faute plusieurs qui, s’étant mis en colère, se courroucent de s’être courroucés, entrent en chagrin de s’être chagrinés, et ont dépit de s’être dépités ; car par ce moyen ils tiennent leur cœur confit et détrempé en la colère : et si bien il semble que la seconde colère ruine la première, si est-ce néanmoins qu’elle sert d’ouverture et de passage pour une nouvelle colère, à la première occasion qui s’en présentera ; outre que ces colères, dépits et aigreurs que l’on a contre soi-même tendent à l’orgueil et n’ont origine que de l’amour-propre, qui se trouble et s’inquiète de nous voir imparfaits.
III.9 Uma das boas práticas que poderíamos fazer da doçura é aquela cujo objeto está em nós mesmos, não nos despeitando nunca contra nós mesmos nem contra as nossas imperfeições; porque, ainda que a razão queira que, quando cometemos faltas, fiquemos descontentes e pesarosos, é preciso, contudo, que nos impeçamos de ter delas um desgosto azedo e rabugento, despeitado e colérico. Nisso cometem uma grande falta muitos que, tendo-se encolerizado, irritam-se de se terem irritado, amofinam-se de se terem amofinado e se despeitam de se terem despeitado; porque, por esse meio, mantêm o coração curtido e encharcado na cólera: e, ainda que pareça que a segunda cólera destrói a primeira, ela serve, contudo, de abertura e de passagem para uma nova cólera, na primeira ocasião que se apresentar; além de que essas cóleras, despeitos e azedumes que se têm contra si mesmo tendem ao orgulho e não têm origem senão no amor-próprio, que se perturba e se inquieta de nos ver imperfeitos.
Il faut donc avoir un déplaisir de nos fautes qui soit paisible, rassis et ferme ; car comme un juge châtie bien mieux les méchants faisant ses sentences par raison et en esprit de tranquillité, que non pas quand il les fait par impétuosité et passion, d’autant que jugeant avec passion, il ne châtie pas les fautes selon qu’elles sont, mais selon qu’il est lui-même ; ainsi nous nous châtions bien mieux nous-mêmes par des repentances tranquilles et constantes, que non pas par des repentances aigres, empressées et colères, d’autant que ces repentances faites avec impétuosité ne se font pas selon la gravité de nos fautes, mais selon nos inclinations. Par exemple, celui qui affectionne la chasteté se dépitera avec une amertume nonpareille de la moindre faute qu’il commettra contre icelle, et ne se fera que rire d’une grosse médisance qu’il aura commise. Au contraire, celui qui hait la médisance se tourmentera d’avoir fait une légère murmuration, et ne tiendra nul compte d’une grosse faute commise contre la chasteté, et ainsi des autres ; ce qui n’arrive pour autre chose, sinon d’autant qu’ils ne font pas le jugement de leur conscience par raison, mais par passion.
É preciso, pois, ter um desgosto das nossas faltas que seja tranquilo, sereno e firme; porque, assim como um juiz castiga muito melhor os maus quando dá as sentenças com razão e em espírito de tranquilidade do que quando as dá com impetuosidade e paixão, visto que, julgando com paixão, não castiga as faltas segundo elas são, mas segundo ele mesmo é; assim nós nos castigamos muito melhor a nós mesmos com arrependimentos tranquilos e constantes do que com arrependimentos azedos, precipitados e coléricos, visto que esses arrependimentos feitos com impetuosidade não se fazem segundo a gravidade das nossas faltas, mas segundo as nossas inclinações. Por exemplo, quem tem afeição à castidade se despeitará com uma amargura sem igual da menor falta que cometer contra ela, e não fará senão rir de uma grande maledicência que tiver cometido. Ao contrário, quem odeia a maledicência se atormentará por ter feito uma leve murmuração, e não fará nenhum caso de uma grande falta cometida contra a castidade, e assim das outras; o que não acontece por outra razão senão porque não fazem o juízo da sua consciência pela razão, mas pela paixão.
Croyez-moi, Philothée : comme les remontrances d’un père faites doucement et cordialement, ont bien plus de pouvoir sur un enfant pour le corriger que non pas les colères et courroux ; ainsi, quand notre cœur aura fait quelque faute, si nous le reprenons avec des remontrances douces et tranquilles, ayant plus de compassion de lui que de passion contre lui, l’encourageant à l’amendement, la repentance qu’il en concevra entrera bien plus avant et le pénétrera mieux que ne ferait pas une repentance dépiteuse, ireuse et tempétueuse.
Crede-me, Filoteia: assim como as admoestações de um pai, feitas com doçura e cordialidade, têm muito mais poder sobre um filho para o corrigir do que as cóleras e as irritações; assim, quando o nosso coração tiver cometido alguma falta, se o repreendermos com admoestações doces e tranquilas, tendo mais compaixão dele do que paixão contra ele, animando-o à emenda, o arrependimento que ele conceber entrará muito mais fundo e o penetrará melhor do que o faria um arrependimento despeitado, irado e tempestuoso.
Pour moi, si j’avais par exemple grande affection de ne point tomber au vice de la vanité, et que j’y fusse néanmoins tombé d’une grande chute, je ne voudrais pas reprendre mon cœur en cette sorte : « N’es-tu pas misérable et abominable, qu’après tant de résolutions tu t’es laissé emporter à la vanité ? meurs de honte, ne lève plus les yeux au ciel, aveugle, impudent, traître et déloyal à ton Dieu », et semblables choses ; mais je voudrais le corriger raisonnablement et par voie de compassion : « Or sus ! mon pauvre cœur, nous voilà tombés dans la fosse, laquelle nous avions tant résolu d’échapper ; ah ! relevons-nous et quittons-la pour jamais, réclamons la miséricorde de Dieu et espérons en elle qu’elle nous assistera pour désormais être plus fermes, et remettons-nous au chemin de l’humilité ; courage ! soyons meshui sur nos gardes, Dieu nous aidera, nous ferons prou ». Et voudrais sur cette répréhension bâtir une solide et ferme résolution de ne plus tomber en la faute, prenant les moyens convenables à cela, et mêmement l’avis de mon directeur.
Quanto a mim, se eu tivesse, por exemplo, grande desejo de não cair no vício da vaidade, e contudo nele tivesse caído com uma grande queda, não quereria repreender o meu coração desta maneira: «Não és tu miserável e abominável, que, depois de tantas resoluções, te deixaste levar pela vaidade? morre de vergonha, não levantes mais os olhos ao céu, cego, impudente, traidor e desleal ao teu Deus», e coisas semelhantes; mas quereria corrigi-lo razoavelmente e por via de compaixão: «Eia! meu pobre coração, eis-nos caídos na cova que tanto tínhamos resolvido evitar; ah! levantemo-nos e deixemo-la para sempre, imploremos a misericórdia de Deus e esperemos nela, que ela nos assistirá para sermos doravante mais firmes, e voltemos ao caminho da humildade; coragem! estejamos agora de sobreaviso, Deus nos ajudará, faremos muito». E quereria, sobre essa repreensão, edificar uma sólida e firme resolução de não mais cair na falta, tomando os meios convenientes para isso, e mesmo o parecer do meu diretor.
Que si néanmoins quelqu’un ne trouve pas que son cœur puisse être assez ému par cette douce correction, il pourra employer le reproche avec une répréhension dure et forte pour l’exciter à une profonde confusion, pourvu qu’après avoir rudement gourmandé et courroucé son cœur, il finisse par un allégement, terminant tout son regret et courroux en une douce et sainte confiance en Dieu, à l’imitation de ce grand pénitent qui voyant son âme affligée la relevait en cette sorte : « Pourquoi es-tu triste, O mon âme, et pourquoi me troubles-tu ? Espère en Dieu, car je le bénirai encore comme le salut de ma face et mon vrai Dieu ».
Se, contudo, alguém achar que o seu coração não pode ser bastante movido por essa doce correção, poderá empregar a censura, com uma repreensão dura e forte, para o excitar a uma profunda confusão, contanto que, depois de ter ralhado rudemente com o seu coração e de se ter irritado contra ele, acabe por um alívio, terminando todo o seu pesar e irritação numa doce e santa confiança em Deus, à imitação daquele grande penitente que, vendo a sua alma aflita, a levantava desta maneira: «Por que estás triste, ó minha alma, e por que me perturbas? Espera em Deus, porque eu o bendirei ainda como a salvação da minha face e o meu verdadeiro Deus».
Relevez donc votre cœur quand il tombera, tout doucement, vous humiliant beaucoup devant Dieu pour la connaissance de votre misère, sans nullement vous étonner de votre chute, puisque ce n’est pas chose admirable que l’infirmité soit infirme, et la faiblesse faible, et la misère chétive. Détestez néanmoins de toutes vos forces l’offense que Dieu a reçue de vous, et avec un grand courage et confiance en la miséricorde d’icelui, remettez-vous au train de la vertu que vous aviez abandonnée.
Levantai, pois, o vosso coração quando ele cair, bem docemente, humilhando-vos muito diante de Deus pelo conhecimento da vossa miséria, sem vos espantardes de modo algum da vossa queda, pois não é coisa de admirar que a enfermidade seja enferma, e a fraqueza fraca, e a miséria mesquinha. Detestai, contudo, com todas as vossas forças a ofensa que Deus recebeu de vós, e, com uma grande coragem e confiança na sua misericórdia, voltai ao caminho da virtude que tínheis abandonado.
Chapitre X — Qu’il faut traiter des affaires avec soin, et sans empressement ni souci
Capítulo X — Que é preciso tratar dos negócios com cuidado, e sem afã nem preocupação
III.10 Le soin et la diligence que nous devons avoir en nos affaires sont choses bien différentes de la sollicitude, souci et empressement. Les anges ont soin pour notre salut et le procurent avec diligence, mais ils n’en ont point pour cela de sollicitude, souci, ni d’empressement ; car le soin et la diligence appartiennent à leur charité, mais aussi la sollicitude, le souci et l’empressement seraient totalement contraires à leur félicité, puisque le soin et la diligence peuvent être accompagnés de la tranquillité et paix d’esprit, mais non pas la sollicitude ni le souci, et beaucoup moins l’empressement. Soyez donc soigneuse et diligente en toutes les affaires que vous aurez en charge, ma Philothée, car Dieu vous les ayant confiées veut que vous en ayez un grand soin ; mais, s’il est possible, n’en soyez pas en sollicitude et souci, c’est-à-dire, ne les entreprenez pas avec inquiétude, anxiété et ardeur. Ne vous empressez point à la besogne : car toute sorte d’empressement trouble la raison et le jugement, et nous empêche même de bien faire la chose à laquelle nous nous empressons.
III.10 O cuidado e a diligência que devemos ter nos nossos negócios são coisas bem diferentes da solicitude, da preocupação e do afã. Os anjos têm cuidado da nossa salvação e a procuram com diligência, mas nem por isso têm solicitude, preocupação nem afã; porque o cuidado e a diligência pertencem à sua caridade, mas a solicitude, a preocupação e o afã seriam totalmente contrários à sua felicidade, visto que o cuidado e a diligência podem estar acompanhados da tranquilidade e da paz de espírito, mas não a solicitude nem a preocupação, e muito menos o afã. Sede, pois, cuidadosa e diligente em todos os negócios que tiverdes a vosso cargo, minha Filoteia, porque Deus, que os confiou a vós, quer que tenhais deles grande cuidado; mas, se for possível, não vos ponhais por eles em solicitude e preocupação, isto é, não os empreendais com inquietação, ansiedade e ardor. Não vos afaneis no trabalho: porque toda espécie de afã perturba a razão e o juízo, e nos impede até de fazer bem a coisa por que nos afanamos.
Quand Notre Seigneur reprend sainte Marthe, il dit : « Marthe, Marthe, tu es en souci et tu te troubles pour beaucoup de choses ». Voyez-vous, si elle eût été simplement soigneuse, elle ne se fût point troublée ; mais parce qu’elle était en souci et inquiétude, elle s’empresse et se trouble, et c’est en quoi Notre Seigneur la reprend. Les fleuves qui vont doucement coulant en la plaine portent les grands bateaux et riches marchandises, et les pluies qui tombent doucement en la campagne la fécondent d’herbes et de graines ; mais les torrents et rivières qui à grands flots courent sur la terre, ruinent leurs voisinages et sont inutiles au trafic, comme les pluies véhémentes et tempétueuses ravagent les champs et les prairies.
Quando Nosso Senhor repreende santa Marta, diz: «Marta, Marta, andas preocupada e te perturbas com muitas coisas». Bem vedes que, se ela tivesse sido simplesmente cuidadosa, não se teria perturbado; mas, porque estava em preocupação e inquietação, afana-se e perturba-se, e é nisso que Nosso Senhor a repreende. Os rios que vão correndo mansamente pela planície levam os grandes barcos e as ricas mercadorias, e as chuvas que caem mansamente no campo o fecundam de ervas e de grãos; mas as torrentes e os rios que correm em grandes vagas sobre a terra arruínam as suas vizinhanças e são inúteis para o comércio, assim como as chuvas veementes e tempestuosas devastam os campos e os prados.
Jamais besogne faite avec impétuosité et empressement ne fut bien faite : il faut dépêcher tout bellement, comme dit l’ancien proverbe. « Celui qui se hâte, dit Salomon, court fortune de chopper et heurter des pieds ». Nous faisons toujours assez tôt quand nous faisons bien. Les bourdons font bien plus de bruit et sont bien plus empressés que les abeilles, mais ils ne font sinon la cire et non point de miel : ainsi ceux qui s’empressent d’un souci cuisant et d’une sollicitude bruyante, ne font jamais ni beaucoup ni bien.
Nunca trabalho feito com impetuosidade e afã foi bem feito: é preciso despachar devagarinho, como diz o antigo provérbio. «Quem se apressa, diz Salomão, corre o risco de tropeçar e bater com os pés». Fazemos sempre bastante cedo quando fazemos bem. Os zangões fazem muito mais barulho e são muito mais afanosos que as abelhas, mas não fazem senão a cera, e nada de mel: assim os que se afanam com uma preocupação ardente e uma solicitude ruidosa nunca fazem nem muito nem bem.
Les mouches ne nous inquiètent pas par leur effort, mais par la multitude : ainsi les grandes affaires ne nous troublent pas tant comme les menues, quand elles sont en grand nombre. Recevez donc les affaires qui vous arriveront en paix, et tâchez de les faire par ordre, l’une après l’autre ; car si vous les voulez faire tout à coup ou en désordre, vous ferez des efforts qui vous fouleront et alanguiront votre esprit ; et pour l’ordinaire vous demeurerez accablée sous la presse, et sans effet.
As moscas não nos inquietam pela sua força, mas pela multidão: assim os grandes negócios não nos perturbam tanto como os miúdos, quando são em grande número. Recebei, pois, em paz os negócios que vos vierem e procurai fazê-los por ordem, um depois do outro; porque, se os quiserdes fazer todos de uma vez ou em desordem, fareis esforços que vos oprimirão e enlanguescerão o vosso espírito; e, de ordinário, ficareis acabrunhada sob o aperto, e sem efeito.
Et en toutes vos affaires appuyez-vous totalement sur la providence de Dieu, par laquelle seule tous vos desseins doivent réussir ; travaillez néanmoins de votre côté tout doucement pour coopérer avec icelle, et puis croyez que si vous vous êtes bien confiée en Dieu, le succès qui vous arrivera sera toujours le plus profitable pour vous, soit qu’il vous semble bon ou mauvais selon votre jugement particulier.
E em todos os vossos negócios apoiai-vos totalmente na providência de Deus, só pela qual todos os vossos desígnios devem ter bom êxito; trabalhai, contudo, da vossa parte, bem mansamente, para cooperar com ela, e depois crede que, se confiastes bem em Deus, o resultado que vos vier será sempre o mais proveitoso para vós, quer vos pareça bom, quer mau, segundo o vosso juízo particular.
Faites comme les petits enfants qui de l’une des mains se tiennent à leur père, et de l’autre cueillent des fraises ou des mûres le long des haies ; car de même, amassant et maniant les biens de ce monde de l’une de vos mains, tenez toujours de l’autre la main du Père céleste, vous retournant de temps en temps à lui, pour voir s’il a agréable votre ménage ou vos occupations. Et gardez bien sur toutes choses de quitter sa main et sa protection, pensant d’amasser ou recueillir davantage ; car s’il vous abandonne, vous ne ferez point de pas sans donner du nez en terre. Je veux dire, ma Philothée, que quand vous serez parmi les affaires et occupations communes, qui ne requièrent pas une attention si forte et si pressante, vous regardiez plus Dieu que les affaires ; et quand les affaires sont de si grande importance qu’elles requièrent toute votre attention pour être bien faites, de temps en temps vous regarderez à Dieu, comme font ceux qui naviguent en mer lesquels, pour aller à la terre qu’ils désirent, regardent plus en haut au ciel que non pas en bas où ils voguent. Ainsi Dieu travaillera avec vous, en vous et pour vous, et votre travail sera suivi de consolation.
Fazei como as criancinhas, que com uma das mãos se seguram ao pai e com a outra colhem morangos ou amoras ao longo das sebes; porque, do mesmo modo, juntando e manejando os bens deste mundo com uma das mãos, segurai sempre com a outra a mão do Pai celeste, voltando-vos de tempo em tempo para ele, para ver se lhe agrada o vosso governo da casa ou as vossas ocupações. E guardai-vos bem, acima de tudo, de largar a sua mão e a sua proteção, pensando juntar ou colher mais; porque, se ele vos abandonar, não dareis um passo sem dar com o nariz no chão. Quero dizer, minha Filoteia, que, quando estiverdes entre os negócios e ocupações comuns, que não requerem uma atenção tão forte e tão premente, olheis mais para Deus do que para os negócios; e, quando os negócios forem de tão grande importância que requeiram toda a vossa atenção para serem bem feitos, de tempo em tempo olhareis para Deus, como fazem os que navegam no mar, os quais, para irem à terra que desejam, olham mais para o alto, para o céu, do que para baixo, onde navegam. Assim Deus trabalhará convosco, em vós e por vós, e o vosso trabalho será seguido de consolação.
Chapitre XI — De l’obéissance
Capítulo XI — Da obediência
III.11 La seule charité nous met en la perfection ; mais l’obéissance, la chasteté et la pauvreté sont les trois grands moyens pour l’acquérir. L’obéissance consacre notre cœur, la chasteté notre corps et la pauvreté nos moyens, à l’amour et service de Dieu : ce sont les trois branches de la croix spirituelle, toutes trois néanmoins fondées sur la quatrième qui est l’humilité. Je ne dirai rien de ces trois vertus en tant qu’elles sont vouées solennellement, parce que cela ne regarde que les religieux ; ni même en tant qu’elles sont vouées simplement, d’autant qu’encore que le vœu donne toujours beaucoup de grâces et de mérite à toutes les vertus, si est-ce que pour nous rendre parfaits il n’est pas nécessaire qu’elles soient vouées, pourvu qu’elles soient observées. Car bien qu’étant vouées, et surtout solennellement, elles mettent l’homme en état de perfection, si est-ce que pour le mettre en la perfection il suffit qu’elles soient observées, y ayant bien de la différence entre l’état de perfection et la perfection, puisque tous les évêques et religieux sont en l’état de perfection, et tous néanmoins ne sont pas en la perfection, comme il ne se voit que trop. Tâchons donc, Philothée, de bien pratiquer ces trois vertus, un chacun selon sa vocation ; car encore qu’elles ne nous mettent pas en l’état de perfection, elles nous donneront néanmoins la perfection même ; aussi nous sommes tous obligés à la pratique de ces trois vertus, quoique non pas tous à les pratiquer de même façon.
III.11 Só a caridade nos põe na perfeição; mas a obediência, a castidade e a pobreza são os três grandes meios para adquiri-la. A obediência consagra o nosso coração, a castidade o nosso corpo e a pobreza os nossos bens ao amor e ao serviço de Deus: são os três braços da cruz espiritual, todos três, contudo, fundados no quarto, que é a humildade. Não direi nada destas três virtudes enquanto são votadas solenemente, porque isso só diz respeito aos religiosos; nem mesmo enquanto são votadas simplesmente, visto que, ainda que o voto dê sempre muitas graças e mérito a todas as virtudes, todavia, para nos tornar perfeitos, não é necessário que sejam votadas, contanto que sejam observadas. Porque, ainda que, sendo votadas, e sobretudo solenemente, ponham o homem em estado de perfeição, todavia, para pô-lo na perfeição, basta que sejam observadas, havendo bastante diferença entre o estado de perfeição e a perfeição, pois todos os bispos e religiosos estão no estado de perfeição, e nem todos, contudo, estão na perfeição, como bem demais se vê. Procuremos, pois, Filoteia, praticar bem estas três virtudes, cada um segundo a sua vocação; porque, ainda que elas não nos ponham no estado de perfeição, nos darão, contudo, a própria perfeição; e também todos somos obrigados à prática destas três virtudes, embora nem todos a praticá-las do mesmo modo.
Il y a deux sortes d’obéissance : l’une nécessaire, et l’autre volontaire. Par la nécessaire, vous devez humblement obéir à vos supérieurs ecclésiastiques, comme au pape et à l’évêque, au curé et à ceux qui sont commis de leur part ; vous devez obéir à vos supérieurs politiques, c’est-à-dire à votre prince et aux magistrats qu’il a établis sur votre pays ; vous devez enfin obéir à vos supérieurs domestiques, c’est-à-dire à votre père, mère, maître, maîtresse. Or cette obéissance s’appelle nécessaire, parce que nul ne se peut exempter du devoir d’obéir à ces supérieurs-là, Dieu les ayant mis en autorité de commander et gouverner, chacun en ce qu’ils ont en charge sur nous. Faites donc leurs commandements, et cela est de nécessité ; mais pour être parfaite, suivez encore leurs conseils et même leurs désirs et inclinations, en tant que la charité et prudence vous le permettra. Obéissez quand ils vous ordonneront chose agréable, comme de manger, prendre de la récréation, car encore qu’il semble que ce n’est pas grande vertu d’obéir en ce cas, ce serait néanmoins un grand vice de désobéir ; obéissez ès choses indifférentes, comme à porter tel ou tel habit, aller par un chemin ou par un autre, chanter ou se taire, et ce sera une obéissance déjà fort recommandable ; obéissez en choses malaisées, âpres et dures, et ce sera une obéissance parfaite. Obéissez enfin doucement, sans réplique ; promptement, sans retardation ; gaîment, sans chagrin ; et surtout obéissez amoureusement pour l’amour de Celui qui pour l’amour de nous « s’est fait obéissant jusques à la mort de la croix », et lequel, comme dit saint Bernard, aima mieux perdre la vie que l’obéissance.
Há duas espécies de obediência: uma necessária, e outra voluntária. Pela necessária, deveis obedecer humildemente aos vossos superiores eclesiásticos, como ao papa e ao bispo, ao pároco e aos que são delegados por eles; deveis obedecer aos vossos superiores políticos, isto é, ao vosso príncipe e aos magistrados que ele estabeleceu sobre a vossa terra; deveis, enfim, obedecer aos vossos superiores domésticos, isto é, a vosso pai, mãe, patrão, patroa. Ora, esta obediência chama-se necessária porque ninguém se pode isentar do dever de obedecer a esses superiores, tendo-os Deus posto com autoridade para mandar e governar, cada um naquilo que tem a seu cargo sobre nós. Cumpri, pois, as suas ordens, e isso é de necessidade; mas, para serdes perfeita, segui ainda os seus conselhos e mesmo os seus desejos e inclinações, enquanto a caridade e a prudência o permitirem. Obedecei quando vos ordenarem coisa agradável, como comer, tomar recreação, porque, ainda que pareça que não é grande virtude obedecer nesse caso, seria, contudo, um grande vício desobedecer; obedecei nas coisas indiferentes, como em usar tal ou tal roupa, ir por um caminho ou por outro, cantar ou calar-se, e será uma obediência já muito recomendável; obedecei em coisas difíceis, ásperas e duras, e será uma obediência perfeita. Obedecei, enfim, com doçura, sem réplica; prontamente, sem demora; alegremente, sem enfado; e sobretudo obedecei amorosamente, por amor Daquele que, por amor de nós, «se fez obediente até a morte de cruz», e que, como diz são Bernardo, preferiu perder a vida a perder a obediência.
Pour apprendre aisément à obéir à vos supérieurs, condescendez aisément à la volonté de vos semblables, cédant à leurs opinions en ce qui n’est pas mauvais, sans être contentieuse ni revêche ; accommodez-vous volontiers aux désirs de vos inférieurs autant que la raison le permettra, sans exercer aucune autorité impérieuse sur eux tandis qu’ils sont bons.
Para aprenderdes facilmente a obedecer aos vossos superiores, condescendei facilmente com a vontade dos vossos iguais, cedendo às suas opiniões naquilo que não é mau, sem serdes teimosa nem rabugenta; acomodai-vos de bom grado aos desejos dos vossos inferiores, tanto quanto a razão o permitir, sem exercer nenhuma autoridade imperiosa sobre eles, enquanto forem bons.
C’est un abus de croire que si on était religieux ou religieuse on obéirait aisément, si l’on se trouve difficile et revêche à rendre obéissance à ceux que Dieu a mis sur nous.
É ilusão crer que, sendo religioso ou religiosa, obedeceríamos facilmente, se nos achamos difíceis e rebeldes para prestar obediência àqueles que Deus pôs acima de nós.
Nous appelons obéissance volontaire celle à laquelle nous nous obligeons par notre propre élection, et laquelle ne nous est point imposée par autrui. On ne choisit pas pour l’ordinaire son prince et son évêque, son père et sa mère, ni même souventefois son mari, mais on choisit bien son confesseur, son directeur. Or, soit qu’en le choisissant on fasse vœu d’obéir (comme il est dit que la mère Thérèse, outre l’obéissance solennellement vouée au supérieur de son ordre, s’obligea par un vœu simple d’obéir au père Gracian), ou que sans vœu on se dédie à l’obéissance de quelqu’un, toujours cette obéissance s’appelle volontaire, à raison de son fondement qui dépend de notre volonté et élection.
Chamamos obediência voluntária aquela a que nos obrigamos por nossa própria escolha, e que não nos é imposta por outrem. Não se escolhe, de ordinário, o seu príncipe e o seu bispo, o seu pai e a sua mãe, nem mesmo, muitas vezes, o seu marido, mas escolhe-se, sim, o seu confessor, o seu diretor. Ora, quer, ao escolhê-lo, se faça voto de obedecer (como se diz que a madre Teresa, além da obediência solenemente votada ao superior da sua ordem, se obrigou por um voto simples a obedecer ao padre Gracián), quer, sem voto, alguém se dedique à obediência de outro, sempre essa obediência se chama voluntária, em razão do seu fundamento, que depende da nossa vontade e escolha.
Il faut obéir à tous les supérieurs, à chacun néanmoins en ce de quoi il a charge sur nous : comme, en ce qui regarde la police et les choses publiques, il faut obéir aux princes ; aux prélats, en ce qui regarde la police ecclésiastique ; ès choses domestiques, au père, au maître, au mari ; quant à la conduite particulière de l’âme, au directeur et confesseur particulier.
É preciso obedecer a todos os superiores, a cada um, contudo, naquilo em que tem cargo sobre nós: como, no que diz respeito ao governo civil e às coisas públicas, é preciso obedecer aos príncipes; aos prelados, no que diz respeito ao governo eclesiástico; nas coisas domésticas, ao pai, ao patrão, ao marido; quanto à direção particular da alma, ao diretor e confessor particular.
Faites-vous ordonner les actions de piété que vous devez observer par votre père spirituel, parce qu’elles en seront meilleures et auront double grâce et bonté : l’une, d’elles-mêmes, puisqu’elles sont pieuses, et l’autre, de l’obéissance qui les aura ordonnées et en vertu de laquelle elles seront faites. Bienheureux sont les obéissants, car Dieu ne permettra jamais qu’ils s’égarent.
Fazei que o vosso pai espiritual vos ordene as ações de piedade que deveis observar, porque elas serão por isso melhores e terão dupla graça e bondade: uma, delas mesmas, pois são piedosas, e a outra, da obediência que as terá ordenado e em virtude da qual serão feitas. Bem-aventurados os obedientes, porque Deus nunca permitirá que eles se desgarrem.
Chapitre XII — De la nécessité de la chasteté
Capítulo XII — Da necessidade da castidade
III.12 La chasteté est le lis des vertus, elle rend les hommes presque égaux aux anges ; rien n’est beau que par la pureté et la pureté des hommes, c’est la chasteté. On appelle la chasteté honnêteté, et la profession d’icelle honneur ; elle est nommée intégrité, et son contraire corruption : bref, elle a sa gloire tout à part, d’être la belle et blanche vertu de l’âme et du corps.
III.12 A castidade é o lírio das virtudes, ela torna os homens quase iguais aos anjos; nada é belo senão pela pureza, e a pureza dos homens é a castidade. Chama-se à castidade honestidade, e à profissão dela, honra; é chamada integridade, e o seu contrário, corrupção: em suma, ela tem a sua glória toda à parte, a de ser a bela e branca virtude da alma e do corpo.
Il n’est jamais permis de tirer aucun impudique plaisir de nos corps en quelque façon que ce soit, sinon en un légitime mariage, duquel la sainteté puisse par une juste compensation réparer le déchet que l’on reçoit en la délectation. Et encore au mariage faut-il observer l’honnêteté de l’intention, afin que s’il y a quelque messéance en la volupté qu’on exerce, il n’y ait rien que d’honnête en la volonté qui l’exerce.
Nunca é permitido tirar nenhum prazer impudico dos nossos corpos, de qualquer modo que seja, senão num legítimo matrimônio, cuja santidade possa, por uma justa compensação, reparar o detrimento que se sofre no deleite. E ainda no matrimônio é preciso observar a honestidade da intenção, para que, se houver algo de impróprio na volúpia que se exerce, não haja nada que não seja honesto na vontade que a exerce.
Le cœur chaste est comme la mère perle qui ne peut recevoir aucune goutte d’eau qui ne vienne du ciel, car il ne peut recevoir aucun plaisir que celui du mariage, qui est ordonné du ciel ; hors de là, il ne lui est pas permis seulement d’y penser, d’une pensée voluptueuse, volontaire et entretenue.
O coração casto é como a madrepérola, que não pode receber nenhuma gota de água que não venha do céu, porque ele não pode receber nenhum prazer senão o do matrimônio, que é ordenado pelo céu; fora daí, não lhe é permitido nem sequer pensar nele com um pensamento voluptuoso, voluntário e alimentado.
Pour le premier degré de cette vertu, gardez-vous, Philothée, d’admettre aucune sorte de volupté qui soit prohibée et défendue, comme sont toutes celles qui se prennent hors le mariage, ou même au mariage quand elles se prennent contre la règle du mariage. Pour le second, retranchez-vous tant qu’il vous sera possible des délectations inutiles et superflues, quoique loisibles et permises. Pour le troisième, n’attachez point votre affection aux plaisirs et voluptés qui sont commandées et ordonnées ; car bien qu’il faille pratiquer les délectations nécessaires, c’est-à-dire celles qui regardent la fin et institution du saint mariage, si ne faut-il pas pourtant y jamais attacher le cœur et l’esprit.
Para o primeiro grau desta virtude, guardai-vos, Filoteia, de admitir nenhuma espécie de volúpia que seja proibida e vedada, como são todas as que se tomam fora do matrimônio, ou mesmo no matrimônio, quando se tomam contra a regra do matrimônio. Para o segundo, privai-vos, tanto quanto vos for possível, dos deleites inúteis e supérfluos, ainda que lícitos e permitidos. Para o terceiro, não prendais a vossa afeição aos prazeres e volúpias que são mandados e ordenados; porque, embora seja preciso praticar os deleites necessários, isto é, os que dizem respeito ao fim e à instituição do santo matrimônio, nem por isso se deve jamais prender a eles o coração e o espírito.
Au reste, chacun a grandement besoin de cette vertu. Ceux qui sont en viduité doivent avoir une chasteté courageuse qui ne méprise pas seulement les objets présents et futurs, mais qui résiste aux imaginations que les plaisirs loisiblement reçus au mariage peuvent produire en leurs esprits, qui pour cela sont plus tendres aux amorces déshonnêtes. Pour ce sujet, saint Augustin admire la pureté de son cher Alipius qui avait totalement oublié et méprisé les voluptés charnelles, lesquelles il avait néanmoins quelquefois expérimentées en sa jeunesse. Et de vrai, tandis que les fruits sont bien entiers ils peuvent être conservés, les uns sur la paille, les autres dedans le sable, et les autres en leur propre feuillage ; mais étant une fois entamés, il est presque impossible de les garder que par le miel et le sucre, en confiture : ainsi la chasteté qui n’est point encore blessée ni violée peut être gardée en plusieurs sortes, mais étant une fois entamée, rien ne la peut conserver qu’une excellente dévotion, laquelle, comme j’ai souvent dit, est le vrai miel et sucre des esprits.
De resto, todos têm grande necessidade desta virtude. Os que estão em viuvez devem ter uma castidade corajosa, que não somente despreze os objetos presentes e futuros, mas que resista às imaginações que os prazeres licitamente recebidos no matrimônio podem produzir nos seus espíritos, que por isso são mais sensíveis aos engodos desonestos. Por esse motivo, santo Agostinho admira a pureza do seu querido Alípio, que tinha esquecido e desprezado totalmente as volúpias carnais, as quais, contudo, tinha experimentado algumas vezes na sua juventude. E, de fato, enquanto os frutos estão bem inteiros, podem ser conservados, uns na palha, outros na areia, e outros na sua própria folhagem; mas, uma vez encetados, é quase impossível guardá-los senão com o mel e o açúcar, em conserva: assim a castidade que ainda não foi ferida nem violada pode ser guardada de muitos modos, mas, uma vez encetada, nada a pode conservar senão uma excelente devoção, a qual, como eu disse muitas vezes, é o verdadeiro mel e açúcar dos espíritos.
Les vierges ont besoin d’une chasteté extrêmement simple et douillette, pour bannir de leur cœur toutes sortes de curieuses pensées et mépriser d’un mépris absolu toutes sortes de plaisirs immondes, qui, à la vérité, ne méritent pas d’être désirés par les hommes, puisque les ânes et pourceaux en sont plus capables qu’eux. Que donc ces âmes pures se gardent bien de jamais révoquer en doute que la chasteté ne soit incomparablement meilleure que tout ce qui lui est incompatible, car, comme dit le grand saint Jérôme, l’ennemi presse violemment les vierges au désir de l’essai des voluptés, les leur représentant infiniment plus plaisantes et délicieuses qu’elles ne sont, ce qui souvent les trouble bien fort, tandis, dit ce saint père, qu’elles estiment plus doux ce qu’elles ignorent. Car, comme le petit papillon voyant la flamme va curieusement voletant autour d’icelle pour essayer si elle est aussi douce que belle, et pressé de cette fantaisie ne cesse point qu’il ne se perde au premier essai, ainsi les jeunes gens bien souvent se laissent tellement saisir de la fausse et sotte estime qu’ils ont du plaisir des flammes voluptueuses, qu’après plusieurs curieuses pensées ils s’y vont en fin finale ruiner et perdre ; plus sots en cela que les papillons, d’autant que ceux-ci ont quelque occasion de cuider que le feu soit délicieux puisqu’il est si beau, où ceux-là sachant que ce qu’ils recherchent est extrêmement déshonnête ne laissent pas pour cela d’en surestimer la folle et brutale délectation.
As virgens precisam de uma castidade extremamente simples e delicada, para banir do coração toda espécie de pensamentos curiosos e desprezar com um desprezo absoluto toda espécie de prazeres imundos, que, na verdade, não merecem ser desejados pelos homens, pois os asnos e os porcos são mais capazes deles do que eles. Que essas almas puras se guardem bem, pois, de jamais pôr em dúvida que a castidade seja incomparavelmente melhor do que tudo o que é incompatível com ela, porque, como diz o grande são Jerônimo, o inimigo instiga violentamente as virgens ao desejo de experimentar as volúpias, pintando-as como infinitamente mais agradáveis e deliciosas do que são, o que muitas vezes as perturba muito, visto que, diz esse santo padre, julgam mais doce aquilo que ignoram. Porque, assim como a pequena mariposa, vendo a chama, vai curiosamente esvoaçando em torno dela para experimentar se é tão doce quanto bela, e, impelida por essa fantasia, não para enquanto não se perde na primeira tentativa, assim os jovens muitas vezes se deixam de tal modo tomar pela falsa e tola estima que têm do prazer das chamas voluptuosas, que, depois de muitos pensamentos curiosos, vão afinal de contas arruinar-se e perder-se nelas; mais tolos nisso que as mariposas, visto que estas têm algum motivo para julgar que o fogo seja delicioso, já que é tão belo, ao passo que aqueles, sabendo que o que procuram é extremamente desonesto, não deixam por isso de sobrestimar o seu louco e brutal deleite.
Mais quant à ceux qui sont mariés, c’est chose véritable, et que néanmoins le vulgaire ne peut penser, que la chasteté leur est fort nécessaire, parce qu’en eux elle ne consiste pas à s’abstenir absolument des plaisirs charnels, mais à se contenir entre les plaisirs. Or, comme ce commandement : « Courroucez-vous et ne péchez point » est à mon avis plus difficile que cestui-ci : « Ne vous courroucez point », et qu’il est plus tôt fait d’éviter la colère que de la régler, aussi est-il plus aisé de se garder tout à fait de voluptés charnelles que de garder la modération en icelles. Il est vrai que la sainte licence du mariage a une force particulière pour éteindre le feu de la concupiscence, mais l’infirmité de ceux qui en jouissent passe aisément de la permission à la dissolution, et de l’usage à l’abus. Et comme l’on voit beaucoup de riches dérober, non point par indigence, mais par avarice, aussi voit-on beaucoup de gens mariés se déborder par la seule intempérance et lubricité, nonobstant le légitime objet auquel ils se devraient et pourraient arrêter, leur concupiscence étant comme un feu volage qui va brûletant çà et là sans s’attacher nulle part. C’est toujours chose dangereuse de prendre des médicaments violents, parce que si l’on en prend plus qu’il ne faut, ou qu’ils ne soient pas bien préparés, on en reçoit beaucoup de nuisance : le mariage a été béni et ordonné en partie pour remède à la concupiscence et c’est sans doute un très bon remède, mais violent néanmoins, et par conséquent très dangereux s’il n’est discrètement employé.
Mas, quanto aos casados, é coisa verdadeira, e que, contudo, o vulgo não consegue imaginar, que a castidade lhes é muito necessária, porque neles ela não consiste em abster-se absolutamente dos prazeres carnais, mas em conter-se no meio dos prazeres. Ora, assim como este mandamento: «Irai-vos e não pequeis» é, a meu ver, mais difícil que este outro: «Não vos ireis», e é mais fácil evitar a cólera do que regulá-la, assim também é mais fácil guardar-se de todo das volúpias carnais do que guardar a moderação nelas. É verdade que a santa licença do matrimônio tem uma força particular para apagar o fogo da concupiscência, mas a fraqueza dos que gozam dela passa facilmente da permissão à dissolução, e do uso ao abuso. E, assim como se veem muitos ricos roubar, não por necessidade, mas por avareza, assim também se veem muitas pessoas casadas descomedir-se só por intemperança e luxúria, não obstante o objeto legítimo em que se deveriam e poderiam deter, sendo a sua concupiscência como um fogo volúvel que vai chamuscando aqui e ali sem se prender em parte alguma. É sempre coisa perigosa tomar medicamentos violentos, porque, se se toma mais do que é preciso, ou se não estão bem preparados, recebe-se deles muito dano: o matrimônio foi abençoado e ordenado em parte como remédio para a concupiscência, e é sem dúvida um ótimo remédio, mas violento, contudo, e, por conseguinte, muito perigoso se não for empregado com discrição.
J’ajoute que la variété des affaires humaines, outre les longues maladies, sépare souvent les maris d’avec leurs femmes, c’est pourquoi les mariés ont besoin de deux sortes de chasteté : l’une, pour l’abstinence absolue quand ils sont séparés, ès occasions que je viens de dire ; l’autre, pour la modération quand ils sont ensemble en leur train ordinaire. Certes, sainte Catherine de Sienne vit entre les damnés plusieurs âmes grandement tourmentées pour avoir violé la sainteté du mariage : ce qui était arrivé, disait-elle, non pas pour la grandeur du péché, car les meurtres et les blasphèmes sont plus énormes, mais d’autant que ceux qui le commettent n’en font point de conscience, et par conséquent continuent longuement en icelui.
Acrescento que a variedade dos negócios humanos, além das longas doenças, separa muitas vezes os maridos das suas mulheres, e por isso os casados precisam de duas espécies de castidade: uma, para a abstinência absoluta quando estão separados, nas ocasiões que acabo de dizer; a outra, para a moderação quando estão juntos, no seu teor de vida ordinário. Certamente, santa Catarina de Sena viu entre os condenados muitas almas grandemente atormentadas por terem violado a santidade do matrimônio: o que tinha acontecido, dizia ela, não pela grandeza do pecado, porque os homicídios e as blasfêmias são mais enormes, mas porque os que o cometem não fazem dele caso de consciência e, por conseguinte, continuam longamente nele.
Vous voyez donc que la chasteté est nécessaire à toutes sortes de gens. « Suivez la paix avec tous, dit l’Apôtre, et la sainteté, sans laquelle aucun ne verra Dieu ». Or par la sainteté il entend la chasteté, comme saint Jérôme et saint Chrysostôme ont remarqué. Non, Philothée, « nul ne verra Dieu sans la chasteté, nul n’habitera en son saint tabernacle qui ne soit net de cœur » ; et, comme dit le Sauveur même, « les chiens et impudiques en seront bannis », et « bienheureux sont les nets de cœur, car ils verront Dieu ».
Vedes, pois, que a castidade é necessária a toda espécie de gente. «Segui a paz com todos, diz o Apóstolo, e a santidade, sem a qual ninguém verá a Deus». Ora, por santidade ele entende a castidade, como notaram são Jerônimo e são João Crisóstomo. Não, Filoteia, «ninguém verá a Deus sem a castidade, ninguém habitará no seu santo tabernáculo se não for limpo de coração»; e, como diz o próprio Salvador, «os cães e os impudicos serão banidos dele», e «bem-aventurados os limpos de coração, porque verão a Deus».
Chapitre XIII — Avis pour conserver la chasteté
Capítulo XIII — Avisos para conservar a castidade
III.13 Soyez extrêmement prompte à vous détourner de tous les acheminements et de toutes les amorces de la lubricité, car ce mal agit insensiblement, et par des petits commencements fait progrès à des grands accidents : il est toujours plus aisé à fuir qu’à guérir.
III.13 Sede extremamente pronta em vos desviar de todos os encaminhamentos e de todos os engodos da luxúria, porque este mal age insensivelmente e, por pequenos começos, progride até grandes acidentes: é sempre mais fácil fugir dele do que curá-lo.
Les corps humains ressemblent à des verres, qui ne peuvent être portés les uns avec les autres en se touchant sans courir fortune de se rompre, et aux fruits, lesquels, quoiqu’entiers et bien assaisonnés, reçoivent de la tare, s’entretouchant les uns les autres. L’eau même, pour fraîche qu’elle soit dedans un vase, étant touchée de quelque animal terrestre ne peut longuement conserver sa fraîcheur. Ne permettez jamais, Philothée, qu’aucun vous touche incivilement, ni par manière de folâtrerie ni par manière de faveur ; car bien qu’à l’aventure la chasteté puisse être conservée parmi ces actions, plutôt légères que malicieuses, si est-ce que la fraîcheur et fleur de la chasteté en reçoit toujours du détriment et de la perte : mais de se laisser toucher déshonnêtement, c’est la ruine entière de la chasteté.
Os corpos humanos se assemelham a vidros, que não podem ser levados uns com os outros, tocando-se, sem correr o risco de se quebrar, e aos frutos, os quais, ainda que inteiros e bem sazonados, recebem dano tocando-se uns nos outros. A própria água, por fresca que esteja dentro de um vaso, sendo tocada por algum animal terrestre, não pode conservar por muito tempo o seu frescor. Nunca permitais, Filoteia, que alguém vos toque sem decoro, nem por modo de brincadeira, nem por modo de favor; porque, ainda que porventura a castidade possa ser conservada no meio dessas ações, mais levianas que maliciosas, todavia o frescor e a flor da castidade sempre recebem com isso algum detrimento e perda: mas deixar-se tocar desonestamente é a ruína inteira da castidade.
La chasteté dépend du cœur comme de son origine, mais elle regarde le corps comme sa matière ; c’est pourquoi elle se perd par tous les sens extérieurs du corps et par les cogitations et désirs du cœur. C’est impudicité de regarder, d’ouïr, de parler, d’odorer, de toucher des choses déshonnêtes, quand le cœur s’y amuse et y prend plaisir. Saint Paul dit tout court : « Que la fornication ne soit pas mêmement nommée entre vous ». Les abeilles non seulement ne veulent pas toucher les charognes, mais fuient et haïssent extrêmement toutes sortes de puanteurs qui en proviennent. L’Épouse sacrée, au Cantique des Cantiques, a ses mains qui distillent la myrrhe, liqueur préservative de la corruption ; ses lèvres sont bandées d’un ruban vermeil, marque de la pudeur des paroles ; ses yeux sont de colombe, à raison de leur netteté ; ses oreilles ont des pendants d’or, enseigne de pureté ; son nez est parmi les cèdres du Liban, bois incorruptible. Telle doit être l’âme dévote : chaste, nette et honnête, de mains, de lèvres, d’oreilles, d’yeux et de tout son corps.
A castidade depende do coração como da sua origem, mas diz respeito ao corpo como à sua matéria; por isso perde-se por todos os sentidos exteriores do corpo e pelos pensamentos e desejos do coração. É impudicícia olhar, ouvir, falar, cheirar, tocar coisas desonestas, quando o coração se entretém com elas e nelas sente prazer. São Paulo diz em poucas palavras: «Que a fornicação nem sequer seja nomeada entre vós». As abelhas não somente não querem tocar as carniças, mas fogem e odeiam extremamente toda espécie de fedores que delas provêm. A Esposa sagrada, no Cântico dos Cânticos, tem as mãos que destilam a mirra, licor que preserva da corrupção; os seus lábios estão atados com uma fita vermelha, sinal do pudor das palavras; os seus olhos são de pomba, por causa da sua limpidez; as suas orelhas têm pingentes de ouro, sinal de pureza; o seu nariz está entre os cedros do Líbano, madeira incorruptível. Tal deve ser a alma devota: casta, limpa e honesta, de mãos, de lábios, de orelhas, de olhos e de todo o seu corpo.
À ce propos, je vous représente le mot que l’ancien père Jean Cassien rapporte comme sorti de la bouche du grand saint Basile, qui, parlant de soi-même, dit un jour : « Je ne sais que c’est que des femmes, et ne suis pourtant pas vierge ». Certes, la chasteté se peut perdre en autant de façons qu’il y a d’impudicités et lascivetés, lesquelles, selon qu’elles sont grandes ou petites, les unes l’affaiblissent, les autres la blessent et les autres la font tout à fait mourir. Il y a certaines privautés et passions indiscrètes, folâtres et sensuelles, qui à proprement parler ne violent pas la chasteté, et néanmoins elles l’affaiblissent, la rendent languissante et ternissent sa belle blancheur. Il y a d’autres privautés et passions, non seulement indiscrètes mais vicieuses, non seulement folâtres mais déshonnêtes, non seulement sensuelles mais charnelles ; et par celles-ci la chasteté est pour le moins fort blessée et intéressée. Je dis : pour le moins, parce qu’elle en meurt et périt du tout, quand les sottises et lascivetés donnent à la chair le dernier effet du plaisir voluptueux, ains alors la chasteté périt plus indignement, méchamment et malheureusement, que quand elle se perd par la fornication, voire par l’adultère et l’inceste ; car ces dernières espèces de vilenies ne sont que des péchés, mais les autres, comme dit Tertullien, au livre de la pudicité, sont des monstres d’iniquité et de péché. Or Cassianus ne croit pas, ni moi non plus, que saint Basile eût égard à tel déréglement quand il s’accuse de n’être pas vierge, car je pense qu’il ne disait cela que pour les mauvaises et voluptueuses pensées, lesquelles, bien qu’elles n’eussent pas souillé son corps, avaient néanmoins contaminé le cœur, de la chasteté duquel les âmes généreuses sont extrêmement jalouses.
A esse propósito, apresento-vos o dito que o antigo padre João Cassiano refere como saído da boca do grande são Basílio, o qual, falando de si mesmo, disse um dia: «Não sei o que são mulheres, e contudo não sou virgem». Certamente, a castidade pode perder-se de tantos modos quantas são as impudicícias e lascívias, as quais, conforme são grandes ou pequenas, umas a enfraquecem, outras a ferem e outras a fazem morrer de todo. Há certas familiaridades e paixões indiscretas, levianas e sensuais que, propriamente falando, não violam a castidade, e, contudo, a enfraquecem, a tornam lânguida e embaçam a sua bela brancura. Há outras familiaridades e paixões não somente indiscretas, mas viciosas, não somente levianas, mas desonestas, não somente sensuais, mas carnais; e por estas a castidade é, pelo menos, muito ferida e lesada. Digo: pelo menos, porque ela morre e perece de todo quando as tolices e lascívias dão à carne o último efeito do prazer voluptuoso, ou melhor, então a castidade perece mais indigna, perversa e desgraçadamente do que quando se perde pela fornicação, e até pelo adultério e pelo incesto; porque estas últimas espécies de torpezas não são senão pecados, mas as outras, como diz Tertuliano no livro Da pudicícia, são monstros de iniquidade e de pecado. Ora, Cassiano não crê, nem eu tampouco, que são Basílio tivesse em vista tal desregramento quando se acusa de não ser virgem, porque penso que ele não dizia isso senão pelos maus e voluptuosos pensamentos, os quais, ainda que não lhe tivessem manchado o corpo, tinham, contudo, contaminado o coração, de cuja castidade as almas generosas são extremamente ciosas.
Ne hantez nullement les personnes impudiques, principalement si elles sont encore impudentes, comme elles sont presque toujours ; car, comme les boucs touchant de la langue les amandiers doux les font devenir amers, ainsi ces âmes puantes et cœurs infects ne parlent guère à personne, ni de même sexe ni de divers sexe, qu’elles ne le fassent aucunement déchoir de la pudicité ; elles ont le venin aux yeux et en l’haleine, comme les basilics. Au contraire, hantez les gens chastes et vertueux ; pensez et lisez souvent aux choses sacrées, car « la parole de Dieu est chaste » et rend ceux qui s’y plaisent chastes, qui fait que David la compare au topaze, pierre précieuse, laquelle par sa propriété amortit l’ardeur de la concupiscence.
Não frequenteis de modo algum as pessoas impudicas, principalmente se forem também impudentes, como quase sempre são; porque, assim como os bodes, tocando com a língua as amendoeiras doces, as fazem tornar-se amargas, assim essas almas fétidas e corações infectos quase não falam com ninguém, nem do mesmo sexo nem de outro, sem o fazerem decair de algum modo da pudicícia; têm o veneno nos olhos e no hálito, como os basiliscos. Ao contrário, frequentai as pessoas castas e virtuosas; pensai muitas vezes nas coisas sagradas e lede-as, porque «a palavra de Deus é casta» e torna castos os que nela se comprazem, o que faz que Davi a compare ao topázio, pedra preciosa que, por sua propriedade, amortece o ardor da concupiscência.
Tenez-vous toujours proche de Jésus-Christ crucifié, et spirituellement par la méditation et réellement par la sainte communion : car tout ainsi que ceux qui couchent sur l’herbe nommée agnus castus deviennent chastes et pudiques, de même reposant votre cœur sur Notre Seigneur, qui est le vrai agneau chaste et immaculé, vous verrez que bientôt votre âme et votre cœur se trouveront purifiés de toutes souillures et lubricités.
Conservai-vos sempre perto de Jesus Cristo crucificado, tanto espiritualmente, pela meditação, como realmente, pela santa comunhão: porque, assim como os que se deitam sobre a erva chamada agnus castus se tornam castos e pudicos, do mesmo modo, repousando o vosso coração em Nosso Senhor, que é o verdadeiro cordeiro casto e imaculado, vereis que em breve a vossa alma e o vosso coração se acharão purificados de todas as manchas e luxúrias.
Chapitre XIV — De la pauvreté d’esprit observée entre les richesses
Capítulo XIV — Da pobreza de espírito observada no meio das riquezas
III.14 « Bienheureux sont les pauvres d’esprit, car le royaume des cieux est à eux ; malheureux donc sont les riches d’esprit, car la misère d’enfer est pour eux. Celui est riche d’esprit lequel a ses richesses dedans son esprit, ou son esprit dedans les richesses ; celui est pauvre d’esprit qui n’a nulles richesses dans son esprit, ni son esprit dedans les richesses. Les alcyons font leurs nids comme une paume, et ne laissent en iceux qu’une petite ouverture du côté d’en haut ; ils les mettent sur le bord de la mer, et au demeurant les font si fermes et impénétrables que les ondes les surprenant, jamais l’eau n’y peut entrer ; ains tenant toujours le dessus, ils demeurent emmi la mer, sur la mer et maîtres de la mer. Votre cœur, chère Philothée, doit être comme cela, ouvert seulement au ciel, et impénétrable aux richesses et choses caduques : si vous en avez, tenez votre cœur exempt de leurs affections ; qu’il tienne toujours le dessus et qu’emmi les richesses il soit sans richesses et maître des richesses. Non, ne mettez pas cet esprit céleste dedans les biens terrestres ; faites qu’il leur soit toujours supérieur, sur eux, non pas en eux.
III.14 «Bem-aventurados são os pobres de espírito, porque o reino dos céus é deles»; desventurados, pois, são os ricos de espírito, porque a miséria do inferno é para eles. É rico de espírito aquele que tem as suas riquezas dentro do espírito, ou o espírito dentro das riquezas; é pobre de espírito aquele que não tem riqueza nenhuma no espírito, nem o espírito dentro das riquezas. Os alcíones fazem os seus ninhos como uma bola, e não deixam neles mais que uma pequena abertura do lado de cima; põem-nos à beira do mar e, quanto ao mais, fazem-nos tão firmes e impenetráveis que, quando as ondas os surpreendem, a água jamais consegue entrar neles; antes, ficando sempre por cima, eles permanecem no meio do mar, sobre o mar e senhores do mar. O vosso coração, cara Filoteia, deve ser assim, aberto somente para o céu, e impenetrável às riquezas e às coisas caducas: se as tendes, guardai o vosso coração livre da afeição a elas; que ele fique sempre por cima e que, no meio das riquezas, esteja sem riquezas e seja senhor das riquezas. Não, não ponhais esse espírito celeste dentro dos bens terrenos; fazei que ele lhes seja sempre superior, que esteja sobre eles, e não neles.
Il y a différence entre avoir du poison et être empoisonné : les apothicaires ont presque tous des poisons pour s’en servir en diverses occurrences, mais ils ne sont pas pour cela empoisonnés, parce qu’ils n’ont pas le poison dedans le corps, mais dedans leurs boutiques ; ainsi pouvez-vous avoir des richesses sans être empoisonnée par icelles : ce sera si vous les avez en votre maison ou en votre bourse, et non pas en votre cœur. Être riche en effet et pauvre d’affection, c’est le grand bonheur du chrétien ; car il a par ce moyen les commodités des richesses pour ce monde et le mérite de la pauvreté pour l’autre.
Há diferença entre ter veneno e estar envenenado: os boticários têm quase todos venenos, para se servirem deles em diversas ocasiões, mas nem por isso estão envenenados, porque não têm o veneno dentro do corpo, mas dentro das suas boticas; assim podeis vós ter riquezas sem estar envenenada por elas: será assim se as tiverdes na vossa casa ou na vossa bolsa, e não no vosso coração. Ser rico de fato e pobre de afeição, essa é a grande felicidade do cristão; porque por esse meio ele tem as comodidades das riquezas para este mundo e o mérito da pobreza para o outro.
Hélas ! Philothée, jamais nul ne confessera d’être avare ; chacun désavoue cette bassesse et vileté de cœur. On s’excuse sur la charge des enfants qui presse, sur la sagesse qui requiert qu’on s’établisse en moyens : jamais on n’en a trop, il se trouve toujours certaines nécessités d’en avoir davantage ; et même les plus avares, non seulement ne confessent pas de l’être, mais ils ne pensent pas en leur conscience de l’être ; non, car l’avarice est une fièvre prodigieuse, qui se rend d’autant plus insensible qu’elle est plus violente et ardente. Moïse vit le feu sacré qui brûlait un buisson et ne le consumait nullement, mais au contraire le feu profane de l’avarice consume et dévore l’avaricieux et ne le brûle aucunement ; au moins, emmi ses ardeurs et chaleurs plus excessives, il se vante de la plus douce fraîcheur du monde, et tient que son altération insatiable est une soif toute naturelle et suave.
Ai! Filoteia, ninguém jamais confessará que é avarento; todos renegam essa baixeza e vileza de coração. Desculpam-se com o encargo dos filhos, que aperta, com a prudência, que pede que cada um se assegure de bens: nunca se tem demais, sempre aparecem certas necessidades de ter mais; e até os mais avarentos não só não confessam que o são, mas nem sequer pensam, em sua consciência, que o são; não, porque a avareza é uma febre prodigiosa, que se torna tanto mais insensível quanto mais violenta e ardente. Moisés viu o fogo sagrado que queimava uma sarça e não a consumia de modo algum, mas, ao contrário, o fogo profano da avareza consome e devora o avaro e não o queima de jeito nenhum; pelo menos, no meio dos seus ardores e calores mais excessivos, ele se gaba do mais doce frescor do mundo, e tem o seu ardor insaciável na conta de uma sede de todo natural e suave.
Si vous désirez longuement, ardemment et avec inquiétude les biens que vous n’avez pas, vous avez beau dire que vous ne les voulez pas avoir injustement, car pour cela vous ne laisserez pas d’être vraiment avare. Celui qui désire ardemment, longuement et avec inquiétude de boire, quoiqu’il ne veuille pas boire que de l’eau, si témoigne-t-il d’avoir la fièvre.
Se desejais longamente, ardentemente e com inquietação os bens que não tendes, de nada vale dizerdes que não os quereis ter injustamente, porque nem por isso deixareis de ser verdadeiramente avarenta. Aquele que deseja ardentemente, longamente e com inquietação beber, ainda que não queira beber senão água, mostra contudo que tem febre.
O Philothée ! je ne sais si c’est un désir juste de désirer d’avoir justement, ce qu’un autre possède justement : car il semble que par ce désir nous nous voulons accommoder par l’incommodité d’autrui. Celui qui possède un bien justement, n’a-t-il pas plus de raison de le garder justement, que nous de le vouloir avoir justement ? et pourquoi donc étendons-nous notre désir sur sa commodité pour l’en priver ? Tout au plus si ce désir est juste, certes, il n’est pas pourtant charitable ; car nous ne voudrions nullement qu’aucun désirât, quoique justement, ce que nous voulons garder justement. Ce fut le péché d’Achab qui voulut avoir justement la vigne de Naboth, qui la voulait encore plus justement garder : il la désira ardemment, longuement et avec inquiétude, et partant il offensa Dieu.
Ó Filoteia! não sei se é um desejo justo desejar ter justamente o que outro possui justamente: porque parece que, por esse desejo, nós nos queremos acomodar com a incomodidade alheia. Aquele que possui um bem justamente não tem mais razão de guardá-lo justamente do que nós de querê-lo ter justamente? e por que, então, estendemos o nosso desejo sobre a comodidade dele, para privá-lo dela? Quando muito, se esse desejo é justo, certamente não é, contudo, caridoso; porque não quereríamos de modo nenhum que alguém desejasse, ainda que justamente, o que nós queremos guardar justamente. Foi esse o pecado de Acab, que quis ter justamente a vinha de Nabot, o qual ainda mais justamente a queria guardar: desejou-a ardentemente, longamente e com inquietação, e por isso ofendeu a Deus.
Attendez, chère Philothée, de désirer le bien du prochain quand il commencera à désirer de s’en défaire ; car lors son désir rendra le vôtre non seulement juste, mais charitable : oui, car je veux bien que vous ayez soin d’accroître vos moyens et facultés, pourvu que ce soit non seulement justement, mais doucement et charitablement.
Esperai, cara Filoteia, para desejar o bem do próximo quando ele começar a desejar desfazer-se dele; porque então o desejo dele tornará o vosso não somente justo, mas caridoso: sim, porque bem quero que tenhais cuidado de aumentar os vossos bens e haveres, contanto que seja não somente com justiça, mas com doçura e caridade.
Si vous affectionnez fort les biens que vous avez, si vous en êtes fort embesognée, mettant votre cœur en iceux, y attachant vos pensées et craignant d’une crainte vive et empressée de les perdre, croyez-moi, vous avez encore quelque sorte de fièvre ; car les fébricitants boivent l’eau qu’on leur donne avec un certain empressement, avec une sorte d’attention et d’aise que ceux qui sont sains n’ont point accoutumé d’avoir : il n’est pas possible de se plaire beaucoup en une chose, que l’on n’y mette beaucoup d’affection. S’il vous arrive de perdre des biens, et vous sentez que votre cœur s’en désole et afflige beaucoup, croyez, Philothée, que vous y avez beaucoup d’affection ; car rien ne témoigne tant d’affection à la chose perdue que l’affliction de la perte.
Se tendes muita afeição aos bens que possuís, se andais muito ocupada com eles, pondo neles o vosso coração, prendendo-lhes os vossos pensamentos e temendo, com um temor vivo e afanoso, perdê-los, crede-me, ainda tendes alguma espécie de febre; porque os febris bebem a água que lhes dão com um certo afã, com uma espécie de atenção e de gosto que os sãos não costumam ter: não é possível comprazer-se muito numa coisa sem lhe pôr muita afeição. Se vos acontece perder bens, e sentis que o vosso coração se desola e se aflige muito com isso, crede, Filoteia, que lhes tendes muita afeição; porque nada mostra tanto a afeição à coisa perdida como a aflição da perda.
Ne désirez donc point d’un désir entier et formé le bien que vous n’avez pas ; ne mettez point fort avant votre cœur en celui que vous avez ; ne vous désolez point des pertes qui vous arriveront, et vous aurez quelque sujet de croire qu’étant riche en effet vous ne l’êtes point d’affection, mais que vous êtes pauvre d’esprit et par conséquent bienheureuse, « car le Royaume des cieux vous appartient ».
Não desejeis, pois, com um desejo inteiro e formado, o bem que não tendes; não metais muito fundo o vosso coração no que tendes; não vos desoleis com as perdas que vos acontecerem, e tereis algum motivo para crer que, sendo rica de fato, não o sois de afeição, mas que sois pobre de espírito e, por conseguinte, bem-aventurada, «porque o Reino dos céus vos pertence».
Chapitre XV — Comme il faut pratiquer la pauvreté réelle, demeurant néanmoins réellement riche
Capítulo XV — Como se deve praticar a pobreza real, permanecendo no entanto realmente rico
III.15 Le peintre Parrhasius peignit le peuple Athénien par une invention fort ingénieuse, le représentant d’un naturel divers et variable : colère, injuste, inconstant, courtois, clément, miséricordieux, hautain, glorieux, humble, bravache et fuyard, et tout cela ensemble ; mais moi, chère Philothée, je voudrais mettre en votre cœur la richesse et la pauvreté tout ensemble, un grand soin et un grand mépris des choses temporelles.
III.15 O pintor Parrásio pintou o povo ateniense com uma invenção muito engenhosa, representando-o com uma índole diversa e variável: colérico, injusto, inconstante, cortês, clemente, misericordioso, altivo, vaidoso, humilde, valentão e fujão, e tudo isso ao mesmo tempo; mas eu, cara Filoteia, quisera pôr no vosso coração a riqueza e a pobreza ao mesmo tempo, um grande cuidado e um grande desprezo das coisas temporais.
Ayez beaucoup plus de soin de rendre vos biens utiles et fructueux que les mondains n’en ont pas. Dites-moi, les jardiniers des grands princes ne sont-ils pas plus curieux et diligents à cultiver et embellir les jardins qu’ils ont en charge, que s’ils leur appartenaient en propriété ? Mais pourquoi cela ? parce, sans doute, qu’ils considèrent ces jardins-là comme jardins des princes et des rois, auxquels ils désirent de se rendre agréables par ces services-là. Ma Philothée, les possessions que nous avons ne sont pas nôtres : Dieu les nous a données à cultiver et veut que nous les rendions fructueuses et utiles, et partant nous lui faisons service agréable d’en avoir soin.
Tende muito mais cuidado do que os mundanos em tornar os vossos bens úteis e frutuosos. Dizei-me: os jardineiros dos grandes príncipes não são mais cuidadosos e diligentes em cultivar e embelezar os jardins que têm a seu cargo do que se estes lhes pertencessem em propriedade? Mas por que isso? porque, sem dúvida, consideram esses jardins como jardins dos príncipes e dos reis, aos quais desejam tornar-se agradáveis com esses serviços. Minha Filoteia, as posses que temos não são nossas: Deus as deu a nós para as cultivarmos, e quer que as tornemos frutuosas e úteis, e por isso lhe prestamos um serviço agradável cuidando delas.
Mais il faut donc que ce soit un soin plus grand et solide que celui que les mondains ont de leurs biens, car ils ne s’embesognent que pour l’amour d’eux-mêmes, et nous devons travailler pour l’amour de Dieu : or, comme l’amour de soi-même est un amour violent, turbulent, empressé, aussi le soin qu’on a pour lui est plein de trouble, de chagrin, d’inquiétude ; et comme l’amour de Dieu est doux, paisible et tranquille, aussi le soin qui en procède, quoique ce soit pour les biens du monde, est amiable, doux et gracieux. Ayons donc ce soin gracieux de la conservation, voire de l’accroissement de nos biens temporels, lorsque quelque juste occasion s’en présentera et en tant que notre condition le requiert, car Dieu veut que nous fassions ainsi pour son amour.
Mas é preciso, então, que seja um cuidado maior e mais sólido do que o que os mundanos têm dos seus bens, porque eles só se afadigam por amor de si mesmos, e nós devemos trabalhar por amor de Deus: ora, assim como o amor de si mesmo é um amor violento, turbulento, afanoso, assim também o cuidado que se tem por ele é cheio de perturbação, de desgosto, de inquietação; e assim como o amor de Deus é doce, pacífico e tranquilo, assim também o cuidado que dele procede, ainda que seja pelos bens do mundo, é amável, doce e gracioso. Tenhamos, pois, esse cuidado gracioso da conservação, e até do aumento, dos nossos bens temporais, quando se apresentar alguma justa ocasião para isso e na medida em que a nossa condição o requer, porque Deus quer que assim façamos por seu amor.
Mais prenez garde que l’amour-propre ne vous trompe, car quelquefois il contrefait si bien l’amour de Dieu qu’on dirait que c’est lui : or, pour empêcher qu’il ne vous déçoive, et que ce soin des biens temporels ne se convertisse en avarice, outre ce que j’ai dit au chapitre précédent, il nous faut pratiquer bien souvent la pauvreté réelle et effectuelle, emmi toutes les facultés et richesses que Dieu nous a données.
Mas tomai cuidado para que o amor-próprio não vos engane, porque às vezes ele imita tão bem o amor de Deus que se diria que é ele: ora, para impedir que ele vos iluda, e que esse cuidado dos bens temporais se converta em avareza, além do que eu disse no capítulo anterior, precisamos praticar com muita frequência a pobreza real e efetiva, no meio de todos os haveres e riquezas que Deus nos deu.
Quittez donc toujours quelque partie de vos moyens en les donnant aux pauvres de bon cœur ; car donner ce qu’on a, c’est s’appauvrir d’autant, et plus vous donnerez plus vous vous appauvrirez. Il est vrai que Dieu vous le rendra, non seulement en l’autre monde, mais en cestui-ci, car il n’y a rien qui fasse tant prospérer temporellement que l’aumône ; mais en attendant que Dieu vous le rende, vous serez toujours appauvrie de cela. Oh ! le saint et riche appauvrissement que celui qui se fait par l’aumône !
Desfazei-vos, pois, sempre de alguma parte dos vossos bens, dando-a de bom coração aos pobres; porque dar o que se tem é empobrecer-se outro tanto, e quanto mais derdes, mais vos empobrecereis. É verdade que Deus vos devolverá tudo, não somente no outro mundo, mas também neste, porque não há nada que faça prosperar tanto temporalmente como a esmola; mas, enquanto esperais que Deus vos devolva, ficareis sempre empobrecida disso. Oh! que santo e rico empobrecimento é o que se faz pela esmola!
Aimez les pauvres et la pauvreté, car par cet amour vous deviendrez vraiment pauvre, puisque, comme dit l’Écriture, nous sommes faits comme les choses que nous aimons. L’amour égale les amants : « Qui est infirme, avec lequel je ne sois infirme ? » dit saint Paul. Il pouvait dire : « Qui est pauvre, avec lequel je ne sois pauvre ? » parce que l’amour le faisait être tel que ceux qu’il aimait. Si donc vous aimez les pauvres, vous serez vraiment participante de leur pauvreté, et pauvre comme eux. Or, si vous aimez les pauvres, mettez-vous souvent parmi eux : prenez plaisir à les voir chez vous et à les visiter chez eux ; conversez volontiers avec eux ; soyez bien aise qu’ils vous approchent aux églises, aux rues et ailleurs. Soyez pauvre de langue avec eux, leur parlant comme leur compagne ; mais soyez riche des mains, leur départant de vos biens, comme plus abondante.
Amai os pobres e a pobreza, porque por esse amor vos tornareis verdadeiramente pobre, visto que, como diz a Escritura, nós nos tornamos tais como as coisas que amamos. O amor iguala os amantes: «Quem está enfermo, sem que eu esteja enfermo com ele?», diz são Paulo. Podia dizer: «Quem é pobre, sem que eu seja pobre com ele?», porque o amor o fazia ser tal como aqueles a quem amava. Se, pois, amais os pobres, sereis verdadeiramente participante da pobreza deles, e pobre como eles. Ora, se amais os pobres, metei-vos muitas vezes no meio deles: tende gosto em vê-los em vossa casa e em visitá-los nas casas deles; conversai de bom grado com eles; folgai de que eles se cheguem a vós nas igrejas, nas ruas e em outros lugares. Sede pobre de língua com eles, falando-lhes como companheira deles; mas sede rica de mãos, repartindo com eles os vossos bens, como mais abastada.
Voulez-vous faire encore davantage, ma Philothée ? ne vous contentez pas d’être pauvre comme les pauvres, mais soyez plus pauvre que les pauvres. Et comment cela ? « Le serviteur est moindre que son maître » : rendez-vous donc servante des pauvres ; allez les servir dans leurs lits quand ils sont malades, je dis de vos propres mains ; soyez leur cuisinière, et à vos propres dépens ; soyez leur lingère et blanchisseuse. O ma Philothée, ce service est plus triomphant qu’une royauté.
Quereis fazer ainda mais, minha Filoteia? não vos contenteis com ser pobre como os pobres, mas sede mais pobre que os pobres. E como isso? «O servo é menor que o seu senhor»: fazei-vos, pois, serva dos pobres; ide servi-los nos seus leitos quando estão doentes, digo, com as vossas próprias mãos; sede a cozinheira deles, e à vossa própria custa; sede a sua costureira e lavadeira. Ó minha Filoteia, este serviço é mais triunfante que uma realeza.
Je ne puis assez admirer l’ardeur avec laquelle cet avis fut pratiqué par saint Louis, l’un des grands rois que le soleil ait vus, mais je dis grand roi en toute sorte de grandeur. Il servait fort souvent à la table des pauvres qu’il nourrissait, et en faisait venir presque tous les jours trois à la sienne ; et souvent il mangeait les restes de leur potage avec un amour nonpareil. Quand il visitait les hôpitaux des malades (ce qu’il faisait fort souvent), il se mettait ordinairement à servir ceux qui avaient les maux les plus horribles, comme ladres, chancreux et autres semblables, et leur faisait tout son service à tête nue et les genoux à terre, respectant en leur personne le Sauveur du monde, et les chérissant d’un amour aussi tendre qu’une douce mère eût su faire son enfant. Sainte Élisabeth, fille du roi de Hongrie, se mêlait ordinairement avec les pauvres, et pour se récréer s’habillait quelquefois en pauvre femme parmi ses dames, leur disant : « Si j’étais pauvre, je m’habillerais ainsi ». O mon Dieu, chère Philothée, que ce prince et cette princesse étaient pauvres en leurs richesses, et qu’ils étaient riches en leur pauvreté !
Não posso admirar o bastante o ardor com que este aviso foi praticado por são Luís, um dos grandes reis que o sol já viu, mas digo grande rei em toda espécie de grandeza. Ele servia muitas vezes à mesa dos pobres que sustentava, e fazia vir quase todos os dias três deles à sua; e muitas vezes comia as sobras da sopa deles com um amor sem igual. Quando visitava os hospitais dos doentes (o que fazia muitas vezes), punha-se ordinariamente a servir os que tinham os males mais horríveis, como leprosos, cancerosos e outros semelhantes, e prestava-lhes todo o serviço de cabeça descoberta e de joelhos no chão, respeitando na pessoa deles o Salvador do mundo, e querendo-lhes com um amor tão terno como uma doce mãe teria sabido querer ao seu filho. Santa Isabel, filha do rei da Hungria, misturava-se ordinariamente com os pobres e, para se recrear, vestia-se às vezes de mulher pobre no meio das suas damas, dizendo-lhes: «Se eu fosse pobre, eu me vestiria assim». Ó meu Deus, cara Filoteia, como esse príncipe e essa princesa eram pobres nas suas riquezas, e como eram ricos na sua pobreza!
« Bienheureux sont ceux qui sont ainsi pauvres, car à eux appartient le Royaume des cieux ». « J’ai eu faim, vous m’avez repu ; j’ai eu froid, vous m’avez revêtu : possédez le royaume qui vous a été préparé dès la constitution du monde », dira le Roi des pauvres et des rois en son grand jugement.
«Bem-aventurados são os que são assim pobres, porque a eles pertence o Reino dos céus». «Tive fome, e vós me alimentastes; tive frio, e vós me vestistes: possuí o reino que vos foi preparado desde a constituição do mundo», dirá o Rei dos pobres e dos reis no seu grande juízo.
Il n’est celui qui en quelque occasion n’ait quelque manquement et défaut de commodités. Il arrive quelquefois chez nous un hôte que nous voudrions et devrions bien traiter ; il n’y a pas moyen pour l’heure ; on a ses beaux habits en un lieu, on en aurait besoin en un autre où il serait requis de paraître ; il arrive que tous les vins de la cave se poussent et tournent : il n’en reste plus que les mauvais et verts ; on se trouve aux champs dans quelque bicoque, où tout manque : on n’a lit, ni chambre, ni table, ni service. Enfin, il est facile d’avoir souvent besoin de quelque chose, pour riche qu’on soit ; or cela, c’est être pauvre en effet de ce qui nous manque. Philothée, soyez bien aise de ces rencontres, acceptez-les de bon cœur, souffrez-les gaîment.
Não há quem, numa ou noutra ocasião, não tenha alguma falta e míngua de comodidades. Chega às vezes à nossa casa um hóspede que quereríamos e deveríamos tratar bem; não há meio por ora; temos as nossas boas roupas num lugar, e precisaríamos delas noutro, onde seria preciso apresentar-se; acontece que todos os vinhos da adega se turvam e azedam: não restam senão os ruins e verdes; achamo-nos no campo em algum casebre onde tudo falta: não há cama, nem quarto, nem mesa, nem serviço. Enfim, é fácil precisar muitas vezes de alguma coisa, por rico que se seja; ora, isso é ser pobre de fato daquilo que nos falta. Filoteia, folgai com essas ocorrências, aceitai-as de bom coração, sofrei-as com alegria.
Quand il vous arrivera des inconvénients qui vous appauvriront ou de beaucoup ou de peu, comme font les tempêtes, les feux, les inondations, les stérilités, les larcins, les procès, oh ! c’est alors la vraie saison de pratiquer la pauvreté, recevant avec douceur ces diminutions de facultés, et s’accommodant patiemment et constamment à cet appauvrissement. Esaü se présenta à son père avec ses mains toutes couvertes de poil, et Jacob en fit de même ; mais parce que le poil qui était ès mains de Jacob ne tenait pas à sa peau, ains à ses gants, on lui pouvait ôter son poil sans l’offenser ni écorcher : au contraire, parce que le poil des mains d’Esaü tenait à sa peau, qu’il avait toute velue de son naturel, qui lui eût voulu arracher son poil lui eût bien donné de la douleur : il eût bien crié ; il se fût bien échauffé à la défense. Quand nos moyens nous tiennent au cœur, si la tempête, si le larron, si le chicaneur nous en arrache quelque partie, quelles plaintes, quels troubles, quelles impatiences en avons-nous ! mais quand nos biens ne tiennent qu’au soin que Dieu veut que nous en ayons, et non pas à notre cœur, si on nous les arrache, nous n’en perdrons pourtant pas le sens ni la tranquillité. C’est la différence des bêtes et des hommes quant à leurs robes : car les robes des bêtes tiennent à leur chair, et celles des hommes y sont seulement appliquées, en sorte qu’ils puissent les mettre et ôter quand ils veulent.
Quando vos acontecerem contratempos que vos empobreçam muito ou pouco, como fazem as tempestades, os incêndios, as inundações, as esterilidades, os furtos, os processos, oh! é então a verdadeira estação de praticar a pobreza, recebendo com doçura essas diminuições de haveres e acomodando-se com paciência e constância a esse empobrecimento. Esaú apresentou-se a seu pai com as mãos todas cobertas de pelo, e Jacó fez o mesmo; mas, como o pelo que estava nas mãos de Jacó não estava pegado à pele, mas às luvas, podiam tirar-lhe o pelo sem o ofender nem esfolar: ao contrário, como o pelo das mãos de Esaú estava pegado à pele, que ele tinha toda peluda por natureza, quem lhe quisesse arrancar o pelo lhe teria causado bem grande dor: ele teria gritado muito; teria posto muito calor em se defender. Quando os nossos bens estão presos ao nosso coração, se a tempestade, se o ladrão, se o chicaneiro nos arranca alguma parte deles, que queixas, que perturbações, que impaciências temos com isso! mas quando os nossos bens não estão presos senão ao cuidado que Deus quer que tenhamos deles, e não ao nosso coração, se os arrancam de nós, nem por isso perderemos o juízo nem a tranquilidade. É a diferença entre os animais e os homens quanto às suas vestes: porque as vestes dos animais estão pegadas à carne deles, e as dos homens estão apenas postas sobre ela, de modo que eles as podem vestir e tirar quando querem.
Chapitre XVI — Pour pratiquer la richesse d’esprit emmi la pauvreté réelle
Capítulo XVI — Para praticar a riqueza de espírito no meio da pobreza real
III.16 Mais si vous êtes réellement pauvre, très chère Philothée, o Dieu, soyez-le encore d’esprit ; faites de nécessité vertu, et employez cette pierre précieuse de la pauvreté pour ce qu’elle vaut : son éclat n’est pas découvert en ce monde, mais si est-ce pourtant qu’il est extrêmement beau et riche.
III.16 Mas, se sois realmente pobre, caríssima Filoteia, ó Deus, sede-o também de espírito; fazei da necessidade virtude, e empregai essa pedra preciosa da pobreza pelo que ela vale: o seu brilho não se descobre neste mundo, mas, ainda assim, é extremamente belo e rico.
Ayez patience, vous êtes en bonne compagnie : Notre Seigneur, Notre Dame, les Apôtres, tant de saints et de saintes ont été pauvres, et pouvant être riches ils ont méprisé de l’être. Combien y a-t-il de grands mondains qui, avec beaucoup de contradictions, sont allés rechercher avec un soin nonpareil la sainte pauvreté dedans les cloîtres et les hôpitaux ? Ils ont pris beaucoup de peine pour la trouver, témoin saint Alexis, sainte Paule, saint Paulin, sainte Angèle et tant d’autres ; et voilà, Philothée, que, plus gracieuse en votre endroit, elle se vient présenter chez vous ; vous l’avez rencontrée sans la chercher et sans peine : embrassez-la donc comme la chère amie de Jésus-Christ, qui naquit, vécut et mourut avec la pauvreté, qui fut sa nourrice toute sa vie.
Tende paciência, estais em boa companhia: Nosso Senhor, Nossa Senhora, os Apóstolos, tantos santos e santas foram pobres e, podendo ser ricos, desdenharam sê-lo. Quantos grandes do mundo há que, com muitas contradições, foram buscar com um cuidado sem igual a santa pobreza dentro dos claustros e dos hospitais? Tiveram muito trabalho para encontrá-la, como o testemunham santo Aleixo, santa Paula, são Paulino, santa Ângela e tantos outros; e eis, Filoteia, que ela, mais graciosa para convosco, vem apresentar-se em vossa casa; vós a encontrastes sem procurá-la e sem trabalho: abraçai-a, pois, como a querida amiga de Jesus Cristo, que nasceu, viveu e morreu com a pobreza, a qual foi a sua ama por toda a vida.
Votre pauvreté, Philothée, a deux grands privilèges, par le moyen desquels elle vous peut beaucoup faire mériter. Le premier est qu’elle ne vous est point arrivée par votre choix, mais par la seule volonté de Dieu, qui vous a faite pauvre sans qu’il y ait eu aucune concurrence de votre volonté propre. Or, ce que nous recevons purement de la volonté de Dieu lui est toujours très agréable, pourvu que nous le recevions de bon cœur et pour l’amour de sa sainte volonté : où il y a moins du nôtre, il y a plus de Dieu. La simple et pure acceptation de la volonté de Dieu rend une souffrance extrêmement pure.
A vossa pobreza, Filoteia, tem dois grandes privilégios, por meio dos quais vos pode fazer merecer muito. O primeiro é que ela não vos veio por escolha vossa, mas só pela vontade de Deus, que vos fez pobre sem que houvesse nenhum concurso da vossa vontade própria. Ora, o que recebemos puramente da vontade de Deus lhe é sempre muito agradável, contanto que o recebamos de bom coração e por amor da sua santa vontade: onde há menos do nosso, há mais de Deus. A simples e pura aceitação da vontade de Deus torna um sofrimento extremamente puro.
Le second privilège de cette pauvreté, c’est qu’elle est une pauvreté vraiment pauvre. Une pauvreté louée, caressée, estimée, secourue et assistée, elle tient de la richesse, elle n’est pour le moins pas du tout pauvre ; mais une pauvreté méprisée, rejetée, reprochée et abandonnée, elle est vraiment pauvre. Or, telle est pour l’ordinaire la pauvreté des séculiers ; car parce qu’ils ne sont pas pauvres par leur élection, mais par nécessité, on n’en tient pas grand compte ; et en ce qu’on n’en tient pas grand compte, leur pauvreté est plus pauvre que celle des religieux, bien que celle-ci d’ailleurs ait une excellence fort grande et trop plus recommandable, à raison du vœu et de l’intention pour laquelle elle a été choisie.
O segundo privilégio desta pobreza é que ela é uma pobreza verdadeiramente pobre. Uma pobreza louvada, acariciada, estimada, socorrida e assistida, essa tem algo de riqueza, essa pelo menos não é de todo pobre; mas uma pobreza desprezada, rejeitada, censurada e abandonada, essa é verdadeiramente pobre. Ora, tal é de ordinário a pobreza dos seculares; porque, como eles não são pobres por escolha, mas por necessidade, não se faz grande caso dela; e por isso mesmo que não se faz grande caso dela, a pobreza deles é mais pobre que a dos religiosos, ainda que esta, por outro lado, tenha uma excelência muito grande e muito mais recomendável, em razão do voto e da intenção com que foi escolhida.
Ne vous plaignez donc pas, ma chère Philothée, de votre pauvreté ; car on ne se plaint que de ce qui déplaît, et si la pauvreté vous déplaît vous n’êtes plus pauvre d’esprit, ains riche d’affection.
Não vos queixeis, pois, minha cara Filoteia, da vossa pobreza; porque só nos queixamos do que nos desagrada, e, se a pobreza vos desagrada, já não sois pobre de espírito, mas rica de afeição.
Ne vous désolez point de n’être pas si bien secourue qu’il serait requis ; car en cela consiste l’excellence de la pauvreté. Vouloir être pauvre et n’en recevoir point d’incommodité, c’est une trop grande ambition ; car c’est vouloir l’honneur de la pauvreté et la commodité des richesses.
Não vos desoleis por não serdes tão bem socorrida quanto seria preciso; porque nisso consiste a excelência da pobreza. Querer ser pobre e não sofrer com isso nenhum incômodo é uma ambição grande demais; porque é querer a honra da pobreza e a comodidade das riquezas.
N’ayez point de honte d’être pauvre ni de demander l’aumône en charité ; recevez celle qui vous sera donnée, avec humilité, et acceptez le refus avec douceur. Ressouvenez-vous souvent du voyage que Notre Dame fit en Égypte pour y porter son cher enfant, et combien de mépris, de pauvreté, de misère il lui convint supporter. Si vous vivez comme cela, vous serez très riche en votre pauvreté.
Não tenhais vergonha de ser pobre nem de pedir esmola por caridade; recebei a que vos for dada com humildade, e aceitai a recusa com doçura. Lembrai-vos muitas vezes da viagem que Nossa Senhora fez ao Egito para lá levar o seu querido filho, e de quanto desprezo, pobreza e miséria lhe foi preciso suportar. Se viverdes assim, sereis muito rica na vossa pobreza.
Chapitre XVII — De l’amitié, et premièrement de la mauvaise et frivole
Capítulo XVII — Da amizade, e primeiramente da má e frívola
III.17 L’amour tient le premier rang entre les passions de l’âme : c’est le roi de tous les mouvements du cœur, il convertit tout le reste à soi et nous rend tels que ce qu’il aime. Prenez donc bien garde, ma Philothée, de n’en point avoir de mauvais, car tout aussitôt vous seriez toute mauvaise. Or l’amitié est le plus dangereux amour de tous, parce que les autres amours peuvent être sans communication, mais l’amitié étant totalement fondée sur icelle, on ne peut presque l’avoir avec une personne sans participer à ses qualités.
III.17 O amor ocupa o primeiro lugar entre as paixões da alma: é o rei de todos os movimentos do coração, converte a si todo o resto e nos torna tais como aquilo que ele ama. Tomai, pois, muito cuidado, minha Filoteia, de não ter nenhum amor mau, porque logo seríeis toda má. Ora, a amizade é o mais perigoso amor de todos, porque os outros amores podem existir sem comunicação, mas, como a amizade está inteiramente fundada nela, quase não se pode tê-la com uma pessoa sem participar das suas qualidades.
Tout amour n’est pas amitié ; car, 1. on peut aimer sans être aimé, et lors il y a de l’amour, mais non pas de l’amitié, d’autant que l’amitié est un amour mutuel, et s’il n’est pas mutuel ce n’est pas amitié. 2. Et ne suffit pas qu’il soit mutuel, mais il faut que les parties qui s’entr’aiment sachent leur réciproque affection, car si elles l’ignorent elles auront de l’amour, mais non pas l’amitié. 3. Il faut avec cela qu’il y ait entre elles quelque sorte de communication qui soit le fondement de l’amitié.
Nem todo amor é amizade; porque, 1. pode-se amar sem ser amado, e então há amor, mas não amizade, visto que a amizade é um amor mútuo, e, se não é mútuo, não é amizade. 2. E não basta que seja mútuo, mas é preciso que as partes que se amam conheçam a sua afeição recíproca, porque, se a ignoram, terão amor, mas não amizade. 3. É preciso, além disso, que haja entre elas alguma espécie de comunicação que seja o fundamento da amizade.
Selon la diversité des communications l’amitié est aussi diverse, et les communications sont différentes selon la différence des biens qu’on s’entrecommunique : si ce sont des biens faux et vains, l’amitié est fausse et vaine, si ce sont de vrais biens, l’amitié est vraie ; et plus excellents seront les biens, plus excellente sera l’amitié. Car, comme le miel est plus excellent quand il se cueille ès fleurons des fleurs plus exquises, ainsi l’amour fondé sur une plus exquise communication est le plus excellent ; et comme il y a du miel en Héraclée du Pont, qui est vénéneux et fait devenir insensés ceux qui le mangent, parce qu’il est recueilli sur l’aconit qui est abondant en cette région-là, ainsi l’amitié fondée sur la communication des faux et vicieux biens est toute fausse et mauvaise.
Conforme a diversidade das comunicações, a amizade é também diversa, e as comunicações são diferentes conforme a diferença dos bens que se comunicam uns aos outros: se são bens falsos e vãos, a amizade é falsa e vã; se são bens verdadeiros, a amizade é verdadeira; e quanto mais excelentes forem os bens, mais excelente será a amizade. Porque, assim como o mel é mais excelente quando se colhe nas corolas das flores mais seletas, assim o amor fundado numa comunicação mais seleta é o mais excelente; e assim como há em Heracleia do Ponto um mel que é venenoso e faz enlouquecer os que o comem, porque é colhido no acônito, que é abundante naquela região, assim a amizade fundada na comunicação dos bens falsos e viciosos é toda falsa e má.
La communication des voluptés charnelles est une mutuelle propension et amorce brutale, laquelle ne peut non plus porter le nom d’amitié entre les hommes, que celles des ânes et chevaux pour semblables effets ; et s’il n’y avait nulle autre communication au mariage, il n’y aurait non plus nulle amitié ; mais, parce qu’outre celle-là il y a en icelui la communication de la vie, de l’industrie, des biens, des affections et d’une indissoluble fidélité, c’est pourquoi l’amitié du mariage est une vraie amitié et sainte.
A comunicação dos prazeres carnais é uma inclinação mútua e um engodo brutal, que não pode levar o nome de amizade entre os homens, assim como não o pode a dos asnos e dos cavalos para semelhantes efeitos; e, se não houvesse nenhuma outra comunicação no matrimônio, também não haveria nele amizade nenhuma; mas, como além daquela há nele a comunicação da vida, do trabalho, dos bens, das afeições e de uma fidelidade indissolúvel, por isso a amizade do matrimônio é uma amizade verdadeira e santa.
L’amitié fondée sur la communication des plaisirs sensuels est toute grossière, et indigne du nom d’amitié, comme aussi celle qui est fondée sur des vertus frivoles et vaines, parce que ces vertus dépendent aussi des sens. J’appelle plaisirs sensuels ceux qui s’attachent immédiatement et principalement aux sens extérieurs, comme le plaisir de voir la beauté, d’ouïr une douce voix, de toucher et semblables. J’appelle vertus frivoles certaines habilités et qualités vaines que les faibles esprits appellent vertus et perfections. Oyez parler la plupart des filles, des femmes et des jeunes gens, ils ne se feindront nullement de dire : un tel gentilhomme est fort vertueux, il a beaucoup de perfections, car il danse bien, il joue bien à toutes sortes de jeux, il s’habille bien, il chante bien, il cajole bien, il a bonne mine ; et les charlatans tiennent pour les plus vertueux d’entre eux ceux qui sont les plus grands bouffons. Or, comme tout cela regarde les sens, aussi les amitiés qui en proviennent s’appellent sensuelles, vaines et frivoles, et méritent plutôt le nom de folâtrerie que d’amitié. Ce sont ordinairement les amitiés des jeunes gens, qui se tiennent aux moustaches, aux cheveux, aux œillades, aux habits, à la morgue, à la babillerie : amitiés dignes de l’âge des amants, qui n’ont encore aucune vertu qu’en bourre ni nul jugement qu’en bouton ; aussi telles amitiés ne sont que passagères et fondent comme la neige au soleil.
A amizade fundada na comunicação dos prazeres sensuais é de todo grosseira e indigna do nome de amizade, como também a que é fundada em virtudes frívolas e vãs, porque essas virtudes dependem também dos sentidos. Chamo prazeres sensuais os que se prendem imediata e principalmente aos sentidos exteriores, como o prazer de ver a beleza, de ouvir uma voz doce, de tocar e semelhantes. Chamo virtudes frívolas certas habilidades e qualidades vãs que os espíritos fracos chamam virtudes e perfeições. Ouvi falar a maior parte das moças, das mulheres e dos jovens: não hesitarão de modo algum em dizer: tal fidalgo é muito virtuoso, tem muitas perfeições, porque dança bem, joga bem toda sorte de jogos, veste-se bem, canta bem, galanteia bem, tem boa aparência; e os charlatães têm pelos mais virtuosos dentre eles os que são os maiores bufões. Ora, como tudo isso diz respeito aos sentidos, também as amizades que daí procedem se chamam sensuais, vãs e frívolas, e merecem antes o nome de leviandade que o de amizade. São ordinariamente as amizades dos jovens, que se prendem aos bigodes, aos cabelos, às olhadelas, às roupas, à empáfia, à tagarelice: amizades dignas da idade dos amantes, que ainda não têm virtude senão em penugem, nem juízo senão em botão; por isso tais amizades não são mais que passageiras, e derretem como a neve ao sol.
Chapitre XVIII — Des amourettes
Capítulo XVIII — Dos namoricos
III.18 Quand ces amitiés folâtres se pratiquent entre gens de divers sexe, et sans prétention du mariage, elles s’appellent amourettes, car n’étant que certains avortons, ou plutôt fantômes d’amitié, elles ne peuvent porter le nom ni d’amitié, ni d’amour, pour leur incomparable vanité et imperfection. Or, par icelles, les cœurs des hommes et des femmes demeurent pris et engagés et entrelacés les uns avec les autres en vaines et folles affections, fondées sur ces frivoles communications et chétifs agréments desquels je viens de parler. Et bien que ces sottes amours vont ordinairement fondre et s’abîmer en des charnalités et lascivetés fort vilaines si est-ce que ce n’est pas le premier dessein de ceux qui les exercent ; autrement ce ne seraient plus amourettes, ains impudicités manifestes. Ils se passeront même quelquefois plusieurs années sans qu’il arrive, entre ceux qui sont atteints de cette folie, aucune chose qui soit directement contraire à la chasteté du corps, iceux s’arrêtant seulement à détremper leurs cœurs en souhaits, désirs, soupirs, muguetteries et autres telles niaiseries et vanités, et ce pour diverses prétentions.
III.18 Quando essas amizades levianas se praticam entre pessoas de sexo diferente, e sem pretensão de casamento, chamam-se namoricos, porque, não sendo mais que certos abortos, ou antes fantasmas de amizade, não podem levar o nome nem de amizade nem de amor, por sua incomparável vaidade e imperfeição. Ora, por eles, os corações dos homens e das mulheres ficam presos, comprometidos e enlaçados uns com os outros em afeições vãs e loucas, fundadas nessas comunicações frívolas e nesses mesquinhos atrativos de que acabo de falar. E, ainda que esses tolos amores vão ordinariamente desembocar e afundar-se em carnalidades e lascívias muito vis, contudo esse não é o primeiro intento dos que os praticam; de outro modo já não seriam namoricos, mas impudicícias manifestas. Passam-se mesmo às vezes vários anos sem que aconteça, entre os que estão tocados dessa loucura, coisa alguma que seja diretamente contrária à castidade do corpo, detendo-se eles somente em embeber os corações em anseios, desejos, suspiros, requebros e outras tolices e vaidades semelhantes, e isso por diversas pretensões.
Les uns n’ont d’autre dessein que d’assouvir leurs cœurs à donner et recevoir de l’amour, suivant en cela leur inclination amoureuse, et ceux-ci ne regardent à rien pour le choix de leurs amours sinon à leur goût et instinct, si qu’à la rencontre d’un sujet agréable, sans examiner l’intérieur ni les déportements d’icelui, ils commenceront cette communication d’amourettes et se fourreront dedans les misérables filets desquels par après ils auront peine de sortir. Les autres se laissent aller à cela par vanité, leur étant avis que ce ne soit pas peu de gloire de prendre et lier les cœurs par amour ; et ceux-ci, faisant leur élection pour la gloire, dressent leurs pièges et tendent leurs toiles en des lieux spécieux, relevés, rares et illustres. Les autres sont portés et par leur inclination amoureuse et par la vanité tout ensemble, car encore qu’ils aient le cœur contourné à l’amour, si ne veulent-ils pourtant pas en prendre qu’avec quelque avantage de gloire.
Uns não têm outro intento senão saciar o coração dando e recebendo amor, seguindo nisso a sua inclinação amorosa, e estes não olham a nada, na escolha dos seus amores, senão ao seu gosto e instinto, de modo que, ao encontrar uma pessoa agradável, sem examinar o interior nem o procedimento dela, começarão essa comunicação de namoricos e se meterão nas miseráveis redes de que depois terão dificuldade em sair. Outros se deixam levar a isso por vaidade, parecendo-lhes que não é pouca glória prender e atar os corações pelo amor; e estes, fazendo a sua escolha pela glória, armam os seus laços e estendem as suas redes em lugares vistosos, elevados, raros e ilustres. Outros são levados ao mesmo tempo pela sua inclinação amorosa e pela vaidade, porque, ainda que tenham o coração voltado para o amor, não querem, contudo, tomá-lo senão com alguma vantagem de glória.
Ces amitiés sont toutes mauvaises, folles et vaines : mauvaises, d’autant qu’elles aboutissent et se terminent enfin au péché de la chair, et qu’elles dérobent l’amour et par conséquent le cœur à Dieu, à la femme et au mari, à qui il était dû ; folles, parce qu’elles n’ont ni fondement ni raison ; vaines, parce qu’elles ne rendent aucun profit, ni honneur, ni contentement. Au contraire elles perdent le temps, embarrassent l’honneur, sans donner aucun plaisir que celui d’un empressement de prétendre et espérer, sans savoir ce qu’on veut ni qu’on prétend. Car il est toujours avis à ces chétifs et faibles esprits qu’il y a je ne sais quoi à désirer ès témoignages qu’on leur rend de l’amour réciproque, et ne sauraient dire que c’est ; dont leur désir ne peut finir, mais va toujours pressant leur cœur de perpétuelles défiances, jalousies et inquiétudes.
Essas amizades são todas más, loucas e vãs: más, porque acabam e terminam enfim no pecado da carne, e porque roubam o amor, e por conseguinte o coração, a Deus, à mulher e ao marido, a quem era devido; loucas, porque não têm nem fundamento nem razão; vãs, porque não dão nenhum proveito, nem honra, nem contentamento. Ao contrário, fazem perder o tempo, comprometem a honra, sem dar outro prazer senão o de um afã de pretender e esperar, sem saber o que se quer nem o que se pretende. Porque sempre parece a esses espíritos mesquinhos e fracos que há não sei quê a desejar nas mostras que lhes dão do amor recíproco, e não saberiam dizer o que é; por isso o seu desejo não pode acabar, mas vai sempre apertando o coração deles com perpétuas desconfianças, ciúmes e inquietações.
Saint Grégoire Nazianzène, écrivant contre les femmes vaines, dit merveilles sur ce sujet ; en voici une petite pièce qu’il adresse voirement aux femmes, mais bonne encore pour les hommes : « Ta naturelle beauté suffit pour ton mari ; que si elle est pour plusieurs hommes, comme un filet tendu pour une troupe d’oiseaux, qu’en arrivera-t-il ? Celui-là te plaira qui se plaira en ta beauté, tu rendras œillade pour œillade, regard pour regard ; soudain suivront les souris et petits mots d’amour, lâchés à la dérobée pour le commencement, mais bientôt on s’apprivoisera et passera-t-on à la cajolerie manifeste. Garde bien, o ma langue parleuse, de dire ce qui arrivera par après ; si dirai-je néanmoins encore cette vérité : rien de tout ce que les jeunes gens et les femmes disent ou font ensemble en ces folles complaisances n’est exempt de grands aiguillons. Tous les fatras d’amourettes se tiennent l’un à l’autre et s’entresuivent tous, ni plus ni moins qu’un fer tiré par l’aimant en tire plusieurs autres consécutivement ».
São Gregório Nazianzeno, escrevendo contra as mulheres vaidosas, diz maravilhas sobre este assunto; eis aqui um pequeno trecho, que ele dirige na verdade às mulheres, mas que serve também para os homens: «A tua beleza natural basta para o teu marido; mas, se ela é para muitos homens, como uma rede estendida para um bando de pássaros, que acontecerá? Há de agradar-te aquele que se agradar da tua beleza; tu retribuirás olhadela por olhadela, olhar por olhar; logo seguirão os sorrisos e as palavrinhas de amor, soltas às escondidas no começo, mas em breve se tomará confiança e se passará ao galanteio declarado. Guarda-te bem, ó minha língua faladora, de dizer o que acontecerá depois; direi, contudo, ainda esta verdade: nada de tudo o que os jovens e as mulheres dizem ou fazem juntos nessas loucas complacências está isento de grandes aguilhões. Todas as miudezas dos namoricos se prendem umas às outras e se seguem todas, nem mais nem menos que um ferro atraído pelo ímã atrai vários outros, um depois do outro».
Oh ! qu’il dit bien, ce grand évêque : Que pensez-vous faire ? Donner de l’amour, non pas ? Mais personne n’en donne volontairement qui n’en prenne nécessairement ; qui prend est pris en ce jeu. L’herbe aproxis reçoit et conçoit le feu aussitôt qu’elle le voit : nos cœurs en sont de même ; soudain qu’ils voient une âme enflammée d’amour pour eux, ils sont incontinent embrasés pour elle. J’en veux bien prendre, me dira quelqu’un, mais non pas fort avant. Hélas ! vous vous trompez, ce feu d’amour est plus actif et pénétrant qu’il ne vous semble ; vous cuiderez n’en recevoir qu’une étincelle, et vous serez tout étonné de voir qu’en un moment il aura saisi tout votre cœur, réduit en cendre toutes vos résolutions et en fumée votre réputation. Le Sage s’écrie : « Qui aura compassion d’un enchanteur piqué par le serpent ? » Et je m’écrie après lui : « O fols et insensés, cuidez-vous charmer l’amour pour le pouvoir manier à votre gré ? Vous vous voulez jouer avec lui, il vous piquera et mordra mauvaisement ; et savez-vous ce qu’on en dira ? chacun se moquera de vous et on rira de quoi vous avez voulu enchanter l’amour, et que sur une fausse assurance vous avez voulu mettre dedans votre sein une dangereuse couleuvre, qui vous a gâté et perdu d’âme et d’honneur.
Oh! como ele diz bem, esse grande bispo: Que pensais fazer? Dar amor, não é? Mas ninguém o dá voluntariamente sem que o tome necessariamente; neste jogo, quem toma é tomado. A erva aproxis recebe e concebe o fogo logo que o vê: os nossos corações são assim; logo que veem uma alma inflamada de amor por eles, ficam imediatamente abrasados por ela. Bem quero tomar um pouco dele, me dirá alguém, mas não muito a fundo. Ai! vós vos enganais: esse fogo de amor é mais ativo e penetrante do que vos parece; julgareis receber dele só uma faísca, e ficareis todo espantado ao ver que num momento ele terá tomado todo o vosso coração, reduzido a cinzas todas as vossas resoluções e a fumaça a vossa reputação. O Sábio exclama: «Quem terá compaixão de um encantador picado pela serpente?» E eu exclamo depois dele: «Ó tolos e insensatos, julgais encantar o amor para poder manejá-lo a vosso gosto? Quereis brincar com ele: ele vos picará e morderá malignamente; e sabeis o que se dirá disso? todos zombarão de vós, e rirão de terdes querido encantar o amor e de, sobre uma falsa segurança, terdes querido pôr dentro do vosso seio uma perigosa cobra, que vos estragou e perdeu de alma e de honra».
O Dieu, quel aveuglement est celui-ci, de jouer ainsi à crédit, sur des gages si frivoles, la principale pièce de notre âme ! Oui, Philothée, car Dieu ne veut l’homme que pour l’âme, ni l’âme que pour la volonté, ni la volonté que pour l’amour. Hélas ! nous n’avons pas d’amour à beaucoup près de ce que nous avons besoin ; je veux dire, il s’en faut infiniment que nous en ayons assez pour aimer Dieu, et cependant, misérables que nous sommes, nous le prodiguons et épanchons en choses sottes et vaines et frivoles, comme si nous en avions de reste. Ah ! ce grand Dieu qui s’était réservé le seul amour de nos âmes, en reconnaissance de leur création, conservation et rédemption, exigera un compte bien étroit de ces folles déduites que nous en faisons ; que s’il doit faire un examen si exact des paroles oiseuses, qu’est-ce qu’il fera des amitiés oiseuses, impertinentes, folles et pernicieuses ?
Ó Deus, que cegueira é esta, de jogar assim a crédito, sobre penhores tão frívolos, a peça principal da nossa alma! Sim, Filoteia, porque Deus não quer o homem senão pela alma, nem a alma senão pela vontade, nem a vontade senão pelo amor. Ai! não temos, nem de longe, o amor de que precisamos; quero dizer, falta infinitamente para que o tenhamos bastante para amar a Deus; e, no entanto, miseráveis que somos, nós o prodigalizamos e derramamos em coisas tolas e vãs e frívolas, como se nos sobrasse. Ah! esse grande Deus, que reservara para si o único amor das nossas almas, em reconhecimento da sua criação, conservação e redenção, exigirá uma conta bem estreita dessas loucas subtrações que dele fazemos; e, se ele há de fazer um exame tão exato das palavras ociosas, que fará das amizades ociosas, impertinentes, loucas e perniciosas?
Le noyer nuit grandement aux vignes et aux champs esquels il est planté, parce qu’étant si grand, il attire tout le suc de la terre, qui ne peut par après suffire à nourrir le reste des plantes ; ses feuillages sont si touffus qu’ils font un ombrage grand et épais, et enfin il attire les passants à soi, qui, pour abattre son fruit, gâtent et foulent tout autour. Ces amourettes font les mêmes nuisances à l’âme, car elles l’occupent tellement et tirent si puissamment ses mouvements qu’elle ne peut pas après suffire à aucune bonne œuvre ; les feuilles, c’est-à-dire les entretiens, amusements et muguetteries sont si fréquentes qu’elles dissipent tout le loisir ; et enfin elles attirent tant de tentations, distractions, soupçons et autres conséquences, que tout le cœur en est foulé et gâté. Bref, ces amourettes bannissent non seulement l’amour céleste, mais encore la crainte de Dieu, énervent l’esprit, affaiblissent la réputation : c’est, en un mot, le jouet des cours, mais la peste des cœurs.
A nogueira prejudica muito as vinhas e os campos em que está plantada, porque, sendo tão grande, atrai todo o suco da terra, que depois não pode bastar para nutrir o resto das plantas; a sua folhagem é tão espessa que faz uma sombra grande e densa; e, enfim, atrai a si os passantes, que, para derrubar o seu fruto, estragam e pisam tudo ao redor. Esses namoricos causam os mesmos danos à alma, porque a ocupam tanto e puxam tão poderosamente os seus movimentos que ela depois não dá conta de nenhuma boa obra; as folhas, isto é, as conversas, os entretenimentos e os requebros, são tão frequentes que dissipam todo o vagar; e, enfim, atraem tantas tentações, distrações, suspeitas e outras consequências, que todo o coração fica com isso pisado e estragado. Em suma, esses namoricos banem não somente o amor celeste, mas também o temor de Deus, enervam o espírito, enfraquecem a reputação: são, numa palavra, o brinquedo das cortes, mas a peste dos corações.
Chapitre XIX — Des vraies amitiés
Capítulo XIX — Das verdadeiras amizades
III.19 O Philothée, aimez un chacun d’un grand amour charitable, mais n’ayez point d’amitié qu’avec ceux qui peuvent communiquer avec vous de choses vertueuses ; et plus les vertus que vous mettrez en votre commerce seront exquises, plus votre amitié sera parfaite. Si vous communiquez ès sciences, votre amitié est certes fort louable ; plus encore si vous communiquez aux vertus, en la prudence, discrétion, force et justice. Mais si votre mutuelle et réciproque communication se fait de la charité, de la dévotion, de la perfection chrétienne, o Dieu ! que votre amitié sera précieuse ! Elle sera excellente parce qu’elle vient de Dieu, excellente parce qu’elle tend à Dieu, excellente parce que son lien c’est Dieu, excellente par ce qu’elle durera éternellement en Dieu. Oh ! qu’il fait bon aimer en terre comme l’on aime au ciel, et apprendre à s’entrechérir en ce monde comme nous ferons éternellement en l’autre !
III.19 Ó Filoteia, amai a cada um com um grande amor de caridade, mas não tenhais amizade senão com aqueles que podem comunicar convosco coisas virtuosas; e quanto mais seletas forem as virtudes que puserdes no vosso trato, mais perfeita será a vossa amizade. Se comunicais nas ciências, a vossa amizade é certamente muito louvável; mais ainda se comunicais nas virtudes, na prudência, na discrição, na fortaleza e na justiça. Mas, se a vossa comunicação mútua e recíproca se faz da caridade, da devoção, da perfeição cristã, ó Deus! como a vossa amizade será preciosa! Será excelente porque vem de Deus, excelente porque tende para Deus, excelente porque o seu laço é Deus, excelente porque durará eternamente em Deus. Oh! como é bom amar na terra como se ama no céu, e aprender a querer-se bem neste mundo como faremos eternamente no outro!
Je ne parle pas ici de l’amour simple de charité, car il doit être porté à tous les hommes ; mais je parle de l’amitié spirituelle, par laquelle deux ou trois ou plusieurs âmes se communiquent leur dévotion, leurs affections spirituelles, et se rendent un seul esprit entre elles. Qu’à bon droit peuvent chanter telles heureuses âmes : « Oh ! que voici combien il est bon et agréable que les frères habitent ensemble ! » Oui, car le baume délicieux de la dévotion distille de l’un des cœurs en l’autre par une continuelle participation, si qu’on peut dire que Dieu a répandu sur cette amitié sa bénédiction et la vie jusques aux siècles des siècles.
Não falo aqui do simples amor de caridade, porque ele deve ser dado a todos os homens; mas falo da amizade espiritual, pela qual duas, ou três, ou mais almas se comunicam a sua devoção, as suas afeições espirituais, e se tornam um só espírito entre si. Com quanta razão podem cantar tais almas felizes: «Oh! vede como é bom e agradável que os irmãos habitem juntos!» Sim, porque o bálsamo delicioso da devoção destila de um dos corações no outro por uma participação contínua, de modo que se pode dizer que Deus derramou sobre essa amizade a sua bênção e a vida pelos séculos dos séculos.
Il m’est avis que toutes les autres amitiés ne sont que des ombres au prix de celle-ci, et que leurs liens ne sont que des chaînes de verre ou de jayet, en comparaison de ce grand lien de la sainte dévotion qui est tout d’or.
Parece-me que todas as outras amizades não são mais que sombras em comparação com esta, e que os seus laços não são mais que correntes de vidro ou de azeviche, em comparação com este grande laço da santa devoção, que é todo de ouro.
Ne faites point d’amitié d’autre sorte, je veux dire des amitiés que vous faites ; car il ne faut pas ni quitter ni mépriser pour cela les amitiés que la nature et les précédents devoirs vous obligent de cultiver, des parents, des alliés, des bienfaiteurs, des voisins et autres ; je parle de celles que vous choisissez vous-même.
Não façais amizade de outra sorte; quero dizer, das amizades que vós fazeis; porque não é preciso, por isso, nem deixar nem desprezar as amizades que a natureza e os deveres anteriores vos obrigam a cultivar, as dos parentes, dos afins, dos benfeitores, dos vizinhos e outros; falo das que vós mesma escolheis.
Plusieurs vous diront peut-être qu’il ne faut avoir aucune sorte de particulière affection et amitié, d’autant que cela occupe le cœur, distrait l’esprit, engendre les envies : mais ils se trompent en leurs conseils ; car ils ont vu ès écrits de plusieurs saints et dévots auteurs que les amitiés particulières et affections extraordinaires nuisent infiniment aux religieux ; ils cuident que c’en soit de même du reste du monde, mais il y a bien à dire. Car attendu qu’en un monastère bien réglé le dessein commun de tous tend à la vraie dévotion, il n’est pas requis d’y faire ces particulières communications, de peur que cherchant en particulier ce qui est commun, on ne passe des particularités aux partialités ; mais quant à ceux qui sont entre les mondains et qui embrassent la vraie vertu, il leur est nécessaire de s’allier les uns aux autres par une sainte et sacrée amitié ; car par le moyen d’icelle ils s’animent, ils s’aident, ils s’entreportent au bien. Et comme ceux qui cheminent en la plaine n’ont pas besoin de se prêter la main, mais ceux qui sont ès chemins scabreux et glissants s’entretiennent l’un l’autre pour cheminer plus sûrement, ainsi ceux qui sont ès religions n’ont pas besoin des amitiés particulières, mais ceux qui sont au monde en ont nécessité pour s’assurer et secourir les uns les autres, parmi tant de mauvais passages qu’il leur faut franchir. Au monde, tous ne conspirent pas à même fin, tous n’ont pas le même esprit ; il faut donc sans doute se tirer à part et faire des amitiés selon notre prétention ; et cette particularité fait voirement une partialité, mais une partialité sainte, qui ne fait aucune division sinon celle du bien et du mal, des brebis et des chèvres, des abeilles et des frelons, séparation nécessaire.
Muitos vos dirão talvez que não se deve ter nenhuma espécie de afeição e amizade particular, visto que isso ocupa o coração, distrai o espírito, gera as invejas: mas eles se enganam nos seus conselhos; porque viram nos escritos de muitos santos e devotos autores que as amizades particulares e as afeições extraordinárias prejudicam infinitamente os religiosos; julgam que o mesmo se dá com o resto do mundo, mas há muita diferença. Porque, visto que num mosteiro bem regrado o intento comum de todos tende à verdadeira devoção, não é necessário fazer ali essas comunicações particulares, para que, buscando em particular o que é comum, não se passe das particularidades às parcialidades; mas, quanto aos que estão no meio dos mundanos e abraçam a verdadeira virtude, lhes é necessário aliar-se uns aos outros por uma santa e sagrada amizade; porque, por meio dela, eles se animam, se ajudam, se levam uns aos outros ao bem. E, assim como os que caminham pela planície não precisam dar-se a mão, mas os que estão em caminhos escabrosos e escorregadios se seguram uns aos outros para caminhar com mais segurança, assim os que estão nas ordens religiosas não precisam das amizades particulares, mas os que estão no mundo precisam delas para se firmarem e se socorrerem uns aos outros, no meio de tantos maus passos que lhes é preciso transpor. No mundo, nem todos conspiram para o mesmo fim, nem todos têm o mesmo espírito; é preciso, pois, sem dúvida, pôr-se à parte e fazer amizades conforme a nossa pretensão; e essa particularidade faz, na verdade, uma parcialidade, mas uma parcialidade santa, que não faz nenhuma divisão senão a do bem e do mal, das ovelhas e das cabras, das abelhas e dos vespões, separação necessária.
Certes, on ne saurait nier que Notre Seigneur n’aimât d’une plus douce et plus spéciale amitié saint Jean, le Lazare, Marthe, Madeleine, car l’Écriture le témoigne. On sait que saint Pierre chérissait tendrement saint Marc et sainte Pétronille, comme saint Paul faisait son Timothée et sainte Thècle. Saint Grégoire Nazianzène se vante cent fois de l’amitié nonpareille qu’il eut avec le grand saint Basile, et la décrit en cette sorte : « Il semblait qu’en l’un et l’autre de nous, il n’y eût qu’une seule âme portant deux corps. Que s’il ne faut pas croire ceux qui disent que toutes choses sont en toutes choses, si nous faut-il pourtant ajouter foi que nous étions tous deux en l’un de nous, et l’un en l’autre ; une seule prétention avions-nous tous deux, de cultiver la vertu et accommoder les desseins de notre vie aux espérances futures, sortant ainsi hors de la terre mortelle avant que d’y mourir ». Saint Augustin témoigne que saint Ambroise aimait uniquement sainte Monique, pour les rares vertus qu’il voyait en elle, et qu’elle réciproquement le chérissait comme un ange de Dieu.
Certamente, não se pode negar que Nosso Senhor amava com uma amizade mais doce e mais especial são João, Lázaro, Marta, Madalena, porque a Escritura o testemunha. Sabe-se que são Pedro queria ternamente a são Marcos e a santa Petronila, como são Paulo ao seu Timóteo e a santa Tecla. São Gregório Nazianzeno gaba-se cem vezes da amizade sem igual que teve com o grande são Basílio, e a descreve deste modo: «Parecia que em um e outro de nós não havia mais que uma só alma, que levava dois corpos. E, se não se deve crer nos que dizem que todas as coisas estão em todas as coisas, devemos contudo dar fé a que nós dois estávamos em cada um de nós, e um no outro; uma só pretensão tínhamos ambos, a de cultivar a virtude e acomodar os intentos da nossa vida às esperanças futuras, saindo assim da terra mortal antes de nela morrer». Santo Agostinho testemunha que santo Ambrósio amava singularmente santa Mônica, pelas raras virtudes que via nela, e que ela, reciprocamente, o queria como a um anjo de Deus.
Mais j’ai tort de vous amuser en chose si claire. Saint Jérôme, saint Augustin, saint Grégoire, saint Bernard et tous les plus grands serviteurs de Dieu ont eu de très particulières amitiés, sans intérêt de leur perfection. Saint Paul reprochant le détraquement des Gentils, les accuse d’avoir été gens sans affection, c’est-à-dire qui n’avaient aucune amitié. Et saint Thomas, comme tous les bons philosophes, confesse que l’amitié est une vertu : or, il parle de l’amitié particulière, puisque, comme il dit, la parfaite amitié ne peut s’étendre à beaucoup de personnes. La perfection donc ne consiste pas à n’avoir point d’amitié, mais à n’en avoir que de bonne, de sainte et sacrée.
Mas faço mal em vos deter em coisa tão clara. São Jerônimo, santo Agostinho, são Gregório, são Bernardo e todos os maiores servos de Deus tiveram amizades muito particulares, sem prejuízo da sua perfeição. São Paulo, censurando o desregramento dos gentios, acusa-os de terem sido gente sem afeição, isto é, que não tinha amizade nenhuma. E santo Tomás, como todos os bons filósofos, confessa que a amizade é uma virtude: ora, ele fala da amizade particular, visto que, como ele diz, a amizade perfeita não se pode estender a muitas pessoas. A perfeição, pois, não consiste em não ter amizade, mas em não ter senão amizade boa, santa e sagrada.
Chapitre XX — De la différence des vraies et des vaines amitiés
Capítulo XX — Da diferença entre as verdadeiras e as vãs amizades
III.20 Voici donc le grand avertissement, ma Philothée. Le miel d’Héraclée, qui est si vénéneux, ressemble à l’autre qui est si salutaire : il y a grand danger de prendre l’un pour l’autre ou de les prendre mêlés, car la bonté de l’un n’empêcherait pas la nuisance de l’autre. Il faut être sur sa garde pour n’être point trompé en ces amitiés, notamment quand elles se contractent entre personnes de divers sexe, sous quel prétexte que ce soit, car bien souvent Satan donne le change à ceux qui aiment. On commence par l’amour vertueux, mais si on n’est fort sage l’amour frivole se mêlera, puis l’amour sensuel, puis l’amour charnel ; oui même il y a danger en l’amour spirituel si on n’est fort sur sa garde, bien qu’en celui-ci il soit plus difficile de prendre le change, parce que sa pureté et blancheur rendent plus connaissables les souillures que Satan y veut mêler : c’est pourquoi quand il l’entreprend il fait cela plus finement, et essaie de glisser les impuretés presque insensiblement.
III.20 Eis, pois, a grande advertência, minha Filoteia. O mel de Heracleia, que é tão venenoso, parece-se com o outro, que é tão salutar: há grande perigo de tomar um pelo outro, ou de tomá-los misturados, porque a bondade de um não impediria o dano do outro. É preciso estar de sobreaviso para não ser enganado nessas amizades, sobretudo quando se contraem entre pessoas de sexo diferente, sob qualquer pretexto que seja, porque muitas vezes Satanás lança os que amam numa pista falsa. Começa-se pelo amor virtuoso, mas, se não se é muito avisado, o amor frívolo se misturará, depois o amor sensual, depois o amor carnal; sim, até no amor espiritual há perigo, se não se está muito de sobreaviso, ainda que neste seja mais difícil tomar a pista falsa, porque a sua pureza e brancura tornam mais visíveis as manchas que Satanás lhe quer misturar: por isso, quando ele o empreende, faz isso com mais finura, e procura insinuar as impurezas quase insensivelmente.
Vous connaîtrez l’amitié mondaine d’avec la sainte et vertueuse, comme l’on connaît le miel d’Héraclée d’avec l’autre : le miel d’Héraclée est plus doux à la langue que le miel ordinaire, à raison de l’aconit qui lui donne un surcroît de douceur, et l’amitié mondaine produit ordinairement un grand amas de paroles emmiellées, une cajolerie de petits mots passionnés et de louanges tirées de la beauté, de la grâce et des qualités sensuelles ; mais l’amitié sacrée a un langage simple et franc, ne peut louer que la vertu et grâce de Dieu, unique fondement sur lequel elle subsiste. Le miel d’Héraclée étant avalé excite un tournoiement de tête, et la fausse amitié provoque un tournoiement d’esprit qui fait chanceler la personne en la chasteté et dévotion, la portant à des regards affectés, mignards et immodérés, à des caresses sensuelles, à des soupirs désordonnés, à des petites plaintes de n’être pas aimée, à des petites, mais recherchées, mais attrayantes contenances, galanterie, poursuite des baisers, et autres privautés et faveurs inciviles, présages certains et indubitables d’une prochaine ruine de l’honnêteté ; mais l’amitié sainte n’a des yeux que simples et pudiques, ni des caresses que pures et franches, ni des soupirs que pour le ciel, ni des privautés que pour l’esprit, ni des plaintes sinon quand Dieu n’est pas aimé, marques infaillibles de l’honnêteté. Le miel d’Héraclée trouble la vue, et cette amitié mondaine trouble le jugement, en sorte que ceux qui en sont atteints pensent bien faire en mal faisant, et cuident que leurs excuses, prétextes et paroles soient des vraies raisons ; ils craignent la lumière et aiment les ténèbres, mais l’amitié sainte a les yeux clairvoyants et ne se cache point, ains paraît volontiers devant les gens de bien. Enfin, le miel d’Héraclée donne une grande amertume en la bouche : ainsi les fausses amitiés se convertissent et terminent en paroles et demandes charnelles et puantes, ou, en cas de refus, à des injures, calomnies, impostures, tristesses, confusions et jalousies qui aboutissent bien souvent en abrutissement et forcènerie ; mais la chaste amitié est toujours également honnête, civile et amiable, et jamais ne se convertit qu’en une plus parfaite et pure union d’esprits, image vive de l’amitié bienheureuse que l’on exerce au ciel.
Distinguireis a amizade mundana da santa e virtuosa como se distingue o mel de Heracleia do outro: o mel de Heracleia é mais doce à língua que o mel comum, por causa do acônito, que lhe dá um acréscimo de doçura; e a amizade mundana produz ordinariamente um grande acúmulo de palavras melífluas, um galanteio de palavrinhas apaixonadas e de louvores tirados da beleza, da graça e das qualidades sensuais; mas a amizade sagrada tem uma linguagem simples e franca, e não pode louvar senão a virtude e a graça de Deus, único fundamento sobre o qual subsiste. O mel de Heracleia, uma vez engolido, provoca uma vertigem na cabeça, e a falsa amizade provoca uma vertigem no espírito, que faz a pessoa vacilar na castidade e na devoção, levando-a a olhares afetados, dengosos e imoderados, a carícias sensuais, a suspiros desordenados, a pequenas queixas de não ser amada, a pequenos modos, mas estudados, mas atraentes, a galantarias, à busca de beijos, e a outras familiaridades e favores indecorosos, presságios certos e indubitáveis de uma próxima ruína da honestidade; mas a amizade santa não tem olhos senão simples e pudicos, nem carícias senão puras e francas, nem suspiros senão pelo céu, nem familiaridades senão para o espírito, nem queixas senão quando Deus não é amado, marcas infalíveis da honestidade. O mel de Heracleia turva a vista, e esta amizade mundana turva o juízo, de modo que os que estão tocados dela pensam fazer bem fazendo mal, e julgam que as suas desculpas, pretextos e palavras são verdadeiras razões; eles temem a luz e amam as trevas, mas a amizade santa tem os olhos perspicazes e não se esconde, antes aparece de bom grado diante das pessoas de bem. Enfim, o mel de Heracleia deixa um grande amargor na boca: assim as falsas amizades se convertem e terminam em palavras e pedidos carnais e fétidos, ou, em caso de recusa, em injúrias, calúnias, imposturas, tristezas, confusões e ciúmes, que acabam muitas vezes em embrutecimento e furor; mas a amizade casta é sempre igualmente honesta, cortês e amável, e jamais se converte senão numa união de espíritos mais perfeita e pura, imagem viva da amizade bem-aventurada que se exerce no céu.
Saint Grégoire Nazianzène dit que le paon, faisant son cri lorsqu’il fait sa roue et pavonnade, excite grandement les femelles qui l’écoutent à la lubricité : quand on voit un homme pavoner, se parer et venir comme cela cajoler, chuchoter et barguigner aux oreilles d’une femme ou d’une fille, sans prétention d’un juste mariage, ah ! sans doute, ce n’est que pour la provoquer à quelque impudicité ; et la femme d’honneur bouchera ses oreilles pour ne point ouïr le cri de ce paon et la voix de l’enchanteur qui la veut enchanter finement : que si elle écoute, o Dieu ! quel mauvais augure de la future perte de son cœur !
São Gregório Nazianzeno diz que o pavão, soltando o seu grito quando faz a roda e se pavoneia, excita grandemente à lubricidade as fêmeas que o escutam: quando se vê um homem pavonear-se, enfeitar-se e vir assim galantear, cochichar e solicitar aos ouvidos de uma mulher ou de uma moça, sem pretensão de um justo casamento, ah! sem dúvida, não é senão para provocá-la a alguma impudicícia; e a mulher honrada tapará os ouvidos para não ouvir o grito desse pavão e a voz do encantador que a quer encantar com astúcia: e, se ela escuta, ó Deus! que mau agouro da futura perda do seu coração!
Les jeunes gens qui font des contenances, grimaces et caresses, ou disent des paroles esquelles ils ne voudraient pas être surpris par leurs pères, mères, maris, femmes ou confesseurs, témoignent en cela qu’ils traitent d’autre chose que de l’honneur et de la conscience. Notre Dame se trouble voyant un ange en forme humaine, parce qu’elle était seule et qu’il lui donnait des extrêmes, quoique célestes louanges : o Sauveur du monde, la pureté craint un ange en forme humaine, et pourquoi donc l’impureté ne craindra-t-elle un homme, encore qu’il fût en figure d’ange, quand il la loue des louanges sensuelles et humaines ?
Os jovens que fazem gestos, trejeitos e carícias, ou dizem palavras em que não quereriam ser surpreendidos por seus pais, mães, maridos, mulheres ou confessores, mostram com isso que tratam de outra coisa que não a honra e a consciência. Nossa Senhora perturba-se ao ver um anjo em forma humana, porque estava só e ele lhe dava louvores extremos, ainda que celestes: ó Salvador do mundo, a pureza teme um anjo em forma humana, e por que, então, a impureza não temerá um homem, ainda que estivesse em figura de anjo, quando ele a louva com louvores sensuais e humanos?
Chapitre XXI — Avis et remèdes contre les mauvaises amitiés
Capítulo XXI — Avisos e remédios contra as más amizades
III.21 Mais quels remèdes contre cette engeance et fourmilière de folles amours, folâtreries, impuretés ? Soudain que vous en aurez les premiers ressentiments, tournez-vous court de l’autre côté, et, avec une détestation absolue de cette vanité, courez à la croix du Sauveur et prenez sa couronne d’épines pour en environner votre cœur, afin que ces petits renardeaux n’en approchent. Gardez bien de venir à aucune sorte de composition avec cet ennemi ; ne dites pas : « Je l’écouterai, mais je ne ferai rien de ce qu’il me dira ; je lui prêterai l’oreille, mais je lui refuserai le cœur ». O ma Philothée, pour Dieu, soyez rigoureuse en telles occasions : le cœur et les oreilles s’entretiennent l’un à l’autre, et comme il est impossible d’empêcher un torrent qui a pris sa descente par le pendant d’une montagne, aussi est-il difficile d’empêcher que l’amour qui est tombé en l’oreille ne fasse soudain sa chute dans le cœur. Les chèvres, selon Alcméon, halènent par les oreilles et non par les naseaux : il est vrai qu’Aristote le nie ; or, ne sais-je ce que c’en est ; mais je sais bien pourtant que notre cœur halène par l’oreille, et que comme il aspire et exhale ses pensées par la langue, il respire aussi par l’oreille, par laquelle il reçoit les pensées des autres. Gardons donc soigneusement nos oreilles de l’air des folles paroles, car autrement soudain notre cœur en serait empesté. N’écoutez nulle sorte de propositions, sous quel prétexte que ce soit : en ce seul cas, il n’y a point de danger d’être incivile et agreste.
III.21 Mas que remédios contra essa raça e esse formigueiro de amores loucos, de leviandades, de impurezas? Logo que tiverdes os primeiros sentimentos deles, voltai-vos bruscamente para o outro lado e, com uma detestação absoluta dessa vaidade, correi à cruz do Salvador e tomai a sua coroa de espinhos para cingir com ela o vosso coração, a fim de que essas raposinhas não se aproximem dele. Guardai-vos bem de chegar a qualquer espécie de acordo com esse inimigo; não digais: «Eu o escutarei, mas não farei nada do que ele me disser; eu lhe darei ouvidos, mas lhe recusarei o coração». Ó minha Filoteia, por Deus, sede rigorosa em tais ocasiões: o coração e os ouvidos estão ligados um ao outro, e assim como é impossível deter uma torrente que tomou a sua descida pela encosta de uma montanha, assim também é difícil impedir que o amor que caiu no ouvido faça logo a sua queda no coração. As cabras, segundo Alcméon, respiram pelas orelhas e não pelas narinas: é verdade que Aristóteles o nega; ora, eu não sei o que há nisso; mas sei bem, contudo, que o nosso coração respira pelo ouvido, e que, assim como aspira e exala os seus pensamentos pela língua, também respira pelo ouvido, pelo qual recebe os pensamentos dos outros. Guardemos, pois, cuidadosamente os nossos ouvidos do ar das palavras loucas, porque de outro modo o nosso coração ficaria logo empestado. Não escuteis nenhuma espécie de propostas, sob qualquer pretexto que seja: neste caso, e só neste, não há perigo nenhum em ser descortês e rústica.
Ressouvenez-vous que vous avez voué votre cœur à Dieu, et que votre amour lui étant sacrifié, ce serait donc un sacrilège de lui en ôter un seul brin ; sacrifiez-le-lui plutôt derechef par mille résolutions et protestations, et vous tenant entre icelles comme un cerf dans son fort, réclamez Dieu ; il vous secourra et son amour prendra le vôtre en sa protection, afin qu’il vive uniquement pour lui.
Lembrai-vos de que votastes o vosso coração a Deus, e de que, estando o vosso amor sacrificado a ele, seria, pois, um sacrilégio tirar-lhe dele um só fio; antes, sacrificai-o a ele de novo por mil resoluções e protestações, e, mantendo-vos entre elas como um cervo no seu abrigo, invocai a Deus; ele vos socorrerá, e o seu amor tomará o vosso sob a sua proteção, para que viva unicamente para ele.
Que si vous êtes déjà prise dans les filets de ces folles amours, o Dieu ! quelle difficulté de vous en déprendre ! Mettez-vous devant sa divine Majesté ; connaissez en sa présence la grandeur de votre misère, votre faiblesse et vanité ; puis, avec le plus grand effort de cœur qu’il vous sera possible, détestez ces amours commencées ; abjurez la vaine profession que vous en avez faite ; renoncez à toutes les promesses reçues, et d’une grande et très absolue volonté, arrêtez en votre cœur et vous résolvez de ne jamais plus rentrer en ces jeux et entretiens d’amour.
E, se já estais presa nas redes desses amores loucos, ó Deus! que dificuldade para vos desprenderdes delas! Ponde-vos diante da sua divina Majestade; reconhecei na sua presença a grandeza da vossa miséria, a vossa fraqueza e vaidade; depois, com o maior esforço de coração que vos for possível, detestai esses amores começados; abjurai a vã profissão que deles fizestes; renunciai a todas as promessas recebidas, e, com uma grande e muito absoluta vontade, determinai no vosso coração e resolvei-vos a nunca mais entrar nesses jogos e conversas de amor.
Si vous vous pouvez éloigner de l’objet, je l’approuverais infiniment, car comme ceux qui ont été mordus des serpents ne peuvent pas aisément guérir en la présence de ceux qui ont été autrefois blessés de la même morsure, aussi la personne qui est piquée d’amour guérira difficilement de cette passion, tandis qu’elle sera proche de l’autre qui aura été atteinte de la même piqûre. Le changement de lieu sert extrêmement pour apaiser les ardeurs et inquiétudes, soit de la douleur, soit de l’amour. Le garçon duquel parle saint Ambroise au livre second de la Pénitence, ayant fait un long voyage, revint entièrement délivré des folles amours qu’il avait exercées, et tellement changé que la sotte amoureuse, le rencontrant et lui disant : « Ne me connais-tu pas ? je suis bien moi-même ». — « Oui da, répondit-il ; mais moi, je ne suis pas moi-même » : l’absence lui avait apporté cette heureuse mutation. Et saint Augustin témoigne que pour alléger la douleur qu’il eut en la mort de son ami, il s’ôta de Tagaste, où icelui était mort, et s’en alla à Carthage.
Se vos puderdes afastar do objeto, eu o aprovaria infinitamente; porque, assim como os que foram mordidos por serpentes não podem sarar facilmente na presença dos que outrora foram feridos pela mesma mordida, assim também a pessoa que está picada de amor dificilmente sarará dessa paixão enquanto estiver perto da outra que tiver sido atingida pela mesma picada. A mudança de lugar serve muitíssimo para acalmar os ardores e inquietações, seja da dor, seja do amor. O rapaz de quem fala santo Ambrósio no livro segundo da Penitência, tendo feito uma longa viagem, voltou inteiramente livre dos amores loucos que tivera, e tão mudado que, encontrando-o a tola enamorada e dizendo-lhe: «Não me conheces? eu sou bem eu mesma» — «Sim, por certo», respondeu ele; «mas eu não sou eu mesmo»: a ausência lhe trouxera essa feliz mudança. E santo Agostinho testemunha que, para aliviar a dor que sentiu com a morte do seu amigo, saiu de Tagaste, onde este morrera, e foi para Cartago.
Mais qui ne peut s’éloigner, que doit-il faire ? Il faut absolument retrancher toute conversation particulière, tout entretien secret, toute douceur des yeux, tout souris, et généralement toutes sortes de communications et amorces qui peuvent nourrir ce feu puant et fumeux ; ou pour le plus, s’il est force de parler au complice, que ce soit pour déclarer, par une hardie, courte et sévère protestation, le divorce éternel que l’on a juré. Je crie tout haut à quiconque est tombé dans ces pièges d’amourettes : « Taillez, tranchez, rompez » ; il ne faut pas s’amuser à découdre ces folles amitiés, il les faut déchirer ; il n’en faut pas dénouer les liaisons, il les faut rompre ou couper ; aussi bien les cordons et les liens n’en valent rien. Il ne faut point ménager pour un amour qui est si contraire à l’amour de Dieu.
Mas quem não pode afastar-se, que deve fazer? É preciso cortar absolutamente toda conversa particular, toda conversa secreta, toda doçura dos olhos, todo sorriso e, em geral, toda espécie de comunicações e de engodos que possam alimentar esse fogo fétido e fumarento; ou, quando muito, se for forçoso falar ao cúmplice, que seja para declarar, por uma protestação ousada, breve e severa, o divórcio eterno que se jurou. Eu grito bem alto a quem quer que tenha caído nessas armadilhas de namoricos: «Talhai, cortai, rompei»; não se deve perder tempo em descoser essas amizades loucas, é preciso rasgá-las; não se lhes devem desatar os nós, é preciso rompê-los ou cortá-los; de resto, os cordões e os laços não valem nada. Não se deve ter contemplações com um amor que é tão contrário ao amor de Deus.
Mais après que j’aurai ainsi rompu les chaînes de cet infâme esclavage, encore m’en restera-t-il quelque ressentiment, et les marques et traces des fers en demeureront encore imprimées en mes pieds, c’est-à-dire en mes affections ? Non feront, Philothée, si vous avez conçu autant de détestation de votre mal comme il mérite ; car si cela est, vous ne serez plus agitée d’aucun mouvement que de celui d’une extrême horreur de cet infâme amour et de tout ce qui en dépend, et demeurerez quitte de toute autre affection envers l’objet abandonné, que de celle d’une très pure charité pour Dieu. Mais si, pour l’imperfection de votre repentir, il vous reste encore quelques mauvaises inclinations, procurez pour votre âme une solitude mentale, selon ce que je vous ai enseigné ci-devant et retirez-vous-y le plus que vous pourrez ; et par mille réitérés élancements d’esprit, renoncez à toutes vos inclinations ; reniez-les de toutes vos forces ; lisez plus que l’ordinaire des saints livres ; confessez-vous plus souvent que de coutume, et vous communiez ; conférez humblement et naïvement de toutes les suggestions et tentations qui vous arriveront pour ce regard avec votre directeur, si vous pouvez, ou au moins avec quelque âme fidèle et prudente ; et ne doutez point que Dieu ne vous affranchisse de toutes passions, pourvu que vous continuiez fidèlement en ces exercices.
Mas, depois que eu tiver assim rompido as cadeias dessa infame escravidão, ainda me restará algum resquício dela, e as marcas e sinais dos ferros ficarão ainda impressos nos meus pés, isto é, nas minhas afeições? Não ficarão, Filoteia, se tiverdes concebido tanta detestação do vosso mal quanto ele merece; porque, se for assim, já não sereis agitada por nenhum movimento senão pelo de um extremo horror a esse infame amor e a tudo o que dele depende, e ficareis livre de toda outra afeição para com o objeto abandonado, exceto a de uma puríssima caridade por Deus. Mas se, pela imperfeição do vosso arrependimento, ainda vos restam algumas más inclinações, procurai para a vossa alma uma solidão mental, conforme o que vos ensinei antes, e retirai-vos nela o mais que puderdes; e, por mil impulsos reiterados do espírito, renunciai a todas as vossas inclinações; renegai-as com todas as vossas forças; lede mais que de ordinário os livros santos; confessai-vos mais vezes que de costume, e comungai; conferi humilde e singelamente todas as sugestões e tentações que vos vierem a este respeito com o vosso diretor, se puderdes, ou ao menos com alguma alma fiel e prudente; e não duvideis de que Deus vos livrará de todas as paixões, contanto que continueis fielmente nesses exercícios.
« Ah ! ce me direz-vous, mais ne sera-ce point une ingratitude, de rompre si impiteusement une amitié ? Oh ! que bienheureuse est l’ingratitude qui nous rend agréables à Dieu ! Non, de par Dieu, Philothée, ce ne sera pas ingratitude, ains un grand bénéfice que vous ferez à l’amant, car en rompant vos liens, vous romprez les siens, puisqu’ils vous étaient communs, et bien que pour l’heure il ne s’aperçoive pas de son bonheur, il le reconnaîtra bientôt après, et avec vous chantera pour action de grâce : « O Seigneur, vous avez rompu mes liens, je vous sacrifierai l’hostie de louange et invoquerai votre saint Nom ».
«Ah! direis vós, mas não será uma ingratidão romper tão impiedosamente uma amizade?» Oh! como é bem-aventurada a ingratidão que nos torna agradáveis a Deus! Não, por Deus, Filoteia, não será ingratidão, mas um grande benefício que fareis ao amante; porque, rompendo os vossos laços, rompereis os dele, visto que vos eram comuns; e, ainda que por ora ele não perceba a sua felicidade, há de reconhecê-la logo depois, e cantará convosco em ação de graças: «Ó Senhor, vós rompestes os meus laços; eu vos sacrificarei a hóstia de louvor e invocarei o vosso santo Nome».
Chapitre XXII — Quelques autres avis sur le sujet des amitiés
Capítulo XXII — Alguns outros avisos sobre o assunto das amizades
III.22 L’amitié requiert une grande communication entre les amants, autrement elle ne peut ni naître ni subsister. C’est pourquoi il arrive souvent qu’avec la communication de l’amitié, plusieurs autres communications passent et se glissent insensiblement de cœur en cœur, par une mutuelle infusion et réciproque écoulement d’affections, d’inclinations et d’impressions. Mais surtout, cela arrive quand nous estimons grandement celui que nous aimons ; car alors nous ouvrons tellement le cœur à son amitié, qu’avec icelle ses inclinations et impressions entrent aisément tout entières, soit qu’elles soient bonnes ou qu’elles soient mauvaises. Certes, les abeilles qui amassent le miel d’Héraclée ne cherchent que le miel, mais avec le miel, elles sucent insensiblement les qualités vénéneuses de l’aconit sur lequel elles font leur cueillette. Or donc, Philothée, il faut bien pratiquer en ce sujet la parole que le Sauveur de nos âmes soulait dire, ainsi que les Anciens nous ont appris : « Soyez bons changeurs et monnayeurs » c’est-à-dire, ne recevez pas la fausse monnaie avec la bonne, ni le bas or avec le fin or ; séparez le précieux d’avec le chétif ; oui, car il n’y a presque celui qui n’ait quelque imperfection. Et quelle raison y a-t-il de recevoir pêle-mêle les tares et imperfections de l’ami avec son amitié ? Il le faut certes aimer nonobstant son imperfection, mais il ne faut ni aimer, ni recevoir son imperfection ; car l’amitié requiert la communication du bien et non pas du mal. Comme donc ceux qui tirent le gravier du Tage en séparent l’or qu’ils y trouvent pour l’emporter, et laissent le sable sur le rivage, de même ceux qui ont la communication de quelque bonne amitié doivent en séparer le sable des imperfections, et ne le point laisser entrer en leur âme. Certes, saint Grégoire Nazianzène témoigne que plusieurs, aimant et admirant saint Basile, s’étaient laissé porter à l’imiter, même en ses imperfections extérieures, « en son parler lentement et avec un esprit abstrait et pensif, en la forme de sa barbe et en sa démarche ». Et nous voyons des maris, des femmes, des enfants, des amis qui ayant en grande estime leurs amis, leurs pères, leurs maris et leurs femmes acquièrent, ou par condescendance ou par imitation, mille mauvaises petites humeurs au commerce de l’amitié qu’ils ont ensemble. Or, cela ne se doit aucunement faire, car chacun a bien assez de ses mauvaises inclinations sans se surcharger de celles des autres ; et non seulement l’amitié ne requiert pas cela, mais au contraire, elle nous oblige à nous entr’aider pour nous affranchir réciproquement de toutes sortes d’imperfections. Il faut sans doute supporter doucement l’ami en ses imperfections, mais non pas le porter en icelles, et beaucoup moins les transporter en nous.
III.22 A amizade requer uma grande comunicação entre os amantes; de outro modo não pode nem nascer nem subsistir. Por isso acontece muitas vezes que, com a comunicação da amizade, muitas outras comunicações passam e deslizam insensivelmente de coração em coração, por uma infusão mútua e um escoamento recíproco de afeições, de inclinações e de impressões. Mas isso acontece sobretudo quando estimamos grandemente aquele a quem amamos; porque então abrimos tanto o coração à sua amizade que, com ela, as suas inclinações e impressões entram facilmente por inteiro, quer sejam boas, quer sejam más. Certamente, as abelhas que juntam o mel de Heracleia não buscam senão o mel, mas com o mel sugam insensivelmente as qualidades venenosas do acônito sobre o qual fazem a sua colheita. Ora, pois, Filoteia, é preciso praticar bem neste assunto a palavra que o Salvador das nossas almas costumava dizer, como os antigos nos ensinaram: «Sede bons cambistas e moedeiros», isto é, não recebais a moeda falsa com a boa, nem o ouro de baixo quilate com o ouro fino; separai o precioso do vil; sim, porque quase não há ninguém que não tenha alguma imperfeição. E que razão há para receber de mistura as taras e imperfeições do amigo com a sua amizade? É preciso, certamente, amá-lo apesar da sua imperfeição, mas não se deve nem amar nem receber a sua imperfeição; porque a amizade requer a comunicação do bem, e não do mal. Assim, pois, como os que tiram o cascalho do Tejo separam dele o ouro que lá encontram, para o levar, e deixam a areia na margem, assim os que têm a comunicação de alguma boa amizade devem separar dela a areia das imperfeições, e não a deixar entrar na sua alma. Certamente, são Gregório Nazianzeno testemunha que muitos, amando e admirando são Basílio, se tinham deixado levar a imitá-lo até nas suas imperfeições exteriores, «no seu falar lento e com um espírito abstrato e pensativo, na forma da sua barba e no seu andar». E vemos maridos, mulheres, filhos, amigos que, tendo em grande estima os seus amigos, os seus pais, os seus maridos e as suas mulheres, adquirem, ou por condescendência ou por imitação, mil pequenos maus humores no trato da amizade que têm entre si. Ora, isso não se deve fazer de modo algum, porque cada um tem bastante das suas más inclinações, sem se sobrecarregar com as dos outros; e não só a amizade não requer isso, mas, ao contrário, nos obriga a ajudar-nos mutuamente para nos livrarmos reciprocamente de toda espécie de imperfeições. É preciso, sem dúvida, suportar com doçura o amigo nas suas imperfeições, mas não o apoiar nelas, e muito menos transportá-las para nós.
Mais je ne parle que des imperfections ; car quant aux péchés il ne faut ni les porter ni les supporter en l’ami. C’est une amitié ou faible ou méchante de voir périr l’ami et ne le point secourir, de le voir mourir d’un apostème et n’oser lui donner le coup du rasoir de la correction pour le sauver. La vraie et vivante amitié ne peut durer entre les péchés. On dit que la salamandre éteint le feu dans lequel elle se couche ; et le péché ruine l’amitié en laquelle il se loge : si c’est un péché passager, l’amitié lui donne soudain la fuite par la correction ; mais s’il séjourne et arrête, tout aussitôt l’amitié périt, car elle ne peut subsister que sur la vraie vertu ; combien moins donc doit-on pécher pour l’amitié ? L’ami est ennemi quand il nous veut conduire au péché, et mérite de perdre l’amitié quand il veut perdre et damner l’ami ; ains c’est l’une des plus assurées marques d’une fausse amitié que de la voir pratiquée envers une personne vicieuse, de quelle sorte de péché que ce soit. Si celui que nous aimons est vicieux, sans doute notre amitié est vicieuse ; car puisqu’elle ne peut regarder la vraie vertu, il est force qu’elle considère quelque vertu folâtre et quelque qualité sensuelle.
Mas não falo senão das imperfeições; porque, quanto aos pecados, não se devem nem apoiar nem suportar no amigo. É uma amizade ou fraca ou perversa ver perecer o amigo e não socorrê-lo, vê-lo morrer de um apostema e não ousar dar-lhe o golpe da navalha da correção para salvá-lo. A verdadeira e viva amizade não pode durar entre os pecados. Diz-se que a salamandra apaga o fogo em que se deita; e o pecado arruína a amizade em que se aloja: se é um pecado passageiro, a amizade logo o põe em fuga pela correção; mas, se ele se demora e se detém, logo a amizade perece, porque não pode subsistir senão sobre a verdadeira virtude; quanto menos, pois, se deve pecar pela amizade? O amigo é inimigo quando nos quer conduzir ao pecado, e merece perder a amizade quando quer perder e condenar o amigo; antes, é uma das marcas mais seguras de uma falsa amizade vê-la praticada para com uma pessoa viciosa, de qualquer espécie de pecado que seja. Se aquele a quem amamos é vicioso, sem dúvida a nossa amizade é viciosa; porque, como ela não pode olhar para a verdadeira virtude, é forçoso que considere alguma virtude leviana e alguma qualidade sensual.
La société faite pour le profit temporel entre les marchands n’a que l’image de la vraie amitié ; car elle se fait non pour l’amour des personnes mais pour l’amour du gain.
A sociedade feita entre os mercadores para o lucro temporal não tem mais que a imagem da verdadeira amizade; porque se faz não por amor das pessoas, mas por amor do ganho.
Enfin, ces deux divines paroles sont deux grandes colonnes pour bien assurer la vie chrétienne. L’une est du Sage : « Qui craint Dieu aura pareillement une bonne amitié » ; l’autre est de saint Jacques : « L’amitié de ce monde est ennemie de Dieu ».
Enfim, estas duas palavras divinas são duas grandes colunas para bem firmar a vida cristã. Uma é do Sábio: «Quem teme a Deus terá igualmente uma boa amizade»; a outra é de são Tiago: «A amizade deste mundo é inimiga de Deus».
Chapitre XXIII — Des exercices de la mortification extérieure
Capítulo XXIII — Dos exercícios da mortificação exterior
III.23 Ceux qui traitent des choses rustiques et champêtres assurent que si on écrit quelque mot sur une amande bien entière et qu’on la remette dans son noyau, le pliant et serrant bien proprement et le plantant ainsi, tout le fruit de l’arbre qui en viendra se trouvera écrit et gravé du même mot. Pour moi, Philothée, je n’ai jamais pu approuver la méthode de ceux qui pour réformer l’homme commencent par l’extérieur, par les contenances, par les habits, par les cheveux.
III.23 Os que tratam das coisas rústicas e campestres asseguram que, se se escreve alguma palavra sobre uma amêndoa bem inteira e se torna a pô-la dentro do seu caroço, fechando-o e apertando-o com muito cuidado, e plantando-o assim, todo o fruto da árvore que dele nascer se achará escrito e gravado com a mesma palavra. Quanto a mim, Filoteia, nunca pude aprovar o método dos que, para reformar o homem, começam pelo exterior, pelos gestos, pelas roupas, pelos cabelos.
Il me semble, au contraire, qu’il faut commencer par l’intérieur : « Convertissez-vous à moi, dit Dieu, de tout votre cœur » ; « Mon enfant, donne-moi ton cœur » ; car aussi, le cœur étant la source des actions, elles sont telles qu’il est. L’Époux divin invitant l’âme : « Mets-moi, dit-il, comme un cachet sur ton cœur, comme un cachet sur ton bras ». Oui vraiment, car quiconque a Jésus-Christ en son cœur, il l’a bientôt après en toutes ses actions extérieures. C’est pourquoi, chère Philothée, j’ai voulu avant toutes choses graver et inscrire sur votre cœur ce mot saint et sacré : Vive Jésus ! assuré que je suis qu’après cela, votre vie, laquelle vient de votre cœur comme un amandier de son noyau, produira toutes ses actions qui sont ses fruits, écrites et gravées du même mot de salut, et que comme ce doux Jésus vivra dedans votre cœur, il vivra aussi en tous vos déportements, et paraîtra en vos yeux, en votre bouche, en vos mains, voire même en vos cheveux ; et pourrez saintement dire, à l’imitation de saint Paul : « Je vis, mais non plus moi, ains Jésus-Christ vit en moi ». Bref, qui a gagné le cœur de l’homme a gagné tout l’homme. Mais ce cœur même par lequel nous voulons commencer, requiert qu’on l’instruise comme il doit former son train et maintien extérieur, afin que non seulement on y voie la sainte dévotion, mais aussi une grande sagesse et discrétion. Pour cela je vous vais brièvement donner plusieurs avis.
Parece-me, ao contrário, que é preciso começar pelo interior: «Convertei-vos a mim, diz Deus, de todo o vosso coração»; «Meu filho, dá-me o teu coração»; porque também, sendo o coração a fonte das ações, elas são tais como ele é. O Esposo divino, convidando a alma: «Põe-me, diz ele, como um selo sobre o teu coração, como um selo sobre o teu braço». Sim, verdadeiramente, porque quem tem Jesus Cristo no seu coração logo depois o tem em todas as suas ações exteriores. Por isso, cara Filoteia, quis antes de tudo gravar e inscrever no vosso coração esta palavra santa e sagrada: Viva Jesus!, certo como estou de que, depois disso, a vossa vida, que vem do vosso coração como uma amendoeira do seu caroço, produzirá todas as suas ações, que são os seus frutos, escritas e gravadas com a mesma palavra de salvação, e de que, assim como este doce Jesus viverá dentro do vosso coração, viverá também em todo o vosso procedimento, e aparecerá nos vossos olhos, na vossa boca, nas vossas mãos, e até nos vossos cabelos; e podereis dizer santamente, à imitação de são Paulo: «Eu vivo, mas já não eu, antes é Jesus Cristo que vive em mim». Em suma, quem ganhou o coração do homem ganhou o homem todo. Mas este mesmo coração, pelo qual queremos começar, requer que se lhe ensine como deve formar o seu porte e compostura exterior, a fim de que nele se veja não somente a santa devoção, mas também uma grande sabedoria e discrição. Para isso vou dar-vos brevemente vários avisos.
Si vous pouvez supporter le jeûne, vous ferez bien de jeûner quelques jours, outre les jeûnes que l’Église nous commande ; car outre l’effet ordinaire du jeûne, d’élever l’esprit, réprimer la chair, pratiquer la vertu et acquérir plus grande récompense au ciel, c’est un grand bien de se maintenir en la possession de gourmander la gourmandise même, et tenir l’appétit sensuel et le corps sujet à la loi de l’esprit ; et bien qu’on ne jeûne pas beaucoup, l’ennemi néanmoins nous craint davantage quand il connaît que nous savons jeûner. Les mercredi, vendredi et samedi sont les jours esquels les anciens chrétiens s’exerçaient le plus à l’abstinence : prenez-en donc de ceux-là pour jeûner, autant que votre dévotion et la discrétion de votre directeur vous le conseilleront.
Se podeis suportar o jejum, fareis bem em jejuar alguns dias, além dos jejuns que a Igreja nos manda; porque, além do efeito ordinário do jejum, de elevar o espírito, reprimir a carne, praticar a virtude e adquirir maior recompensa no céu, é um grande bem conservar-se na posse de refrear a própria gula, e manter o apetite sensual e o corpo sujeitos à lei do espírito; e, ainda que não se jejue muito, o inimigo nos teme mais quando percebe que sabemos jejuar. As quartas, sextas e sábados são os dias em que os antigos cristãos mais se exercitavam na abstinência: tomai, pois, alguns deles para jejuar, tanto quanto a vossa devoção e a discrição do vosso diretor vos aconselharem.
Je dirais volontiers comme saint Jérôme dit à la bonne dame Léta : « Les jeûnes longs et immodérés me déplaisent bien fort, surtout en ceux qui sont en âge encore tendre. J’ai appris par expérience que le petit ânon, étant las en chemin, cherche de s’écarter » ; c’est-à-dire, les jeunes gens portés à des infirmités par l’excès des jeûnes, se convertissent aisément aux délicatesses. Les cerfs courent mal en deux temps : quand ils sont trop chargés de venaison et quand ils sont trop maigres. Nous sommes grandement exposés aux tentations, quand notre corps est trop nourri et quand il est trop abattu ; car l’un le rend insolent en son aise et l’autre le rend désespéré en son mésaise ; et comme nous ne le pouvons porter quand il est trop gras, aussi ne nous peut-il porter quand il est trop maigre. Le défaut de cette modération ès jeûnes, disciplines, haires et âpretés rend inutiles au service de la charité les meilleures années de plusieurs, comme il fit même à saint Bernard qui se repentit d’avoir usé de trop d’austérité ; et d’autant qu’ils l’ont maltraité au commencement, ils sont contraints de le flatter à la fin. N’eussent-ils pas mieux fait de lui faire un traitement égal, et proportionné aux offices et travaux auxquels leurs conditions les obligeaient ?
Eu diria de bom grado, como são Jerônimo disse à boa senhora Leta: «Os jejuns longos e imoderados me desagradam muito, sobretudo nos que estão em idade ainda tenra. Aprendi por experiência que o burrinho, quando está cansado no caminho, procura desviar-se»; isto é, os jovens, levados a enfermidades pelo excesso de jejuns, voltam-se facilmente para as delicadezas. Os cervos correm mal em dois tempos: quando estão carregados demais de gordura e quando estão magros demais. Estamos grandemente expostos às tentações quando o nosso corpo está nutrido demais e quando está abatido demais; porque um estado o torna insolente na sua abastança, e o outro o torna desesperado na sua penúria; e, assim como não o podemos carregar quando está gordo demais, também ele não nos pode carregar quando está magro demais. A falta desta moderação nos jejuns, disciplinas, cilícios e asperezas torna inúteis para o serviço da caridade os melhores anos de muitos, como fez até com são Bernardo, que se arrependeu de ter usado de austeridade demais; e, por o terem maltratado no começo, são obrigados a amimá-lo no fim. Não teriam feito melhor tratando-o de modo igual, e proporcionado aos ofícios e trabalhos a que as suas condições os obrigavam?
Le jeûne et le travail matent et abattent la chair. Si le travail que vous ferez vous est nécessaire, ou fort utile à la gloire de Dieu, j’aime mieux que vous souffriez la peine du travail que celle du jeûne : c’est le sentiment de l’Église, laquelle, pour les travaux utiles au service de Dieu et du prochain, décharge ceux qui les font du jeûne même commandé. L’un a de la peine à jeûner, l’autre en a à servir les malades, visiter les prisonniers, confesser, prêcher, assister les désolés, prier et semblables exercices : cette peine vaut mieux que celle-là ; car outre qu’elle mate également, elle a des fruits beaucoup plus désirables. Et partant, généralement, il est mieux de garder plus de forces corporelles qu’il n’est requis, que d’en ruiner plus qu’il ne faut ; car on peut toujours les abattre quand on veut, mais on ne les peut pas réparer toujours quand on veut.
O jejum e o trabalho domam e abatem a carne. Se o trabalho que fazeis vos é necessário, ou muito útil para a glória de Deus, prefiro que sofrais a fadiga do trabalho à do jejum: é o parecer da Igreja, a qual, pelos trabalhos úteis ao serviço de Deus e do próximo, dispensa do jejum, mesmo do jejum mandado, os que os fazem. Um sente fadiga em jejuar, outro sente-a em servir os doentes, visitar os presos, confessar, pregar, assistir os aflitos, rezar e em exercícios semelhantes: esta fadiga vale mais que aquela; porque, além de domar igualmente, tem frutos muito mais desejáveis. E por isso, em geral, é melhor conservar mais forças corporais do que é preciso do que arruinar mais do que convém; porque sempre se podem abater quando se quer, mas nem sempre se podem reparar quando se quer.
Il me semble que nous devons avoir en grande révérence la parole que notre Sauveur et Rédempteur Jésus-Christ dit à ses disciples : « Mangez ce qui sera mis devant vous ». C’est, comme je crois, une plus grande vertu de manger sans choix ce qu’on vous présente et en même ordre qu’on le vous présente, ou qu’il soit à votre goût ou qu’il ne le soit pas, que de choisir toujours le pire. Car encore que cette dernière façon de vivre semble plus austère, l’autre néanmoins a plus de résignation, car par icelle on ne renonce pas seulement à son goût, mais encore à son choix ; et si, ce n’est pas une petite austérité de tourner son goût à toute main et le tenir sujet aux rencontres, joint que cette sorte de mortification ne paraît point, n’incommode personne, et est uniquement propre pour la vie civile. Reculer une viande pour en prendre une autre, pincer et racler toutes choses, ne trouver jamais rien de bien apprêté ni de bien net, faire des mystères à chaque morceau, cela ressent un cœur mol et attentif aux plats et aux écuelles. J’estime plus que saint Bernard bût de l’huile pour de l’eau ou du vin, que s’il eût bu de l’eau d’absinthe avec attention ; car c’était signe qu’il ne pensait pas à ce qu’il buvait. Et en cette nonchalance de ce qu’on doit manger et qu’on boit, gît la perfection de la pratique de ce mot sacré : « Mangez ce qui vous sera mis devant ». J’excepte néanmoins les viandes qui nuisent à la santé ou qui même incommodent l’esprit, comme font à plusieurs les viandes chaudes et épicées, fumeuses, venteuses ; et certaines occasions esquelles la nature a besoin d’être récréée et aidée, pour pouvoir soutenir quelque travail à la gloire de Dieu. Une continuelle et modérée sobriété est meilleure que les abstinences violentes, faites à diverses reprises et entremêlées de grands relâchements.
Parece-me que devemos ter em grande reverência a palavra que o nosso Salvador e Redentor Jesus Cristo disse aos seus discípulos: «Comei o que for posto diante de vós». É, segundo creio, uma virtude maior comer sem escolha o que vos apresentam, e na mesma ordem em que o apresentam, quer seja do vosso gosto, quer não, do que escolher sempre o pior. Porque, ainda que esta última maneira de viver pareça mais austera, a outra, no entanto, tem mais resignação, pois por ela se renuncia não somente ao próprio gosto, mas também à própria escolha; e, além disso, não é pequena austeridade voltar o gosto para todos os lados e mantê-lo sujeito ao que vier, sem contar que esta espécie de mortificação não aparece, não incomoda ninguém e é singularmente própria para a vida civil. Afastar um prato para tomar outro, beliscar e raspar todas as coisas, nunca achar nada bem preparado nem bem limpo, fazer mistério de cada bocado, isso revela um coração mole e atento aos pratos e às tigelas. Estimo mais que são Bernardo tenha bebido azeite em lugar de água ou de vinho do que se tivesse bebido água de absinto com atenção; porque era sinal de que não pensava no que bebia. E nesta indiferença quanto ao que se deve comer e ao que se bebe está a perfeição da prática desta palavra sagrada: «Comei o que vos for posto à frente». Excetuo, no entanto, as comidas que prejudicam a saúde ou que até incomodam o espírito, como fazem a muitos as comidas quentes e condimentadas, fumosas, ventosas; e certas ocasiões em que a natureza precisa ser recreada e ajudada, para poder sustentar algum trabalho para a glória de Deus. Uma sobriedade contínua e moderada é melhor que as abstinências violentas, feitas em diversas ocasiões e entremeadas de grandes relaxamentos.
La discipline a une merveilleuse vertu pour réveiller l’appétit de la dévotion, étant prise modérément. La haire mate puissamment le corps ; mais son usage n’est pas pour l’ordinaire propre ni aux gens mariés, ni aux délicates complexions, ni à ceux qui ont à supporter d’autres grandes peines. Il est vrai qu’ès jours plus signalés de la pénitence, on la peut employer avec l’avis du discret confesseur.
A disciplina tem uma virtude maravilhosa para despertar o apetite da devoção, quando tomada com moderação. O cilício doma poderosamente o corpo; mas o seu uso não é, de ordinário, próprio nem para as pessoas casadas, nem para as compleições delicadas, nem para os que têm de suportar outras grandes penas. É verdade que, nos dias mais assinalados da penitência, se pode usá-lo com o parecer do confessor discreto.
Il faut prendre de la nuit pour dormir, chacun selon sa complexion, autant qu’il est requis pour bien utilement veiller le jour. Et parce que l’Écriture Sainte, en cent façons, l’exemple des saints et les raisons naturelles nous recommandent grandement les matinées, comme les meilleures et plus fructueuses pièces de nos jours, et que Notre Seigneur même est nommé Soleil levant, et Notre Dame aube du jour, je pense que c’est un soin vertueux de prendre son sommeil devers le soir à bonne heure, pour pouvoir prendre son réveil et faire son lever de bon matin. Certes, ce temps-là est le plus gracieux, le plus doux et le moins embarrassé ; les oiseaux mêmes nous provoquent en icelui au réveil et aux louanges de Dieu : si que le lever matin sert à la santé et à la sainteté.
É preciso tomar da noite para dormir, cada um conforme a sua compleição, quanto for necessário para velar utilmente durante o dia. E porque a Sagrada Escritura, de cem maneiras, o exemplo dos santos e as razões naturais nos recomendam grandemente as manhãs, como as melhores e mais frutuosas partes dos nossos dias, e porque o próprio Nosso Senhor é chamado Sol nascente, e Nossa Senhora alva do dia, penso que é um cuidado virtuoso recolher-se para dormir cedo, ao anoitecer, para poder despertar e levantar-se de manhã cedo. Certamente, essa hora é a mais graciosa, a mais doce e a menos embaraçada; os próprios pássaros nos incitam nela a despertar e a louvar a Deus: de modo que o levantar cedo serve à saúde e à santidade.
Balaam monté sur son ânesse allait trouver Balac ; mais parce qu’il n’avait pas droite intention, l’ange l’attendit en chemin avec une épée en main pour le tuer. L’ânesse, qui voyait l’ange s’arrêta par trois diverses fois, comme rétive ; Balaam cependant la frappait cruellement de son bâton pour la faire avancer, jusques à la troisième fois qu’elle, étant couchée tout à fait sous Balaam, lui parla par un grand miracle, disant : « Que t’ai-je fait ? pourquoi tu m’as battue déjà par trois fois ? » Et tôt après, les yeux de Balaam furent ouverts, et il vit l’ange qui lui dit : « Pourquoi as-tu battu ton ânesse ? si elle ne se fût détournée de devant moi, je t’eusse tué et l’eusse réservée ». Lors Balaam dit à l’ange : « Seigneur, j’ai péché, car je ne savais pas que tu te misses contre moi en la voie ». Voyez-vous, Philothée, Balaam est la cause du mal, et il frappe et bat la pauvre ânesse qui n’en peut mais.
Balaão, montado na sua jumenta, ia ao encontro de Balac; mas, porque não tinha reta intenção, o anjo esperou-o no caminho com uma espada na mão para matá-lo. A jumenta, que via o anjo, parou por três vezes diferentes, como empacada; Balaão, entretanto, batia-lhe cruelmente com o seu bastão para fazê-la avançar, até que, na terceira vez, ela, deitada de todo debaixo de Balaão, lhe falou por um grande milagre, dizendo: «Que te fiz eu? por que me bateste já três vezes?» E logo depois os olhos de Balaão foram abertos, e ele viu o anjo, que lhe disse: «Por que bateste na tua jumenta? se ela não se tivesse desviado de diante de mim, eu te teria matado e a teria poupado». Então Balaão disse ao anjo: «Senhor, pequei, porque não sabia que te punhas contra mim no caminho». Vedes, Filoteia: Balaão é a causa do mal, e bate e espanca a pobre jumenta, que não tem culpa nenhuma.
Il en prend ainsi bien souvent en nos affaires ; car cette femme voit son mari ou son enfant malade, et soudain, elle court au jeûne, à la haire, à la discipline, comme fit David pour un pareil sujet. Hélas ! chère amie, vous battez le pauvre âne, vous affligez votre corps, et il ne peut mais de votre mal, ni de quoi Dieu a son épée dégainée sur vous ; corrigez votre cœur qui est idolâtre de ce mari, et qui permettait mille vices à l’enfant et le destinait à l’orgueil, à la vanité et à l’ambition. Cet homme voit que souvent il tombe lourdement au péché de luxure : le reproche intérieur vient contre sa conscience avec l’épée au poing, pour l’outrepercer d’une sainte crainte ; et soudain son cœur revenant à soi : « Ah ! félonne chair, dit-il ; ah ! corps déloyal, tu m’as trahi » ; et le voilà incontinent à grands coups sur cette chair, à des jeûnes immodérés, à des disciplines démesurées, à des haires insupportables. O pauvre âme, si ta chair pouvait parler comme l’ânesse de Balaam, elle te dirait : « Pourquoi me frappes-tu, misérable ? c’est contre toi, o mon âme, que Dieu arme sa vengeance, c’est toi qui es la criminelle ; pourquoi me conduis-tu aux mauvaises conversations ? pourquoi appliques-tu mes yeux, mes mains, mes lèvres aux lascivetés ? pourquoi me troubles-tu par des mauvaises imaginations ? Fais des bonnes pensées, et je n’aurai pas de mauvais mouvements ; hante les gens pudiques, et je ne serai point agitée de ma concupiscence. Hélas ! c’est toi qui me jettes dans le feu, et tu ne veux pas que je brûle ; tu me jettes la fumée aux yeux, et tu ne veux pas qu’ils s’enflamment ». Et Dieu sans doute vous dit en ces cas-là ; « Battez, rompez, fendez, froissez vos cœurs principalement, car c’est contre eux que mon courroux est animé ». Certes pour guérir la démangeaison, il n’est pas tant besoin de se laver et baigner, comme de purifier le sang et rafraîchir le foie ; ainsi, pour nous guérir de nos vices, il est voirement bon de mortifier la chair, mais il est surtout nécessaire de bien purifier nos affections et rafraîchir nos cœurs. Or, en tout et partout, il ne faut nullement entreprendre des austérités corporelles qu’avec l’avis de notre guide.
Assim acontece muitas vezes nos nossos negócios; porque esta mulher vê o marido ou o filho doente e logo corre ao jejum, ao cilício, à disciplina, como fez Davi por um motivo semelhante. Ai! cara amiga, vós bateis no pobre asno, afligis o vosso corpo, e ele não tem culpa do vosso mal, nem de Deus ter a sua espada desembainhada sobre vós; corrigi o vosso coração, que é idólatra desse marido, e que permitia mil vícios ao filho e o destinava ao orgulho, à vaidade e à ambição. Este homem vê que cai muitas vezes pesadamente no pecado da luxúria: a censura interior vem contra a sua consciência com a espada em punho, para traspassá-la de um santo temor; e logo, voltando a si o seu coração: «Ah! carne traidora, diz ele; ah! corpo desleal, tu me traíste»; e ei-lo imediatamente a grandes golpes sobre essa carne, a jejuns imoderados, a disciplinas desmedidas, a cilícios insuportáveis. Ó pobre alma, se a tua carne pudesse falar como a jumenta de Balaão, ela te diria: «Por que me bates, miserável? é contra ti, ó minha alma, que Deus arma a sua vingança, és tu a criminosa; por que me conduzes às más conversações? por que aplicas os meus olhos, as minhas mãos, os meus lábios às lascívias? por que me perturbas com más imaginações? Tem bons pensamentos, e eu não terei maus movimentos; frequenta as pessoas pudicas, e eu não serei agitada pela minha concupiscência. Ai! és tu que me lanças no fogo, e não queres que eu arda; tu me lanças fumaça nos olhos, e não queres que eles se inflamem». E Deus, sem dúvida, vos diz nesses casos: «Batei, rompei, fendei, despedaçai principalmente os vossos corações, porque é contra eles que a minha ira está acesa». Certamente, para curar a comichão, não é tanto preciso lavar-se e banhar-se quanto purificar o sangue e refrescar o fígado; assim, para nos curarmos dos nossos vícios, é bom, na verdade, mortificar a carne, mas é necessário sobretudo purificar bem as nossas afeições e refrescar os nossos corações. Ora, em tudo e por tudo, não se devem de modo algum empreender austeridades corporais senão com o parecer do nosso guia.
Chapitre XXIV — Des conversations et de la solitude
Capítulo XXIV — Das conversações e da solidão
III.24 Rechercher les conversations et les fuir, ce sont deux extrémités blâmables en la dévotion civile, qui est celle de laquelle je vous parle. La fuite d’icelles tient du dédain et mépris du prochain, et la recherche ressent à l’oisiveté et à l’inutilité. Il faut aimer le prochain comme soi-même : pour montrer qu’on l’aime, il ne faut pas fuir d’être avec lui, et pour témoigner qu’on s’aime soi-même, on doit demeurer en soi-même quand on y est. Or, on y est quand on est seul : « Pense à toi-même, dit saint Bernard, et puis aux autres ». Si donc rien ne vous presse d’aller en conversation ou d’en recevoir chez vous, demeurez en vous-même et vous entretenez avec votre cœur ; mais si la conversation vous arrive, ou quelque juste sujet vous invite à vous y rendre, allez de par Dieu, Philothée, et voyez votre prochain de bon cœur et de bon œil.
III.24 Buscar as conversações e fugir delas são dois extremos censuráveis na devoção civil, que é aquela de que vos falo. Fugir delas tem algo de desdém e desprezo do próximo, e buscá-las cheira a ociosidade e inutilidade. É preciso amar o próximo como a si mesmo: para mostrar que o amamos, não se deve fugir de estar com ele; e, para mostrar que nos amamos a nós mesmos, devemos permanecer em nós mesmos quando estamos em nós. Ora, estamos em nós quando estamos sós: «Pensa em ti mesmo, diz são Bernardo, e depois nos outros». Se, pois, nada vos obriga a sair em conversação ou a recebê-la em vossa casa, ficai em vós mesma e entretende-vos com o vosso coração; mas, se a conversação vos chega, ou algum justo motivo vos convida a ir a ela, ide, em nome de Deus, Filoteia, e vede o vosso próximo de bom coração e com bons olhos.
On appelle mauvaises conversations celles qui se font pour quelque mauvaise intention, ou bien quand ceux qui entreviennent en icelles sont vicieux, indiscrets et dissolus ; et pour celles-là, il s’en faut détourner, comme les abeilles se détournent de l’amas des taons et frelons. Car, comme ceux qui ont été mordus des chiens enragés ont la sueur, l’haleine et la salive dangereuse, et principalement pour les enfants et gens de délicate complexion, ainsi ces vicieux et débordés ne peuvent être fréquentés qu’avec hasard et péril, surtout par ceux qui sont de dévotion encore tendre et délicate.
Chamam-se más conversações as que se fazem com alguma má intenção, ou quando os que delas participam são viciosos, indiscretos e dissolutos; e destas é preciso desviar-se, como as abelhas se desviam do ajuntamento dos moscardos e vespões. Porque, assim como os que foram mordidos por cães raivosos têm o suor, o hálito e a saliva perigosos, principalmente para as crianças e as pessoas de compleição delicada, assim esses viciosos e desregrados não podem ser frequentados senão com risco e perigo, sobretudo pelos que têm uma devoção ainda tenra e delicada.
Il y a des conversations inutiles à toute autre chose qu’à la seule récréation, lesquelles se font par un simple divertissement des occupations sérieuses ; et quant à celles-là, comme il ne faut pas s’y adonner, aussi peut-on leur donner le loisir destiné à la récréation.
Há conversações inúteis para qualquer outra coisa que não a simples recreação, que se fazem como um simples desvio das ocupações sérias; e, quanto a estas, assim como não convém entregar-se a elas, também se lhes pode dar o vagar destinado à recreação.
Les autres conversations ont pour leur fin l’honnêteté, comme sont les visites mutuelles et certaines assemblées qui se font pour honorer le prochain : et quant à celles-là, comme il ne faut pas être superstitieuse à les pratiquer, aussi ne faut-il pas être du tout incivile à les mépriser, mais satisfaire avec modestie au devoir que l’on y a, afin d’éviter également la rusticité et la légèreté.
As outras conversações têm por fim a cortesia, como são as visitas mútuas e certas reuniões que se fazem para honrar o próximo: e, quanto a estas, assim como não se deve ser supersticiosa em praticá-las, também não se deve ser de todo descortês em desprezá-las, mas cumprir com modéstia o dever que nelas se tem, a fim de evitar igualmente a rusticidade e a leviandade.
Restent les conversations utiles, comme sont celles des personnes dévotes et vertueuses ; o Philothée, ce vous sera toujours un grand bien d’en rencontrer souvent de telles. La vigne plantée parmi les oliviers porte des raisins onctueux et qui ont le goût des olives : une âme qui se trouve souvent parmi les gens de vertu ne peut qu’elle ne participe à leurs qualités. Les bourdons seuls ne peuvent point faire du miel, mais avec les abeilles ils s’aident à le faire : c’est un grand avantage pour nous bien exercer à la dévotion, de converser avec les âmes dévotes.
Restam as conversações úteis, como são as das pessoas devotas e virtuosas; ó Filoteia, será sempre um grande bem para vós encontrar muitas vezes conversações assim. A vinha plantada entre as oliveiras dá uvas oleosas e que têm o gosto das azeitonas: uma alma que se acha muitas vezes no meio das pessoas virtuosas não pode deixar de participar das suas qualidades. Os zangões sozinhos não podem fazer mel, mas com as abelhas ajudam a fazê-lo: é uma grande vantagem, para nos exercitarmos bem na devoção, conversar com as almas devotas.
En toutes conversations, la naïveté, simplicité, douceur et modestie sont toujours préférées. Il y a des gens qui ne font nulle sorte de contenance ni de mouvement qu’avec tant d’artifice que chacun en est ennuyé ; et comme celui qui ne voudrait jamais se pourmener qu’en comptant ses pas, ni parler qu’en chantant, serait fâcheux au reste des hommes, ainsi ceux qui tiennent un maintien artificieux et qui ne font rien qu’à cadence, importunent extrêmement la conversation, et en cette sorte de gens il y a toujours quelque espèce de présomption. Il faut pour l’ordinaire qu’une joie modérée prédomine en notre conversation. Saint Romuald et saint Antoine sont extrêmement loués de quoi, nonobstant toutes les austérités, ils avaient la face et les paroles ornées de joie, gaîté et civilité. Réjouissez-vous avec les joyeux ; je vous dis encore une fois avec l’Apôtre « Soyez toujours joyeuse, mais en Notre Seigneur, et que votre modestie paraisse à tous les hommes ». Pour vous réjouir en Notre Seigneur, il faut que le sujet de votre joie soit non seulement loisible, mais honnête : ce que je dis, parce qu’il y a des choses loisibles, qui pourtant ne sont pas honnêtes ; et afin que votre modestie paraisse, gardez-vous des insolences lesquelles sans doute sont toujours répréhensibles : faire tomber l’un, noircir l’autre, piquer le tiers, faire du mal à un fol, ce sont des risées et joies sottes et insolentes.
Em todas as conversações, a naturalidade, a simplicidade, a doçura e a modéstia são sempre preferidas. Há pessoas que não fazem nenhuma espécie de gesto nem de movimento senão com tanto artifício que todos se aborrecem; e, assim como quem não quisesse nunca passear senão contando os passos, nem falar senão cantando, seria enfadonho ao resto dos homens, assim os que têm uma compostura artificiosa e não fazem nada senão a compasso importunam extremamente a conversação, e nessa espécie de gente há sempre alguma espécie de presunção. É preciso, de ordinário, que uma alegria moderada predomine na nossa conversação. São Romualdo e santo Antão são extremamente louvados porque, apesar de todas as austeridades, tinham o rosto e as palavras ornados de alegria, jovialidade e cortesia. Alegrai-vos com os que se alegram; digo-vos mais uma vez com o Apóstolo: «Sede sempre alegre, mas em Nosso Senhor, e que a vossa modéstia apareça a todos os homens». Para vos alegrardes em Nosso Senhor, é preciso que o motivo da vossa alegria seja não somente lícito, mas honesto: digo isto porque há coisas lícitas que, contudo, não são honestas; e, para que a vossa modéstia apareça, guardai-vos das insolências, que sem dúvida são sempre repreensíveis: fazer cair um, enfarruscar outro, picar um terceiro, fazer mal a um doido, são risos e alegrias tolos e insolentes.
Mais toujours, outre la solitude mentale à laquelle vous vous pouvez retirer emmi les plus grandes conversations, ainsi que j’ai dit ci-dessus, vous devez aimer la solitude locale et réelle, non pas pour aller ès déserts, comme sainte Marie Égyptienne, saint Paul, saint Antoine, Arsénius et les autres pères solitaires, mais pour être quelque peu en votre chambre, en votre jardin et ailleurs, où plus à souhait vous puissiez retirer votre esprit en votre cœur, et récréer votre âme par des bonnes cogitations et saintes pensées, ou par un peu de bonne lecture, à l’exemple de ce grand évêque Nazianzène qui, parlant de soi-même : « Je me pourmenais, dit-il, moi-même avec moi-même sur le soleil couchant, et passais le temps sur le rivage de la mer ; car j’ai accoutumé d’user de cette récréation pour me relâcher et secouer un peu des ennuis ordinaires » ; et là-dessus il discourt de la bonne pensée qu’il fit, que je vous ai récitée ailleurs. Et à l’exemple encore de saint Ambroise, duquel parlant saint Augustin, il dit que souvent, étant entré en sa chambre (car on ne refusait l’entrée à personne), il le regardait lire ; et après avoir attendu quelque temps, de peur de l’incommoder, il s’en retournait sans mot dire, pensant que ce peu de temps qui restait à ce grand pasteur pour revigorer et récréer son esprit, après le tracas de tant d’affaires, ne lui devait pas être ôté. Aussi, après que les Apôtres eurent un jour raconté à Notre Seigneur comme ils avaient prêché et beaucoup fait : « Venez, leur dit-il, en la solitude, et vous y reposez un peu ».
Mas sempre, além da solidão mental, na qual vos podeis retirar no meio das maiores conversações, como eu disse acima, deveis amar a solidão local e real, não para ir aos desertos, como santa Maria Egipcíaca, são Paulo, santo Antão, Arsênio e os outros padres solitários, mas para estar um pouco no vosso quarto, no vosso jardim e em outros lugares, onde mais à vontade possais recolher o vosso espírito no vosso coração e recrear a vossa alma com boas cogitações e santos pensamentos, ou com um pouco de boa leitura, a exemplo daquele grande bispo Nazianzeno, que, falando de si mesmo: «Eu passeava, diz ele, eu mesmo comigo mesmo, ao pôr do sol, e passava o tempo à beira-mar; porque costumo usar desta recreação para me desafogar e sacudir um pouco os aborrecimentos ordinários»; e a esse propósito discorre sobre o bom pensamento que teve, e que vos referi em outro lugar. E a exemplo também de santo Ambrósio, de quem santo Agostinho diz que muitas vezes, tendo entrado no seu quarto (porque não se recusava a entrada a ninguém), ficava a vê-lo ler; e, depois de esperar algum tempo, com medo de incomodá-lo, voltava sem dizer palavra, pensando que esse pouco tempo que restava àquele grande pastor para revigorar e recrear o espírito, depois da lida de tantos negócios, não lhe devia ser tirado. Também, depois que os Apóstolos contaram um dia a Nosso Senhor como tinham pregado e feito muito: «Vinde, disse-lhes ele, para a solidão, e descansai ali um pouco».
Chapitre XXV — De la bienséance des habits
Capítulo XXV — Do decoro das vestes
III.25 Saint Paul veut que les femmes dévotes (il en faut autant dire des hommes) soient revêtues d’habits bienséants, se parant avec pudicité et sobriété. Or, la bienséance des habits et autres ornements dépend de la matière, de la forme et de la netteté. Quant à la netteté, elle doit presque toujours être égale en nos habits, sur lesquels, tant qu’il est possible, nous ne devons laisser aucune sorte de souillure et vilenie. La netteté extérieure représente en quelque façon l’honnêteté intérieure. Dieu même requiert l’honnêteté corporelle en ceux qui s’approchent de ses autels et qui ont la charge principale de la dévotion.
III.25 São Paulo quer que as mulheres devotas (e o mesmo se deve dizer dos homens) andem vestidas de vestes decorosas, enfeitando-se com pudor e sobriedade. Ora, o decoro das vestes e dos outros adornos depende da matéria, da forma e do asseio. Quanto ao asseio, ele deve ser quase sempre igual nas nossas vestes, nas quais, tanto quanto possível, não devemos deixar nenhuma espécie de mancha e de imundície. O asseio exterior representa de algum modo a honestidade interior. O próprio Deus requer a honestidade corporal nos que se aproximam dos seus altares e têm o encargo principal da devoção.
Quant à la matière et à la forme des habits, la bienséance se considère par plusieurs circonstances du temps, de l’âge, des qualités, des compagnies, des occasions. On se pare ordinairement mieux ès jours de fête, selon la grandeur du jour qui se célèbre ; en temps de pénitence, comme en carême, on se démet bien fort ; aux noces on porte les robes nuptiales, et aux assemblées funèbres, les robes de deuil ; auprès des princes on rehausse l’état, lequel on doit abaisser entre les domestiques. La femme mariée se peut et doit orner auprès de son mari, quand il le désire ; si elle en fait de même en étant éloignée, on demandera quels yeux elle veut favoriser avec ce soin particulier. On permet plus d’affiquets aux filles, parce qu’elles peuvent loisiblement désirer d’agréer à plusieurs, quoique ce ne soit qu’afin d’en gagner un par un saint mariage. On ne trouve pas non plus mauvais que les veuves à marier se parent aucunement, pourvu qu’elles ne fassent point paraître de folâtrerie, d’autant qu’ayant déjà été mères de famille, et passé par les regrets du veuvage, on tient leur esprit pour mûr et attrempé. Mais quant aux vraies veuves, qui le sont non seulement de corps mais aussi de cœur, nul ornement ne leur est convenable, sinon l’humilité, la modestie et la dévotion ; car si elles veulent donner de l’amour aux hommes, elles ne sont pas vraies veuves, et si elles n’en veulent pas donner, pourquoi en portent-elles les outils ? Qui ne veut recevoir les hôtes, il faut qu’il ôte l’enseigne de son logis. On se moque toujours des vieilles gens, quand ils veulent faire les jolis : c’est une folie qui n’est supportable qu’à la jeunesse.
Quanto à matéria e à forma das vestes, o decoro se considera por várias circunstâncias do tempo, da idade, das qualidades, das companhias, das ocasiões. De ordinário as pessoas se enfeitam mais nos dias de festa, conforme a grandeza do dia que se celebra; em tempo de penitência, como na quaresma, renuncia-se muito aos adornos; nas bodas usam-se as vestes nupciais, e nas reuniões fúnebres, as vestes de luto; junto dos príncipes eleva-se o aparato, que se deve abaixar entre os de casa. A mulher casada pode e deve enfeitar-se junto do marido, quando ele o deseja; se ela fizer o mesmo estando longe dele, perguntarão que olhos ela quer favorecer com esse cuidado particular. Permitem-se mais enfeites às moças, porque elas podem licitamente desejar agradar a muitos, ainda que seja só para ganhar um por um santo casamento. Também não se acha mal que as viúvas casadouras se enfeitem um pouco, contanto que não deixem aparecer leviandade, visto que, tendo já sido mães de família e passado pelas tristezas da viuvez, se tem o seu espírito por maduro e temperado. Mas, quanto às verdadeiras viúvas, que o são não somente de corpo, mas também de coração, nenhum adorno lhes convém, senão a humildade, a modéstia e a devoção; porque, se querem inspirar amor aos homens, não são verdadeiras viúvas, e, se não o querem inspirar, por que levam os seus instrumentos? Quem não quer receber hóspedes deve tirar a tabuleta da sua hospedaria. Sempre se zomba dos velhos quando querem fazer-se de galantes: é uma loucura que só é suportável na juventude.
Soyez propre, Philothée ; qu’il n’y ait rien sur vous de traînant et mal agencé : c’est un mépris de ceux avec lesquels on converse, d’aller entre eux en habit désagréable ; mais gardez-vous bien des afféteries, vanités, curiosités et folâtreries. Tenez-vous toujours tant qu’il vous sera possible, du côté de la simplicité et modestie, qui est sans doute le plus grand ornement de la beauté et la meilleure excuse pour la laideur. Saint Pierre avertit principalement les jeunes femmes de ne porter point leurs cheveux tant crêpés, frisés, annelés et serpentés. Les hommes qui sont si lâches que de s’amuser à ces muguetteries sont partout décriés comme hermaphrodites, et les femmes vaines sont tenues pour imbéciles en chasteté ; au moins si elles en ont, elle n’est pas visible parmi tant de fatras et bagatelles. On dit qu’on n’y pense pas mal, mais je réplique, comme j’ai fait ailleurs, que le diable en y pense toujours. Pour moi, je voudrais que mon dévot et ma dévote fussent toujours les mieux habillés de la troupe, mais les moins pompeux et affétés, et, comme il est dit au proverbe, qu’ils fussent parés de grâce, bienséance et dignité. Saint Louis dit en un mot, que l’on se doit vêtir selon son état, en sorte que les sages et bons ne puissent dire : « Vous en faites trop », ni les jeunes gens : « Vous en faites trop peu ». Mais en cas que les jeunes ne se veuillent pas contenter de la bienséance, il se faut arrêter à l’avis des sages.
Sede asseada, Filoteia; que não haja em vós nada de desalinhado e mal-arranjado: é um desprezo daqueles com quem se trata andar entre eles com uma veste desagradável; mas guardai-vos bem das afetações, vaidades, requintes e leviandades. Mantende-vos sempre, tanto quanto vos for possível, do lado da simplicidade e da modéstia, que é sem dúvida o maior ornamento da beleza e a melhor desculpa da fealdade. São Pedro adverte principalmente as mulheres jovens a não trazerem os cabelos tão encrespados, frisados, anelados e serpenteados. Os homens que são tão frouxos que se entretêm com essas faceirices são em toda parte desacreditados como hermafroditas, e as mulheres vaidosas são tidas por fracas em castidade; pelo menos, se a têm, ela não se vê no meio de tantas quinquilharias e bagatelas. Dizem que não pensam mal nisso, mas eu replico, como fiz em outro lugar, que o diabo sempre pensa. Quanto a mim, eu quisera que o meu devoto e a minha devota fossem sempre os mais bem vestidos da companhia, mas os menos pomposos e afetados, e, como se diz no provérbio, que estivessem enfeitados de graça, decoro e dignidade. São Luís diz numa palavra que cada um se deve vestir conforme o seu estado, de modo que os sábios e bons não possam dizer: «Fazeis demais», nem os jovens: «Fazeis de menos». Mas, no caso de os jovens não se quererem contentar com o decoro, é preciso ater-se ao parecer dos sábios.
Chapitre XXVI — Du parler, et premièrement comme il faut parler de Dieu
Capítulo XXVI — Do falar, e primeiramente como se deve falar de Deus
III.26 Les médecins prennent une grande connaissance de la santé ou maladie d’un homme par l’inspection de sa langue ; et nos paroles sont les vrais indices des qualités de nos âmes : « Par tes paroles, dit le Sauveur, tu seras justifié, et par tes paroles tu seras condamné ». Nous portons soudain la main sur la douleur que nous sentons, et la langue sur l’amour que nous avons.
III.26 Os médicos tomam um grande conhecimento da saúde ou da doença de um homem pela inspeção da sua língua; e as nossas palavras são os verdadeiros indícios das qualidades das nossas almas: «Pelas tuas palavras, diz o Salvador, serás justificado, e pelas tuas palavras serás condenado». Levamos logo a mão à dor que sentimos, e a língua ao amor que temos.
Si donc vous êtes bien amoureuse de Dieu, Philothée, vous parlerez souvent de Dieu, ès devis familiers que vous ferez avec vos domestiques, amis et voisins : oui, car « la bouche du juste méditera la sapience, et sa langue parlera du jugement ». Et comme les abeilles ne démêlent autre chose que le miel avec leur petite bouchette, ainsi votre langue sera toujours emmiellée de son Dieu, et n’aura point de plus grande suavité que de sentir couler entre vos lèvres des louanges et bénédictions de son nom, ainsi qu’on dit de saint François, qui prononçant le saint nom du Seigneur, suçait et léchait ses lèvres, comme pour en tirer la plus grande douceur du monde.
Se, pois, sois bem enamorada de Deus, Filoteia, falareis muitas vezes de Deus nas conversas familiares que tiverdes com os vossos domésticos, amigos e vizinhos: sim, porque «a boca do justo meditará a sabedoria, e a sua língua falará do juízo». E, assim como as abelhas não tiram outra coisa senão o mel com a sua pequena boquinha, assim a vossa língua estará sempre melada do seu Deus, e não terá maior suavidade do que sentir correr entre os vossos lábios os louvores e bênçãos do seu nome, como se diz de são Francisco, que, ao pronunciar o santo nome do Senhor, sugava e lambia os lábios, como para tirar deles a maior doçura do mundo.
Mais parlez toujours de Dieu comme de Dieu, c’est-à-dire révéremment et dévotement, non point faisant la suffisante ni la prêcheuse, mais avec l’esprit de douceur, de charité et d’humilité, distillant autant que vous savez (comme il est dit de l’Épouse au Cantique des Cantiques) le miel délicieux de la dévotion et des choses divines, goutte à goutte, tantôt dedans l’oreille de l’un, tantôt dedans l’oreille de l’autre, priant Dieu au secret de votre âme qu’il lui plaise de faire passer cette sainte rosée jusque dans le cœur de ceux qui vous écoutent.
Mas falai sempre de Deus como de Deus, isto é, reverente e devotamente, não vos dando ares de entendida nem de pregadora, mas com o espírito de doçura, de caridade e de humildade, destilando, tanto quanto sabeis (como se diz da Esposa no Cântico dos Cânticos), o mel delicioso da devoção e das coisas divinas, gota a gota, ora no ouvido de um, ora no ouvido de outro, pedindo a Deus, no segredo da vossa alma, que lhe agrade fazer passar este santo orvalho até o coração dos que vos escutam.
Surtout il faut faire cet office angélique doucement et souèvement, non point par manière de correction, mais par manière d’inspiration, car c’est merveille combien la suavité et amiable proposition de quelque bonne chose est une puissante amorce pour attirer les cœurs.
Sobretudo é preciso fazer este ofício angélico com doçura e suavidade, não à maneira de correção, mas à maneira de inspiração; porque é maravilha quanto a suavidade e a amável proposição de alguma coisa boa é uma poderosa isca para atrair os corações.
Ne parlez donc jamais de Dieu ni de la dévotion par manière d’acquit et d’entretien, mais toujours avec attention et dévotion : ce que je dis pour vous ôter une remarquable vanité, qui se trouve en plusieurs qui font profession de dévotion, lesquels à tous propos disent des paroles saintes et ferventes par manière d’entregent et sans y penser nullement, et après les avoir dites, il leur est avis qu’ils sont tels que les paroles témoignent ce qui n’est pas.
Nunca faleis, pois, de Deus nem da devoção por desencargo e para entreter a conversa, mas sempre com atenção e devoção: digo isto para vos tirar uma notável vaidade que se encontra em muitos que fazem profissão de devoção, os quais a todo propósito dizem palavras santas e fervorosas por mera conveniência e sem pensar nelas de modo algum; e, depois de as terem dito, parece-lhes que são tais como as palavras testemunham, o que não é verdade.
Chapitre XXVII — De l’honnêteté des paroles et du respect que l’on doit aux personnes
Capítulo XXVII — Da honestidade das palavras e do respeito que se deve às pessoas
III.27 « Si quelqu’un ne pèche point en parole, dit saint Jacques, il est homme » parfait. Gardez-vous soigneusement de lâcher aucune parole déshonnête ; car encore que vous ne les disiez pas avec mauvaise intention, si est-ce que ceux qui les oient, les peuvent recevoir d’une autre sorte. La parole déshonnête tombant dans un cœur faible, s’étend et se dilate comme une goutte d’huile sur le drap ; et quelquefois elle saisit tellement le cœur, qu’elle le remplit de mille pensées et tentations lubriques. Car, comme le poison du corps entre par la bouche, aussi celui du cœur entre par l’oreille, et la langue qui le produit est meurtrière, d’autant qu’encore qu’à l’aventure le venin qu’elle a jeté n’ait pas fait son effet, pour avoir trouvé les cœurs des auditeurs munis de quelque contrepoison, si est-ce qu’il n’a pas tenu à sa malice qu’elle ne les ait fait mourir. Et que personne ne me dise qu’il n’y pense pas, car Notre Seigneur qui connaît les pensées a dit que « la bouche parle de l’abondance du cœur » ; et si nous n’y pensions pas mal, le malin néanmoins en pense beaucoup, et se sert toujours secrètement de ces mauvais mots, pour en transpercer le cœur de quelqu’un. On dit que ceux qui ont mangé de l’herbe qu’on appelle angélique ont toujours l’haleine douce et agréable ; et ceux qui ont au cœur l’honnêteté et chasteté, qui est la vertu angélique, ont toujours leurs paroles nettes, civiles et pudiques. Quant aux choses indécentes et folles, l’Apôtre ne veut pas que seulement on les nomme, nous assurant que rien ne corrompt tant les bonnes mœurs que les mauvais devis.
III.27 «Se alguém não peca em palavras, diz são Tiago, é um homem perfeito». Guardai-vos cuidadosamente de soltar qualquer palavra desonesta; porque, ainda que não as digais com má intenção, os que as ouvem podem, contudo, recebê-las de outro modo. A palavra desonesta, caindo num coração fraco, estende-se e dilata-se como uma gota de óleo sobre o pano; e às vezes toma tanto conta do coração que o enche de mil pensamentos e tentações lúbricas. Porque, assim como o veneno do corpo entra pela boca, assim também o do coração entra pelo ouvido, e a língua que o produz é assassina, visto que, ainda que por acaso o veneno que lançou não tenha produzido o seu efeito, por ter encontrado os corações dos ouvintes munidos de algum antídoto, não foi por falta de malícia dela que não os fez morrer. E que ninguém me diga que não pensa nisso, porque Nosso Senhor, que conhece os pensamentos, disse que «a boca fala da abundância do coração»; e, ainda que nós não pensássemos mal nisso, o maligno, no entanto, pensa muito, e serve-se sempre secretamente dessas más palavras para transpassar com elas o coração de alguém. Diz-se que os que comeram da erva que se chama angélica têm sempre o hálito doce e agradável; e os que têm no coração a honestidade e a castidade, que é a virtude angélica, têm sempre as palavras limpas, corteses e pudicas. Quanto às coisas indecentes e loucas, o Apóstolo não quer que sequer se nomeiem, assegurando-nos que nada corrompe tanto os bons costumes como as más conversas.
Si ces paroles déshonnêtes sont dites à couvert, avec afféterie et subtilité, elles sont infiniment plus vénéneuses ; car, comme plus un dard est pointu, plus il entre aisément en nos corps, ainsi plus un mauvais mot est aigu, plus il pénètre en nos cœurs. Et ceux qui pensent être galants hommes à dire de telles paroles en conversation, ne savent pas pourquoi les conversations sont faites ; car elles doivent être comme essaims d’abeilles assemblées pour faire le miel de quelque doux et vertueux entretien, et non pas comme un tas de guêpes qui se joignent pour sucer quelque pourriture. Si quelque sot vous dit des paroles messéantes, témoignez que vos oreilles en sont offensées, ou vous détournant ailleurs ou par quelque autre moyen, selon que votre prudence vous enseignera.
Se essas palavras desonestas são ditas veladamente, com afetação e sutileza, são infinitamente mais venenosas; porque, assim como quanto mais pontiagudo é um dardo, mais facilmente entra nos nossos corpos, assim quanto mais aguda é uma palavra má, mais penetra nos nossos corações. E os que pensam ser homens galantes por dizerem tais palavras na conversação não sabem para que são feitas as conversações; porque elas devem ser como enxames de abelhas reunidas para fazer o mel de alguma doce e virtuosa conversa, e não como um bando de vespas que se juntam para sugar alguma podridão. Se algum tolo vos disser palavras inconvenientes, mostrai que os vossos ouvidos ficam ofendidos, ou voltando-vos para outro lado, ou por algum outro meio, conforme a vossa prudência vos ensinar.
C’est une des plus mauvaises conditions qu’un esprit peut avoir, que d’être moqueur : Dieu hait extrêmement ce vice et en a fait jadis des étranges punitions. Rien n’est si contraire à la charité, et beaucoup plus à la dévotion, que le mépris et contemnement du prochain. Or, la dérision et moquerie ne se fait jamais sans ce mépris ; c’est pourquoi elle est un fort grand péché, en sorte que les docteurs ont raison de dire que la moquerie est la plus mauvaise sorte d’offense que l’on puisse faire au prochain par les paroles, parce que les autres offenses se font avec quelque estime de celui qui est offensé, et celle-ci se fait avec mépris et contemnement.
Uma das piores condições que um espírito pode ter é ser zombeteiro: Deus odeia extremamente este vício, e outrora o castigou de maneiras estranhas. Nada é tão contrário à caridade, e muito mais à devoção, como o desprezo e o menosprezo do próximo. Ora, o escárnio e a zombaria nunca se fazem sem esse desprezo; por isso ela é um pecado muito grave, de sorte que os doutores têm razão em dizer que a zombaria é a pior espécie de ofensa que se pode fazer ao próximo por palavras, porque as outras ofensas se fazem com alguma estima daquele que é ofendido, e esta se faz com desprezo e menosprezo.
Mais quant aux jeux de paroles qui se font des uns aux autres avec une modeste gaîté et joyeuseté, ils appartiennent à la vertu nommée eutrapélie par les Grecs, que nous pouvons appeler bonne conversation ; et par iceux on prend une honnête et amiable récréation sur les occasions frivoles que les imperfections humaines fournissent. Il se faut garder seulement de passer de cette honnête joyeuseté à la moquerie. Or, la moquerie provoque à rire par mépris et contemnement du prochain ; mais la gaîté et gausserie provoque à rire par une simple liberté, confiance et familière franchise, conjointe à la gentillesse de quelque mot. Saint Louis, quand les religieux voulaient lui parler des choses relevées après dîner : « Il n’est pas temps d’alléguer, disait-il, mais de se récréer par quelque joyeuseté et quolibets : que chacun dise ce qu’il voudra honnêtement » ; ce qu’il disait, favorisant la noblesse qui était autour de lui pour recevoir des caresses de sa majesté. Mais, Philothée, passons tellement le temps par récréation que nous conservions la sainte éternité par dévotion.
Mas, quanto aos jogos de palavras que se fazem uns aos outros com uma modesta jovialidade e alegria, eles pertencem à virtude chamada pelos gregos eutrapelia, que podemos chamar boa conversação; e por eles se toma uma honesta e amável recreação sobre as ocasiões frívolas que as imperfeições humanas fornecem. É preciso somente guardar-se de passar desta honesta alegria à zombaria. Ora, a zombaria provoca o riso por desprezo e menosprezo do próximo; mas a jovialidade e o gracejo provocam o riso por uma simples liberdade, confiança e franqueza familiar, unida à graça de alguma palavra. São Luís, quando os religiosos lhe queriam falar de coisas elevadas depois do almoço: «Não é tempo de citar autoridades, dizia ele, mas de nos recrearmos com algum gracejo e alguns ditos chistosos: que cada um diga o que quiser, honestamente»; e dizia isso para favorecer a nobreza que estava à sua volta para receber os agrados de sua majestade. Mas, Filoteia, passemos o tempo em recreação de tal modo que conservemos a santa eternidade pela devoção.
Chapitre XXVIII — Des jugements téméraires
Capítulo XXVIII — Dos juízos temerários
III.28 « Ne jugez point et vous ne serez point jugés, dit le Sauveur de nos âmes ; ne condamnez point et vous ne serez point condamnés ». Non, dit le saint Apôtre, « ne jugez pas avant le temps, jusques à ce que le Seigneur vienne, qui révélera le secret des ténèbres et manifestera les conseils des cœurs ». Oh ! que les jugements téméraires sont désagréables à Dieu ! Les jugements des enfants des hommes sont téméraires, parce qu’ils ne sont pas juges les uns des autres, et jugeant ils usurpent l’office de Notre-Seigneur ; ils sont téméraires, parce que la principale malice du péché dépend de l’intention et conseil du cœur, qui est le secret des ténèbres pour nous ; ils sont téméraires, parce qu’un chacun a assez à faire à se juger soi-même, sans entreprendre de juger son prochain. C’est chose également nécessaire pour n’être point jugés, de ne point juger les autres et de se juger soi-même ; car, comme Notre-Seigneur nous défend l’un, l’Apôtre nous ordonne l’autre, disant : « Si nous nous jugions nous-mêmes, nous ne serions point jugés ». Mais, O Dieu, nous faisons tout au contraire ; car ce qui nous est défendu, nous ne cessons de le faire, jugeant à tout propos le prochain ; et ce qui nous est commandé, qui est de nous juger nous-mêmes, nous ne le faisons jamais.
III.28 «Não julgueis e não sereis julgados, diz o Salvador das nossas almas; não condeneis e não sereis condenados». Não, diz o santo Apóstolo, «não julgueis antes do tempo, até que venha o Senhor, que revelará o segredo das trevas e manifestará os desígnios dos corações». Oh! como os juízos temerários desagradam a Deus! Os juízos dos filhos dos homens são temerários, porque eles não são juízes uns dos outros e, julgando, usurpam o ofício de Nosso Senhor; são temerários, porque a principal malícia do pecado depende da intenção e do desígnio do coração, que é para nós o segredo das trevas; são temerários, porque cada um tem bastante que fazer em julgar-se a si mesmo, sem se meter a julgar o seu próximo. Para não sermos julgados, é igualmente necessário não julgar os outros e julgar-nos a nós mesmos; porque, assim como Nosso Senhor nos proíbe uma coisa, o Apóstolo nos ordena a outra, dizendo: «Se nos julgássemos a nós mesmos, não seríamos julgados». Mas, ó Deus, fazemos tudo ao contrário; porque o que nos é proibido não cessamos de fazê-lo, julgando a todo propósito o próximo; e o que nos é mandado, que é julgar-nos a nós mesmos, nunca o fazemos.
Selon les causes des jugements téméraires, il y faut remédier. Il y a des cœurs aigres, amers et âpres de leur nature, qui rendent pareillement aigre et amer tout ce qu’ils reçoivent, et convertissent, comme dit le Prophète, le jugement en absinthe, ne jugeant jamais du prochain qu’avec toute rigueur et âpreté : ceux-ci ont grandement besoin de tomber entre les mains d’un bon médecin spirituel, car cette amertume de cœur leur étant naturelle, elle est malaisée à vaincre ; et bien qu’en soi elle ne soit pas péché, ains seulement une imperfection, elle est néanmoins dangereuse, parce qu’elle introduit et fait régner en l’âme le jugement téméraire et la médisance. Aucuns jugent témérairement non point par aigreur mais par orgueil, leur étant avis qu’à mesure qu’ils dépriment l’honneur d’autrui, ils relèvent le leur propre : esprits arrogants et présomptueux, qui s’admirent eux-mêmes et se colloquent si haut en leur propre estime, qu’ils voient tout le reste comme chose petite et basse : « Je ne suis pas comme le reste des hommes », disait ce sot Pharisien.
Conforme as causas dos juízos temerários, é preciso remediá-los. Há corações azedos, amargos e ásperos por natureza, que tornam igualmente azedo e amargo tudo o que recebem e convertem, como diz o Profeta, o juízo em absinto, nunca julgando o próximo senão com todo o rigor e aspereza: estes têm grande necessidade de cair nas mãos de um bom médico espiritual, porque, sendo-lhes natural essa amargura de coração, é difícil vencê-la; e, embora em si não seja pecado, mas somente uma imperfeição, é contudo perigosa, porque introduz e faz reinar na alma o juízo temerário e a maledicência. Alguns julgam temerariamente, não por azedume, mas por orgulho, parecendo-lhes que, à medida que rebaixam a honra alheia, levantam a sua própria: espíritos arrogantes e presunçosos, que se admiram a si mesmos e se colocam tão alto na própria estima que veem todo o resto como coisa pequena e baixa: «Não sou como o resto dos homens», dizia aquele fariseu tolo.
Quelques-uns n’ont pas cet orgueil manifeste, ains seulement une certaine petite complaisance à considérer le mal d’autrui, pour savourer et faire savourer plus doucement le bien contraire, duquel ils s’estiment doués ; et cette complaisance est si secrète et imperceptible, que si on n’a bonne vue on ne la peut pas découvrir, et ceux même qui en sont atteints ne la connaissent pas si on ne la leur montre. Les autres, pour se flatter et excuser envers eux-mêmes et pour adoucir les remords de leurs consciences, jugent fort volontiers que les autres sont vicieux du vice auquel ils se sont voués, ou de quelque autre aussi grand, leur étant avis que la multitude des criminels rend leur péché moins blâmable. Plusieurs s’adonnent au jugement téméraire, pour le seul plaisir qu’ils prennent à philosopher et deviner des mœurs et humeurs des personnes, par manière d’exercice d’esprit ; que si par malheur ils rencontrent quelquefois la vérité en leurs jugements, l’audace et l’appétit de continuer s’accroît tellement en eux, que l’on a peine de les en détourner. Les autres jugent par passion, et pensent toujours bien de ce qu’ils aiment et toujours mal de ce qu’ils haïssent, sinon en un cas admirable et néanmoins véritable, auquel l’excès de l’amour provoque à faire mauvais jugement de ce qu’on aime : effet monstrueux, mais aussi provenant d’un amour impur, imparfait, troublé et malade, qui est la jalousie, laquelle, comme chacun sait, sur un simple regard, sur le moindre souris du monde condamne les personnes de perfidie et d’adultère. Enfin, la crainte, l’ambition et telles autres faiblesses d’esprit contribuent souvent beaucoup à la production du soupçon et jugement téméraire.
Alguns não têm esse orgulho manifesto, mas somente uma certa pequena complacência em considerar o mal alheio, para saborear e fazer saborear mais docemente o bem contrário, de que se julgam dotados; e essa complacência é tão secreta e imperceptível que, se não se tem boa vista, não se pode descobri-la, e os mesmos que dela estão tocados não a conhecem, se não lhes é mostrada. Outros, para se lisonjearem e se desculparem diante de si mesmos e para abrandarem os remorsos da consciência, julgam de muito bom grado que os outros têm o vício a que eles mesmos se entregaram, ou algum outro tão grande, parecendo-lhes que a multidão dos culpados torna o seu pecado menos censurável. Muitos se dão ao juízo temerário pelo só prazer que têm em filosofar e adivinhar os costumes e humores das pessoas, à maneira de exercício do espírito; e se, por desgraça, acertam algumas vezes com a verdade nos seus juízos, a ousadia e a vontade de continuar crescem tanto neles que custa desviá-los disso. Outros julgam por paixão, e pensam sempre bem do que amam e sempre mal do que odeiam, a não ser num caso admirável e, todavia, verdadeiro, em que o excesso do amor leva a fazer mau juízo do que se ama: efeito monstruoso, mas que procede também de um amor impuro, imperfeito, perturbado e doente, que é o ciúme, o qual, como todos sabem, por um simples olhar, pelo menor sorriso do mundo, condena as pessoas por perfídia e adultério. Enfim, o temor, a ambição e outras fraquezas de espírito semelhantes contribuem muitas vezes bastante para a produção da suspeita e do juízo temerário.
Mais quels remèdes ? Ceux qui boivent le suc de l’herbe ophiusa d’Ethiopie cuident partout voir des serpents et choses effroyables : ceux qui ont avalé l’orgueil, l’envie, l’ambition, la haine, ne voient rien qu’ils ne trouvent mauvais et blâmable ; ceux-là pour être guéris doivent prendre du vin de palme, et j’en dis de même pour ceux-ci : buvez le plus que vous pourrez le vin sacré de la charité, elle vous affranchira de ces mauvaises humeurs qui vous font faire ces jugements tortus. La charité craint de rencontrer le mal, tant s’en faut qu’elle l’aille chercher ; et quand elle le rencontre, elle en détourne sa face et le dissimule, ains elle ferme ses yeux avant que de le voir, au premier bruit qu’elle en aperçoit, et puis croit par une sainte simplicité que ce n’était pas le mal, mais seulement l’ombre ou quelque fantôme de mal ; que si par force elle reconnaît que c’est lui-même, elle s’en détourne tout incontinent et tâche d’en oublier la figure. La charité est le grand remède à tous maux, mais spécialement pour celui-ci. Toutes choses paraissent jaunes aux yeux des ictériques et qui ont la grande jaunisse ; l’on dit que pour les guérir de ce mal, il leur faut faire porter de l’éclère sous la plante de leur pied. Certes, ce péché de jugement téméraire est une jaunisse spirituelle, qui fait paraître toutes choses mauvaises aux yeux de ceux qui en sont atteints ; mais qui en veut guérir, il faut qu’il mette les remèdes non aux yeux, non à l’entendement, mais aux affections qui sont les pieds de l’âme : si vos affections sont douces, votre jugement sera doux ; si elles sont charitables, votre jugement le sera de même.
Mas que remédios? Os que bebem o suco da erva ophiusa, da Etiópia, julgam ver por toda parte serpentes e coisas espantosas: os que engoliram o orgulho, a inveja, a ambição, o ódio, não veem nada que não achem mau e censurável; aqueles, para se curarem, devem tomar vinho de palma, e digo o mesmo destes: bebei o mais que puderdes o vinho sagrado da caridade; ela vos livrará desses maus humores que vos fazem fazer esses juízos tortos. A caridade teme encontrar o mal, longe de ir procurá-lo; e, quando o encontra, desvia dele o rosto e o dissimula; mais ainda, fecha os olhos antes de vê-lo, ao primeiro rumor que dele percebe, e depois crê, por uma santa simplicidade, que aquilo não era o mal, mas somente a sombra ou algum fantasma de mal; e, se à força reconhece que é ele mesmo, desvia-se dele imediatamente e procura esquecer-lhe a figura. A caridade é o grande remédio para todos os males, mas especialmente para este. Todas as coisas parecem amarelas aos olhos dos ictéricos, dos que têm a grande icterícia; diz-se que, para curá-los desse mal, é preciso fazê-los trazer celidônia debaixo da planta do pé. Certamente, esse pecado do juízo temerário é uma icterícia espiritual, que faz parecer más todas as coisas aos olhos dos que dela estão tocados; mas quem quer curar-se dela tem de pôr os remédios não nos olhos, não no entendimento, mas nas afeições, que são os pés da alma: se as vossas afeições forem doces, o vosso juízo será doce; se forem caridosas, o vosso juízo o será também.
Je vous présente trois exemples admirables. Isaac avait dit que Rébecca était sa sœur ; Abimélech vit qu’il se jouait avec elle, c’est-à-dire qu’il la caressait tendrement, et il jugea soudain que c’était sa femme : un œil malin eût plutôt jugé qu’elle était sa garce, ou que, si elle était sa sœur, qu’il eût été un inceste ; mais Abimélech suit la plus charitable opinion qu’il pouvait prendre d’un tel fait. Il faut toujours faire de même, Philothée, jugeant en faveur du prochain, autant qu’il nous sera possible ; que si une action pouvait avoir cent visages, il la faut regarder en celui qui est le plus beau. Notre Dame était grosse, saint Joseph le voyait clairement ; mais parce que d’autre côté il la voyait toute sainte, toute pure, toute angélique, il ne put onques croire qu’elle eût pris sa grossesse contre son devoir, si qu’il se résolvait, en la laissant, d’en laisser le jugement à Dieu : quoique l’argument fût violent pour lui faire concevoir mauvaise opinion de cette vierge, si ne voulut-il jamais l’en juger. Mais pourquoi ? parce, dit l’Esprit de Dieu, qu’il était juste : l’homme juste, quand il ne peut plus excuser ni le fait ni l’intention de celui que d’ailleurs il connaît homme de bien, encore n’en veut-il pas juger, mais ôte cela de son esprit et en laisse le jugement à Dieu. Mais le Sauveur crucifié, ne pouvant excuser du tout le péché de ceux qui le crucifiaient, au moins en amoindrit-il la malice, alléguant leur ignorance. Quand nous ne pouvons excuser le péché, rendons-le au moins digne de compassion, l’attribuant à la cause la plus supportable qu’il puisse avoir, comme à l’ignorance ou à l’infirmité.
Apresento-vos três exemplos admiráveis. Isaac tinha dito que Rebeca era sua irmã; Abimeleque viu que ele brincava com ela, isto é, que a acariciava ternamente, e julgou logo que era sua mulher: um olho maligno teria antes julgado que ela era sua concubina, ou que, se era sua irmã, ele era um incestuoso; mas Abimeleque segue a opinião mais caridosa que podia formar de tal fato. É preciso fazer sempre o mesmo, Filoteia, julgando a favor do próximo, tanto quanto nos for possível; e, se uma ação pudesse ter cem faces, é preciso olhá-la naquela que é a mais bela. Nossa Senhora estava grávida, e são José o via claramente; mas, porque, por outro lado, a via toda santa, toda pura, toda angélica, nunca pôde crer que ela tivesse concebido contra o seu dever, de modo que resolvia, deixando-a, deixar o juízo a Deus: embora o indício fosse forte para lhe fazer formar má opinião dessa virgem, nunca quis, contudo, julgá-la por isso. Mas por quê? Porque, diz o Espírito de Deus, ele era justo: o homem justo, quando já não pode desculpar nem o fato nem a intenção daquele que, aliás, conhece como homem de bem, nem assim quer julgar, mas tira isso do espírito e deixa o juízo a Deus. Mas o Salvador crucificado, não podendo desculpar de todo o pecado dos que o crucificavam, ao menos lhe diminuiu a malícia, alegando a ignorância deles. Quando não podemos desculpar o pecado, tornemo-lo ao menos digno de compaixão, atribuindo-o à causa mais suportável que possa ter, como à ignorância ou à fraqueza.
Mais ne peut-on donc jamais juger le prochain ? Non certes, jamais ; c’est Dieu, Philothée, qui juge les criminels en justice. Il est vrai qu’il se sert de la voix des magistrats, pour se rendre intelligible à nos oreilles : ils sont ses truchements et interprètes, et ne doivent rien prononcer que ce qu’ils ont appris de lui, comme étant ses oracles ; que s’ils font autrement, suivant leurs propres passions, alors c’est vraiment eux qui jugent et qui par conséquent seront jugés, car il est défendu aux hommes, en qualité d’hommes, de juger les autres.
Mas então nunca se pode julgar o próximo? Não, certamente, nunca; é Deus, Filoteia, quem julga os criminosos em juízo. É verdade que ele se serve da voz dos magistrados para se tornar inteligível aos nossos ouvidos: eles são os seus porta-vozes e intérpretes, e não devem pronunciar nada senão o que dele aprenderam, como sendo os seus oráculos; e, se fazem de outro modo, seguindo as próprias paixões, então são verdadeiramente eles que julgam, e que, por conseguinte, serão julgados; porque é proibido aos homens, enquanto homens, julgar os outros.
De voir ou connaître une chose, ce n’est pas en juger ; car le jugement, au moins selon la phrase de l’Écriture, présuppose quelque petite ou grande, vraie ou apparente difficulté qu’il faille vider ; c’est pourquoi elle dit que « ceux qui ne croient point sont déjà jugés », parce qu’il n’y a point de doute en leur damnation. Ce n’est donc pas mal fait de douter du prochain, non, car il n’est pas défendu de douter, ains de juger ; mais il n’est pourtant pas permis ni de douter ni de soupçonner sinon ric-à-ric, tout autant que les raisons ou arguments nous contraignent de douter ; autrement les doutes et soupçons sont téméraires. Si quelque œil malin eût vu Jacob quand il baisa Rachel auprès du puits, ou qu’il eût vu Rébecca accepter des bracelets et pendants d’oreille d’Eliézer, homme inconnu en ce pays-là, il eût sans doute mal pensé de ces deux exemplaires de chasteté, mais sans raison et fondement ; car quand une action est de soi-même indifférente, c’est un soupçon téméraire d’en tirer une mauvaise conséquence, sinon que plusieurs circonstances donnent force à l’argument. C’est aussi un jugement téméraire de tirer conséquence d’un acte pour blâmer la personne ; mais ceci, je le dirai tantôt plus clairement.
Ver ou conhecer uma coisa não é julgá-la; porque o juízo, ao menos segundo a linguagem da Escritura, pressupõe alguma dificuldade, pequena ou grande, verdadeira ou aparente, que seja preciso resolver; é por isso que ela diz que «os que não creem já estão julgados», porque não há dúvida nenhuma sobre a sua condenação. Não é, pois, mal duvidar do próximo, não; porque não é proibido duvidar, mas julgar; mas também não é permitido nem duvidar nem suspeitar senão à justa, só tanto quanto as razões ou argumentos nos obrigam a duvidar; de outro modo, as dúvidas e suspeitas são temerárias. Se algum olho maligno tivesse visto Jacó quando beijou Raquel junto ao poço, ou tivesse visto Rebeca aceitar braceletes e brincos de Eliézer, homem desconhecido naquela terra, teria sem dúvida pensado mal desses dois modelos de castidade, mas sem razão nem fundamento; porque, quando uma ação é de si mesma indiferente, é suspeita temerária tirar dela uma má consequência, a não ser que muitas circunstâncias deem força ao argumento. É também juízo temerário tirar consequência de um ato para censurar a pessoa; mas isto eu o direi daqui a pouco mais claramente.
Enfin, ceux qui ont bien soin de leur conscience, ne sont guère sujets au jugement téméraire ; car comme les abeilles, voyant le brouillard ou temps nubileux, se retirent en leurs ruches à ménager le miel, ainsi les cogitations des bonnes âmes ne sortent pas sur des objets embrouillés ni parmi les actions nubileuses des prochains : ains, pour en éviter la rencontre, se ramassent dedans le cœur pour y ménager les bonnes résolutions de leur amendement propre. C’est le fait d’une âme inutile, de s’amuser à l’examen de la vie d’autrui.
Enfim, os que cuidam bem da própria consciência não estão muito sujeitos ao juízo temerário; porque, assim como as abelhas, vendo a névoa ou o tempo nublado, se recolhem às colmeias para cuidar do mel, assim também os pensamentos das boas almas não saem sobre objetos enevoados nem por entre as ações nubladas dos próximos, mas, para evitar o encontro delas, recolhem-se dentro do coração, para nele cuidar das boas resoluções da sua própria emenda. É próprio de uma alma inútil entreter-se com o exame da vida alheia.
J’excepte ceux qui ont charge des autres, tant en la famille qu’en la république ; car une bonne partie de leur conscience consiste à regarder et veiller sur celle des autres. Qu’ils fassent donc leur devoir avec amour ; passé cela, qu’ils se tiennent en eux-mêmes pour ce regard.
Excetuo os que têm o encargo dos outros, tanto na família como na república; porque uma boa parte da sua consciência consiste em olhar e vigiar a dos outros. Que cumpram, pois, o seu dever com amor; passado isso, que se recolham em si mesmos quanto a esse ponto.
Chapitre XXIX — De la médisance
Capítulo XXIX — Da maledicência
III.29 Le jugement téméraire produit l’inquiétude, le mépris du prochain, l’orgueil et complaisance de soi-même et cent autres effets très pernicieux, entre lesquels la médisance tient des premiers rangs, comme la vraie peste des conversations. O que n’ai-je un des charbons du saint autel pour toucher les lèvres des hommes, afin que leur iniquité fût ôtée et leur péché nettoyé, à l’imitation du séraphin qui purifia la bouche d’Isaïe ! Qui ôterait la médisance du monde, en ôterait une grande partie des péchés et de l’iniquité.
III.29 O juízo temerário produz a inquietação, o desprezo do próximo, o orgulho e a complacência em si mesmo, e cem outros efeitos muito perniciosos, entre os quais a maledicência ocupa um dos primeiros lugares, como a verdadeira peste das conversações. Ó, quem me dera ter uma das brasas do santo altar para tocar os lábios dos homens, a fim de que lhes fosse tirada a iniquidade e purificado o pecado, à imitação do serafim que purificou a boca de Isaías! Quem tirasse do mundo a maledicência tiraria dele uma grande parte dos pecados e da iniquidade.
Quiconque ôte injustement la bonne renommée à son prochain, outre le péché qu’il commet, il est obligé à faire la réparation, quoique diversement selon la diversité des médisances ; car nul ne peut entrer au ciel avec le bien d’autrui, et entre tous les biens extérieurs la renommée est le meilleur. La médisance est une espèce de meurtre, car nous avons trois vies : la spirituelle qui gît en la grâce de Dieu, la corporelle qui gît en l’âme, et la civile qui consiste en la renommée ; le péché nous ôte la première, la mort nous ôte la seconde, et la médisance nous ôte la troisième. Mais le médisant par un seul coup de sa langue, fait ordinairement trois meurtres : il tue son âme et celle de celui qui l’écoute, d’un homicide spirituel, et ôte la vie civile à celui duquel il médit ; car, comme disait saint Bernard, et celui qui médit et celui qui écoute le médisant, tous deux ont le diable sur eux, mais l’un l’a en la langue et l’autre en l’oreille. David parlant des médisants : « Ils ont affilé leurs langues, dit-il, comme un serpent ». Or le serpent a la langue fourchue et à deux pointes, comme dit Aristote ; et telle est celle du médisant, qui d’un seul coup pique et empoisonne l’oreille de l’écoutant et la réputation de celui de qui elle parle.
Quem quer que tire injustamente a boa fama ao seu próximo, além do pecado que comete, fica obrigado a fazer a reparação, ainda que diversamente, conforme a diversidade das maledicências; porque ninguém pode entrar no céu com o bem alheio, e, entre todos os bens exteriores, a fama é o melhor. A maledicência é uma espécie de homicídio, porque temos três vidas: a espiritual, que está na graça de Deus; a corporal, que está na alma; e a civil, que consiste na fama; o pecado nos tira a primeira, a morte nos tira a segunda, e a maledicência nos tira a terceira. Mas o maldizente, com um só golpe da língua, comete ordinariamente três assassínios: mata a sua alma e a daquele que o escuta, com um homicídio espiritual, e tira a vida civil àquele de quem fala mal; porque, como dizia são Bernardo, tanto o que fala mal como o que escuta o maldizente, ambos têm o diabo consigo, mas um o tem na língua e o outro no ouvido. Davi, falando dos maldizentes: «Afiaram as suas línguas, diz ele, como uma serpente». Ora, a serpente tem a língua bifurcada e de duas pontas, como diz Aristóteles; e tal é a do maldizente, que de um só golpe pica e envenena o ouvido de quem escuta e a reputação daquele de quem ela fala.
Je vous conjure donc, très chère Philothée, de ne jamais médire de personne, ni directement, ni indirectement : gardez-vous d’imposer des faux crimes et péchés au prochain, ni de découvrir ceux qui sont secrets, ni d’agrandir ceux qui sont manifestes, ni d’interpréter en mal la bonne œuvre, ni de nier le bien que vous savez être en quelqu’un, ni le dissimuler malicieusement, ni le diminuer par paroles ; car, en toutes ces façons, vous offenseriez grandement Dieu, mais surtout accusant faussement et niant la vérité au préjudice du prochain ; car c’est double péché, de mentir et nuire tout ensemble au prochain.
Conjuro-vos, pois, caríssima Filoteia, que nunca faleis mal de ninguém, nem direta nem indiretamente: guardai-vos de imputar ao próximo crimes e pecados falsos, de descobrir os que são secretos, de aumentar os que são manifestos, de interpretar mal a boa obra, de negar o bem que sabeis haver em alguém, de dissimulá-lo maliciosamente ou de diminuí-lo com palavras; porque, de todos esses modos, ofenderíeis gravemente a Deus, mas sobretudo acusando falsamente e negando a verdade em prejuízo do próximo; porque é duplo pecado mentir e prejudicar ao mesmo tempo o próximo.
Ceux qui pour médire font des préfaces d’honneur, ou qui disent de petites gentillesses et gausseries entre deux, sont les plus fins et vénéneux médisants de tous. Je proteste, disent-ils, que je l’aime et que au reste, c’est un galant homme ; mais cependant, il faut dire la vérité, il eut tort de faire une telle perfidie. C’est une fort vertueuse fille, mais elle fut surprise, et semblables petits agencements. Ne voyez-vous pas l’artifice ? Celui qui veut tirer à l’arc, tire tant qu’il peut la flèche à soi, mais ce n’est que pour la darder plus puissamment : il semble que ceux-ci retirent leur médisance à eux, mais ce n’est que pour la décocher plus fermement, afin qu’elle pénètre plus avant dedans les cœurs des écoutants. La médisance dite par forme de gausserie, est encore plus cruelle que toutes ; car, comme la ciguë n’est pas de soi un venin fort pressant, ains assez lent et auquel on peut aisément remédier, mais étant pris avec le vin, il est irrémédiable, ainsi la médisance qui, de soi, passerait légèrement par une oreille et sortirait par l’autre, comme l’on dit, s’arrête fermement en la cervelle des écoutants, quand elle est présentée dedans quelque mot subtil et joyeux. « Ils ont, dit David, le venin de l’aspic en leurs lèvres ». L’aspic fait sa piqûre presque imperceptible, et son venin d’abord rend une démangeaison délectable, au moyen de quoi le cœur et les entrailles se dilatent et reçoivent le poison, contre lequel par après il n’y a plus de remède.
Os que, para falar mal, fazem prefácios de honra, ou que dizem no meio pequenas graças e chalaças, são os mais finos e venenosos maldizentes de todos. Asseguro, dizem eles, que lhe quero bem e que, de resto, é um homem honrado; mas, entretanto, é preciso dizer a verdade: ele fez mal em cometer tal perfídia. É uma moça muito virtuosa, mas foi apanhada de surpresa; e outros pequenos arranjos semelhantes. Não vedes o artifício? Quem quer atirar com o arco puxa a flecha para si quanto pode, mas é só para dispará-la com mais força: parece que estes retiram para si a sua maledicência, mas é só para desferi-la com mais firmeza, a fim de que penetre mais fundo nos corações dos que escutam. A maledicência dita em forma de chacota é ainda mais cruel que todas; porque, assim como a cicuta não é por si um veneno muito rápido, mas bastante lento e a que se pode facilmente remediar, mas, tomada com vinho, é irremediável, assim a maledicência, que por si passaria levemente por um ouvido e sairia pelo outro, como se diz, fixa-se firmemente na cabeça dos que escutam, quando é apresentada dentro de alguma palavra sutil e alegre. «Eles têm, diz Davi, o veneno da áspide nos lábios». A áspide dá a sua picada quase imperceptível, e o seu veneno causa de início uma comichão deleitosa, por meio da qual o coração e as entranhas se dilatam e recebem o veneno, contra o qual depois já não há remédio.
Ne dites pas : « Un tel est un ivrogne », encore que vous l’ayez vu ivre ; ni : « Il est adultère », pour l’avoir vu en ce péché ; ni : « Il est inceste », pour l’avoir trouvé en ce malheur ; car un seul acte ne donne pas le nom à la chose. Le soleil s’arrêta une fois en faveur de la victoire de Josué, et s’obscurcit une autre fois en faveur de celle du Sauveur ; nul ne dira pourtant qu’il soit ou immobile ou obscur. Noé s’enivra une fois et Loth une autre fois, et celui-ci de plus commit un grand inceste : ils ne furent pourtant ivrognes ni l’un ni l’autre, ni le dernier ne fut pas inceste ; ni saint Pierre sanguinaire pour avoir une fois répandu du sang, ni blasphémateur pour avoir une fois blasphémé. Pour prendre le nom d’un vice ou d’une vertu, il faut y avoir fait quelque progrès et habitude ; c’est donc une imposture de dire qu’un homme est colère ou larron, pour l’avoir vu courroucer ou dérober une fois.
Não digais: «Fulano é um bêbado», ainda que o tenhais visto embriagado; nem: «É adúltero», por o terdes visto nesse pecado; nem: «É incestuoso», por o terdes achado nessa desgraça; porque um só ato não dá o nome à coisa. O sol parou uma vez em favor da vitória de Josué, e escureceu outra vez em favor da do Salvador; ninguém dirá, contudo, que ele seja imóvel ou escuro. Noé se embriagou uma vez, e Ló outra vez, e este, além disso, cometeu um grande incesto; nem um nem outro, contudo, foram bêbados, nem o último foi incestuoso; nem são Pedro foi sanguinário por ter uma vez derramado sangue, nem blasfemo por ter uma vez blasfemado. Para receber o nome de um vício ou de uma virtude, é preciso ter feito nele algum progresso e hábito; é, pois, uma impostura dizer que um homem é colérico ou ladrão, por o ter visto irar-se ou roubar uma vez.
Encore qu’un homme ait été vicieux longuement, on court fortune de mentir quand on le nomme vicieux. Simon le lépreux appelait Madeleine pécheresse, parce qu’elle l’avait été naguère ; il mentait néanmoins, car elle ne l’était plus, mais une très sainte pénitente ; aussi Notre Seigneur prend en protection sa cause. Ce fol pharisien tenait le publicain pour grand pécheur, ou peut-être pour injuste, adultère, ravisseur ; mais il se trompait grandement, car tout à l’heure même il était justifié. Hélas ! puisque la bonté de Dieu est si grande, qu’un seul moment suffit pour impétrer et recevoir sa grâce, quelle assurance pouvons-nous avoir qu’un homme, qui était hier pécheur, le soit aujourd’hui ? Le jour précédent ne doit pas juger le jour présent, ni le jour présent ne doit pas juger le jour précédent : il n’y a que le dernier qui les juge tous. Nous ne pouvons donc jamais dire qu’un homme soit méchant, sans danger de mentir ; ce que nous pouvons dire, en cas qu’il faille parler, c’est qu’il fit un tel acte mauvais, il a mal vécu en tel temps, il fait mal maintenant ; mais on ne peut tirer nulle conséquence d’hier à ce jourd’hui, ni de ce jourd’hui au jour d’hier, et moins encore au jour de demain.
Ainda que um homem tenha sido vicioso por muito tempo, corre-se o risco de mentir quando se lhe chama vicioso. Simão, o leproso, chamava Madalena de pecadora, porque ela o tinha sido pouco antes; mentia, contudo, porque ela já não o era, mas uma santíssima penitente; por isso Nosso Senhor toma a sua causa sob a sua proteção. Aquele fariseu tolo tinha o publicano por grande pecador, ou talvez por injusto, adúltero, ladrão; mas enganava-se muito, porque naquele mesmo instante ele era justificado. Ai! já que a bondade de Deus é tão grande que um só momento basta para impetrar e receber a sua graça, que segurança podemos ter de que um homem que ontem era pecador o seja hoje? O dia precedente não deve julgar o dia presente, nem o dia presente deve julgar o dia precedente: só o último os julga a todos. Nunca podemos, pois, dizer que um homem é mau sem perigo de mentir; o que podemos dizer, caso seja preciso falar, é que ele fez tal ato mau, que viveu mal em tal tempo, que faz mal agora; mas não se pode tirar nenhuma consequência de ontem para hoje, nem de hoje para ontem, e menos ainda para amanhã.
Encore qu’il faille être extrêmement délicat à ne point médire du prochain, si faut-il se garder d’une extrémité en laquelle quelques-uns tombent, qui, pour éviter la médisance, louent et disent bien du vice. S’il se trouve une personne vraiment médisante, ne dites pas pour l’excuser qu’elle est libre et franche ; une personne manifestement vaine, ne dites pas qu’elle est généreuse et propre ; et les privautés dangereuses, ne les appelez pas simplicités ou naïvetés ; ne fardez pas la désobéissance du nom de zèle, ni l’arrogance du nom de franchise, ni la lasciveté du nom d’amitié. Non, chère Philothée, il ne faut pas, pensant fuir le vice de la médisance, favoriser, flatter ou nourrir les autres, ains faut dire rondement et franchement mal du mal, et blâmer les choses blâmables : ce que faisant, nous glorifions Dieu, moyennant que ce soit avec les conditions suivantes.
Ainda que seja preciso ser extremamente delicado em não falar mal do próximo, é preciso, contudo, guardar-se de um extremo em que alguns caem, os quais, para evitar a maledicência, louvam o vício e dizem bem dele. Se houver uma pessoa verdadeiramente maldizente, não digais, para desculpá-la, que é livre e franca; de uma pessoa manifestamente vaidosa, não digais que é generosa e elegante; e às familiaridades perigosas não chameis simplicidades ou ingenuidades; não pinteis a desobediência com o nome de zelo, nem a arrogância com o nome de franqueza, nem a lascívia com o nome de amizade. Não, cara Filoteia, não se deve, julgando fugir do vício da maledicência, favorecer, lisonjear ou alimentar os outros vícios; mas é preciso dizer redondamente e francamente mal do mal, e censurar as coisas censuráveis: e, fazendo isso, glorificamos a Deus, contanto que seja com as condições seguintes.
Pour louablement blâmer les vices d’autrui, il faut que l’utilité ou de celui duquel on parle, ou de ceux à qui l’on parle, le requière. On récite devant des filles les privautés indiscrètes de tels et de telles, qui sont manifestement périlleuses ; la dissolution d’un tel ou d’une telle en paroles ou en contenances, qui sont manifestement lubriques : si je ne blâme librement ce mal et que je le veuille excuser, ces tendres âmes qui écoutent, prendront occasion de se relâcher à quelque chose pareille ; leur utilité donc requiert que tout franchement je blâme ces choses-là sur le champ, sinon que je puisse réserver à faire ce bon office plus à propos, et avec moins d’intérêt de ceux de qui on parle, en une autre occasion.
Para censurar louvavelmente os vícios alheios, é preciso que o requeira a utilidade, ou daquele de quem se fala, ou daqueles a quem se fala. Contam-se diante de moças as familiaridades indiscretas de fulanos e fulanas, que são manifestamente perigosas; a dissolução de fulano ou de fulana em palavras ou em modos, que são manifestamente lúbricos: se eu não censurar livremente esse mal e o quiser desculpar, essas almas tenras que escutam tomarão ocasião de se relaxar em alguma coisa semelhante; a utilidade delas requer, pois, que eu censure com toda a franqueza essas coisas na hora, a não ser que eu possa reservar-me para fazer esse bom ofício mais a propósito, e com menos prejuízo daqueles de quem se fala, em outra ocasião.
Outre cela, encore faut-il qu’il m’appartienne de parler sur ce sujet, comme quand je suis des premiers de la compagnie, et que, si je ne parle, il semblera que j’approuve le vice ; que si je suis des moindres, je ne dois pas entreprendre de faire la censure. Mais surtout, il faut que je sois exactement juste en mes paroles, pour ne dire pas un seul mot de trop : par exemple, si je blâme la privauté de ce jeune homme et de cette fille, parce qu’elle est trop indiscrète et périlleuse, o Dieu, Philothée, il faut que je tienne la balance bien juste, pour ne point agrandir la chose, pas même d’un seul brin. S’il n’y a qu’une faible apparence, je ne dirai rien que cela ; s’il n’y a qu’une simple imprudence, je ne dirai rien davantage ; s’il n’y a ni imprudence, ni vraie apparence du mal, ains seulement que quelque esprit malicieux en puisse tirer prétexte de médisance, ou je n’en dirai rien du tout, ou je dirai cela même. Ma langue, tandis que je parle du prochain, est en ma bouche comme un rasoir en la main du chirurgien qui veut trancher entre les nerfs et les tendons : il faut que le coup que je donnerai soit si juste, que je ne dise ni plus ni moins que ce qui en est. Et enfin, il faut surtout observer, en blâmant le vice, d’épargner le plus que vous pourrez la personne en laquelle il est.
Além disso, é preciso ainda que me caiba falar sobre o assunto, como quando sou dos primeiros da companhia e, se eu não falar, parecerá que aprovo o vício; mas, se sou dos menores, não devo meter-me a fazer a censura. Mas, sobretudo, é preciso que eu seja exatamente justo nas minhas palavras, para não dizer uma só palavra a mais: por exemplo, se censuro a familiaridade deste rapaz e desta moça, porque é demasiado indiscreta e perigosa, ó Deus, Filoteia, é preciso que eu segure a balança bem justa, para não aumentar a coisa nem sequer de um fio. Se não há senão uma fraca aparência, não direi senão isso; se não há senão uma simples imprudência, não direi nada além disso; se não há nem imprudência nem verdadeira aparência de mal, mas somente que algum espírito malicioso possa tirar disso pretexto de maledicência, ou não direi nada, ou direi isso mesmo. A minha língua, enquanto falo do próximo, está na minha boca como uma navalha na mão do cirurgião que quer cortar entre os nervos e os tendões: é preciso que o golpe que eu der seja tão justo que eu não diga nem mais nem menos do que aquilo que é. E, enfim, é preciso sobretudo observar, ao censurar o vício, que poupeis o mais que puderdes a pessoa em quem ele está.
Il est vrai que des pécheurs infâmes, publics et manifestes, on en peut parler librement, pourvu que ce soit avec esprit de charité et de compassion, et non point avec arrogance et présomption, ni pour se plaire au mal d’autrui ; car, pour ce dernier, c’est le fait d’un cœur vil et abject. J’excepte entre tous, les ennemis déclarés de Dieu et de son Église ; car ceux-là, il les faut décrier tant qu’on peut, comme sont les sectes des hérétiques et schismatiques, et les chefs d’icelles : c’est charité de crier au loup, quand il est entre les brebis, voire où qu’il soit.
É verdade que dos pecadores infames, públicos e manifestos se pode falar livremente, contanto que seja com espírito de caridade e de compaixão, e não com arrogância e presunção, nem para se comprazer no mal alheio; porque, quanto a isto último, é próprio de um coração vil e abjeto. Excetuo, acima de todos, os inimigos declarados de Deus e da sua Igreja; porque esses é preciso desacreditá-los quanto se puder, como são as seitas dos hereges e cismáticos, e os seus chefes: é caridade gritar «lobo!» quando ele está entre as ovelhas, e até onde quer que esteja.
Chacun se donne liberté de juger et censurer les princes, et de médire des nations tout entières, selon la diversité des affections que l’on a en leur endroit : Philothée, ne faites pas cette faute ; car outre l’offense de Dieu, elle vous pourrait susciter mille sortes de querelles.
Cada um se dá a liberdade de julgar e censurar os príncipes, e de falar mal de nações inteiras, conforme a diversidade das afeições que tem para com elas: Filoteia, não cometais essa falta; porque, além da ofensa a Deus, ela vos poderia suscitar mil espécies de contendas.
Quand vous oyez mal dire, rendez douteuse l’accusation, si vous le pouvez faire justement ; si vous ne pouvez pas, excusez l’intention de l’accusé ; que si cela ne se peut, témoignez de la compassion sur lui, écartez ce propos-là, vous ressouvenant et faisant ressouvenir la compagnie, que ceux qui ne tombent pas en faute en doivent toute la grâce à Dieu. Rappelez à soi le médisant par quelque douce manière ; dites quelque autre bien de la personne offensée, si vous le savez.
Quando ouvirdes falar mal, tornai duvidosa a acusação, se o puderdes fazer com justiça; se não puderdes, desculpai a intenção do acusado; e, se isso não for possível, mostrai compaixão por ele, desviai essa conversa, lembrando-vos e fazendo lembrar à companhia que os que não caem em falta devem toda a graça disso a Deus. Fazei o maldizente cair em si, de alguma maneira suave; dizei algum outro bem da pessoa ofendida, se o souberdes.
Chapitre XXX — Quelques autres avis touchant le parler
Capítulo XXX — Alguns outros avisos acerca do falar
III.30 Que votre langage soit doux, franc, sincère, rond, naïf et fidèle. Gardez-vous des duplicités, artifices et feintises ; bien qu’il ne soit pas bon de dire toujours toutes sortes de vérités, si n’est-il jamais permis de contrevenir à la vérité. Accoutumez-vous à ne jamais mentir à votre escient, ni par excuse ni autrement, vous ressouvenant que Dieu est le Dieu de vérité. Si vous en dites par mégarde et vous pouvez les corriger sur le champ par quelque explication ou réparation, corrigez-les : une excuse véritable a bien plus de grâce et de force pour excuser, que le mensonge.
III.30 Seja a vossa linguagem doce, franca, sincera, lhana, simples e fiel. Guardai-vos das duplicidades, artifícios e fingimentos; embora não seja bom dizer sempre toda espécie de verdades, nunca é permitido ir contra a verdade. Acostumai-vos a nunca mentir conscientemente, nem por desculpa nem de outro modo, lembrando-vos de que Deus é o Deus da verdade. Se disserdes mentiras por descuido e as puderdes corrigir na hora com alguma explicação ou reparação, corrigi-as: uma desculpa verdadeira tem muito mais graça e força para desculpar do que a mentira.
Bien que quelquefois on puisse discrètement et prudemment déguiser et couvrir la vérité par quelque artifice de parole, si ne faut-il pas pratiquer cela sinon en chose d’importance, quand la gloire et service de Dieu requièrent manifestement : hors de là, les artifices sont dangereux, car, comme dit la sacrée Parole, le Saint Esprit n’habite point en un esprit feint et double. Il n’y a nulle si bonne et désirable finesse, que la simplicité. Les prudences mondaines et artifices charnels appartiennent aux enfants de ce siècle ; mais les enfants de Dieu cheminent sans détour, et ont le cœur sans replis. « Qui chemine simplement, dit le Sage, il chemine confidemment ». Le mensonge, la duplicité, la simulation témoignent toujours un esprit faible et vil.
Embora algumas vezes se possa discreta e prudentemente disfarçar e encobrir a verdade com algum artifício de palavra, não se deve, contudo, praticar isso senão em coisa de importância, quando a glória e o serviço de Deus manifestamente o requerem: fora disso, os artifícios são perigosos, porque, como diz a sagrada Palavra, o Espírito Santo não habita num espírito fingido e dobre. Não há fineza tão boa e desejável como a simplicidade. As prudências mundanas e os artifícios carnais pertencem aos filhos deste século; mas os filhos de Deus caminham sem rodeios e têm o coração sem dobras. «Quem caminha com simplicidade, diz o Sábio, caminha com confiança». A mentira, a duplicidade, a simulação revelam sempre um espírito fraco e vil.
Saint Augustin avait dit au quatrième livre de ses Confessions, que son âme et celle de son ami n’étaient qu’une seule âme, et que cette vie lui était en horreur après le trépas de son ami, parce qu’il ne voulait pas vivre à moitié, et que aussi pour cela même il craignait à l’aventure de mourir, afin que son ami ne mourût du tout. Ces paroles lui semblèrent par après trop artificieuses et affectées, si qu’il les révoque au livre de ses Rétractations, et les appelle une ineptie. Voyez-vous, chère Philothée, combien cette sainte belle âme est douillette au sentiment de l’afféterie des paroles ? Certes, c’est un grand ornement de la vie chrétienne que la fidélité, rondeur et sincérité du langage « J’ai dit, je prendrai garde à mes voies, pour ne point pécher en ma langue…… Eh ! Seigneur, mettez des gardes à ma bouche et une porte qui ferme mes lèvres », disait David.
Santo Agostinho tinha dito, no quarto livro das suas Confissões, que a sua alma e a do seu amigo não eram senão uma só alma, e que esta vida lhe causava horror depois da morte do amigo, porque não queria viver pela metade, e que também, por isso mesmo, talvez temesse morrer, para que o amigo não morresse de todo. Essas palavras lhe pareceram depois demasiado artificiosas e afetadas, de modo que as revoga no livro das suas Retratações e as chama uma inépcia. Vedes, cara Filoteia, quão melindrosa é essa santa e bela alma em sentir a afetação das palavras? Certamente, é um grande ornamento da vida cristã a fidelidade, a lhaneza e a sinceridade da linguagem. «Eu disse: guardarei os meus caminhos, para não pecar com a minha língua…… Ah! Senhor, ponde uma guarda à minha boca e uma porta que feche os meus lábios», dizia Davi.
C’est un avis du roi saint Louis, de ne point dédire personne, sinon qu’il y eût péché ou grand dommage à consentir : c’est afin d’éviter toutes contestes et disputes. Or, quand il importe de contredire à quelqu’un, et d’opposer son opinion à celle d’un autre, il faut user de grande douceur et dextérité, sans vouloir violenter l’esprit d’autrui ; car aussi bien ne gagne-t-on rien, prenant les choses âprement. Le parler peu, tant recommandé par les anciens sages, ne s’entend pas qu’il faille dire peu de paroles, mais de n’en dire pas beaucoup d’inutiles ; car en matière de parler, on ne regarde pas à la quantité, mais à la qualité. Et me semble qu’il faut fuir les deux extrémités : car de faire trop l’entendu et le sévère, refusant de contribuer aux devis familiers qui se font ès conversations, il semble qu’il y ait ou manquement de confiance, ou quelque sorte de dédain ; de babiller aussi et cajoler toujours, sans donner ni loisir ni commodité aux autres de parler à souhait, cela tient de l’éventé et du léger.
É um aviso do rei são Luís não contradizer ninguém, a não ser que houvesse pecado ou grande dano em consentir: é para evitar todas as contendas e disputas. Ora, quando importa contradizer alguém e opor a sua opinião à de outro, é preciso usar de grande doçura e destreza, sem querer violentar o espírito alheio; porque, de qualquer modo, nada se ganha tomando as coisas asperamente. O falar pouco, tão recomendado pelos antigos sábios, não se entende no sentido de que seja preciso dizer poucas palavras, mas de não dizer muitas inúteis; porque, em matéria de falar, não se olha à quantidade, mas à qualidade. E parece-me que é preciso fugir dos dois extremos: porque, quando alguém se faz demasiado de entendido e de severo, recusando-se a contribuir para as conversas familiares que se fazem nas conversações, parece que há falta de confiança ou alguma espécie de desdém; e tagarelar também e palrar sempre, sem dar aos outros nem vagar nem ocasião de falar à vontade, isso tem o seu quê de estouvado e de leviano.
Saint Louis ne trouvait pas bon qu’étant en compagnie l’on parlât en secret et en conseil, et particulièrement à table, afin que l’on ne donnât soupçon, que l’on parlât des autres en mal : « Celui, disait-il, qui est à table en bonne compagnie, qui a à dire quelque chose joyeuse et plaisante, la doit dire que tout le monde l’entende ; si c’est chose d’importance, on la doit taire sans en parler ».
São Luís não achava bom que, estando em companhia, se falasse em segredo e à parte, e particularmente à mesa, para que não se desse suspeita de que se falava mal dos outros: «Aquele, dizia ele, que está à mesa em boa companhia e tem a dizer alguma coisa alegre e agradável, deve dizê-la de modo que todos a ouçam; se é coisa de importância, deve-se calá-la, sem falar dela».
Chapitre XXXI — Des passe-temps et récréations, et premièrement des loisibles et louables
Capítulo XXXI — Dos passatempos e recreações, e primeiramente dos lícitos e louváveis
III.31 Il est force de relâcher quelquefois notre esprit et notre corps encore, à quelque sorte de récréation. Saint Jean l’Évangéliste, comme dit Cassian, fut un jour trouvé par un chasseur tenant une perdrix sur son poing, laquelle il caressait par récréation ; le chasseur lui demanda pourquoi, étant homme de telle qualité, il passait le temps en chose si basse et vile ; et saint Jean lui dit : « Pourquoi ne portes-tu ton arc toujours tendu ? » — « De peur, répondit le chasseur, que demeurant toujours courbé, il ne perde la force de s’étendre quand il en sera métier ». — « Ne t’étonne pas donc, répliqua l’apôtre, si je me démets quelque peu de la rigueur et attention de mon esprit pour prendre un peu de récréation, afin de m’employer par après plus vivement à la contemplation ». C’est un vice, sans doute, que d’être si rigoureux, agreste et sauvage, qu’on ne veuille prendre pour soi ni permettre aux autres aucune sorte de récréation.
III.31 É forçoso afrouxar algumas vezes o nosso espírito, e também o nosso corpo, com alguma espécie de recreação. São João Evangelista, como diz Cassiano, foi um dia encontrado por um caçador tendo sobre o punho uma perdiz, que ele acariciava por recreação; o caçador perguntou-lhe por que, sendo homem de tal qualidade, passava o tempo em coisa tão baixa e vil; e são João lhe disse: «Por que não trazes o teu arco sempre retesado?» — «Com medo, respondeu o caçador, de que, ficando sempre curvado, perca a força de se distender quando for preciso». — «Não te admires, pois, replicou o apóstolo, se me desprendo um pouco do rigor e da atenção do meu espírito para tomar um pouco de recreação, a fim de me aplicar depois mais vivamente à contemplação». É um vício, sem dúvida, ser tão rigoroso, agreste e selvagem que não se queira tomar para si nem permitir aos outros nenhuma espécie de recreação.
Prendre l’air, se promener, s’entretenir de devis joyeux et amiables, sonner du luth ou autre instrument, chanter en musique, aller à la chasse, ce sont récréations si honnêtes que pour en bien user il n’est besoin que de la commune prudence, qui donne à toutes choses le rang, le temps, le lieu et la mesure.
Tomar ar, passear, entreter-se em conversas alegres e amáveis, tocar alaúde ou outro instrumento, cantar a vozes, ir à caça, são recreações tão honestas que, para usar bem delas, não é preciso mais que a prudência comum, que dá a todas as coisas a ordem, o tempo, o lugar e a medida.
Les jeux èsquels le gain sert de prix et récompense à l’habilité et industrie du corps ou de l’esprit, comme les jeux de la paume, ballon, paillemaille, les courses à la bague, les échecs, les tables, ce sont récréations, de soi-même bonnes et loisibles. Il se faut seulement garder de l’excès, soit au temps que l’on y emploie, soit au prix que l’on y met ; car si l’on y emploie trop de temps, ce n’est plus récréation, c’est occupation : on n’allège pas ni l’esprit ni le corps, au contraire on l’étourdit, on l’accable. Ayant joué cinq, six heures aux échecs, au sortir on est tout recru et las d’esprit ; jouer longuement à la paume, ce n’est pas récréer le corps, mais l’accabler. Or, si le prix, c’est-à-dire ce qu’on joue est trop grand, les affections des joueurs se dérèglent ; et outre cela, c’est chose injuste de mettre de grands prix à des habilités et industries de si peu d’importance et si inutiles, comme sont les habilités des jeux.
Os jogos em que o ganho serve de prêmio e recompensa à habilidade e ao engenho do corpo ou do espírito, como os jogos da pela, do balão, da malha, as corridas de argolinha, o xadrez, o gamão, são recreações de si mesmas boas e lícitas. É preciso só guardar-se do excesso, quer no tempo que nelas se gasta, quer no prêmio que nelas se põe; porque, se nelas se gasta tempo demais, já não é recreação, é ocupação: não se alivia nem o espírito nem o corpo; ao contrário, atordoa-se, sobrecarrega-se. Depois de jogar cinco, seis horas de xadrez, sai-se dele todo moído e cansado de espírito; jogar longamente a pela não é recrear o corpo, mas sobrecarregá-lo. E, se o prêmio, isto é, o que se joga, é grande demais, as afeições dos jogadores se desregram; e, além disso, é coisa injusta pôr grandes prêmios em habilidades e engenhos de tão pouca importância e tão inúteis como são as habilidades dos jogos.
Mais surtout prenez garde, Philothée, de ne point attacher votre affection à tout cela ; car pour honnête que soit une récréation, c’est vice d’y mettre son cœur et son affection. Je ne dis pas qu’il ne faille prendre plaisir à jouer pendant que l’on joue, car autrement on ne se récréerait pas ; mais je dis qu’il ne faut pas y mettre son affection pour le désirer, pour s’y amuser et s’en empresser.
Mas, sobretudo, tomai cuidado, Filoteia, de não prender a vossa afeição a tudo isso; porque, por honesta que seja uma recreação, é vício pôr nela o coração e a afeição. Não digo que não se deva ter prazer em jogar enquanto se joga, porque de outro modo não haveria recreação; mas digo que não se deve pôr nisso a afeição, a ponto de desejá-lo, de se entreter com ele e de se afanar por ele.
Chapitre XXXII — Des jeux défendus
Capítulo XXXII — Dos jogos proibidos
III.32 Les jeux des dés, des cartes et semblables, èsquels le gain dépend principalement du hasard, ne sont pas seulement des récréations dangereuses, comme les danses, mais elles sont simplement et naturellement mauvaises et blâmables ; c’est pourquoi elles sont défendues par les lois tant civiles qu’ecclésiastiques. Mais quel grand mal y a-t-il, me direz-vous ? — Le gain ne se fait pas en ces jeux selon la raison, mais selon le sort, qui tombe bien souvent à celui qui par habilité et industrie ne méritait rien : la raison est donc offensée en cela. — Mais nous avons ainsi convenu, me direz-vous. — Cela est bon pour montrer que celui qui gagne ne fait pas tort aux autres, mais il ne s’ensuit pas que la convention ne soit déraisonnable, et le jeu aussi ; car le gain qui doit être le prix de l’industrie, est rendu le prix du sort, qui ne mérite nul prix, puisqu’il ne dépend nullement de nous.
III.32 Os jogos de dados, de cartas e semelhantes, em que o ganho depende principalmente do acaso, não são somente recreações perigosas, como as danças, mas são simples e naturalmente maus e censuráveis; é por isso que são proibidos pelas leis tanto civis como eclesiásticas. Mas que grande mal há neles?, direis. — O ganho, nesses jogos, não se faz segundo a razão, mas segundo a sorte, que muitas vezes cai para quem, por habilidade e engenho, não merecia nada: a razão é, pois, ofendida nisso. — Mas assim o combinamos, direis. — Isso serve para mostrar que quem ganha não faz agravo aos outros, mas não se segue daí que a combinação não seja irracional, e o jogo também; porque o ganho, que deve ser o prêmio do engenho, torna-se o prêmio da sorte, que não merece prêmio nenhum, pois não depende de nós de modo algum.
Outre cela, ces jeux portent le nom de récréation et sont faits pour cela ; et néanmoins ils ne le sont nullement, mais des violentes occupations. Car, n’est-ce pas occupation de tenir l’esprit bandé et tendu par une attention continuelle, et agité de perpétuelles inquiétudes, appréhensions et empressements ? Y a-t-il attention plus triste, plus sombre et mélancolique que celle des joueurs ? c’est pourquoi il ne faut pas parler sur le jeu, il ne faut pas rire, il ne faut pas tousser, autrement les voilà à dépiter.
Além disso, esses jogos têm o nome de recreação e são feitos para isso; e, todavia, de modo nenhum o são, mas sim ocupações violentas. Pois não é ocupação ter o espírito retesado e tenso por uma atenção contínua, e agitado de perpétuas inquietações, apreensões e afãs? Há atenção mais triste, mais sombria e melancólica que a dos jogadores? É por isso que não se pode falar sobre o jogo, não se pode rir, não se pode tossir; senão, ei-los despeitados.
Enfin, il n’y a point de joie au jeu qu’en gagnant, et cette joie n’est-elle pas inique, puisqu’elle ne se peut avoir que par la perte et le déplaisir du compagnon ? cette réjouissance est certes infâme. Pour ces trois raisons les jeux sont défendus. Le grand roi saint Louis sachant que le comte d’Anjou son frère et messire Gautier de Nemours jouaient, il se leva, malade qu’il était, et alla tout chancelant en leur chambre, et là, prit les tables, les dés et une partie de l’argent, et les jeta par les fenêtres dans la mer, se courrouçant fort à eux. La sainte et chaste damoiselle Sara, parlant à Dieu de son innocence : « Vous savez, dit-elle, o Seigneur, que jamais je n’ai conversé entre les joueurs ».
Enfim, no jogo não há alegria senão ganhando, e essa alegria não é iníqua, pois não se pode ter senão pela perda e pelo desgosto do companheiro? Esse regozijo é certamente infame. Por estas três razões os jogos são proibidos. O grande rei são Luís, sabendo que o conde de Anjou, seu irmão, e o senhor Gautier de Nemours jogavam, levantou-se, doente como estava, e foi todo cambaleante ao quarto deles, e ali tomou os tabuleiros, os dados e uma parte do dinheiro, e lançou-os pelas janelas ao mar, irritando-se muito com eles. A santa e casta donzela Sara, falando a Deus da sua inocência: «Vós sabeis, diz ela, ó Senhor, que nunca andei entre os jogadores».
Chapitre XXXIII — Des bals et passe-temps loisibles mais dangereux
Capítulo XXXIII — Dos bailes e passatempos lícitos, mas perigosos
III.33 Les danses et bals sont choses indifférentes de leur nature ; mais selon l’ordinaire façon avec laquelle cet exercice se fait, il est fort penchant et incliné du côté du mal, et par conséquent plein de danger et de péril. On les fait de nuit, et parmi les ténèbres et obscurités il est aisé de faire glisser plusieurs accidents ténébreux et vicieux, en un sujet qui de soi-même est fort susceptible du mal ; on y fait des grandes veilles, après lesquelles on perd les matinées des jours suivants, et par conséquent le moyen de servir Dieu en icelles : en un mot, c’est toujours folie de changer le jour à la nuit, la lumière aux ténèbres, les bonnes œuvres à des folâtreries. Chacun porte au bal de la vanité à l’envi ; et la vanité est une si grande disposition aux mauvaises affections et aux amours dangereux et blâmables, qu’aisément tout cela s’engendre ès danses.
III.33 As danças e bailes são coisas indiferentes por natureza; mas, segundo o modo ordinário com que esse exercício se faz, ele pende e se inclina muito para o lado do mal, e é, por conseguinte, cheio de perigo e de risco. Fazem-se de noite, e no meio das trevas e escuridões é fácil fazer resvalar muitos acidentes tenebrosos e viciosos num assunto que de si mesmo é muito suscetível de mal; fazem-se grandes vigílias, depois das quais se perdem as manhãs dos dias seguintes e, por conseguinte, o meio de servir a Deus nelas: numa palavra, é sempre loucura trocar o dia pela noite, a luz pelas trevas, as boas obras por folias. Cada um leva ao baile vaidade, à porfia; e a vaidade é uma disposição tão grande para as más afeições e para os amores perigosos e censuráveis que facilmente tudo isso se gera nas danças.
Je vous dis des danses, Philothée, comme les médecins disent des potirons et champignons : les meilleurs n’en valent rien, disent-ils ; et je vous dis que les meilleurs bals ne sont guère bons. Si néanmoins il faut manger des potirons, prenez garde qu’ils soient bien apprêtés : si par quelque occasion, de laquelle vous ne puissiez pas vous bien excuser, il faut aller au bal, prenez garde que votre danse soit bien apprêtée. Mais comme faut-il qu’elle soit accommodée ? de modestie, de dignité et de bonne intention. Mangez-en peu et peu souvent, disent les médecins parlant des champignons, car, pour bien apprêtés qu’ils soient, la quantité leur sert de venin : dansez peu et peu souvent, Philothée, car faisant autrement vous vous mettrez en danger de vous y affectionner.
Digo-vos das danças, Filoteia, o que os médicos dizem dos cogumelos e fungos: os melhores não valem nada, dizem eles; e eu vos digo que os melhores bailes não são muito bons. Se, todavia, for preciso comer cogumelos, tomai cuidado que estejam bem preparados: se, por alguma ocasião de que não vos possais bem escusar, for preciso ir ao baile, tomai cuidado que a vossa dança esteja bem preparada. Mas como deve ela estar temperada? De modéstia, de dignidade e de boa intenção. Comei pouco e poucas vezes, dizem os médicos falando dos fungos, porque, por bem preparados que estejam, a quantidade lhes serve de veneno: dançai pouco e poucas vezes, Filoteia, porque, fazendo de outro modo, vos poreis em perigo de vos afeiçoar a ela.
Les champignons, selon Pline, étant spongieux et poreux comme ils sont, attirent aisément toute l’infection qui leur est autour, si que étant près des serpents ils en reçoivent le venin. Les bals, les danses et telles assemblées ténébreuses attirent ordinairement les vices et péchés qui règnent en un lieu : les querelles, les envies, les moqueries, les folles amours ; et comme ces exercices ouvrent les pores du corps de ceux qui les font, aussi ouvrent-ils les pores du cœur, au moyen de quoi, si quelque serpent sur cela vient souffler aux oreilles quelque parole lascive, quelque muguetterie, quelque cajolerie, ou que quelque basilic vienne jeter des regards impudiques, des œillades d’amour, les cœurs sont fort aisés à se laisser saisir et empoisonner.
Os fungos, segundo Plínio, sendo esponjosos e porosos como são, atraem facilmente toda a infecção que há em volta deles, de sorte que, estando perto das serpentes, recebem delas o veneno. Os bailes, as danças e outras assembleias tenebrosas semelhantes atraem ordinariamente os vícios e pecados que reinam num lugar: as contendas, as invejas, as zombarias, os amores loucos; e, assim como esses exercícios abrem os poros do corpo dos que os fazem, assim também abrem os poros do coração; por meio disso, se alguma serpente vem, nessa hora, soprar aos ouvidos alguma palavra lasciva, algum galanteio, alguma lisonja, ou se algum basilisco vem lançar olhares impudicos, olhadelas de amor, os corações estão muito prontos a deixar-se apanhar e envenenar.
O Philothée, ces impertinentes récréations sont ordinairement dangereuses : elles dissipent l’esprit de dévotion, alanguissent les forces, refroidissent la charité et réveillent en l’âme mille sortes de mauvaises affections ; c’est pourquoi il en faut user avec une grande prudence.
Ó Filoteia, essas recreações impertinentes são ordinariamente perigosas: dissipam o espírito de devoção, enlanguescem as forças, esfriam a caridade e despertam na alma mil espécies de más afeições; é por isso que é preciso usar delas com grande prudência.
Mais surtout on dit qu’après les champignons, il faut boire du vin précieux ; et je dis qu’après les danses, il faut user de quelques saintes et bonnes considérations, qui empêchent les dangereuses impressions, que le vain plaisir qu’on a reçu pourrait donner à nos esprits. Mais quelles considérations ?
Mas, sobretudo, diz-se que depois dos fungos é preciso beber vinho precioso; e eu digo que depois das danças é preciso usar de algumas santas e boas considerações, que impeçam as perigosas impressões que o vão prazer recebido poderia deixar nos nossos espíritos. Mas que considerações?
1. A même temps que vous étiez au bal, plusieurs âmes brûlaient au feu d’enfer, pour les péchés commis à la danse ou à cause de la danse.
1. No mesmo tempo em que estáveis no baile, muitas almas ardiam no fogo do inferno, pelos pecados cometidos na dança ou por causa da dança.
2. Plusieurs religieux et gens de dévotion étaient à même heure devant Dieu, chantaient ses louanges et contemplaient sa beauté. Oh ! que leur temps a été bien plus heureusement employé que le vôtre !
2. Muitos religiosos e pessoas devotas estavam, na mesma hora, diante de Deus, cantavam os seus louvores e contemplavam a sua beleza. Oh! quanto o tempo deles foi mais felizmente empregado que o vosso!
3. Tandis que vous avez dansé, plusieurs âmes sont décédées en grande angoisse ; mille milliers d’hommes et femmes ont souffert des grands travaux, en leurs lits, dans les hôpitaux et ès rues : la goutte, la gravelle, la fièvre ardente. Hélas ! ils n’ont eu nul repos ! Aurez-vous point de compassion d’eux ? et pensez-vous point qu’un jour vous gémirez comme eux, tandis que d’autres danseront comme vous avez fait ?
3. Enquanto dançastes, muitas almas morreram em grande angústia; milhares de milhares de homens e mulheres sofreram grandes padecimentos, nos seus leitos, nos hospitais e nas ruas: a gota, o mal de pedra, a febre ardente. Ai! eles não tiveram nenhum repouso! Não tereis compaixão deles? E não pensais que um dia gemereis como eles, enquanto outros dançarão como vós fizestes?
4. Notre Seigneur, Notre Dame, les anges et les saints vous ont vue au bal : ah ! que vous leur avez fait grand pitié, voyant votre cœur amusé à une si grande niaiserie, et attentif à cette fadaise !
4. Nosso Senhor, Nossa Senhora, os anjos e os santos vos viram no baile: ah! que grande pena lhes fizestes, vendo o vosso coração entretido numa tão grande tolice e atento a essa ninharia!
5. Hélas ! tandis que vous étiez là, le temps s’est passé, la mort s’est approchée ; voyez qu’elle se moque de vous et qu’elle vous appelle à sa danse, en laquelle les gémissements de vos proches serviront de violon, et où vous ne ferez qu’un seul passage de la vie à la mort. Cette danse est le vrai passetemps des mortels, puisqu’on y passe, en un moment, du temps à l’éternité ou des biens ou des peines.
5. Ai! enquanto estáveis lá, o tempo passou, a morte se aproximou; vede como ela zomba de vós e vos chama para a sua dança, na qual os gemidos dos vossos parentes servirão de violino, e onde não dareis senão um só passo, da vida para a morte. Esta dança é o verdadeiro passatempo dos mortais, pois nela se passa, num momento, do tempo para a eternidade, ou dos bens ou das penas.
Je vous remarque ces petites considérations, mais Dieu vous en suggérera bien d’autres à même effet, si vous avez sa crainte.
Aponto-vos estas pequenas considerações, mas Deus vos sugerirá muitas outras para o mesmo efeito, se tiverdes o seu temor.
Chapitre XXXIV — Quand on peut jouer ou danser
Capítulo XXXIV — Quando se pode jogar ou dançar
III.34 Pour jouer et danser loisiblement, il faut que ce soit par récréation et non par affection ; pour peu de temps et non jusques à se lasser ou étourdir, et que ce soit rarement ; car, qui en fait ordinaire, il convertira la récréation en occupation. Mais en quelle occasion peut-on jouer ou danser ? Les justes occasions de la danse et du jeu indifférent, sont plus fréquentes ; celles des jeux défendus sont plus rares, comme aussi tels jeux sont beaucoup plus blâmables et périlleux. Mais, en un mot, dansez et jouez selon les conditions que je vous ai marquées, quand pour condescendre et complaire à l’honnête conversation en laquelle vous serez, la prudence et discrétion vous le conseilleront ; car la condescendance, comme surgeon de la charité, rend les choses indifférentes bonnes, et les dangereuses, permises. Elle ôte même la malice à celles qui sont aucunement mauvaises : c’est pourquoi les jeux de hasard qui autrement seraient blâmables ne le sont pas, si quelquefois la juste condescendance nous y porte.
III.34 Para jogar e dançar licitamente, é preciso que seja por recreação e não por afeição; por pouco tempo, e não até se cansar ou atordoar; e que seja raramente; porque quem faz disso costume converterá a recreação em ocupação. Mas em que ocasião se pode jogar ou dançar? As justas ocasiões da dança e do jogo indiferente são mais frequentes; as dos jogos proibidos são mais raras, como também tais jogos são muito mais censuráveis e perigosos. Mas, numa palavra, dançai e jogai segundo as condições que vos indiquei, quando, para condescender e agradar à honesta conversação em que estiverdes, a prudência e a discrição assim vos aconselharem; porque a condescendência, como rebento da caridade, torna boas as coisas indiferentes e permitidas as perigosas. Ela tira até a malícia às que são de algum modo más: é por isso que os jogos de azar, que de outro modo seriam censuráveis, não o são, se alguma vez a justa condescendência nos leva a eles.
J’ai été consolé d’avoir lu en la vie de saint Charles Borromée, qu’il condescendait avec les suisses, en certaines choses èsquelles d’ailleurs il était fort sévère, et que le bienheureux Ignace de Loyola, étant invité à jouer, l’accepta. Quant à sainte Elisabeth d’Hongrie, elle jouait et dansait parfois, se trouvant ès assemblées de passe-temps, sans intérêt de sa dévotion, laquelle était si bien enracinée dedans son âme que, comme les rochers qui sont autour du lac de Riette croissent, étant battus des vagues, ainsi sa dévotion croissait emmi les pompes et vanités, auxquelles sa condition l’exposait ; ce sont les grands feux qui s’enflamment au vent, mais les petits s’éteignent si on ne les y porte à couvert.
Fiquei consolado por ter lido na vida de são Carlos Borromeu que ele condescendia com os suíços em certas coisas nas quais, aliás, era muito severo, e que o bem-aventurado Inácio de Loyola, convidado a jogar, aceitou. Quanto a santa Isabel da Hungria, ela jogava e dançava às vezes, achando-se nas reuniões de passatempo, sem prejuízo da sua devoção, que estava tão bem arraigada na sua alma que, assim como os rochedos que estão em volta do lago de Rieti crescem batidos pelas ondas, assim a sua devoção crescia no meio das pompas e vaidades a que a sua condição a expunha; são os grandes fogos que se inflamam ao vento, mas os pequenos se apagam se não os levamos abrigados.
Chapitre XXXV — Qu’il faut être fidèle ès grandes et petites occasions
Capítulo XXXV — Que é preciso ser fiel nas grandes e nas pequenas ocasiões
III.35 L’Époux sacré au Cantique des Cantiques, dit que son Épouse lui a ravi le cœur par un de ses yeux et l’un de ses cheveux. Or, entre toutes les parties extérieures du corps humain, il n’y en a point de plus noble, soit pour l’artifice soit pour l’activité, que l’œil, ni point de plus vile que les cheveux ; c’est pourquoi le divin Époux veut faire entendre, qu’il n’a pas seulement agréables les grandes œuvres des personnes dévotes, mais aussi les moindres et plus basses ; et que pour le servir à son goût, il faut avoir grand soin de le bien servir, aux choses grandes et hautes et aux choses petites et abjectes, puisque nous pouvons également, et par les unes et par les autres, lui dérober son cœur par amour.
III.35 O Esposo sagrado, no Cântico dos Cânticos, diz que a sua Esposa lhe roubou o coração com um dos seus olhos e com um dos seus cabelos. Ora, de todas as partes exteriores do corpo humano, não há nenhuma mais nobre, quer pela feitura, quer pela atividade, do que o olho, nem nenhuma mais vil do que os cabelos; é por isso que o divino Esposo quer dar a entender que não lhe são agradáveis somente as grandes obras das pessoas devotas, mas também as menores e mais baixas; e que, para o servir a seu gosto, é preciso ter grande cuidado de bem o servir nas coisas grandes e altas e nas coisas pequenas e abjetas, pois podemos igualmente, tanto por umas como por outras, roubar-lhe o coração por amor.
Préparez-vous donc, Philothée, à souffrir beaucoup de grandes afflictions pour Notre Seigneur, et même le martyre ; résolvez-vous de lui donner tout ce qui vous est de plus précieux, s’il lui plaisait de le prendre : père, mère, frère, mari, enfants, vos yeux même et votre vie, car à tout cela vous devez apprêter votre cœur. Mais tandis que la divine Providence ne vous envoie pas des afflictions si sensibles et si grandes, et qu’il ne requiert pas de vous vos yeux, donnez-lui pour le moins vos cheveux : je veux dire, supportez tout doucement les menues injures, ces petites incommodités, ces pertes de peu d’importance qui vous sont journalières ; car par le moyen de ces petites occasions, employées avec amour et dilection, vous gagnerez entièrement son cœur et le prendrez tout vôtre. Ces petites charités quotidiennes, ce mal de tête, ce mal de dents, cette défluxion, cette bizarrerie du mari ou de la femme, ce cassement d’un verre, ce mépris ou cette moue, cette perte de gants, d’une bague, d’un mouchoir, cette petite incommodité que l’on se fait, d’aller coucher de bonne heure et de se lever matin pour prier, pour se communier, cette petite honte que l’on a de faire certaines actions de dévotion publiquement : bref, toutes ces petites souffrances, étant prises et embrassées avec amour, contentent extrêmement la Bonté divine, laquelle pour un seul verre d’eau a promis la mer de toute félicité à ses fidèles ; et parce que ces occasions se présentent à tout moment, c’est un grand moyen pour assembler beaucoup de richesses spirituelles que de les bien employer.
Preparai-vos, pois, Filoteia, para sofrer muitas grandes aflições por Nosso Senhor, e até o martírio; resolvei-vos a dar-lhe tudo o que tendes de mais precioso, se lhe aprouvesse tomá-lo: pai, mãe, irmão, marido, filhos, os vossos próprios olhos e a vossa vida, porque para tudo isso deveis preparar o vosso coração. Mas, enquanto a divina Providência não vos envia aflições tão sensíveis e tão grandes, e ele não vos pede os vossos olhos, dai-lhe ao menos os vossos cabelos: quero dizer, suportai com toda a doçura as pequenas injúrias, essas pequenas incomodidades, essas perdas de pouca importância que vos acontecem todos os dias; porque, por meio dessas pequenas ocasiões, empregadas com amor e dileção, ganhareis inteiramente o seu coração e o tornareis todo vosso. Essas pequenas caridades cotidianas, essa dor de cabeça, essa dor de dentes, esse defluxo, esse capricho do marido ou da mulher, essa quebra de um copo, esse desprezo ou essa cara feia, essa perda de luvas, de um anel, de um lenço, essa pequena incomodidade que a gente se impõe de ir deitar-se cedo e levantar-se de manhãzinha para rezar, para comungar, essa pequena vergonha que se tem de fazer em público certas ações de devoção: em suma, todos esses pequenos sofrimentos, sendo recebidos e abraçados com amor, contentam extremamente a Bondade divina, a qual, por um só copo de água, prometeu aos seus fiéis o mar de toda a felicidade; e, porque essas ocasiões se apresentam a todo momento, é um grande meio para juntar muitas riquezas espirituais o empregá-las bem.
Quand j’ai vu en la vie de sainte Catherine de Sienne tant de ravissements et d’élévations d’esprit, tant de paroles de sapience, et même des prédications faites par elle, je n’ai point douté qu’avec cet œil de contemplation elle n’eût ravi le cœur de son Époux céleste ; mais j’ai été également consolé, quand je l’ai vue en la cuisine de son père tourner humblement la broche, attiser le feu, apprêter la viande, pétrir le pain et faire tous les plus bas offices de la maison, avec un courage plein d’amour et de dilection envers son Dieu. Et n’estime pas moins la petite et basse méditation qu’elle faisait parmi les offices vils et abjects, que les extases et ravissements qu’elle eut si souvent, qui ne lui furent peut-être donnés qu’en récompense de cette humilité et abjection. Or sa méditation était telle : elle s’imaginait qu’apprêtant pour son père elle apprêtait pour Notre Seigneur, comme une sainte Marthe ; que sa mère tenait la place de Notre Dame, et ses frères, le lieu des Apôtres, s’excitant en cette sorte de servir en esprit toute la cour céleste, et s’employant à ces chétifs services avec une grande suavité, parce qu’elle savait la volonté de Dieu être telle. J’ai dit cet exemple, ma Philothée, afin que vous sachiez combien il importe de bien dresser toutes nos actions, pour viles qu’elles soient, au service de sa divine Majesté.
Quando vi, na vida de santa Catarina de Sena, tantos arroubos e elevações de espírito, tantas palavras de sabedoria, e até pregações feitas por ela, não duvidei de que, com esse olho de contemplação, ela tivesse roubado o coração do seu Esposo celeste; mas fiquei igualmente consolado quando a vi, na cozinha de seu pai, virar humildemente o espeto, atiçar o fogo, preparar a comida, amassar o pão e fazer todos os ofícios mais baixos da casa, com um ânimo cheio de amor e de dileção para com o seu Deus. E não estimo menos a pequena e baixa meditação que ela fazia no meio dos ofícios vis e abjetos do que os êxtases e arroubos que teve tão frequentemente, os quais talvez só lhe foram dados em recompensa dessa humildade e abjeção. Ora, a sua meditação era esta: imaginava que, preparando para seu pai, preparava para Nosso Senhor, como uma santa Marta; que sua mãe ocupava o lugar de Nossa Senhora, e os seus irmãos o lugar dos Apóstolos, excitando-se desse modo a servir em espírito toda a corte celeste, e aplicando-se a esses pobres serviços com grande suavidade, porque sabia que tal era a vontade de Deus. Contei este exemplo, minha Filoteia, para que saibais quanto importa bem dirigir todas as nossas ações, por vis que sejam, ao serviço da sua divina Majestade.
Pour cela, je vous conseille tant que je puis, d’imiter cette femme forte que le grand Salomon a tant louée, laquelle, comme il dit, mettait la main à choses fortes, généreuses et relevées, et néanmoins ne laissait pas de filer et tourner le fuseau : « Elle a mis la main à chose forte, et ses doigts ont pris le fuseau ». Mettez la main à chose forte, vous exerçant à l’oraison et méditation, à l’usage des sacrements, à donner de l’amour de Dieu aux âmes, à répandre de bonnes inspirations dedans les cœurs, et enfin à faire des œuvres grandes et d’importance, selon votre vacation ; mais n’oubliez pas aussi votre fuseau et votre quenouille, c’est-à-dire, pratiquez ces petites et humbles vertus, lesquelles, comme fleurs, croissent au pied de la Croix : le service des pauvres, la visitation des malades, le soin de la famille, avec les œuvres qui dépendent d’icelui, et l’utile diligence qui ne vous laissera point oisive ; et parmi toutes ces choses-là, entrejetez des pareilles considérations à celles que je viens de dire de sainte Catherine.
Para isso, aconselho-vos quanto posso a imitar aquela mulher forte que o grande Salomão tanto louvou, a qual, como ele diz, punha a mão em coisas fortes, generosas e elevadas, e, todavia, não deixava de fiar e de girar o fuso: «Pôs a mão em coisa forte, e os seus dedos tomaram o fuso». Ponde a mão em coisa forte, exercitando-vos na oração e meditação, no uso dos sacramentos, em dar às almas o amor de Deus, em espalhar boas inspirações nos corações e, enfim, em fazer obras grandes e de importância, segundo a vossa vocação; mas não esqueçais também o vosso fuso e a vossa roca, isto é, praticai aquelas pequenas e humildes virtudes que, como flores, crescem ao pé da Cruz: o serviço dos pobres, a visita aos doentes, o cuidado da família, com as obras que dele dependem, e a útil diligência que não vos deixará ociosa; e, no meio de todas essas coisas, entremeai considerações semelhantes às que acabo de dizer de santa Catarina.
Les grandes occasions de servir Dieu se présentent rarement, mais les petites sont ordinaires : or, « qui sera fidèle en peu de chose, dit le Sauveur même, on l’établira sur beaucoup ». Faites donc toutes choses au nom de Dieu et toutes choses seront bien faites. « Soit que vous mangiez, soit que vous buviez », soit que vous dormiez, soit que vous vous récréiez, soit que vous tourniez la broche, pourvu que vous sachiez bien ménager vos affaires, vous profiterez beaucoup devant Dieu, faisant toutes ces choses parce que Dieu veut que vous les fassiez.
As grandes ocasiões de servir a Deus apresentam-se raramente, mas as pequenas são ordinárias: ora, «quem for fiel em pouca coisa, diz o próprio Salvador, será posto sobre muitas». Fazei, pois, todas as coisas em nome de Deus, e todas as coisas serão bem feitas. «Quer comais, quer bebais», quer durmais, quer vos recreeis, quer vireis o espeto, contanto que saibais bem administrar os vossos afazeres, aproveitareis muito diante de Deus, fazendo todas essas coisas porque Deus quer que as façais.
Chapitre XXXVI — Qu’il faut avoir l’esprit juste et raisonnable
Capítulo XXXVI — Que é preciso ter o espírito justo e razoável
III.36 Nous ne sommes hommes que par la raison, et c’est pourtant chose rare de trouver des hommes vraiment raisonnables, d’autant que l’amour-propre nous détraque ordinairement de la raison, nous conduisant insensiblement à mille sortes de petites, mais dangereuses injustices et iniquités qui, comme les petits renardeaux desquels il est parlé aux Cantiques, démolissent les vignes ; car, d’autant qu’ils sont petits on n’y prend pas garde, et, parce qu’ils sont en quantité ils ne laissent pas de beaucoup nuire. Ce que je m’en vais vous dire, sont-ce pas iniquités et déraisons ?
III.36 Não somos homens senão pela razão, e, contudo, é coisa rara encontrar homens verdadeiramente razoáveis, porquanto o amor-próprio nos desencaminha ordinariamente da razão, conduzindo-nos insensivelmente a mil espécies de pequenas, mas perigosas injustiças e iniquidades, que, como as raposinhas de que se fala nos Cânticos, destroem as vinhas; porque, por serem pequenas, não se lhes presta atenção, e, por serem muitas, não deixam de causar grande dano. Isto que vou dizer-vos, não são iniquidades e desrazões?
Nous accusons pour peu le prochain, et nous nous excusons en beaucoup ; nous voulons vendre fort cher et acheter à bon marché ; nous voulons que l’on fasse justice en la maison d’autrui, et chez nous, miséricorde et connivence ; nous voulons que l’on prenne en bonne part nos paroles, et sommes chatouilleux et douillets à celles d’autrui. Nous voudrions que le prochain nous lâchât son bien en le payant, n’est-il pas plus juste qu’il le garde en nous laissant notre argent ? nous lui savons mauvais gré de quoi il ne nous veut pas accommoder ; n’a-t-il pas plus de raison d’être fâché de quoi nous le voulons incommoder ? Si nous affectionnons un exercice, nous méprisons tout le reste, et contrerolons tout ce qui ne vient pas à notre goût. S’il y a quelqu’un de nos inférieurs qui n’ait pas bonne grâce, ou sur lequel nous ayons une fois mis la dent, quoi qu’il fasse, nous le recevons à mal, nous ne cessons de le contrister et toujours nous sommes à le calanger ; au contraire, si quelqu’un nous est agréable d’une grâce sensuelle, il ne fait rien que nous n’excusions. Il y a des enfants vertueux, que leurs pères et mères ne peuvent presque voir, pour quelque imperfection corporelle ; il y en a des vicieux qui sont les favoris, pour quelque grâce corporelle.
Acusamos o próximo por pouco, e desculpamo-nos a nós mesmos em muito; queremos vender muito caro e comprar barato; queremos que se faça justiça na casa alheia, e na nossa, misericórdia e conivência; queremos que se tomem em boa parte as nossas palavras, e somos melindrosos e suscetíveis com as dos outros. Quereríamos que o próximo nos cedesse o seu bem mediante pagamento: não é mais justo que ele o guarde, deixando-nos o nosso dinheiro? Ficamos sentidos com ele porque não nos quer acomodar; não tem ele mais razão de estar aborrecido porque o queremos incomodar? Se nos afeiçoamos a um exercício, desprezamos todo o resto e censuramos tudo o que não vem a nosso gosto. Se há algum dos nossos inferiores que não tenha boa graça, ou em quem tenhamos uma vez cravado o dente, faça ele o que fizer, levamo-lo a mal, não cessamos de o contristar e estamos sempre a repreendê-lo; ao contrário, se alguém nos é agradável por uma graça sensual, não faz nada que não desculpemos. Há filhos virtuosos que os pais e as mães quase não podem ver, por alguma imperfeição corporal; há outros viciosos que são os favoritos, por alguma graça corporal.
En tout nous préférons les riches aux pauvres, quoi qu’ils ne soient ni de meilleure condition, ni si vertueux nous préférons même les mieux vêtus. Nous voulons nos droits exactement, et que les autres soient courtois en l’exaction des leurs ; nous gardons notre rang pointilleusement, et voulons que les autres soient humbles et condescendants ; nous nous plaignons aisément du prochain : et ne voulons qu’aucun se plaigne de nous ; ce que nous faisons pour autrui nous semble toujours beaucoup : ce qu’il fait pour nous n’est rien, ce nous semble. Bref, nous sommes comme les perdrix de Paphlagonie, qui ont deux cœurs ; car nous avons un cœur doux, gracieux et courtois en notre endroit, et un cœur dur, sévère, rigoureux envers le prochain. Nous avons deux poids : l’un pour peser nos commodités avec le plus d’avantage que nous pouvons, l’autre pour peser celles du prochain avec le plus de désavantage qu’il se peut ; or, comme dit l’Écriture, « les lèvres trompeuses ont parlé en un cœur et un cœur », c’est-à-dire elles ont deux cœurs ; et d’avoir deux poids : l’un fort pour recevoir et l’autre faible pour délivrer, c’est chose abominable devant Dieu.
Em tudo preferimos os ricos aos pobres, ainda que não sejam nem de melhor condição nem tão virtuosos; preferimos até os mais bem vestidos. Queremos os nossos direitos com exatidão, e que os outros sejam corteses na exigência dos seus; guardamos a nossa posição com melindre, e queremos que os outros sejam humildes e condescendentes; queixamo-nos facilmente do próximo, e não queremos que ninguém se queixe de nós; o que fazemos pelos outros sempre nos parece muito: o que eles fazem por nós não é nada, ao que nos parece. Em suma, somos como as perdizes da Paflagônia, que têm dois corações; porque temos um coração doce, gracioso e cortês para conosco, e um coração duro, severo, rigoroso para com o próximo. Temos dois pesos: um para pesar as nossas comodidades com a maior vantagem que podemos, o outro para pesar as do próximo com a maior desvantagem possível; ora, como diz a Escritura, «os lábios enganadores falaram com um coração e um coração», isto é, têm dois corações; e ter dois pesos, um pesado para receber e outro leve para entregar, é coisa abominável diante de Deus.
Philothée, soyez égale et juste en vos actions : mettez-vous toujours en la place du prochain, et le mettez en la vôtre, et ainsi vous jugerez bien ; rendez-vous vendeuse en achetant, et acheteuse en vendant, et vous vendrez et achèterez justement. Toutes ces injustices sont petites, parce qu’elles n’obligent pas à restitution, d’autant que nous demeurons seulement dans les termes de la rigueur, en ce qui nous est favorable ; mais elles ne laissent pas de nous obliger à nous en amender, car ce sont de grands défauts de raison et de charité ; et, au bout de là, ce ne sont que tricheries, car on ne perd rien à vivre généreusement, noblement, courtoisement, et avec un cœur royal, égal et raisonnable. Ressouvenez-vous donc, ma Philothée, d’examiner souvent votre cœur, s’il est tel envers le prochain, comme vous voudriez que le sien fût envers vous, si vous étiez en sa place ; car voilà le point de la vraie raison. Trajan étant censuré par ses confidents de quoi il rendait, à leur avis, la majesté impériale trop accostable : « Oui da ! dit-il, ne dois-je pas être tel empereur à l’endroit des particuliers, que je désirerais rencontrer un empereur, si j’étais particulier moi-même ? »
Filoteia, sede igual e justa nas vossas ações: ponde-vos sempre no lugar do próximo, e ponde-o no vosso, e assim julgareis bem; fazei-vos vendedora ao comprar e compradora ao vender, e vendereis e comprareis com justiça. Todas essas injustiças são pequenas, porque não obrigam à restituição, visto que nos mantemos somente nos termos do rigor naquilo que nos é favorável; mas não deixam de nos obrigar a emendar-nos delas, porque são grandes faltas de razão e de caridade; e, afinal de contas, não passam de trapaças, porque nada se perde em viver generosamente, nobremente, cortesmente, e com um coração régio, igual e razoável. Lembrai-vos, pois, minha Filoteia, de examinar muitas vezes o vosso coração, se é tal para com o próximo como quereríeis que o dele fosse para convosco, se estivésseis no lugar dele; porque esse é o ponto da verdadeira razão. Trajano, censurado pelos seus íntimos porque, segundo eles, tornava a majestade imperial demasiado acessível: «Pois sim!, disse ele, não devo eu ser, para com os particulares, o imperador que eu desejaria encontrar, se fosse eu mesmo particular?»
Chapitre XXXVII — Des désirs
Capítulo XXXVII — Dos desejos
III.37 Chacun sait qu’il se faut garder des désirs des choses vicieuses, car le désir du mal nous rend mauvais. Mais je vous dis de plus, ma Philothée : ne désirez point les choses qui sont dangereuses à l’âme, comme sont les bals, les jeux et tels autres passe-temps ; ni les honneurs et charges, ni les visions et extases, car il y a beaucoup de péril, de vanité et de tromperie en telles choses. Ne désirez pas les choses fort éloignées, c’est-à-dire qui ne peuvent arriver de longtemps, comme font plusieurs, qui par ce moyen lassent et dissipent leurs cœurs inutilement, et se mettent en danger de grande inquiétude. Si un jeune homme désire fort d’être pourvu de quelque office, avant que le temps soit venu, de quoi, je vous prie, lui sert ce désir ? Si une femme mariée désire d’être religieuse, à quel propos ? Si je désire d’acheter le bien de mon voisin, avant qu’il soit prêt à le vendre, ne perds-je pas mon temps en ce désir ? Si étant malade, je désire prêcher ou dire la sainte messe, visiter les autres malades, et faire les exercices de ceux qui sont en santé, ces désirs ne sont-ils pas vains, puisqu’en ce temps-là il n’est pas en mon pouvoir de les effectuer ? Et cependant ces désirs inutiles occupent la place des autres que je devrais avoir : d’être bien patient, bien résigné, bien mortifié, bien obéissant et bien doux en mes souffrances, qui est ce que Dieu veut que je pratique pour lors. Mais nous faisons ordinairement des désirs des femmes grosses, qui veulent des cerises fraîches en l’automne et des raisins frais au printemps.
III.37 Todos sabem que é preciso guardar-se dos desejos de coisas viciosas, porque o desejo do mal nos torna maus. Mas eu vos digo mais, minha Filoteia: não desejeis as coisas que são perigosas para a alma, como são os bailes, os jogos e outros passatempos semelhantes; nem as honras e cargos, nem as visões e êxtases, porque há muito perigo, vaidade e engano em tais coisas. Não desejeis as coisas muito distantes, isto é, que não podem acontecer senão daqui a muito tempo, como fazem muitos, que por esse meio cansam e dissipam os seus corações inutilmente e se põem em perigo de grande inquietação. Se um rapaz deseja muito ser provido de algum ofício antes que tenha chegado o tempo, de que lhe serve, pergunto-vos, esse desejo? Se uma mulher casada deseja ser religiosa, a que propósito? Se desejo comprar o bem do meu vizinho antes que ele esteja disposto a vendê-lo, não perco o meu tempo nesse desejo? Se, estando doente, desejo pregar ou dizer a santa missa, visitar os outros doentes e fazer os exercícios dos que estão com saúde, não são vãos esses desejos, pois nesse tempo não está em meu poder realizá-los? E, entretanto, esses desejos inúteis ocupam o lugar dos outros que eu deveria ter: de ser bem paciente, bem resignado, bem mortificado, bem obediente e bem manso nos meus sofrimentos, que é o que Deus quer que eu pratique então. Mas nós temos ordinariamente desejos de mulheres grávidas, que querem cerejas frescas no outono e uvas frescas na primavera.
Je n’approuve nullement qu’une personne attachée à quelque devoir ou vacation, s’amuse à désirer une autre sorte de vie, que celle qui est convenable à son devoir, ni des exercices incompatibles à sa condition présente ; car cela dissipe le cœur et l’alanguit ès exercices nécessaires. Si je désire la solitude des chartreux, je perds mon temps, et ce désir tient la place de celui que je dois avoir, de me bien employer à mon office présent. Non, je ne voudrais pas mêmement que l’on désirât d’avoir meilleur esprit ni meilleur jugement, car ces désirs sont frivoles et tiennent la place de celui que chacun doit avoir, de cultiver le sien, tel qu’il est ; ni que l’on désire les moyens de servir Dieu que l’on n’a pas, mais que l’on emploie fidèlement ceux qu’on a. Or, cela s’entend des désirs qui amusent le cœur ; car quant aux simples souhaits, ils ne font nulle nuisance, pourvu qu’ils ne soient pas fréquents.
Não aprovo de modo nenhum que uma pessoa presa a algum dever ou vocação se entretenha a desejar outra espécie de vida que não a que convém ao seu dever, nem exercícios incompatíveis com a sua condição presente; porque isso dissipa o coração e o enlanguesce nos exercícios necessários. Se desejo a solidão dos cartuxos, perco o meu tempo, e esse desejo ocupa o lugar daquele que devo ter, de me empregar bem no meu ofício presente. Não, eu nem sequer quereria que se desejasse ter melhor engenho nem melhor juízo, porque esses desejos são frívolos e ocupam o lugar daquele que cada um deve ter, de cultivar o seu, tal como é; nem que se desejem os meios de servir a Deus que não se têm, mas que se empreguem fielmente os que se têm. Ora, isto se entende dos desejos que entretêm o coração; porque, quanto às simples veleidades, não fazem dano nenhum, contanto que não sejam frequentes.
Ne désirez pas les croix, sinon à mesure que vous aurez bien supporté celles qui se seront présentées ; car c’est un abus de désirer le martyre et n’avoir pas le courage de supporter une injure. L’ennemi nous procure souvent des grands désirs, pour des objets absents et qui ne se présenteront jamais, afin de divertir notre esprit des objets présents èsquels, pour petits qu’ils soient, nous pourrions faire grand profit. Nous combattons les monstres d’Afrique en imagination, et nous nous laissons tuer en effet aux menus serpents qui sont en notre chemin, à faute d’attention. Ne désirez point les tentations, car ce serait témérité ; mais employez votre cœur à les attendre courageusement, et à vous en défendre quand elles arriveront.
Não desejeis as cruzes, senão à medida que tiverdes suportado bem as que se tiverem apresentado; porque é um abuso desejar o martírio e não ter coragem de suportar uma injúria. O inimigo nos proporciona muitas vezes grandes desejos de objetos ausentes e que nunca se apresentarão, a fim de desviar o nosso espírito dos objetos presentes, nos quais, por pequenos que sejam, poderíamos tirar grande proveito. Combatemos em imaginação os monstros da África, e deixamo-nos matar de fato pelas pequenas serpentes que estão no nosso caminho, por falta de atenção. Não desejeis as tentações, porque seria temeridade; mas empregai o vosso coração em esperá-las corajosamente e em defender-vos delas quando vierem.
La variété des viandes (si principalement la quantité en est grande) charge toujours l’estomac, et s’il est faible, elle le ruine : ne remplissez pas votre âme de beaucoup de désirs, ni mondains : car ceux-là vous gâteraient du tout, ni même spirituels : car ils vous embarrasseraient. Quand notre âme est purgée, se sentant déchargée de mauvaises humeurs, elle a un appétit fort grand des choses spirituelles ; et, comme tout affamée, elle se met à désirer mille sortes d’exercices de piété, de mortification, de pénitence, d’humilité, de charité, d’oraison. C’est bon signe, ma Philothée, d’avoir ainsi bon appétit ; mais regardez si vous pourrez bien digérer tout ce que vous voulez manger. Choisissez donc, par l’avis de votre père spirituel, entre tant de désirs, ceux qui peuvent être pratiqués et exécutés maintenant ; ceux-là, faites-les bien valoir : cela fait, Dieu vous en enverra d’autres, lesquels aussi en leurs saisons vous pratiquerez, et ainsi vous ne perdrez pas le temps en désirs inutiles. Je ne dis pas qu’il faille perdre aucune sorte de bons désirs, mais je dis qu’il les faut produire par ordre ; et ceux qui ne peuvent être effectués présentement, il les faut serrer en quelque coin du cœur, jusques à ce que leur temps soit venu, et cependant effectuer ceux qui sont mûrs et de saison ; ce que je ne dis pas seulement pour les spirituels, mais pour les mondains : sans cela nous ne saurions vivre qu’avec inquiétude et empressement.
A variedade das iguarias (sobretudo se a quantidade é grande) carrega sempre o estômago, e, se ele é fraco, arruína-o: não enchais a vossa alma de muitos desejos, nem mundanos, porque esses vos estragariam de todo, nem mesmo espirituais, porque vos embaraçariam. Quando a nossa alma está purificada, sentindo-se aliviada dos maus humores, tem um apetite muito grande das coisas espirituais; e, como toda esfomeada, põe-se a desejar mil espécies de exercícios de piedade, de mortificação, de penitência, de humildade, de caridade, de oração. É bom sinal, minha Filoteia, ter assim bom apetite; mas vede se podereis digerir bem tudo o que quereis comer. Escolhei, pois, com o parecer do vosso pai espiritual, entre tantos desejos, os que podem ser praticados e executados agora; a esses, fazei-os render bem: feito isso, Deus vos enviará outros, que também praticareis a seu tempo, e assim não perdereis o tempo em desejos inúteis. Não digo que se deva perder nenhuma espécie de bons desejos, mas digo que é preciso produzi-los por ordem; e os que não podem ser realizados presentemente, é preciso guardá-los em algum canto do coração até que chegue o seu tempo, e entretanto realizar os que estão maduros e são da estação; o que não digo somente dos espirituais, mas dos mundanos: sem isso não poderíamos viver senão com inquietação e afã.
Chapitre XXXVIII — Avis pour les gens mariés
Capítulo XXXVIII — Avisos para os casados
III.38 « Le mariage est un grand sacrement, je dis en Jésus-Christ et en son Église » ; « il est honorable à tous », en tous et en tout, c’est-à-dire en toutes ses parties : à tous, car les vierges mêmes le doivent honorer avec humilité ; en tous, car il est également saint entre les pauvres comme entre les riches ; en tout, car son origine, sa fin, ses utilités, sa forme et sa matière sont saintes. C’est la pépinière du christianisme, qui remplit la terre de fidèles pour accomplir au ciel le nombre des élus ; si que la conservation du bien du mariage est extrêmement importante à la république, car c’est sa racine et la source de tous ses ruisseaux.
III.38 «O matrimônio é um grande sacramento, digo em Jesus Cristo e na sua Igreja»; «é honroso para todos», em todos e em tudo, isto é, em todas as suas partes: para todos, porque as próprias virgens o devem honrar com humildade; em todos, porque é igualmente santo entre os pobres como entre os ricos; em tudo, porque a sua origem, o seu fim, as suas utilidades, a sua forma e a sua matéria são santas. É o viveiro do cristianismo, que enche a terra de fiéis para completar no céu o número dos eleitos; de sorte que a conservação do bem do matrimônio é extremamente importante para a república, porque é a sua raiz e a fonte de todos os seus regatos.
Plût à Dieu que son Fils bien-aimé fût appelé à toutes les noces, comme il fut à celles de Cana : le vin des consolations et bénédictions n’y manquerait jamais, car ce qu’il n’y en a pour l’ordinaire qu’un peu au commencement, c’est d’autant qu’en lieu de Notre Seigneur on y fait venir Adonis, et Vénus en lieu de Notre Dame. Qui veut avoir des agnelets beaux et mouchetés, comme Jacob, il faut comme lui présenter aux brebis, quand elles s’assemblent pour parier, des belles baguettes de diverses couleurs ; et qui veut avoir un heureux succès au mariage, devrait en ses noces se représenter la sainteté et dignité de ce sacrement ; mais en lieu de cela, il y arrive mille dérèglements en passe-temps, festins et paroles : ce n’est donc pas merveille, si les effets en sont déréglés.
Prouvera a Deus que o seu Filho bem-amado fosse chamado a todas as bodas, como o foi às de Caná: o vinho das consolações e bênçãos nunca faltaria nelas; porque, se ordinariamente não há senão um pouco no começo, é porque em lugar de Nosso Senhor se faz vir Adônis, e Vênus em lugar de Nossa Senhora. Quem quer ter cordeirinhos belos e malhados, como Jacó, deve como ele apresentar às ovelhas, quando se juntam para acasalar, belas varinhas de diversas cores; e quem quer ter um feliz êxito no matrimônio deveria, nas suas bodas, representar-se a santidade e a dignidade deste sacramento; mas, em lugar disso, acontecem nelas mil desregramentos em passatempos, banquetes e palavras: não é, pois, de admirar que os efeitos sejam desregrados.
J’exhorte surtout les mariés à l’amour mutuel, que le Saint-Esprit leur recommande tant en l’Écriture. O mariés, ce n’est rien de dire : « Aimez-vous l’un l’autre de l’amour naturel », car les paires de tourterelles font bien cela ; ni de dire : « Aimez-vous d’un amour humain », car les païens ont bien pratiqué cet amour-là ; mais je vous dis, après le grand Apôtre : « Maris, aimez vos femmes, comme Jésus-Christ aime son Église ; o femmes, aimez vos maris comme l’Église aime son Sauveur ». Ce fut Dieu qui amena Ève à notre premier père Adam, et la lui donna à femme : c’est aussi Dieu, mes amis, qui de sa main invisible a fait le nœud du sacré lien de votre mariage, et qui vous a donnés les uns aux autres ; pourquoi ne vous chérissez-vous d’un amour tout saint, tout sacré, tout divin ?
Exorto sobretudo os casados ao amor mútuo, que o Espírito Santo tanto lhes recomenda na Escritura. Ó casados, não é nada dizer: «Amai-vos um ao outro com o amor natural», porque os casais de rolas bem fazem isso; nem dizer: «Amai-vos com um amor humano», porque os pagãos bem praticaram esse amor; mas eu vos digo, com o grande Apóstolo: «Maridos, amai as vossas mulheres como Jesus Cristo ama a sua Igreja; ó mulheres, amai os vossos maridos como a Igreja ama o seu Salvador». Foi Deus quem levou Eva ao nosso primeiro pai, Adão, e a deu a ele por mulher: é também Deus, meus amigos, quem com a sua mão invisível fez o nó do sagrado laço do vosso matrimônio, e quem vos deu uns aos outros; por que não vos quereis bem com um amor todo santo, todo sagrado, todo divino?
Le premier effet de cet amour, c’est l’union indissoluble de vos cœurs. Si on colle deux pièces de sapin ensemble, pourvu que la colle soit fine, l’union en sera si forte qu’on fendrait beaucoup plus tôt les pièces ès autres endroits, qu’en l’endroit de leur conjonction ; mais Dieu conjoint le mari à la femme en son propre sang : c’est pourquoi cette union est si forte, que plutôt l’âme se doit séparer du corps de l’un et de l’autre, que non pas le mari de la femme. Or cette union ne s’entend pas principalement du corps, ains du cœur, de l’affection et de l’amour.
O primeiro efeito desse amor é a união indissolúvel dos vossos corações. Se se colam duas peças de abeto, contanto que a cola seja fina, a união será tão forte que muito mais depressa se fenderiam as peças em outros pontos do que no ponto da sua junção; mas Deus une o marido à mulher com o seu próprio sangue: é por isso que essa união é tão forte que antes deve a alma separar-se do corpo de um e de outro do que o marido da mulher. Ora, essa união não se entende principalmente do corpo, mas do coração, do afeto e do amor.
Le second effet de cet amour doit être la fidélité inviolable de l’un à l’autre. Les cachets étaient anciennement gravés ès anneaux que l’on portait aux doigts, comme même l’Écriture Sainte témoigne ; voici donc le secret de la cérémonie que l’on fait ès noces : l’Église, par la main du prêtre, bénit un anneau, et le donnant premièrement à l’homme, témoigne qu’elle scelle et cachette son cœur par ce sacrement, afin que jamais plus ni le nom ni l’amour d’aucune autre femme ne puisse entrer en icelui, tandis que celle-là vivra, laquelle lui a été donnée ; puis l’époux remet l’anneau en la main de la même épouse, afin que réciproquement elle sache que jamais son cœur ne doit recevoir de l’affection pour aucun autre homme, tandis que celui vivra sur terre, que Notre Seigneur vient de lui donner.
O segundo efeito desse amor deve ser a fidelidade inviolável de um para com o outro. Os sinetes eram antigamente gravados nos anéis que se traziam nos dedos, como a própria Escritura Sagrada testemunha; eis, pois, o segredo da cerimônia que se faz nas bodas: a Igreja, pela mão do sacerdote, benze um anel e, dando-o primeiro ao homem, testemunha que sela e lacra o coração dele com este sacramento, para que nunca mais nem o nome nem o amor de nenhuma outra mulher possa entrar nele, enquanto viver aquela que lhe foi dada; depois o esposo põe o anel na mão da mesma esposa, para que ela saiba, reciprocamente, que o seu coração nunca deve receber afeição por nenhum outro homem, enquanto viver na terra aquele que Nosso Senhor acaba de lhe dar.
Le troisième fruit du mariage, c’est la production et légitime nourriture des enfants. Ce vous est grand honneur, o mariés, de quoi Dieu voulant multiplier les âmes qui le puissent bénir et louer à toute éternité, il vous rend les coopérateurs d’une si digne besogne, par la production des corps dans lesquels il répand, comme gouttes célestes, les âmes en les créant, comme il les crée en les infusant dedans les corps.
O terceiro fruto do matrimônio é a geração e a legítima criação dos filhos. É para vós uma grande honra, ó casados, que Deus, querendo multiplicar as almas que o possam bendizer e louvar por toda a eternidade, vos faça cooperadores de uma obra tão digna, pela produção dos corpos nos quais ele derrama, como gotas celestes, as almas, criando-as, assim como as cria infundindo-as nos corpos.
Conservez donc, o maris, un tendre, constant et cordial amour envers vos femmes : pour cela, la femme fut tirée du côté plus proche du cœur du premier homme, afin qu’elle fût aimée de lui cordialement et tendrement. Les imbécillités et infirmités, soit du corps soit de l’esprit de vos femmes ne vous doivent provoquer à nulle sorte de dédain, ains plutôt à une douce et amoureuse compassion, puisque Dieu les a créées telles, afin que, dépendant de vous, vous en reçussiez plus d’honneur et de respect, et que vous les eussiez tellement pour compagnes, que vous en fussiez néanmoins les chefs et supérieurs. Et vous, O femmes, aimez tendrement, cordialement, mais d’un amour respectueux et plein de révérence, les maris que Dieu vous a donnés ; car vraiment Dieu pour cela les a créés d’un sexe plus vigoureux et prédominant, et a voulu que la femme fût une dépendance de l’homme, un os de ses os, une chair de sa chair, et qu’elle fût produite d’une côte d’icelui, tirée de dessous ses bras, pour montrer qu’elle doit être sous la main et conduite du mari ; et toute l’Écriture Sainte vous recommande étroitement cette sujétion, laquelle néanmoins la même Écriture vous rend douce, non seulement voulant que vous vous y accommodiez avec amour, mais ordonnant à vos maris qu’ils l’exercent avec grande dilection, tendreté et suavité : « Maris, dit saint Pierre, portez-vous discrètement avec vos femmes, comme avec un vaisseau plus fragile, leur portant honneur ».
Conservai, pois, ó maridos, um amor terno, constante e cordial para com as vossas mulheres: para isso a mulher foi tirada do lado mais próximo do coração do primeiro homem, a fim de que fosse amada por ele cordial e ternamente. As fraquezas e enfermidades, quer do corpo, quer do espírito, das vossas mulheres não vos devem provocar a nenhuma espécie de desdém, mas antes a uma doce e amorosa compaixão, pois Deus as criou assim para que, dependendo de vós, recebêsseis delas mais honra e respeito, e para que as tivésseis de tal modo por companheiras que fôsseis, todavia, os seus chefes e superiores. E vós, ó mulheres, amai ternamente, cordialmente, mas com um amor respeitoso e cheio de reverência, os maridos que Deus vos deu; porque verdadeiramente Deus, para isso, os criou de um sexo mais vigoroso e predominante, e quis que a mulher fosse uma dependência do homem, osso dos seus ossos, carne da sua carne, e que fosse produzida de uma costela dele, tirada de debaixo dos seus braços, para mostrar que ela deve estar sob a mão e a condução do marido; e toda a Escritura Sagrada vos recomenda estreitamente essa sujeição, a qual, todavia, a mesma Escritura vos torna suave, não somente querendo que vos acomodeis a ela com amor, mas ordenando aos vossos maridos que a exerçam com grande dileção, ternura e suavidade: «Maridos, diz são Pedro, portai-vos discretamente com as vossas mulheres, como com um vaso mais frágil, tributando-lhes honra».
Mais tandis que je vous exhorte d’agrandir de plus en plus ce réciproque amour que vous vous devez, prenez garde qu’il ne se convertisse point en aucune sorte de jalousie ; car il arrive souvent que, comme le ver s’engendre de la pomme la plus délicate et la plus mûre, aussi la jalousie naît en l’amour le plus ardent et pressant des mariés, duquel néanmoins il gâte et corrompt la substance, car petit à petit il engendre les noises, dissensions et divorces. Certes, la jalousie n’arrive jamais, où l’amitié est réciproquement fondée sur la vraie vertu : c’est pourquoi elle est une marque indubitable d’un amour aucunement sensuel, grossier et qui s’est adressé en lieu où il a rencontré une vertu manque, inconstante et sujette à défiance. C’est donc une sotte vantance d’amitié, que de la vouloir exalter par la jalousie, car la jalousie est voirement marque de la grandeur et grosseur de l’amitié, mais non pas de la bonté, pureté et perfection d’icelle ; puisque la perfection de l’amitié présuppose l’assurance de la vertu de la chose qu’on aime, et la jalousie en présuppose l’incertitude.
Mas, enquanto vos exorto a aumentar cada vez mais esse amor recíproco que vos deveis, tomai cuidado para que ele não se converta em nenhuma espécie de ciúme; porque acontece muitas vezes que, assim como o verme se gera da maçã mais delicada e mais madura, assim também o ciúme nasce no amor mais ardente e premente dos casados, cuja substância, todavia, ele estraga e corrompe, porque pouco a pouco gera as rixas, dissensões e divórcios. Certamente, o ciúme nunca aparece onde a amizade está reciprocamente fundada na verdadeira virtude: é por isso que ele é uma marca indubitável de um amor de algum modo sensual, grosseiro, e que se dirigiu a um lugar onde encontrou uma virtude falha, inconstante e sujeita à desconfiança. É, pois, uma tola jactância de amizade querer exaltá-la pelo ciúme; porque o ciúme é, na verdade, marca da grandeza e grossura da amizade, mas não da bondade, pureza e perfeição dela; pois a perfeição da amizade pressupõe a segurança da virtude da coisa que se ama, e o ciúme pressupõe a incerteza dela.
Si vous voulez, o maris, que vos femmes vous soient fidèles, faites-leur-en voir la leçon par votre exemple. « Avec quel front, dit saint Grégoire Nazianzène, voulez-vous exiger la pudicité de vos femmes, si vous-mêmes vivez en impudicité ? comme leur demandez-vous ce que vous ne leur donnez pas ? » Voulez-vous qu’elles soient chastes ? comportez-vous chastement envers elles, et, comme dit saint Paul : « Qu’un chacun sache posséder son vaisseau en sanctification ». Que si au contraire vous-mêmes leur apprenez les friponneries, ce n’est pas merveille que vous ayez du déshonneur en leur perte. Mais vous, o femmes, desquelles l’honneur est inséparablement conjoint avec la pudicité et honnêteté, conservez jalousement votre gloire et ne permettez qu’aucune sorte de dissolution ternisse la blancheur de votre réputation. Craignez toutes sortes d’attaques, pour petites qu’elles soient ; ne permettez jamais aucune muguetterie autour de vous. Quiconque vient louer votre beauté et votre grâce, vous doit être suspect ; car quiconque loue une marchandise qu’il ne peut acheter, il est pour l’ordinaire grandement tenté de la dérober. Mais si à votre louange quelqu’un ajoute le mépris de votre mari, il vous offense infiniment ; car la chose est claire, que non seulement il vous veut perdre, mais vous tient déjà pour demi perdue, puisque la moitié du marché est faite avec le second marchand, quand on est dégoûté du premier. Les dames tant anciennes que modernes ont accoutumé de pendre des perles en nombre à leurs oreilles, pour le plaisir, dit Pline, qu’elles ont à les sentir grilloter, s’entretouchant l’une l’autre. Mais quant à moi, qui sais que le grand ami de Dieu, Isaac, envoya des pendants d’oreilles pour les premières arrhes de ses amours à la chaste Rébecca, je crois que cet ornement mystique signifie que la première chose qu’un mari doit avoir d’une femme, et que la femme lui doit fidèlement garder, c’est l’oreille, afin que nul langage ou bruit n’y puisse entrer, sinon le doux et amiable grillotis des paroles chastes et pudiques, qui sont les perles orientales de l’Évangile : car il se faut toujours ressouvenir que l’on empoisonne les âmes par l’oreille, comme le corps par la bouche.
Se quereis, ó maridos, que as vossas mulheres vos sejam fiéis, dai-lhes a lição pelo vosso exemplo. «Com que cara, diz são Gregório Nazianzeno, quereis exigir a pudicícia das vossas mulheres, se vós mesmos viveis na impudicícia? Como lhes pedis o que não lhes dais?» Quereis que sejam castas? Portai-vos castamente para com elas e, como diz são Paulo: «Que cada um saiba possuir o seu vaso em santificação». E se, ao contrário, vós mesmos lhes ensinais as devassidões, não é de admirar que tenhais desonra na perdição delas. Mas vós, ó mulheres, cuja honra está inseparavelmente unida à pudicícia e à honestidade, conservai zelosamente a vossa glória e não permitais que nenhuma espécie de dissolução manche a brancura da vossa reputação. Temei toda espécie de assaltos, por pequenos que sejam; nunca permitais nenhum galanteio à vossa volta. Quem quer que venha louvar a vossa beleza e a vossa graça vos deve ser suspeito; porque quem louva uma mercadoria que não pode comprar está ordinariamente muito tentado a roubá-la. Mas, se ao vosso louvor alguém acrescenta o desprezo do vosso marido, ofende-vos infinitamente; porque a coisa é clara: não somente vos quer perder, mas já vos tem por meio perdida, pois a metade do negócio está feita com o segundo mercador quando se está desgostoso do primeiro. As damas, tanto antigas como modernas, costumam pendurar pérolas em quantidade nas orelhas, pelo prazer, diz Plínio, que têm de as sentir tilintar, tocando-se umas nas outras. Mas, quanto a mim, que sei que o grande amigo de Deus, Isaac, enviou brincos à casta Rebeca como os primeiros penhores dos seus amores, creio que esse ornamento místico significa que a primeira coisa que um marido deve ter de uma mulher, e que a mulher lhe deve guardar fielmente, é o ouvido, para que nenhuma linguagem ou rumor nele possa entrar senão o doce e amável tilintar das palavras castas e pudicas, que são as pérolas orientais do Evangelho: porque é preciso lembrar-se sempre de que se envenenam as almas pelo ouvido, como o corpo pela boca.
L’amour et la fidélité, jointes ensemble, engendrent toujours la privauté et confiance ; c’est pourquoi les saints et saintes ont usé de beaucoup de réciproques caresses en leur mariage, caresses vraiment amoureuses mais chastes, tendres mais sincères. Ainsi Isaac et Rébecca, la plus chaste paire des mariés de l’ancien temps, furent vus par la fenêtre se caresser en telle sorte, qu’encore qu’il n’y eût rien de déshonnête, Abimélech connut bien qu’ils ne pouvaient être sinon mari et femme. Le grand saint Louis, également rigoureux à sa chair et tendre en l’amour de sa femme, fut presque blâmé d’être abondant en telles caresses, bien qu’en vérité il méritât plutôt louange de savoir démettre son esprit martial et courageux à ces menus offices, requis à la conservation de l’amour conjugal ; car bien que ces petites démonstrations de pure et franche amitié ne lient pas les cœurs, elles les approchent néanmoins, et servent d’un agencement agréable à la mutuelle conversation.
O amor e a fidelidade, unidos, geram sempre a familiaridade e a confiança; é por isso que os santos e as santas usaram de muitas carícias recíprocas no seu matrimônio, carícias verdadeiramente amorosas, mas castas, ternas, mas sinceras. Assim Isaac e Rebeca, o mais casto par de casados dos tempos antigos, foram vistos pela janela acariciando-se de tal maneira que, embora não houvesse nada de desonesto, Abimeleque bem conheceu que não podiam ser senão marido e mulher. O grande são Luís, igualmente rigoroso com a sua carne e terno no amor da sua mulher, foi quase censurado por ser pródigo em tais carícias, embora, na verdade, merecesse antes louvor por saber abaixar o seu espírito marcial e corajoso a esses pequenos ofícios, requeridos para a conservação do amor conjugal; porque, embora essas pequenas demonstrações de pura e franca amizade não atem os corações, aproximam-nos, todavia, e servem de um arranjo agradável à conversação mútua.
Sainte Monique étant grosse du grand saint Augustin, le dédia par plusieurs offres à la religion chrétienne et au service de la gloire de Dieu, ainsi que lui-même le témoigne, disant que déjà il avait goûté « le sel de Dieu dans le ventre de sa mère ». C’est un grand enseignement, pour les femmes chrétiennes, d’offrir à la divine Majesté les fruits de leurs ventres, même avant qu’ils en soient sortis, car Dieu qui accepte les oblations d’un cœur humble et volontaire, seconde pour l’ordinaire les bonnes affections des mères en ce temps-là : témoin Samuel, saint Thomas d’Aquin, saint André de Fiésole et plusieurs autres. La mère de saint Bernard, digne mère d’un tel fils, prenant ses enfants en ses bras, incontinent qu’ils étaient nés, les offrait à Jésus-Christ, et dès lors les aimait avec respect, comme chose sacrée et que Dieu lui avait confiée ; ce qui lui réussit si heureusement, qu’enfin ils furent tous sept très saints.
Santa Mônica, estando grávida do grande santo Agostinho, dedicou-o, com repetidas ofertas, à religião cristã e ao serviço da glória de Deus, como ele mesmo o testemunha, dizendo que já tinha provado «o sal de Deus no ventre de sua mãe». É um grande ensinamento para as mulheres cristãs oferecer à divina Majestade os frutos dos seus ventres, ainda antes que tenham saído deles; porque Deus, que aceita as oblações de um coração humilde e voluntário, secunda ordinariamente as boas afeições das mães nesse tempo: testemunhas Samuel, santo Tomás de Aquino, santo André de Fiesole e muitos outros. A mãe de são Bernardo, digna mãe de tal filho, tomando os filhos nos braços logo que nasciam, oferecia-os a Jesus Cristo e desde então os amava com respeito, como coisa sagrada e que Deus lhe havia confiado; o que lhe saiu tão felizmente que, por fim, foram todos os sete muito santos.
Mais les enfants étant venus au monde et commençant à se servir de la raison, les pères et mères doivent avoir un grand soin de leur imprimer la crainte de Dieu au cœur. La bonne reine Blanche fit ardemment cet office à l’endroit du roi saint Louis son fils, car elle lui disait souventefois : « J’aimerais trop mieux, mon cher enfant, vous voir mourir devant mes yeux, que de vous voir commettre un seul péché mortel » ; ce qui demeura tellement gravé en l’âme de ce saint fils que, comme lui-même racontait, il ne fut jour de sa vie, auquel il ne lui en souvînt, mettant peine, tant qu’il lui était possible, de bien garder cette divine doctrine. Certes, les races et générations sont appelées en notre langage, maisons, et les Hébreux même appellent la génération des enfants, édification de maison : car c’est en ce sens qu’il est dit que Dieu édifia des maisons aux sages-femmes d’Égypte. Or c’est pour montrer, que ce n’est pas faire une bonne maison de fourrer beaucoup de biens mondains en icelle, mais de bien élever les enfants en la crainte de Dieu et en la vertu : en quoi on ne doit épargner aucune sorte de peine ni de travaux, puisque les enfants sont la couronne du père et de la mère. Ainsi sainte Monique combattit avec tant de ferveur et de constance les mauvaises inclinations de saint Augustin, que l’ayant suivi par mer et par terre elle le rendit plus heureusement enfant de ses larmes, par la conversion de son âme, qu’il n’avait été enfant de son sang par la génération de son corps.
Mas, tendo os filhos vindo ao mundo e começando a usar da razão, os pais e as mães devem ter grande cuidado de lhes imprimir no coração o temor de Deus. A boa rainha Branca cumpriu ardentemente esse ofício para com o rei são Luís, seu filho, porque lhe dizia muitas vezes: «Antes queria eu, meu querido filho, ver-vos morrer diante dos meus olhos do que ver-vos cometer um só pecado mortal»; o que ficou de tal modo gravado na alma desse santo filho que, como ele mesmo contava, não houve dia da sua vida em que não se lembrasse disso, esforçando-se, tanto quanto lhe era possível, por guardar bem essa divina doutrina. Certamente, as raças e linhagens são chamadas na nossa língua casas, e os próprios hebreus chamam à geração dos filhos edificação de casa: porque é nesse sentido que se diz que Deus edificou casas às parteiras do Egito. Ora, é para mostrar que fazer uma boa casa não é amontoar nela muitos bens mundanos, mas educar bem os filhos no temor de Deus e na virtude: no que não se deve poupar nenhuma espécie de canseira nem de trabalhos, pois os filhos são a coroa do pai e da mãe. Assim santa Mônica combateu com tanto fervor e constância as más inclinações de santo Agostinho que, tendo-o seguido por mar e por terra, o fez mais felizmente filho das suas lágrimas, pela conversão da sua alma, do que ele tinha sido filho do seu sangue, pela geração do seu corpo.
Saint Paul laisse en partage aux femmes le soin de la maison ; c’est pourquoi plusieurs ont cette véritable opinion, que leur dévotion est plus fructueuse à la famille que celle des maris qui, ne faisant pas une si ordinaire résidence entre les domestiques, ne peuvent pas par conséquent les adresser si aisément à la vertu. À cette considération, Salomon en ses Proverbes fait dépendre le bonheur de toute la maison, du soin et industrie de cette femme forte qu’il décrit.
São Paulo deixa às mulheres, como seu quinhão, o cuidado da casa; é por isso que muitos têm esta opinião verdadeira, de que a devoção delas é mais frutuosa para a família do que a dos maridos, que, não fazendo residência tão ordinária entre os domésticos, não os podem, por conseguinte, encaminhar tão facilmente à virtude. Por esta consideração, Salomão, nos seus Provérbios, faz depender a felicidade de toda a casa do cuidado e da diligência daquela mulher forte que ele descreve.
Il est dit au Genèse qu’Isaac, voyant sa femme Rébecca stérile, pria le Seigneur pour elle, ou, selon les Hébreux, il pria le Seigneur vis-à-vis d’elle, parce que l’un priait d’un côté de l’oratoire et l’autre de l’autre : aussi l’oraison du mari faite en cette façon fut exaucée. C’est la plus grande et plus fructueuse union du mari et de la femme, que celle qui se fait en la sainte dévotion, à laquelle ils se doivent entreporter l’un l’autre à l’envi. Il y a des fruits, comme le coing, qui pour l’âpreté de leur suc ne sont guère agréables qu’en confiture ; il y en a d’autres, qui pour leur tendreté et délicatesse ne peuvent durer, s’ils ne sont aussi confits, comme les cerises et abricots. Ainsi les femmes doivent souhaiter que leurs maris soient confits au sucre de la dévotion, car l’homme sans dévotion est un animal sévère, âpre et rude ; et les maris doivent souhaiter que leurs femmes soient dévotes, car sans la dévotion la femme est grandement fragile, et sujette à déchoir ou ternir en la vertu. Saint Paul a dit que « l’homme infidèle est sanctifié par la femme fidèle, et la femme infidèle par l’homme fidèle », parce qu’en cette étroite alliance du mariage, l’un peut aisément tirer l’autre à la vertu. Mais quelle bénédiction est-ce, quand l’homme et la femme fidèles se sanctifient l’un l’autre en une vraie crainte du Seigneur !
Diz-se no Gênesis que Isaac, vendo a sua mulher Rebeca estéril, rogou ao Senhor por ela, ou, segundo os hebreus, rogou ao Senhor defronte dela, porque um rezava de um lado do oratório e o outro do outro: e assim a oração do marido, feita desse modo, foi atendida. A maior e mais frutuosa união do marido e da mulher é a que se faz na santa devoção, para a qual se devem levar mutuamente um ao outro, à porfia. Há frutos, como o marmelo, que, pela aspereza do seu suco, só são agradáveis em conserva; há outros que, pela sua tenreza e delicadeza, não podem durar se não forem também postos em conserva, como as cerejas e os damascos. Assim, as mulheres devem desejar que os seus maridos sejam conservados no açúcar da devoção, porque o homem sem devoção é um animal severo, áspero e rude; e os maridos devem desejar que as suas mulheres sejam devotas, porque sem a devoção a mulher é muito frágil e sujeita a decair ou a empanar-se na virtude. São Paulo disse que «o homem infiel é santificado pela mulher fiel, e a mulher infiel pelo homem fiel», porque, nesta estreita aliança do matrimônio, um pode facilmente atrair o outro à virtude. Mas que bênção é, quando o homem e a mulher fiéis se santificam um ao outro num verdadeiro temor do Senhor!
Au demeurant, le support mutuel de l’un pour l’autre doit être si grand, que jamais tous deux ne soient courroucés ensemble et tout à coup, afin qu’entre eux il ne se voie de la dissension et du débat. Les mouches à miel ne peuvent s’arrêter en lieu où les échos et retentissements et redoublements de voix se font, ni le Saint-Esprit certes en une maison en laquelle il y ait du débat, des répliques et redoublements de crieries et altercations.
De resto, a paciência de um para com o outro deve ser tão grande que nunca estejam os dois irritados juntos e ao mesmo tempo, para que entre eles não se veja dissensão e briga. As abelhas não podem parar em lugar onde se fazem ecos, ressonâncias e repetições de voz, nem o Espírito Santo, certamente, numa casa em que haja briga, réplicas e repetições de gritarias e altercações.
Saint Grégoire Nazianzène témoigne que de son temps les mariés faisaient fête au jour anniversaire de leurs mariages. Certes, j’approuverais que cette coutume s’introduisît, pourvu que ce ne fût point avec des appareils de récréations mondaines et sensuelles, mais que les maris et femmes, confessés et communiés en ce jour-là, recommandassent à Dieu, plus fervemment que l’ordinaire, le progrès de leur mariage, renouvelant les bons propos de le sanctifier de plus en plus par une réciproque amitié et fidélité, et reprenant haleine en Notre Seigneur pour le support des charges de leur vacation.
São Gregório Nazianzeno testemunha que no seu tempo os casados faziam festa no dia aniversário dos seus casamentos. Certamente, eu aprovaria que se introduzisse esse costume, contanto que não fosse com aparatos de recreações mundanas e sensuais, mas que os maridos e as mulheres, tendo-se confessado e comungado nesse dia, recomendassem a Deus, mais fervorosamente que de ordinário, o progresso do seu matrimônio, renovando os bons propósitos de santificá-lo cada vez mais por uma recíproca amizade e fidelidade, e retomando fôlego em Nosso Senhor para suportar os encargos da sua vocação.
Chapitre XXXIX — De l’honnêteté du lit nuptial
Capítulo XXXIX — Da honestidade do leito nupcial
III.39 Le lit nuptial doit être immaculé, comme l’Apôtre l’appelle, c’est-à-dire exempt d’impudicités et autres souillures profanes. Aussi le saint mariage fut premièrement institué dedans le paradis terrestre, où jamais, jusques à l’heure, il n’y avait eu aucun dérèglement de la concupiscence, ni chose déshonnête.
III.39 O leito nupcial deve ser imaculado, como o chama o Apóstolo, isto é, isento de impudicícias e de outras manchas profanas. Assim, o santo matrimônio foi primeiramente instituído no paraíso terrestre, onde até então nunca tinha havido nenhum desregramento da concupiscência, nem coisa desonesta.
Il y a quelque ressemblance entre les voluptés honteuses et celles du manger, car toutes deux regardent la chair, bien que les premières, à raison de leur véhémence brutale, s’appellent simplement charnelles. J’expliquerai donc ce que je ne puis pas dire des unes, par ce que je dirai des autres.
Há alguma semelhança entre os prazeres vergonhosos e os do comer, porque ambos dizem respeito à carne, embora os primeiros, em razão da sua veemência brutal, se chamem simplesmente carnais. Explicarei, pois, o que não posso dizer de uns pelo que direi dos outros.
1. Le manger est ordonné pour conserver les personnes : or, comme manger simplement pour nourrir et conserver la personne est une bonne chose, sainte et commandée, aussi ce qui est requis au mariage, pour la production des enfants et la multiplication des personnes, est une bonne chose et très sainte, car c’est la fin principale des noces.
1. O comer é ordenado para conservar as pessoas: ora, assim como comer simplesmente para nutrir e conservar a pessoa é uma coisa boa, santa e mandada, assim também o que é requerido no matrimônio para a geração dos filhos e a multiplicação das pessoas é uma coisa boa e muito santa, porque é o fim principal das núpcias.
2. Manger, non point pour conserver la vie, mais pour conserver la mutuelle conversation et condescendance que nous nous devons les uns aux autres, c’est chose grandement juste et honnête : et de même, la réciproque et légitime satisfaction des parties au saint mariage, est appelée par saint Paul devoir ; mais devoir si grand, qu’il ne veut pas que l’une des parties s’en puisse exempter, sans le libre et volontaire consentement de l’autre, non pas même pour les exercices de la dévotion, qui m’a fait dire le mot que j’ai mis au chapitre de la sainte communion pour ce regard ; combien moins donc peut-on s’en exempter, pour des capricieuses prétentions de vertu ou pour les colères et dédains !
2. Comer, não para conservar a vida, mas para conservar a mútua conversação e a condescendência que nos devemos uns aos outros, é coisa muito justa e honesta: e, do mesmo modo, a recíproca e legítima satisfação das partes no santo matrimônio é chamada por são Paulo dever; mas dever tão grande que ele não quer que uma das partes se possa eximir dele sem o livre e voluntário consentimento da outra, nem mesmo pelos exercícios da devoção, o que me fez dizer a palavra que pus a esse respeito no capítulo da santa comunhão; quanto menos, pois, alguém se pode eximir dele por caprichosas pretensões de virtude, ou por cóleras e desdéns!
3. Comme ceux qui mangent pour le devoir de la mutuelle conversation doivent manger librement et non comme par force, et de plus s’essayer de témoigner de l’appétit, aussi le devoir nuptial doit être toujours rendu fidèlement, franchement, et tout de même comme si c’était avec espérance de la production des enfants, encore que pour quelque occasion on n’eût pas telle espérance.
3. Assim como os que comem pelo dever da mútua conversação devem comer livremente e não como à força, e, além disso, esforçar-se por mostrar apetite, assim também o dever nupcial deve ser sempre prestado fielmente, francamente, e exatamente como se fosse com esperança da geração dos filhos, ainda que, por alguma razão, não se tivesse tal esperança.
4. Manger non point pour les deux premières raisons, mais simplement pour contenter l’appétit, c’est chose supportable, mais non pas pourtant louable ; car le simple plaisir de l’appétit sensuel ne peut être un objet suffisant pour rendre une action louable, il suffit bien si elle est supportable.
4. Comer, não pelas duas primeiras razões, mas simplesmente para contentar o apetite, é coisa tolerável, mas não, contudo, louvável; porque o simples prazer do apetite sensual não pode ser objeto suficiente para tornar louvável uma ação; já basta que a torne tolerável.
5. Manger non point par simple appétit, mais par excès et dérèglement, c’est chose plus ou moins vitupérable, selon que l’excès est grand ou petit.
5. Comer, não por simples apetite, mas por excesso e desregramento, é coisa mais ou menos repreensível, conforme o excesso é grande ou pequeno.
6. Or, l’excès du manger ne consiste pas seulement en la trop grande quantité, mais aussi en la façon et manière de manger. C’est grand cas, chère Philothée, que le miel si propre et salutaire aux abeilles leur puisse néanmoins être si nuisible, que quelquefois il les rend malades, comme quand elles en mangent trop au printemps car cela leur donne le flux de ventre, et quelquefois il les fait mourir inévitablement, comme quand elles sont emmiellées par le devant de leur tête et de leurs ailerons.
6. Ora, o excesso no comer não consiste somente na quantidade demasiado grande, mas também no modo e maneira de comer. É coisa notável, cara Filoteia, que o mel, tão próprio e salutar para as abelhas, lhes possa, todavia, ser tão nocivo que algumas vezes as faz adoecer, como quando comem demais dele na primavera, porque isso lhes dá fluxo de ventre; e algumas vezes as faz morrer inevitavelmente, como quando ficam emeladas pela frente da cabeça e das asinhas.
A la vérité, le commerce nuptial qui est si saint, si juste, si recommandable, si utile à la république, est néanmoins en certain cas dangereux à ceux qui le pratiquent ; car quelquefois il rend leurs âmes grandement malades de péché véniel, comme il arrive par les simples excès ; et quelquefois il les fait mourir par le péché mortel, comme il arrive lorsque l’ordre établi pour la production des enfants est violé et perverti ; auquel cas, selon qu’on s’égare plus ou moins de cet ordre, les péchés se trouvent plus ou moins exécrables, mais toujours mortels. Car d’autant que la procréation des enfants est la première et principale fin du mariage, jamais on ne peut loisiblement se départir de l’ordre qu’elle requiert, quoique pour quelque autre accident elle ne puisse pas pour lors être effectuée, comme il arrive quand la stérilité ou la grossesse déjà survenue empêche la production et génération ; car en ces occurrences le commerce corporel ne laisse pas de pouvoir être juste et saint, moyennant que les règles de la génération soient suivies : aucun accident ne pouvant jamais préjudicier à la loi, que la fin principale du mariage a imposée. Certes, l’infâme et exécrable action que Onan faisait en son mariage était détestable devant Dieu, ainsi que dit le sacré texte du trente-huitième chapitre de Genèse ; et bien que quelques hérétiques de notre âge, cent fois plus blâmables que les Cyniques desquels parle saint Jérôme sur l’Épitre aux Éphésiens, aient voulu dire que c’était la perverse intention de ce méchant qui déplaisait à Dieu, l’Écriture toutefois parle autrement, et assure en particulier que la chose même qu’il faisait était détestable et abominable devant Dieu.
Na verdade, o trato nupcial, que é tão santo, tão justo, tão recomendável, tão útil à república, é, todavia, em certo caso, perigoso para os que o praticam; porque algumas vezes torna as suas almas muito doentes de pecado venial, como acontece pelos simples excessos; e algumas vezes as faz morrer pelo pecado mortal, como acontece quando a ordem estabelecida para a geração dos filhos é violada e pervertida; e, nesse caso, conforme se afasta mais ou menos dessa ordem, os pecados são mais ou menos execráveis, mas sempre mortais. Porque, sendo a procriação dos filhos o primeiro e principal fim do matrimônio, nunca se pode licitamente afastar da ordem que ela requer, ainda que, por algum outro acidente, ela não possa então ser efetuada, como acontece quando a esterilidade ou a gravidez já sobrevinda impedem a produção e a geração; porque, nessas ocorrências, o trato corporal não deixa de poder ser justo e santo, contanto que se sigam as regras da geração: pois nenhum acidente pode jamais prejudicar a lei que o fim principal do matrimônio impôs. Certamente, a infame e execrável ação que Onã fazia no seu matrimônio era detestável diante de Deus, como diz o texto sagrado do trigésimo oitavo capítulo do Gênesis; e, embora alguns hereges do nosso tempo, cem vezes mais censuráveis que os cínicos de que fala são Jerônimo sobre a Epístola aos Efésios, tenham querido dizer que era a intenção perversa daquele mau que desagradava a Deus, a Escritura, todavia, fala de outro modo, e afirma em particular que a própria coisa que ele fazia era detestável e abominável diante de Deus.
7. C’est une vraie marque d’un esprit truand, vilain, abject et infâme, de penser aux viandes et à la mangeaille avant le temps du repas, et encore plus quand après icelui on s’amuse au plaisir que l’on a pris à manger, s’y entretenant par paroles et pensées, et vautrant son esprit dedans le souvenir de la volupté que l’on a eue en avalant les morceaux, comme font ceux qui devant dîner tiennent leur esprit en broche, et après dîner dans les plats ; gens dignes d’être souillards de cuisine, qui font, comme dit saint Paul, un dieu de leur ventre. Les gens d’honneur ne pensent à la table qu’en s’asseyant, et après le repas se lavent les mains et la bouche pour n’avoir plus ni le goût, ni l’odeur de ce qu’ils ont mangé. L’éléphant n’est qu’une grosse bête, mais la plus digne qui vive sur la terre et qui a le plus de sens ; je vous veux dire un trait de son honnêteté : il ne change jamais de femelle et aime tendrement celle qu’il a choisie, avec laquelle néanmoins il ne parie que de trois ans en trois ans, et cela pour cinq jours seulement et si secrètement que jamais il n’est vu en cet acte ; mais il est bien vu pourtant le sixième jour, auquel avant toutes choses il va droit à quelque rivière en laquelle il se lave entièrement tout le corps, sans vouloir aucunement retourner au troupeau, qu’il ne soit auparavant purifié. Ne sont-ce pas de belles et honnêtes humeurs d’un tel animal, par lesquelles il invite les mariés à ne point demeurer engagés d’affection aux sensualités et voluptés que selon leur vocation ils auront exercées, mais icelles passées de s’en laver le cœur et l’affection, et de s’en purifier au plus tôt, pour par après avec toute liberté d’esprit pratiquer les autres actions plus pures et relevées.
7. É verdadeira marca de um espírito vadio, vilão, abjeto e infame pensar nas iguarias e na comilança antes do tempo da refeição, e ainda mais quando, depois dela, alguém se entretém com o prazer que teve em comer, ocupando-se dele em palavras e pensamentos, e chafurdando o espírito na lembrança do deleite que teve ao engolir os bocados, como fazem os que antes do almoço têm o espírito no espeto, e depois do almoço nos pratos; gente digna de ser moço de cozinha, que faz, como diz são Paulo, do ventre o seu deus. As pessoas de honra não pensam na mesa senão ao se sentarem, e depois da refeição lavam as mãos e a boca para não terem mais nem o gosto nem o cheiro do que comeram. O elefante não é mais que um animal grosso, mas o mais digno que vive sobre a terra e o que tem mais senso; quero contar-vos um traço da sua honestidade: nunca muda de fêmea e ama ternamente aquela que escolheu, com a qual, todavia, não se acasala senão de três em três anos, e isso por cinco dias somente, e tão secretamente que nunca é visto nesse ato; mas é bem visto, contudo, no sexto dia, no qual, antes de qualquer outra coisa, vai direto a algum rio, onde lava inteiramente todo o corpo, sem querer de modo nenhum voltar à manada antes de estar purificado. Não são belos e honestos costumes de tal animal, pelos quais ele convida os casados a não ficarem presos pela afeição às sensualidades e deleites que, segundo a sua vocação, tiverem praticado, mas, passados eles, a lavarem deles o coração e a afeição, e a se purificarem o mais depressa possível, para depois, com toda a liberdade de espírito, praticarem as outras ações mais puras e elevadas.
En cet avis consiste la parfaite pratique de l’excellente doctrine que saint Paul donne aux Corinthiens : « Le temps est court, dit-il ; reste que ceux qui ont des femmes soient comme n’en ayant point ». Car, selon saint Grégoire, celui a une femme comme n’en ayant point qui prend tellement les consolations corporelles avec elle, que pour cela il n’est point détourné des prétentions spirituelles ; or, ce qui se dit du mari s’entend réciproquement de la femme. « Que ceux qui usent du monde, dit le même apôtre, soient comme n’en usant point. » Que tous donc usent du monde, un chacun selon sa vocation, mais en telle sorte que n’y engageant point l’affection, on soit aussi libre et prompt à servir Dieu, comme si l’on n’en usait point. « C’est le grand mal de l’homme, dit saint Augustin, de vouloir jouir des choses desquelles il doit seulement user, et de vouloir user de celles desquelles il doit seulement jouir » : nous devons jouir des choses spirituelles, et seulement user des corporelles ; desquelles quand l’usage est converti en jouissance, notre âme raisonnable est aussi convertie en âme brutale et bestiale.
Neste aviso consiste a prática perfeita da excelente doutrina que são Paulo dá aos coríntios: «O tempo é breve, diz ele; resta que os que têm mulher sejam como se não a tivessem». Porque, segundo são Gregório, tem mulher como se não a tivesse aquele que de tal modo toma com ela as consolações corporais que, por isso, não é desviado dos intentos espirituais; ora, o que se diz do marido entende-se reciprocamente da mulher. «Que os que usam do mundo, diz o mesmo apóstolo, sejam como se não usassem dele.» Que todos, pois, usem do mundo, cada um segundo a sua vocação, mas de tal modo que, não empenhando nele a afeição, se esteja tão livre e pronto para servir a Deus como se não se usasse dele. «É o grande mal do homem, diz santo Agostinho, querer gozar das coisas de que deve somente usar, e querer usar daquelas de que deve somente gozar»: devemos gozar das coisas espirituais e somente usar das corporais; e, quando o uso destas se converte em gozo, a nossa alma racional também se converte em alma bruta e bestial.
Je pense avoir tout dit ce que je voulais dire, et fait entendre, sans le dire, ce que je ne voulais pas dire.
Penso ter dito tudo o que queria dizer, e dado a entender, sem o dizer, o que não queria dizer.
Chapitre XL — Avis pour les veuves
Capítulo XL — Avisos para as viúvas
III.40 Saint Paul instruit tous les prélats, en la personne de son Timothée, disant : « Honore les veuves qui sont vraiment veuves ». Or, pour être vraiment veuve, ces choses sont requises :
III.40 São Paulo instrui todos os prelados, na pessoa do seu Timóteo, dizendo: «Honra as viúvas que são verdadeiramente viúvas». Ora, para ser verdadeiramente viúva, requerem-se estas coisas:
1. Que non seulement la veuve soit veuve de corps, mais aussi de cœur, c’est-à-dire qu’elle soit résolue, d’une résolution inviolable, de se conserver en l’état d’une chaste viduité ; car les veuves qui ne le sont qu’en attendant l’occasion de se remarier, ne sont séparées des hommes que selon la volupté du corps, mais elles sont déjà conjointes avec eux selon la volonté du cœur. Que si la vraie veuve, pour se confirmer en l’état de viduité, veut offrir à Dieu en vœu son corps et sa chasteté, elle ajoutera un grand ornement à sa viduité et mettra en grande assurance sa résolution ; car voyant qu’après le vœu il n’est plus en son pouvoir de quitter sa chasteté ; sans quitter le paradis, elle sera si jalouse de son dessein, qu’elle ne permettra pas seulement aux plus simples pensées de mariage d’arrêter en son cœur un seul moment, si que ce vœu sacré mettra une forte barrière entre son âme et toute sorte de projets contraires à sa résolution.
1. Que a viúva não seja somente viúva de corpo, mas também de coração, isto é, que esteja resolvida, com uma resolução inviolável, a conservar-se no estado de uma casta viuvez; porque as viúvas que só o são enquanto esperam a ocasião de se casar de novo não estão separadas dos homens senão segundo a volúpia do corpo, mas já estão unidas a eles segundo a vontade do coração. E se a verdadeira viúva, para se confirmar no estado de viuvez, quiser oferecer a Deus em voto o seu corpo e a sua castidade, acrescentará um grande ornamento à sua viuvez e porá em grande segurança a sua resolução; porque, vendo que depois do voto já não está em seu poder deixar a castidade sem deixar o paraíso, será tão ciosa do seu propósito que não permitirá nem sequer aos mais simples pensamentos de casamento que se detenham no seu coração um só momento, de sorte que esse voto sagrado porá uma forte barreira entre a sua alma e toda espécie de projetos contrários à sua resolução.
Certes saint Augustin conseille extrêmement ce vœu à la veuve chrétienne ; et l’ancien et docte Origène passe bien plus avant, car il conseille aux femmes mariées de se vouer et destiner à la chasteté viduale, en cas que leurs maris viennent à trépasser devant elles, afin qu’entre les plaisirs sensuels qu’elles pourront avoir en leur mariage, elles puissent néanmoins jouir du mérite d’une chaste viduité par le moyen de cette promesse anticipée. Le vœu rend les œuvres faites en suite d’icelui plus agréables à Dieu, fortifie le courage pour les faire, et ne donne pas seulement à Dieu les œuvres, qui sont comme les fruits de notre bonne volonté, mais lui dédie encore la volonté même, qui est comme l’arbre de nos actions. Par la simple chasteté nous prêtons notre corps à Dieu, retenant pourtant la liberté de le soumettre l’autre fois aux plaisirs sensuels ; mais par le vœu de chasteté nous lui en faisons un don absolu et irrévocable, sans nous réserver aucun pouvoir de nous en dédire, nous rendant ainsi heureusement esclaves de Celui, la servitude duquel est meilleure que toute royauté. Or, comme j’approuve infiniment les avis de ces deux grands personnages, aussi désirerais-je que les âmes, qui seront si heureuses que de les vouloir employer, le fassent prudemment, saintement et solidement, ayant bien examiné leurs courages, invoqué l’inspiration céleste et pris le conseil de quelque sage et dévot directeur, car ainsi tout se fera plus fructueusement.
Certamente, santo Agostinho aconselha muito esse voto à viúva cristã; e o antigo e douto Orígenes vai muito mais longe, porque aconselha às mulheres casadas que se votem e destinem à castidade vidual, caso os seus maridos venham a falecer antes delas, a fim de que, no meio dos prazeres sensuais que poderão ter no seu matrimônio, possam, todavia, gozar do mérito de uma casta viuvez por meio dessa promessa antecipada. O voto torna as obras feitas em consequência dele mais agradáveis a Deus, fortalece o ânimo para fazê-las, e não dá a Deus somente as obras, que são como os frutos da nossa boa vontade, mas lhe dedica também a própria vontade, que é como a árvore das nossas ações. Pela simples castidade emprestamos o nosso corpo a Deus, conservando, porém, a liberdade de o submeter outra vez aos prazeres sensuais; mas pelo voto de castidade damo-lo a ele em dom absoluto e irrevogável, sem nos reservarmos nenhum poder de voltar atrás, tornando-nos assim felizmente escravos Daquele cuja servidão é melhor que toda realeza. Ora, assim como aprovo infinitamente os avisos desses dois grandes personagens, assim também desejaria que as almas que forem tão felizes que os queiram seguir o façam prudente, santa e solidamente, tendo examinado bem os seus ânimos, invocado a inspiração celeste e tomado o conselho de algum diretor sábio e devoto, porque assim tudo se fará com mais fruto.
2. Outre cela, il faut que ce renoncement de secondes noces se fasse purement et simplement pour, avec plus de pureté, contourner toutes ses affections en Dieu, et joindre de toutes parts son cœur avec celui de sa divine Majesté ; car si le désir de laisser les enfants riches, ou quelque autre sorte de prétention mondaine arrête la veuve en viduité, elle en aura peut-être la louange, mais non pas certes devant Dieu, puisque devant Dieu, rien ne peut avoir une véritable louange que ce qui est fait pour Dieu.
2. Além disso, é preciso que essa renúncia às segundas núpcias se faça pura e simplesmente para, com mais pureza, voltar todas as suas afeições para Deus e unir de todas as partes o seu coração ao da sua divina Majestade; porque, se o desejo de deixar os filhos ricos, ou alguma outra espécie de pretensão mundana, retém a viúva na viuvez, ela terá talvez louvor por isso, mas não certamente diante de Deus, pois diante de Deus nada pode ter verdadeiro louvor senão o que é feito por Deus.
3. Il faut de plus que la veuve, pour être vraiment veuve, soit séparée et volontairement destituée des contentements profanes. « La veuve qui vit en délices, dit saint Paul, est morte en vivant ». Vouloir être veuve et se plaire néanmoins d’être muguetée, caressée, cajolée ; se vouloir trouver aux bals, aux danses et aux festins ; vouloir être parfumée, attifée et mignardée, c’est être une veuve vivante quant au corps, mais morte quant l’âme. Qu’importe-t-il, je vous prie, que l’enseigne du logis d’Adonis et de l’amour profane soit faite d’aigrettes blanches perchées en guise de panaches, ou d’un crêpe étendu en guise de rets tout autour du visage ? ains souvent le noir est mis avec avantage de vanité sur le blanc, pour en rehausser la couleur. La veuve, ayant fait essai de la façon avec laquelle les femmes peuvent plaire aux hommes, jette de plus dangereuses amorces dedans leurs esprits. La veuve donc qui vit en ces folles délices, vivante est morte, et n’est à proprement parler qu’une idole de viduité.
3. É preciso, além disso, que a viúva, para ser verdadeiramente viúva, esteja separada e voluntariamente privada dos contentamentos profanos. «A viúva que vive em delícias, diz são Paulo, está morta, vivendo». Querer ser viúva e comprazer-se, todavia, em ser galanteada, acariciada, lisonjeada; querer achar-se nos bailes, nas danças e nos banquetes; querer ser perfumada, enfeitada e mimada, é ser uma viúva viva quanto ao corpo, mas morta quanto à alma. Que importa, pergunto-vos, que a tabuleta da hospedaria de Adônis e do amor profano seja feita de penas de garça brancas, postas em forma de penachos, ou de um crepe estendido em forma de rede em volta de todo o rosto? Antes, muitas vezes o negro é posto sobre o branco com proveito para a vaidade, para lhe realçar a cor. A viúva, tendo feito a experiência do modo como as mulheres podem agradar aos homens, lança iscas mais perigosas nos espíritos deles. A viúva, pois, que vive nessas loucas delícias, viva está morta, e não é, propriamente falando, senão um ídolo de viuvez.
« Le temps de retrancher est venu, la voix de la tourterelle a été ouïe en notre terre », dit le Cantique. Le retranchement des superfluités mondaines est requis à quiconque veut vivre pieusement ; mais il est surtout nécessaire à la vraie veuve qui, comme une chaste tourterelle, vient tout fraîchement de pleurer, gémir et lamenter la perte de son mari. Quand Noémi revint de Moab en Bethléem, les femmes de la ville qui l’avaient connue au commencement de son mariage, s’entredisaient l’une à l’autre : « N’est-ce point ici Noémi ? » Mais elle répondit : « Ne m’appelez point, je vous prie, Noémi » — car Noémi veut dire gracieuse et belle — « ains appelez-moi Mara, car le Seigneur a rempli mon âme d’amertume » : ce qu’elle disait, d’autant que son mari lui était mort. Ainsi la veuve dévote ne veut jamais être appelée et estimée ni belle ni gracieuse, se contentant d’être ce que Dieu veut qu’elle soit, c’est-à-dire humble et abjecte à ses yeux.
«Chegou o tempo da poda, a voz da rola foi ouvida na nossa terra», diz o Cântico. A poda das superfluidades mundanas é requerida a quem quer que queira viver piedosamente; mas é sobretudo necessária à verdadeira viúva, que, como uma casta rola, acaba de chorar, gemer e lamentar a perda do seu marido. Quando Noemi voltou de Moab para Belém, as mulheres da cidade, que a tinham conhecido no começo do seu casamento, diziam umas às outras: «Não é esta Noemi?» Mas ela respondeu: «Não me chameis, peço-vos, Noemi» — porque Noemi quer dizer graciosa e bela — «mas chamai-me Mara, porque o Senhor encheu a minha alma de amargura»: o que ela dizia porque o seu marido lhe tinha morrido. Assim, a viúva devota nunca quer ser chamada e estimada nem bela nem graciosa, contentando-se com ser o que Deus quer que ela seja, isto é, humilde e abjeta aos seus olhos.
Les lampes desquelles l’huile est aromatique jettent une plus suave odeur quand on éteint leurs flammes : ainsi les veuves, desquelles l’amour a été pur en leur mariage, répandent un plus grand parfum de vertu de chasteté quand leur lumière, c’est-à-dire leur mari, est éteinte par la mort. D’aimer le mari tandis qu’il est en vie, c’est chose assez triviale entre les femmes ; mais l’aimer tant, qu’après la mort d’icelui on n’en veuille point d’autre, c’est un rang d’amour qui n’appartient qu’aux vraies veuves. Espérer en Dieu, tandis que le mari sert de support, ce n’est pas chose si rare ; mais d’espérer en Dieu quand on est destitué de cet appui, c’est chose digne de grande louange : c’est pourquoi on connaît plus aisément en la viduité, la perfection des vertus que l’on a eues au mariage.
As lâmpadas cujo óleo é aromático exalam um odor mais suave quando se lhes apagam as chamas: assim as viúvas cujo amor foi puro no seu matrimônio espalham um perfume maior de virtude de castidade quando a sua luz, isto é, o seu marido, é apagada pela morte. Amar o marido enquanto ele vive é coisa bastante comum entre as mulheres; mas amá-lo tanto que, depois da morte dele, não se queira outro, é um grau de amor que só pertence às verdadeiras viúvas. Esperar em Deus enquanto o marido serve de apoio não é coisa tão rara; mas esperar em Deus quando se está privada desse apoio é coisa digna de grande louvor: é por isso que se conhece mais facilmente na viuvez a perfeição das virtudes que se tiveram no matrimônio.
La veuve laquelle a des enfants qui ont besoin de son adresse et conduite, et principalement en ce qui regarde leur âme et l’établissement de leur vie, ne peut ni ne doit en façon quelconque les abandonner ; car l’apôtre saint Paul dit clairement qu’elles sont obligées à ce soin-là, pour « rendre la pareille à leurs pères et mères », et d’autant encore que « si quelqu’un n’a soin des siens, et principalement de ceux de sa famille, il est pire qu’un infidèle ». Mais si les enfants sont en état de n’avoir pas besoin d’être conduits, la veuve alors doit ramasser toutes ses affections et cogitations, pour les appliquer plus purement à son avancement en l’amour de Dieu.
A viúva que tem filhos que precisam da sua orientação e condução, e principalmente no que diz respeito à alma deles e ao estabelecimento da sua vida, não pode nem deve de modo algum abandoná-los; porque o apóstolo são Paulo diz claramente que elas estão obrigadas a esse cuidado, para «retribuir a seus pais e mães», e porque também «se alguém não tem cuidado dos seus, e principalmente dos da sua família, é pior que um infiel». Mas, se os filhos estão em estado de não precisarem ser conduzidos, a viúva deve então recolher todas as suas afeições e pensamentos, para aplicá-los mais puramente ao seu progresso no amor de Deus.
Si quelque force forcée n’oblige la conscience de la vraie veuve aux embarrassements extérieurs, tels que sont les procès, je lui conseille de s’en abstenir du tout, et suivre la méthode de conduire ses affaires qui sera plus paisible et tranquille, quoiqu’il ne semblât pas que ce fût la plus fructueuse. Car il faut que les fruits du tracas soient bien grands, pour être comparables au bien d’une sainte tranquillité ; laissant à part que les procès et telles brouilleries dissipent le cœur et ouvrent souventefois la porte aux ennemis de la chasteté, tandis que pour complaire à ceux de la faveur desquels on a besoin, on se met en des contenances indévotes et désagréables à Dieu.
Se alguma força maior não obriga a consciência da verdadeira viúva a embaraços exteriores, tais como são os processos, aconselho-lhe que se abstenha deles de todo e siga o método de conduzir os seus negócios que for mais pacífico e tranquilo, ainda que não pareça ser o mais rendoso. Porque é preciso que os frutos da lida sejam bem grandes para serem comparáveis ao bem de uma santa tranquilidade; sem contar que os processos e outras complicações semelhantes dissipam o coração e abrem muitas vezes a porta aos inimigos da castidade, enquanto, para agradar àqueles de cujo favor se precisa, se assumem atitudes pouco devotas e desagradáveis a Deus.
L’oraison soit le continuel exercice de la veuve ; car ne devant plus avoir d’amour que pour Dieu, elle ne doit non plus presque avoir des paroles que pour Dieu. Et comme le fer qui, étant empêché de suivre l’attraction de l’aimant à cause de la présence du diamant, s’élance vers le même aimant soudain que le diamant est éloigné ; ainsi le cœur de la veuve, qui ne pouvait bonnement s’élancer du tout en Dieu, ni suivre les attraits de son divin amour pendant la vie de son mari, doit soudain après le trépas d’icelui courir ardemment à l’odeur des parfums célestes, comme disant, à l’imitation de l’Épouse sacrée : « O Seigneur, maintenant que je suis toute mienne, recevez-moi pour toute vôtre ; tirez-moi après vous ; nous courrons à l’odeur de vos onguents ».
Seja a oração o contínuo exercício da viúva; porque, não devendo mais ter amor senão por Deus, quase não deve também ter palavras senão para Deus. E, assim como o ferro, que, impedido de seguir a atração do ímã por causa da presença do diamante, se lança para o mesmo ímã logo que o diamante é afastado, assim o coração da viúva, que não podia facilmente lançar-se de todo em Deus, nem seguir os atrativos do seu divino amor durante a vida do marido, deve, logo após a morte dele, correr ardentemente ao odor dos perfumes celestes, como que dizendo, à imitação da Esposa sagrada: «Ó Senhor, agora que sou toda minha, recebei-me para ser toda vossa; atraí-me após vós; correremos ao odor dos vossos unguentos».
L’exercice des vertus propres à la sainte veuve sont la parfaite modestie, le renoncement aux honneurs, aux rangs, aux assemblées, aux titres et à telles sortes de vanités ; le service des pauvres et des malades, la consolation des affligés, l’introduction des filles à la vie dévote, et de se rendre un parfait exemplaire de toutes vertus aux jeunes femmes. La netteté et la simplicité sont les deux ornements de leurs habits ; l’humilité et la charité, les deux ornements de leurs actions ; l’honnêteté et débonnaireté, les deux ornements de leur langage ; la modestie et la pudicité, l’ornement de leurs yeux ; et Jésus-Christ crucifié, l’unique amour de leur cœur.
O exercício das virtudes próprias da santa viúva são a perfeita modéstia, a renúncia às honras, às posições, às reuniões, aos títulos e a outras vaidades semelhantes; o serviço dos pobres e dos doentes, a consolação dos aflitos, a introdução das moças na vida devota, e o tornar-se um perfeito modelo de todas as virtudes para as mulheres jovens. A limpeza e a simplicidade são os dois ornamentos das suas vestes; a humildade e a caridade, os dois ornamentos das suas ações; a honestidade e a mansidão, os dois ornamentos da sua linguagem; a modéstia e a pudicícia, o ornamento dos seus olhos; e Jesus Cristo crucificado, o único amor do seu coração.
Bref, la vraie veuve est en l’Église une petite violette de mars, qui répand une suavité nonpareille par l’odeur de sa dévotion, et se tient presque toujours cachée sous les larges feuilles de son abjection, et par sa couleur moins éclatante témoigne la mortification ; elle vient ès lieux frais et non cultivés, ne voulant être pressée de la conversation des mondains, pour mieux conserver la fraîcheur de son cœur contre toutes les chaleurs, que le désir des biens, des honneurs ou même des amours lui pourrait apporter. « Elle sera bienheureuse, dit le saint Apôtre, si elle persévère en cette sorte ».
Em suma, a verdadeira viúva é, na Igreja, uma pequena violeta de março, que espalha uma suavidade sem igual pelo odor da sua devoção, e se mantém quase sempre escondida sob as largas folhas da sua abjeção, e pela sua cor menos brilhante dá testemunho da mortificação; nasce em lugares frescos e não cultivados, não querendo ser apertada pela conversação dos mundanos, para melhor conservar o frescor do seu coração contra todos os calores que o desejo dos bens, das honras ou mesmo dos amores lhe poderia trazer. «Ela será bem-aventurada, diz o santo Apóstolo, se perseverar desse modo».
J’aurais beaucoup d’autres choses à dire sur ce sujet ; mais j’aurai tout dit, quand j’aurai dit que la veuve, jalouse de l’honneur de sa condition, lise attentivement les belles épîtres que le grand saint Jérôme écrit à Furia et à Salvia, et à toutes ces autres dames qui furent si heureuses que d’être filles spirituelles d’un si grand père, car il ne se peut rien ajouter à ce qu’il leur dit, sinon cet avertissement : que la vraie veuve ne doit jamais ni blâmer ni censurer celles qui passent aux secondes ou même troisièmes et quatrièmes noces ; car en certains cas Dieu en dispose ainsi pour sa plus grande gloire. Et faut toujours avoir devant les yeux cette doctrine des Anciens, que ni la viduité ni la virginité n’ont point de rang au ciel, que celui qui leur est assigné par l’humilité.
Eu teria muitas outras coisas a dizer sobre este assunto; mas terei dito tudo quando tiver dito que a viúva, zelosa da honra da sua condição, leia atentamente as belas epístolas que o grande são Jerônimo escreve a Fúria e a Salvina, e a todas aquelas outras damas que foram tão felizes que chegaram a ser filhas espirituais de tão grande pai; porque não se pode acrescentar nada ao que ele lhes diz, senão esta advertência: que a verdadeira viúva nunca deve nem censurar nem criticar as que passam a segundas, ou mesmo a terceiras e quartas núpcias; porque, em certos casos, Deus assim o dispõe para a sua maior glória. E é preciso ter sempre diante dos olhos esta doutrina dos Antigos: que nem a viuvez nem a virgindade têm no céu outro lugar senão o que lhes é assinalado pela humildade.
Chapitre XLI — Un mot aux vierges
Capítulo XLI — Uma palavra às virgens
III.41 O vierges, si vous prétendez au mariage temporel, gardez donc jalousement votre premier amour pour votre premier mari. Je pense que c’est une grande tromperie de présenter, en lieu d’un cœur entier et sincère, un cœur tout usé, frelaté et tracassé d’amour. Mais si votre bonheur vous appelle aux chastes et virginales noces spirituelles, et qu’à jamais vous veuillez conserver votre virginité, o Dieu, conservez votre amour le plus délicatement que vous pourrez pour cet Époux divin qui, étant la pureté même, n’aime rien tant que la pureté, et à qui les prémices de toutes choses sont dues, mais principalement celles de l’amour. Les épîtres de saint Jérôme vous fourniront tous les avis qui vous sont nécessaires ; et puisque votre condition vous oblige à l’obéissance, choisissez un guide, sous la conduite duquel vous puissiez plus saintement dédier votre cœur et votre corps à sa divine Majesté.
III.41 Ó virgens, se pretendeis o matrimônio temporal, guardai, pois, zelosamente o vosso primeiro amor para o vosso primeiro marido. Penso que é um grande engano apresentar, em lugar de um coração inteiro e sincero, um coração todo gasto, adulterado e maltratado pelo amor. Mas, se a vossa felicidade vos chama às castas e virginais núpcias espirituais, e quereis conservar para sempre a vossa virgindade, ó Deus, conservai o vosso amor o mais delicadamente que puderdes para esse Esposo divino que, sendo a própria pureza, nada ama tanto como a pureza, e a quem são devidas as primícias de todas as coisas, mas principalmente as do amor. As epístolas de são Jerônimo vos fornecerão todos os avisos que vos são necessários; e, já que a vossa condição vos obriga à obediência, escolhei um guia sob cuja condução possais mais santamente dedicar o vosso coração e o vosso corpo à sua divina Majestade.
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